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lundi 23 janvier 2012

Les gardiens de l'éternité Tome 5 : Jagr d'Alexandra Ivy

Les gardiens de l'éternité
Tome 5 : Jagr

d'Alexandra Ivy


Editeions Milady
Collection BIT LIT

Sortie le 20 janvier 2012
Format poche /  8€


Présentation de l'éditeur :

Jagr est un solitaire. Mais en tant que membre du puissant clan de vampires de Chicago, certaines obligations lui incombent. La dernière : retrouver une sang-pur et la conduire auprès de sa sœur. Le problème : Regan Garrett n'a nullement l'intention de se laisser faire. Et même si Jagr a accepté de ne pas faire le moindre mal à cette femme, il s'empressera de la soumettre d'un baiser, éveillant un désir qu'il n a pas ressenti depuis des années.

Avis de Karen:

De prime abord rien de bien original dans ce cinquième volet des Gardiens de l’Eternité. Nous retrouvons toujours le même schéma devenu classique d’un héros Vampire et d’une héroïne Autre – ici loup-garou-qui-ne-peut-pas-se-transformer (comme Darcy, ce qui est normal étant donné que Regan est sa sœur). Mais cela ne nous empêche pas de savourer d’un bout à l’autre ce roman qui est sans nul doute le meilleur de la série.

La raison principale : des répliques drôles et savoureuses, l’absence de temps morts, de multiples rebondissements, mais surtout des personnages attachants et très charismatiques. Nous avions fait connaissance de Jagr dans le tome précédent et il avait été présenté comme un érudit reclus et sauvage qui avait été atrocement torturé des siècles auparavant et qui en avaient gardé de profondes cicatrices. Torturé ? Des cicatrices ? Solitaire ? Inutile de vous préciser combien ces seuls mots suffisent à nous retourner les sangs et à titiller notre curiosité. Et bien Jagr remplit toutes ses promesses. Après plusieurs siècles à contenir sa colère et ses autres émotions, Jagr est devenu glacial. Il émet en permanence des vagues de froid qui terrifient son entourage. Un vrai Mr Freeze ! Le contraste n’en est que plus grand avec Regan. Également séquestrée et torturée depuis sa petite enfance, elle réagit complètement différemment. Elle veut savourer pleinement sa liberté retrouvée et refuse de se mettre des barrières : elle dit tout ce qui lui passe par la tête et refuse toute forme d’engagement. Embêtant lorsque Jagr est persuadé qu’elle est sa compagne. Elle finira cependant par comprendre que toutes les prisons ne sont pas matérielles et qu’on peut se les créer soi-même.

Et puis, cerise sur le gâteau, on retrouve notre gargouille adorée, Levet. Sa manie d’utiliser des mots hors de leur contexte est toujours aussi tordante. On peut définitivement le proclamer mascotte de la série !

Ce tome-là n’est pas parfait pour autant. L’action démarre tout de suite, trop vite. Il aurait été préférable de poser d’abord les personnages et notamment Jagr. On ne peut s’empêcher de se sentir par certains côtés floués parce qu’on ne l’appréhende jamais dans son environnement. En somme, on n’est jamais vraiment face au héros torturé et solitaire parce qu’en présence de Regan il perd ses moyens et devient autre. Le second défaut est l’agaçante manie qu'a Jagr de faire taire Regan par des baisers et ce dès leur première rencontre. La première fois on hausse un sourcil en se disant « rapide le gars ! ». La deuxième on hausse carrément les deux sourcils. À la troisième, on se dit « ok là c’est ridicule ». Mais bon on pardonne à Alexandra Ivy car elle en a apparemment conscience et c’est un parti pris volontaire comme en témoigne ce passage (celui de la troisième fois) :
« — Mais bien sûr. Les hommes comme toi…
Il baissa la tête et lui scella les lèvres d‘un baiser bref et brûlant avant d’avoir pu retenir ce geste impulsif. Peut-être parce que, pour la première fois depuis des siècles, sa maîtrise de soi implacable était minée par un minuscule bout de garou dotée de la langue d’une harpie ivre et des manières d’un blaireau enragé.
Quand il releva brusquement la tête, il rencontra son regard abasourdi.
— Pourquoi tu fais toujours ça, putain ? Grommela-t-elle, les joues empourprées par un feu qu’elle ne pouvait cacher.
Il poussa un grognement guttural.
— Si je le savais, je tomberais à coup sûr sur le pieu le plus proche.
Il vit ses yeux d’émeraude briller.
— Ça peut toujours s’arranger… »
(p. 82)

À chaque fois que je lis un tome de la série des Gardiens de l’Éternité une citation de Tolstoï me vient à l’esprit : « Les ongles et les cheveux sont donnés aux hommes pour leur fournir une occupation constante ». Faute d’explication de la part d’Alexandra Ivy, je m’en tiendrai donc à celle-ci : ses vampires ont tous des cheveux TRÈS longs car il faut bien qu’ils trouvent un moyen de passer le temps… Jagr ne fait pas exception à la règle ; comme tous avant lui, il a une natte blonde qui lui descend jusqu’aux genoux… Heureusement que le reste compense…

Et le meilleur pour la fin : il va enfin y avoir du changement dans le monde des Gardiens puisque, pour la première fois, le sixième tome n’aura pas pour héros un vampire, mais Salvatore, le roi des Loups-Garous….

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