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mardi 10 septembre 2013

Interview Justine Niogret pour sa sortie de Cœurs de Rouille aux éditions Pandore

Interview Justine Niogret pour sa sortie de Cœurs de Rouille aux éditions Pandore



Bonjour Justine,

Bonjour ! ^^



Après avoir reçu une pluie de récompenses pour votre premier livre, vous vous êtes imposée dans l'univers de la fantasy à coup de hache et d'univers sombres ; où il est difficile de survivre. On vous retrouve ce mois-ci à l'occasion de votre rentrée dans la collection Pandore avec un titre de steam fantasy.

Parlez-nous un peu de cet univers et de vos personnages.

C'est dur de parler froidement de ces personnages et de cette cité. Une cité dans le ciel, un sculpteur qui n'a jamais vu le soleil, et une golem de porcelaine déchirée par l'abandon.



Pourquoi avez-vous choisi cet univers-là ? Vous êtes familière du genre ?

Familière du steampunk ? Oui et non ; peu dans la littérature, en tous cas. En jeux vidéos, oui, d'ailleurs je trouve que le support visuel est presque indispensable au steampunk, cette gageure-là me tentait d'ailleurs beaucoup. En termes de lectures, je suis familière des univers clos et fermés, par contre. Je les ai toujours particulièrement appréciés, sans doute à cause de leur manque de moyens ; là-bas, quand on veut régler un souci, créer une solution, on fait avec ce qu'on a, et ce n'est jamais grand chose. J'aime cette contrainte en tant que lecteur et écrivain. En terme d'écriture, je pense être familière des univers crépusculaires, comme le disait un journaliste, et je suis bien d'accord avec ce mot.

Je ne saurais pas vraiment vous dire comment j'ai choisi cet univers. En général mes « projets » sont faits de milliers de petites feuilles qui se croisent et s'entrecroisent, et à un moment, une rencontre se fait, deux, trois idées qui semblent juste et capables de se nourrir les unes les autres. Alors on repêche le tout, on regarde de plus près, on tente de faire glisser d'autres petites feuilles pour voir si on peut donner au tout plus de consistance. En tous cas je n'ai jamais pu choisir un univers à froid, me dire « tiens, je vais faire ça, ce sera bien. » c'est au hasard des rencontres des petits papiers.


Votre livre est inspiré de deux mangas, en lisez-vous beaucoup ? Quels sont vos préférés ? Quel genre préférez-vous ?

Inspiré, non, c'est surtout pour donner une idée de l'univers, qu'on puisse se raccrocher à quelque chose qui vous a plu ou pas. Les mangas j'en lis beaucoup, je pense que les plus belles découvertes de ces dernières années, en terme de plaisir et d’étonnement de lecture, je les ai faites là. J'ai un groupe hors du peloton, qui est berserk, vinland saga, l'habitant de l'infini et yotsuba. Après, j'ai beaucoup aimé un grand nombre d'autres œuvres, mais ceux-là ont une place à part.


J'ai lu dans une interview que vous aviez une technique de travail assez particulière : vous faites un peu de tout (jeux vidéos, lecture,...) et un jour vous vous lancez dans un livre et il est bouclé en moins de six mois. Ça s'est aussi passé comme ça pour ce livre ? A-t-il été plus facile à écrire que d'autres ?

Ça a un peu changé. Avec le nombre de projets qui augmente, et la vie elle-même qui s'enrichit, ça devient difficile de prendre autant son temps sur un livre. Après, oui, il faut bien nourrir son texte d'émotions et de ressentis, et lire, jouer, découvrir, ça correspondait à ça. J'en ai moins besoin, sans doute que j'ai aussi appris à « m'émotionner » à la demande, à suivre les cheminements des personnages dont je raconte l'histoire.

Pour ce livre-ci ça a été différent, il est sorti vite, et je l'ai poussé à le faire. C'est difficile de vous dire s'il a été plus facile ou moins facile ; pour moi, chaque livre est particulier, il existe à part des autres, et en même temps si les autres n'avaient pas existé il aurait été très différent. Disons que j'ai appris beaucoup de choses en l'écrivant, et que le voyage a été trop court pour bien en profiter malgré tout.


Avez-vous un travail à côté de votre métier d'écrivain ?

Non. Je cherche avec ferveur pour plusieurs raisons différentes, mais ça devient presque impossible de concilier le temps d'écriture et tout le travail à côté ainsi qu'une occupation plus classique et payée de façon régulière.


À quel âge avez-vous commencé à écrire ? Qu'est-ce qui vous a poussé à prendre la plume (le stylo, le clavier,...) ?

J'ai toujours écrit. Je me souviens de poèmes en alexandrins que je faisais vers mes huit ou neuf ans, des textes à la Colette, des choses comme ça. Des pièces de théâtre. J'ai toujours écrit à la main avant de devenir écrivain, je le regrette un peu. Le clavier permet d'écrire réellement plus vite, c'est plus simple de suivre le fil de ses pensées, d'autant plus qu'en général j'écris du premier jet.

Ce qui m'a poussé à prendre le stylo, alors ? Je pense que je vivais dans une famille où je n'avais pas le droit de parler, j'étais moi aussi un peu une automate, c'était la seule place à laquelle j'avais droit. Alors j'ai parlé sans qu'on puisse me dire de me taire ou me couper la parole, et ç'a été l'écriture.


Dans vos livres, beaucoup de thèmes de société sont abordés, d'où vous viennent les idées ? Quel est le travail de recherche derrière vos livres ?

Les thèmes de société, je n'en ai aucune idée. Je suis une sorte d'ent, qui ne prête pas beaucoup d'attention à tout ça, alors je n'estime pas avoir grand chose à dire sur la société telle qu'elle est. Je parle par contre des choses qui me semblent surprenantes ou intéressantes, qui donnent une vision décalée de ce qu'on pense inchangeable et inchangé. Des détails passés, des choses qui ont changé le monde « d'avant » et qu'on imagine là depuis toujours.

Les recherches dépendent du livre ; sur les romans médiévaux, il vaut mieux, à mon sens, se blinder de recherches, aussi bien dans les livres que sur le terrain, parce que décrire et faire ressentir une marche sous la pluie sans savoir quelles chaussures ils portaient et ce que ça fait que d'avoir les cheveux qui gouttent dans les yeux et cette vieille rage froide de chien laissé sous l'averse, ça me semble parfois compliqué. Pour certains ouvrages c'est plus léger, comme celui-ci, puisqu'il se passe dans un monde qui n'est pas « testable » dans le notre, ou Mordred, qui a finalement demandé très peu.


À chaque fois que vous sortez un livre, vous avez toujours plusieurs projets en attente. Est-ce le cas cette fois encore ? Et si oui, pouvez-vous nous en parler ?

Bien entendu, c'est encore le cas ! ^^ j'ai allégé un peu, puisque j'ai écrit beaucoup ces deux dernières années. J'ai pu écrire des livres comme Coeurs de Rouille ou Gueule de Truie, maintenant j'aimerais rester quelques temps dans « mes » univers favoris, histoire de me recentrer un peu. Je suis partie sur un projet de livre sur la Rome antique et les gladiateurs, qui s'appelle Secutor. Une histoire de vengeance et de destin entre le sable des arènes et les rues sombres de l'Urbs. Et je prends aussi le temps parce que cette fois-ci les recherches sont terriblement touffues et que je pars de presque zéro, au contraire de mes romans médiévaux.


Merci beaucoup d'avoir répondu à nos questions. On est impatients de découvrir votre nouvel univers !
C'est très gentil à vous ! J'espère qu'il vous plaira, et vous fera aussi bien voyager que découvrir de nouveaux horizons !



Merci à Justine et aux membres de la collection Pandore et notamment à Laetitia !

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