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vendredi 29 juillet 2011

Les vestiges de l'aube

Les vestiges de l'aube
de David S. Khara

Editions Michel Lafon 

Sortie le 19 mai 2011
Broché / 17,95 € 


Présentation de l'éditeur :


Depuis les attentats du 11 septembre, Barry Donovan est dévoré par le désespoir. Et ce n’est pas son métier de flic, dans un New York accablé par la criminalité, qui lui remonte le moral.

Son seul réconfort : les conversations virtuelles qu’il entretient chaque soir avec un certain Werner Von Lowinsky, aristocrate cultivé et apaisant. Peu à peu, sans s’être jamais rencontrés, ils deviennent amis, se confiant leurs préoccupations les plus secrètes, échangeant sur les sujets les plus intimes.

Mais Barry ignore encore que Werner n'est pas un homme comme les autres…

Des collines de Virginie au cœur de Manhattan, de la guerre de Sécession au XXIe siècle, des flics aux vampires, David S. Khara prouve ici qu’il a trouvé sa voie.


Avis d'Asmodée


Paru dans un premier temps aux éditions Rivière Blanche, puis réédité il y a peu chez Michel Lafon, Les vestiges de l'aube se révèle être un roman captivant. Cette adhésion à l'histoire écrite par David S. Khara – qui a depuis publié le très encensé Projet Bleiberg – se justifie grâce à des qualités souvent négligées dans des œuvres dites grand public. La pertinence d'un récit immersif est le premier point fort à saluer. En faisant le choix de n'introduire qu'un nombre restreint de protagonistes, la plume de l'auteur a ainsi le lest nécessaire pour brosser un portrait minutieux de ses deux personnages principaux. Humains, abîmés par les aléas de la vie, ces derniers séduisent les lecteurs qui peuvent s'identifier à leurs parcours et raisonnements.


Barry Donovan est un flic qui essaie tant bien que mal de se reconstruire suite au décès de son épouse et de sa fille lors des attentats du 11 septembre. C'est dans un contexte difficile que le veuf est amené à croiser le chemin de l'énigmatique Werner. Ce vampire, né en 1812, va représenter un soutien inattendu aussi bien dans sa vie privée que professionnelle. Werner constitue l'un des rares éléments stables dans l'existence de Barry. Celui-ci ignore tout de l'identité de son ami virtuel rencontré sur internet, avec qui il prend plaisir à chater le soir. Cependant, une amitié naissante le pousse à lui révéler des bribes de l'enquête délicate à laquelle lui et son coéquipier se trouvent confrontés. Werner vit en ermite dans la tanière douillette qu'il s'est aménagée et n'a connaissance du monde moderne qu'à travers les livres, le cinéma et internet. Barry et les principes moraux qui l'animent vont servir de point d'ancrage au vampire, l'encourager à fréquenter à nouveau une réalité qui lui était devenue étrangère. Peut-être même va-t-il voir renaître de leurs cendres des aspects de son humanité qu'il pensait perdus.

Barry le policier et Werner le buveur de sang représentent deux faces d'une même pièce. À l'opposé l'une de l'autre, et pourtant complémentaires. Chacun des personnages se révèle touchant à sa manière, pétri de doutes et de convictions. Une amitié solide va se nouer entre eux. Werner est un vampire aristocratique bien loin des freluquets aux dents longues dont nous abreuvent certaines œuvres fades. Indéniablement, il y a une part subtile de Louis Pointe du lac et de Lestat dans cet être immortel, porteur de mort mais avide de redécouvrir les sensations procurées par la vie.

Fort d'un suspens allant crescendo, l'intrigue des Vestiges de l'aube nous happe dès le premier chapitre pour ne plus lâcher son lecteur. La traque d'un tueur professionnel prenant pour cibles de riches hommes d'affaires donne lieu à une aventure menée avec brio par un tandem improbable. Mystères et rebondissements rythment cette histoire pleine de pudeur, intelligente et accessible à un grand nombre de lecteurs. Guère friand du genre policier en littérature, l'alchimie parfaitement dosée du roman a su me séduire de par son efficacité et sa fluidité. Autant dire qu'une possible suite, comme le suggère le prologue, est attendue avec une impatience certaine. Lecteur satisfait est toujours gourmand ! Les amateurs de polars et de romans vampiriques se doivent de lire Les vestiges de l'aube, sous peine de passer à côté d'une perle.


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