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samedi 24 mars 2018

Rencontre avec Diana Gabaldon - Jeudi 15 mars 2018


Jeudi 15 mars, les éditions J'ai lu ont invité plusieurs blogueuses à rencontrer Diana Gabaldon, l'auteur de la série Outlander. À cette occasion, nous avons pu lui poser quelques questions et faire dédicacer nos livres, DVD et autres goodies.


Outlander, les livres

Diana est revenue sur les origines de sa série et notamment sur ce qui lui a donné l'idée et l'envie d'écrire un roman qui se déroulerait en Écosse. 
Elle n'avait jamais écrit de livre et elle ne savait pas comment faire. Dans le cadre de son travail de scientifique, elle avait souvent dû écrire des articles scientifiques ou éducatifs sans forcément savoir comment le faire. Elle prenait un article en exemple et copiait la même technique que celle utilisée. Si ça ne correspondait pas, elle corrigeait son texte. Elle s'est donc dit qu'elle allait faire de même pour écrire son livre puisque pour elle, « la seule façon pour savoir écrire un livre, c'est d'écrire un livre ». 

Une fois sa décision prise, il lui fallait trouver son sujet, qui lui est venu en visionnant un épisode de Doctor Who où l'un des personnages portait un kilt. Elle aurait pu écrire un roman de suspense, parce qu'elle en lisait beaucoup, mais elle a rejeté cette idée parce que ce genre demande d'avoir un plan détaillé et elle n'était pas sûre de savoir faire cela. Elle s'est dit qu'un roman historique serait le plus simple pour elle grâce à son expérience en tant que professeur de recherches. Ainsi, cela serait plus facile d'aller chercher des faits historiques sur lesquels s'appuyer en cas de manque d'inspiration. Elle a donc choisi le 18ème siècle et l'Écosse. Elle avait donc une base, mais pas de plan, pas de sujet et aucune idée de ce qu'elle allait raconter. Elle s'est rendue dans une bibliothèque et a cherché des informations sur l'Écosse au 18ème siècle.


Elle nous a également parlé de sa technique d'écriture. Elle n'écrit pas à partir d'un fil conducteur mais par petits bouts. Elle sait juste ce qu'il se passe dans les tomes précédents, ce qui lui permet de comprendre qui sont les personnages à l'instant T et ce qu'ils ont vécu. 
Elle se lance ensuite dans des recherches historiques sur la période sur laquelle elle écrit dans ce tome précis. Elle pioche alors des faits réels pour nourrir son intrigue. Si pendant ses recherches un détail semble intéressant, elle va approfondir le sujet. Et elle commence à écrire sur ce qu'elle a trouvé. Un certain plan commence à se créer, même si elle ne sait pas encore où cela va la mener. Elle fait ensuite des allers-retours entre ses recherches et ses écrits jusqu'à avoir une scène complète. Elle alterne entre les deux pour obtenir plusieurs scènes distinctes qu'il faut ensuite relier entre elles. Les scènes lui donnent la forme générale de son histoire et c'est à ce moment-là qu'elle sait où le livre commence et où il se termine.
Une fois arrivée à ce point, elle commence à écrire plus vite car elle sait ce qu'il manque à son histoire. Elle entre alors en « frénésie finale », période où elle travaille 12 heures par jour et qui dure environ deux ou trois mois. Pas plus longtemps parce qu'elle en mourrait probablement étant donné que c'est très intense. C'est comme d'être relié par les deux mains au courant électrique.

En ce qui concerne les informations médicales qu'elle utilise dans ses livres, c'est le résultat de ses recherches, qu'elle fait elle-même parce que cela lui permet d'approfondir un sujet ou de rebondir sur une chose qu'elle aurait lu en cherchant une information. À l'époque où elle a commencé à écrire, elle avait accès à la bibliothèque de l'université où elle travaillait (pas d'Internet ni de Google il y a trente ans) et elle avait donc accès à un large choix de livres pour ses recherches.

Une petite pause pour manger et boire et on reprend les questions

Des questions ont été posées sur le personnage de Lord John Grey et sur la série spin-off. Diana Gabaldon nous a expliqué que c'était un accident. Un membre d'une maison d'édition anglaise lui a demandé d'écrire une nouvelle pour une anthologie policière historique. Elle a voulu tenter l'expérience pour voir si elle pouvait produire quelque chose de plus court. La nouvelle ne pouvait pas traiter de Claire et Jamie parce qu'il aurait fallu la situer en dehors de l'intrigue principale alors que tout était déjà relié ensemble. Cela aurait pu créer un problème dans la ligne temporelle parce que ce qu'il se serait passé dans la nouvelle devrait être repris dans les romans. 
Et il y avait le personnage de Lord John Grey, qui lui n'apparaissait pas tout le temps dans la série. Donc il était possible de lui faire vivre d'autres aventures lorsqu'il n’était pas dans la série. Et c'est surtout un personnage très intéressant à cause de ce qu'il est et des conflits avec lesquels il vit. Il accepte totalement qui il est mais il évolue à une époque où cela pourrait le faire tuer. Donc il vit avec la peur d’être découvert et il ne peut pas parler ouvertement de qui il est et de qui il aime. Elle a donc choisi de le mettre en avant dans cette courte nouvelle, et tout le monde a aimé et lui en a demandé plus.

Il y a beaucoup de gens qui seraient intéressés pour adapter la série à l'écran, mais il n'y a rien de concret pour le moment. Ce serait sûrement plus facile à adapter car c'est moins complexe que la série Outlander

On lui a demandé si elle avait un autre personnage secondaire qu'elle aimerait développer dans un spin-off. Pour elle, chaque personnage est intéressant. Si on concentre son attention sur l'un des personnages, on peut voir ce qui lui est arrivé dans sa vie et parfois ça créé une étincelle qui donne envie d'en savoir plus.


Nous sommes revenus sur le personnage de Claire et sur le fait que certaines personnes la qualifiaient de femme forte. Pour Diana Gabaldon, cela ne signifie rien. « Aujourd'hui, cela semble important de parler de femmes fortes. Les gens m'ont souvent dit vous avez écrit sur une femme forte et je réponds non, je ne suis pas intéressée par ce genre de personne. Il y a une différence entre une Super Femme (Wonder Woman) qui se bat contre tout et une femme qui a confiance en elle, qui sait ce qu'elle fait. C'est le genre de personne qui m'intéresse. Elle a été infirmière de guerre, elle a acquis une expérience avec ce genre de situation. Elle n'a pas besoin d'être forte tout le temps, elle peut être vulnérable, elle peut dépendre d'autres personnes parce que c'est la réalité, nous dépendons tous des autres. Et on a besoin d'un partenaire (mari ou femme) pour nous soutenir. Ce serait réducteur pour l'histoire et pour les personnages de la voir comme cela. »


Outlander, la série télé

Cela faisait une vingtaine d'années que des gens essayaient de faire un film de sa série. Mais c'est impossible de faire un film de deux heures avec tout ce qui se passe dans le premier tome. 
Jusqu'à ce que le producteur Ron Moore, qui venait de terminer sa série Battlestar Galactica, recherche un nouveau projet et se penche sur la série, encouragé par sa co-productrice Maril Davis. Plus tard, il a dit à Diana qu'en général, les histoires qu'on lit sont plus ou moins prévisibles. On s'attend à ce qu'il se passe telle chose et elle se passe. Mais dans Outlander ce n'est pas le cas. Il s'attendait à ce que le récit parte dans une direction et, au final, il partait dans une autre. Il n'avait jamais lu quelque chose de semblable, c'était totalement unique. 
Il a donc été voir le détenteur des droits vidéos, Jim Colbert, pour lui parler de son projet de faire d'Outlander une série et il a dit oui. Un contrat a donc été mis en place entre Sony, la chaîne TV Starz, Ron Moore, Jim Colbert et Diana Gabaldon.
Ce contrat fait de Diana une consultante sur la série. Quand elle a demandé à son agent ce que cela voulait dire il lui a répondu que cela pouvait tout dire comme rien du tout. En général, les producteurs ne veulent pas des auteurs dans le processus de production. Ils les payent pour rester loin de tout ça. Dans le cas d'Outlander, Starz voulait impliquer les fans originaux de la série dans ce projet, leur donner envie de regarder la série télé. Ils ont demandé à Diana et à Ron d'aller à des événements ensemble et ils se sont rendus compte tous les deux qu'ils avaient les mêmes idées sur la série. 
Quand ils ont commencé à tourner, les producteurs ont montré à Diana ce qu'ils avaient fait et elle a dit que c'était génial. Ils étaient donc plus à l'aise avec elle au point de lui montrer des scripts pour qu'elle fasse des remarques. Et elle leur a signalé la pertinence de mettre ou pas en avant certaines parties pour garder une cohérence avec la saison deux. Ils ont donc commencé à lui présenter de plus en plus de choses, notamment les premiers scripts, les révisions des scripts et même les tournages du jour. Ils l'ont invitée à des événements. 

Elle a toujours essayé de ne pas faire trop de remarques sur ce qui est choisi d'être montré à l'écran parce qu'elle sait que le format est différent et qu'on ne peut pas tout représenter exactement comme dans les livres. Elle nous a d'ailleurs dit qu'elle trouvait qu'ils avaient fait un travail remarquable. Elle nous a démontré ce point en parlant d'un passage dans le tome quatre où Jamie doit conduire une certaine personne chez sa tante à plus de trois semaines de voyage pour ensuite aller rejoindre les indiens dans la direction opposée. Elle a commenté le passage en disant « Si j'étais Jamie Fraser, et je le suis, je confierais la personne à conduire chez sa tante à un homme de confiance et je partirais directement voir les indiens, plutôt que de perdre 6 semaines de voyage. »


Une personne lui a demandé quel acteur elle avait imaginé à l'époque dans le rôle de Jamie. Selon elle, Sam est très attirant et c'est un bon acteur. Elle nous a d'ailleurs expliqué que c'est très intéressant de le voir changer en un instant, de passer de Sam à Jamie une fois que la caméra tourne. C'est magique.
Mais il n'est pas le Jamie qu'elle a en tête puisque pour elle, il ne ressemble à personne de réel. Après, elle n'est pas capable de dire que tel ou tel acteur serait capable de l'incarner à l'écran, elle ne sait pas juger du talent de quelqu'un pour se prononcer sur qui serait le plus qualifié pour incarner Jamie.

Certaines personnes trouvent qu'il y a trop de violence dans la série, de violence gratuite, ce à quoi elle rappelle que c'est le 18ème siècle ! C'était une époque violente. Les cultures en générale étaient différentes de celles de maintenant. La façon dont les gens vivaient était différente. Il n'y avait pas la communication instantanée comme aujourd'hui et il n'y avait donc pas cette uniformité des points de vue. De nos jours, tout le monde parle entre eux de ce qui arrive au moment même. Et si une personne dit que ce n'est pas bien, tout le monde reprend la même chose. 
Au 18ème siècle, si un événement violent se déroulait, seules les personnes concernées étaient au courant. On ne racontait pas à tout le village ce qu'il venait de se passer, mais seulement à la famille ou aux proches. D'ailleurs, aujourd'hui il y a toujours énormément de violence dans notre monde, parfois plus horrible que celle de l'époque, c'est juste qu'elle ne se passe pas proche de nous. Les gens utilisent leur propre expérience pour appréhender ce qu'ils lisent. Quelqu'un de plus vieux et qui aurait connu la Seconde Guerre mondiale aurait une vision différente de ce qu'il lit dans le livre.


Une petite surprise pour les invitées

Vers la fin de la soirée, Romann Berrux (qui incarne Fergus jeune à l'écran) nous a fait la surprise de nous rejoindre et a répondu à quelques questions, notamment sur sa sélection pour son rôle ou sa rencontre avec un des réalisateurs et il nous a régalé de quelques anecdotes de tournage. Il nous a expliqué que certains acteurs lui avaient fait une blague en lui faisant croire que l'un d'entre eux, qu'ils appelaient « Fire Man », était en fait pompier et avait sauvé plusieurs personnes d'un immeuble en feu. Et Romann y a crû jusqu'à ce qu'on le détrompe.


Grâce aux éditions J'ai lu, nous avons eu la chance de passer un moment privilégié avec Diana Gabaldon, de lui poser nos questions et d'en découvrir un peu plus sur son univers fantastique. Un grand merci aux éditions J'ai lu pour cette soirée exceptionnelle et également à Diana Gabaldon pour avoir répondu avec gentillesse.


On vous propose un petit concours pour tenter de gagner un exemplaire du Prisonnier écossais dédicacé par l'auteur et cacheté avec le cachet Outlander et une affiche du tome 2 dédicacée par l'auteur et par Romann Berrux. Rendez-vous sur notre page Facebook pour participer !

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