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samedi 29 septembre 2012

Luxuria, Tome 1

Luxuria 
Tome 1
 de Frédérique de Keyser 

 Editions Sharon Kena

 Sortie le 23 août 2011
Format numérique / 340 Pages / 6,50 €
Format papier / 263 Pages / 15,42 €


Présentation de l'éditeur : 

Quand je pense que je m’étais juré de ne jamais fréquenter les démons ! Non contents de m’embaucher, sans trop me laisser le choix soit dit en passant, dans l’un des établissements où ils avaient l’habitude de côtoyer mes semblables (et pas pour discuter art ou littérature), les voila qui essayaient de me faire croire que le salut de l’humanité et l’équilibre de leur monde reposaient sur mes épaules. Pire, il paraîtrait que j’étais responsable de la menace qui pesait sur nous tous. J’avais peut-être une part de responsabilité dans tout ceci, et n’étais pas mauvaise au point de refuser de réparer le mal que j’avais pu faire. Mais était-ce une raison pour me coller dans les pattes de ces démons dangereusement divins et diaboliquement beaux qui menaçaient de me mettre face à celle que j’étais réellement ?

L'avis de Lila :

Luxuria est un roman qui fait la part belle à l'érotisme et, disons-le franchement, au BDSM ("Bondage, Discipline, Domination, Soumission, Sado-Masochisme" d'après monsieur Wikipédia) et au libertinage assumé. De ce fait, on en réservera la lecture à un public averti. L'histoire se déroule essentiellement au sein du Luxuria, un club libertin où chacun pourra trouver son plaisir quelles que soient ses préférences. Et pour couronner le tout, cet établissement est tenu par des démons au sex-appeal dévorant. Ceux-ci sont arrivés en grand nombre parmi nous et ne se cachent pas, bien au contraire, et pour le grand plaisir des humains qui profitent sans se faire prier de leurs physiques avantageux et de leurs performances sexuelles incomparables.

Sláine évolue dans ce monde, évitant autant que possible les démons dont elle se méfie suite à une mauvaise expérience. Moderne et franche, son caractère haut en couleurs fait des étincelles. C'est d'ailleurs en se disputant avec son ancien patron en public qu'elle attire l'attention de deux démons. Sa rencontre avec eux va la forcer à entrer de plain-pied dans cet univers dont elle ignore tout, et surtout, qui ne l'attire pas : celui des démons bien sûr, celui du Luxuria ensuite, mais également celui du BDSM. Sláine n'est pas du genre chanceuse, et quand le destin décide de la pousser dans une situation dont elle ne veut pas, autant dire qu'il y va franco. C'est ainsi qu'elle se retrouve, en moins de temps qu'il n'en faut pour dire BDSM, à travailler au Luxuria et à vivre dans les appartements privés de Sio, un démon sexy en diable, tant qu'à faire.

La sensualité et l'érotisme sont présents en permanence dans ce roman. Mais pas de façon lourde ou vulgaire, plutôt par petites touches ici et là. Le lieu tout entier est une invitation au plaisir charnel et y évoluer sans y penser est évidemment impossible. Surtout en étant entouré par des démons plus attirants les uns que les autres. De fait, Sláine pense beaucoup à ses hormones, et nous avec. Tout l'aspect BDSM est une belle surprise. On pourrait s'attendre à beaucoup de choses, surtout au pire, mais force est de constater que l'auteure n'a pas envie de choquer ou de bousculer le lecteur. Elle le prend par la main et l'entraîne progressivement, sans vraiment qu'il s'en rende compte. Sláine n'est pas du tout attirée par le BDSM, mais elle a cependant une sexualité qu'on qualifiera de "classique" et d'assumée. On nous épargne le cliché de l'ingénue traditionnelle qui connaît son premier orgasme grâce au super héros de service, ouf. Le BDSM présenté ici a quelque chose de très doux, on y trouve beaucoup de pudeur. On aime ou pas cette pratique, mais on finit par en comprendre l'essence, et certaines notions de romantisme, de don de soi et de confiance en l'autre font mouche, il faut l'avouer. D'autres pratiques sexuelles sont évoquées avec tout autant de finesse et de pudeur. D'une façon générale, ce sont toutes les scènes érotiques qui sont très bien écrites et qui raviront les amateurs du genre.

Ce roman est cependant bien plus qu'une succession de scènes érotiques. On y trouve de l'amour et de l'action. L'histoire de fond est intéressante et évite pas mal de clichés. On y trouve beaucoup de bonnes idées également. Les personnages sont tous bien décrits, on s'attache facilement à eux et Sláine ne manque pas d'humour. On peut réellement s'identifier à elle. Elle peut également agacer par son manque de maturité amoureuse ou sa capacité étonnante à se disputer avec Sio à longueur de temps, mais c'est quelque chose qui semble totalement assumé, puisqu'elle se le reproche elle-même. On pourra regretter que l'auteure aille vite en besogne : les personnages tombent amoureux très rapidement, et en seulement quelques jours, on a déjà eu droit à des déclarations enflammées, des séparations douloureuses et des réconciliations émouvantes. Certains apprécieront de ne pas tourner autour du pot et d'être rapidement amenés au cœur de l'histoire, d'autres pourront trouver ça un peu étonnant.

Ce roman faisant la part belle au BDSM, il est difficile d'en parler sans évoquer le monsieur en gris. Après le "porno chic" dans la mode, voilà le "mommy porn" dans la littérature. Ou quand le grand public découvre le fil à couper le beurre et crie à la nouveauté. Si Fifty shades of Grey est le Twilight du roman érotique, espérons que l'engouement qu'il suscite viendra mettre en lumière d'autres romans vraiment meilleurs et écrits bien avant cet effet de mode, comme c'est le cas de Luxuria. Le "mommy porn", c'est moche, vraiment, autant dans le nom que dans ce qu'il prétend être. Restons-en plutôt à notre bonne vieille étiquette de lectrices de romances érotiques qui s'assument, et partons explorer des romans bien plus profonds et complexes, qui offrent sur un même plateau des scènes d'un érotisme torride et une histoire qui n'est pas juste un prétexte à la gaudriole. Vous l'aurez compris, Luxuria est un bon roman, complexe, riche et bien écrit, et qui vous procurera sûrement plus de frissons que Mr Grey, aussi sexy soit-il.

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