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vendredi 6 novembre 2015

Captive in the Dark de C.J. Roberts


Captive in the Dark
The dark duet, Tome 1 
de C.J. Roberts

Éditions Pygmalion

Sortie le 17 octobre 2015
Format broché / 296 pages / Prix 14,90 €

Présentation de l'éditeur :

La vengeance. La vengeance est le but ultime de Caleb. Il la prépare depuis douze ans. Pour réussir, son « arme » doit être vraiment spéciale. Elle sera un cadeau inestimable dont tout le monde parlera.
La fille qu’il surveille de l’autre côté de cette rue passante est parfaite. Elle est différente de ses proies habituelles. Elle n’est pas consentante, elle n’est pas vendue par son père, elle ne lui a pas été envoyée… Elle sera sa conquête.
Dans ce huis-clos étouffant, le bonheur est-il encore possible?



L'avis de Sophia :

Ce roman sulfureux fait énormément parler de lui. Et pour cause, bien loin des romances traditionnelles, il s'agit en fait ici de Dark Erotica, de l'érotique très, très sombre. Ce n'est pas une gentille romance pour se détendre, les sujets abordés sont durs (viol, esclavage sexuel, tortures physiques et psychologiques, rien ne nous est épargné). Franchement, on se demande bien pourquoi on voudrait lire pareil récit. Dans mon cas, la curiosité aura été la plus forte. Et autant le dire tout de suite, Captive in the Dark se révèle être une bonne surprise.

Ce roman met en scène Livvie, une lycéenne d'à peine 18 ans dont l'histoire familiale est assez triste. Elle est kidnappée par Caleb qui a prévu d'en faire une esclave sexuelle et de la revendre ensuite à son ennemi. Il espère ainsi pouvoir approcher ce dernier grâce à Livvie. Il a lui-même souffert de nombreux sévices dans son enfance, et il s'est endurci pour survivre et surmonter ses traumatismes. Il voit Livvie comme un simple objet, un moyen d'atteindre son objectif. Il a formé d'autres esclaves sexuelles avant, et si certaines étaient consentantes, on comprend bien vite que ce n'était pas toujours le cas et que ça lui était égal. Caleb est une ordure. Et une belle !

Pourtant, les choses ne vont pas se dérouler comme il le souhaite. Livvie fait preuve d'une certaine détermination à ne pas céder. Malgré la peur, les menaces et les punitions, elle résiste autant qu'elle peut. L'auteur alterne entre le point de vue de Livvie et celui de Caleb. Cette alternance permet d'appréhender les deux personnages de manière égale, et de mieux comprendre aussi les motivations et réactions de Caleb (ce qui aide à un peu moins le haïr).

Certaines scènes dérangent, les sujets abordés sont déplaisants au possible et le malaise se ressent parfois en cours de lecture. Pourtant, on embarque dans le récit dès les premières pages, et assez vite, on n'a plus du tout envie de lâcher le livre. La faute à l'auteur, qui, il faut l'avouer, écrit vraiment bien et réussit à vaincre petit à petit nos réticences. On se sent de suite en empathie avec Livvie, et on n'a pas envie de la lâcher avant de savoir si elle va s'en sortir, alors on tourne une page, puis encore une autre. Et finalement, on se retrouve fasciné par cette histoire perverse qui met en scène deux êtres écorchés vifs, alors on continue, pour des raisons qui varient à chaque nouveau chapitre.
L'auteur mène admirablement sa barque, notamment grâce à la psychologie des personnages qui est très bien travaillée, et à quelques notes de légèreté ici et là, comme autant de rayons de soleil dans l'obscurité qui donnent envie de s’accrocher, tout comme le fait Livvie.

Puisque Livvie doit être transformée en esclave sexuelle, et ce contre sa volonté, on a droit à des scènes dures. Mais, finalement, bien moins qu'on ne pourrait s'y attendre. Si toutes les limites sont dépassées, c'est plus la psychologie des personnages qui est mise en avant. Les scènes réellement sexuelles sont finalement peu nombreuses, et les tortures endurées par Livvie montrées de manière crue, mais sans excès.

On ne peut pas vraiment parler d'amour ici. Ce n'est pas une romance. Pourtant, les personnages se livrent peu à peu et s'apprivoisent. On pourrait parler de syndrome de Stockholm dans le cas de Livvie, et c'est certainement le cas, mais bizarrement, quelle que soit la raison de son attachement progressif à Caleb, on réussit à comprendre. L'auteur se montre vraiment intelligente dans sa manière d'exposer les choses, et les ficelles employées par Caleb pour manipuler Livvie sont très crédibles (ce sont d'ailleurs des mécanismes psychologiques connus).

C'est difficile de dire qu'on a aimé un tel livre, car le verbe aimer n'est pas le plus pertinent. Et au vu du sujet, on n'a d'ailleurs pas tellement envie "d'aimer" ce livre. Pourtant, impossible de le lâcher avant la fin, et passé les a priori et le dégoût inspiré (à juste titre) par la situation, on finit par s'attacher profondément à Livvie, à admirer sa force, et même à moins détester Caleb. Plus qu'un roman, c'est une expérience. Certains trouveront sûrement cette histoire trop tordue pour eux, mais je m'attendais à tellement "pire" que, finalement, c'est bien passé. Il faut cependant accepter de glisser dans cette fiction dérangeante, en gardant en tête que ce n'est que cela : une fiction.

Un roman à ne pas mettre entre toutes les mains.



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