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lundi 11 janvier 2016

Les chroniques de Dani Mega O'Malley - Tome 2 : Burned de Karen Marie Moning

Les chroniques de Dani Mega O'Malley - Tome 2 :
Burned
de Karen Marie Moning

Éditions J'ai lu

Sortie le 13 janvier 2016
Format broché / 544 pages / Prix 13,90 €


Présentation de l'éditeur :

« Ce soir, j’ai peut-être vaincu l’un des pires Unseelies de tous les temps, mais le silence et la désolation qui règnent dans ce qui était autrefois le coeur de Temple Bar me donnent le cafard. Je veux retrouver mon Dublin. Je veux que cette foutue glace disparaisse.Alors que je viens de faire halte, maussade, l’extrémité d’un objet dur et pointu se pose soudain dans mon dos.– Lâche ton épée, Dani, dit Mac derrière moi. »



13,90 EUR
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13,90 EUR
J'ai Lu

L'avis de Lila :

Burned est déjà le 7ème tome des aventures de Mac, et autant le dire tout de suite, plus encore que de se situer sur un pied d'égalité avec les opus précédents, ce nouveau roman réussit l'exploit d'être encore meilleur. Aucune lassitude ne s'installe, bien au contraire.

L'auteur poursuit habilement son histoire, non pas en recyclant ce qu'on a déjà vu auparavant, mais en déplaçant à nouveau tous ses pions sur un échiquier passionnant. Nouveaux ennemis, nouvelles alliances, et surtout des personnages qu'on découvre sous un jour nouveau. Ainsi Mac, puisqu'ici c'est elle qui prend la parole le plus souvent, se retrouve en bien mauvaise posture. Dans les tomes précédents, elle avait plusieurs missions qui étaient somme toute assez claires, et pour lesquelles elle disposait de dons bien pratiques. Sans parler de Barrons qui la guidait à travers toutes les épreuves telle une boussole infaillible indiquant toujours la bonne direction. Mais à présent, ses précieux dons, ceux qui faisaient d'elle une arme que tout le monde s'arrachait, se révèlent plus ou moins inutiles, sans parler de ce qui se trame dans sa tête et qu'elle gère difficilement. La Rainbow Girl n'est plus qu'un lointain souvenir depuis longtemps, mais la nouvelle Mac doit à présent faire face à d'autres défis, bien plus dangereux encore. Entre ceux qu'elle a peur d'affronter et ceux pour lesquels elle se sent démunie, on la découvre perdue, parfois presque apathique, alors qu'elle essaie de gérer au mieux ce qu'elle est devenue, dans un monde qui ne lui fait aucun cadeau.

Autre personnage qui connait une évolution fascinante : Dani. Cette gamine incroyable qu'on avait appris à apprécier dans Iced voit sa destinée bouleversée, et pas qu'un peu. On en apprend beaucoup plus sur elle, mais à la façon de Karen Marie Moning. C'est-à-dire que pour chaque réponse apportée, de nouvelles questions se posent, toujours plus nombreuses.

L'autre grosse surprise ici est le traitement accordé à Barrons, Lor et Ryodan. L'auteur nous avait habitués à la frustration, à voir ces hommes apparaitre et disparaitre au fil des pages, nimbés de leurs secrets impossibles à cerner. Dans Burned, ils sont présents du début à la fin. Et le roman porte merveilleusement bien son titre, puisqu'ils sont plus chauds-bouillants que jamais. Grâce à une astuce ô combien jouissive, on en découvre bien plus sur eux, sur leurs pensées et leur fonctionnement. Pour une fois, on ne reste pas qu'en surface, et ce qu'on découvre se révèle aussi fascinant que ce que l'on pouvait espérer. Barrons demeure fidèle à lui-même, et les moments qu'il passe avec Mac sont savoureux, comme toujours. Ryodan apparait bien plus complexe qu'on ne le supposait. Inquiétant parfois, mais finalement capable d'une certaine empathie (à sa manière bien sûr) et tellement addictif. Quant à Lor, c'est clairement le plus attachant des trois (rien à voir avec sa passion pour le bondage, encore que). Bien plus humain que ses frères d'armes, il est drôle, touchant et sexy en diable. Entre ces trois hommes, on ne sait clairement plus où donner de la tête, d'autant plus que KMM nous gâte en leur offrant tour à tour des scènes exceptionnelles.
Et c'est sans parler des autres, alliés ou ennemis, qui sont tous parfaitement traités.

L'histoire est dense, complexe et maîtrisée d'un bout à l'autre. L'auteur navigue entre moments stressants, sensuels, émotionnels avec un talent qui ne cesse de surprendre. Pendant la lecture, on rit, on s'inquiète, on glousse, on est parfois peiné, puis de nouveau hilare, avant que la situation ne tourne mal et qu'on soit de nouveau tendu à l'extrême. Impossible de le lâcher !

Un petit bémol, tout de même, en ce qui concerne la traduction. J'ai lu la version originale de Burned avant la sortie française, et, avec la VO encore bien en tête, j'ai été surprise par de nombreux points de traduction. En VO, beaucoup de personnages s'exclament "Fuck" ou "Damn it", des jurons très fréquents en anglais. La traductrice a choisi d'en traduire la majorité par "Nom de nom", ce qui d'une part n'est pas très joli, mais de plus, comme il s'agit là d'une expression que personne de moins de 60 ans n'utilise en français, ça devient très vite agaçant de voir tous les personnages, de Dani (14 ans) à Lor, en passant par Mac, Barrons, etc. utiliser tous cette même expression. On finit par avoir l'impression que tout le monde parle pareil. Et même si "Putain !" n'est pas très joli, dans le feu de l'action, il semble tout de même plus pertinent qu'un "Nom de nom !"... De même, certains personnages poussent des exclamations en anglais dans la traduction : "Fuck !" ou "Yes !". J'ai eu beau chercher, je n'ai pas compris la démarche. Et je n'évoquerai même pas Barrons qui parle de fister Mac dans le prologue, car la traductrice a choisi de laisser "fist" (anglais) plutôt que "poing" (français), ce qui donne une image vraiment dérangeante (fister quelqu'un ou lui empoigner les cheveux, ce n'est pas tout à fait la même chose, haheum)... Je pourrais continuer ainsi un long moment.

Malgré ce point qui m'a beaucoup dérangée dans ma lecture, on peut clairement affirmer que le seul roman qui puisse être meilleur que le dernier KMM, c'est sans aucun doute le KMM suivant.
Burned est un chef d'oeuvre qui ravira les fans à n'en pas douter. C'est à regret que l'on termine ce roman, avec un immense sentiment de frustration tant on en voudrait toujours plus. Une saga addictive qui nous plonge dans un Dublin qu'on n'a aucune envie de quitter un jour.

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