Interview de Georgia Caldera

 



Bit-Lit.com : Bonjour Georgia, merci de nous accorder cette interview. Comment vas-tu ?

Très bien, merci, je suis ravie d’y participer !


Bit-Lit.com : Peux-tu nous parler de toi ?

J’ai un parcours quelque peu atypique… Je me suis pas mal cherchée, lol. Après un bac littéraire, j’ai enchainé avec un BTS en communication visuelle, puis je me suis dirigée vers l’Art-Thérapie, une discipline très intéressante, mais, malheureusement, cela reste un secteur dans lequel on manque de moyens. Mon DEA en poche, j’ai recherché un emploi dans ce domaine, mais je n’ai rien trouvé de durable. Et, parallèlement à mes études, j’ai donné pendant plusieurs années des cours de danse orientale. Récemment, j’ai arrêté afin de me consacrer pleinement à mes passions, l’écriture et l’illustration.


Bit-Lit.com : Quels sont tes auteurs et romans préférés ? Quels sont ceux qui t'influencent dans ton travail ?

J’ai une affection toute particulière pour certaines œuvres classiques de la mouvance gothique comme Dracula de Bram Stoker, Carmilla de Le Fanu, Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, ou encore Le Moine de Matthew Lewis.
Après, je suis une grande fan des Chroniques des Vampires d’Anne Rice. Mon roman préféré est d’ailleurs La Reine des Damnés. Ceux-là m’influencent beaucoup dans mon travail.a
Mais j’aime aussi certains thrillers comme La Chambre des Curiosités de Preston et Child, L’Evangile Selon Satan de Patrick Graham. Des livres jeunesses également, comme Harry Potter (évidemment !), La Saga des Wildenstern de Oisin Mc Gann, ou Incarceron de Catherine Fisher. Et dernièrement, mon plus gros coup de cœur a été pour une série fantasy : Fils-des-Brumes de Brandon Sanderson.


Bit-Lit.com : Où puises-tu ton inspiration ?

Je serai tentée de dire tout… En fait, ça peut être beaucoup de choses. D’abord la musique, elle me met en condition et m’aide à visualiser les scènes que je m’apprête à écrire. Cela me sert de base et me permet d’esquisser mentalement une ambiance, un peu comme avec la B.O d’un film. Ensuite, la littérature, bien entendu, mais aussi le cinéma, certaines séries que je peux regarder (True Blood et Dexter en tête), et puis les travaux de certains artistes, comme ceux de Victoria Francès, par exemple.


Bit-Lit.com : Tu allies parfaitement le talent d'illustratrice à celui de l'écriture. Par laquelle de ces activités as-tu commencé, et qu'est-ce qui t'a poussée vers l'autre ?

Alors, ayant fait des études d’art, la plupart des gens qui me connaissent diront que j’ai commencé par là. Cependant, si j’ai toujours dessiné, j’ai aussi toujours écrit. Je ne montrais qu’assez peu ce que je faisais parce que je n’en étais jamais satisfaite…
En ce qui me concerne, l’écriture et l’illustration sont intimement liées. Quand j’ai commencé mes études, je rêvais de faire de la BD parce que le dessin était pour moi un moyen de raconter une histoire. C’était le but ultime. Mais j’ai abandonné ces projets-là parce que mes scénarios étaient toujours beaucoup trop denses pour voir le jour sous cette forme. D’où ce compromis avec Les Larmes Rouges.


Bit-Lit.com : Est-ce que pouvoir mettre un trait de crayon sur tes personnages et tes décors t'aide de manière fondamentale dans l'élaboration de tes histoires ?

Oui, c’est une aide précieuse, mais avant tout un besoin. Quand j’ai commencé Les Larmes Rouges, je n’y pensais pas plus que ça. Mais, au bout de quelques chapitres, il a fallu que je fasse les portraits de mes personnages principaux. À la base, cela ne devait rester que dans une pochette, à sortir de temps en temps pour l’inspiration. Toutefois j’y ai pris goût et j’ai eu envie de pousser le concept un peu plus loin.


Bit-Lit.com : Quel est ton parcours en tant qu'auteure ? Quels ont été tes premiers écrits ? As-tu eu des difficultés à trouver une maison d'édition ?

Mes premiers écrits… Ah mais je ne sais pas si je peux en parler, lol, ce n’était pas vraiment sérieux. À onze-douze ans j’ai écrit de petits récits d’épouvante (euh, oui, déjà à l’époque). Ensuite, vers l’âge de quinze-seize ans, après avoir lu La Bicyclette Bleue de Régine Deforges, j’ai commencé à écrire un roman dont l’héroïne était une jeune fille juive ayant échappé de justesse à la déportation, et qui tombait amoureuse, bien malgré elle, d’un déserteur allemand, le tout sur fond de seconde guerre mondiale. Je ne suis jamais allée au bout de cette histoire, mais j’avais tout de même rempli un peu plus de 150 pages de texte à l’époque…

Et puis, parallèlement à l’écriture du tome 1 des Larmes Rouges, j’ai aussi écrit une nouvelle, Délicieuse Paranoïa, parue dans les revues Freaks (n°2) et La Salamandre (n°13) ainsi que dans le webzine Le Royaume des Fées.

Quant à trouver une maison d’édition, eh bien, je n’ai pas trop eu de mal la première fois, les éditions Cauchemars m’ont très vite donné une réponse positive. Le problème est qu’ils ont mis la clé sous la porte avant la parution… Heureusement, je connaissais quelques personnes qui ont pu correctement m’aiguiller vers les éditions du Chat Noir, qui, à ce moment-là, étaient en train de se monter.


Bit-Lit.com : Tu as toi-même réalisé la couverture de ton roman Les Larmes Rouges et un artbook est disponible à la vente. Est-ce que c'était une condition non-négligeable pour que tu acceptes de signer chez un éditeur, ou est-ce que c'est simplement un gros bonus ?

Pour ce qui est de la couverture, j’y tenais beaucoup, oui. Je pense que j’aurais pu signer même si on me l’avait refusée, mais je n’aurais pas été comblée… Par contre, pour ce qui est du Artbook, ça, c’était vraiment le gros bonus ! ^^


Bit-Lit.com : Quelle est l'histoire officieuse des Larmes Rouges ? Comment t'es venue l'idée, les personnages ? Comment ont-ils mûri et évolué pendant le processus d'écriture ?

L’idée m’est venue en écoutant mon groupe préféré pendant un trajet en voiture (oui, je m’auto-raconte souvent des histoires lorsque je m’ennuie, lol, je ne sais pas si je devrais m’en vanter, hem…). À cette époque, je regrettais que la série Buffy contre les Vampires soit terminée et j’étais à fond dans Harry Potter, je pense que ce sont là mes sources d’inspiration premières pour Les Larmes Rouges.
Les personnages, quant à eux, ont pas mal évolué au fur et à mesure de l’écriture. Pour tout dire, à la base, je pensais ne faire naître les véritables sentiments de Cornélia pour Henri que dans le second tome. Mais ça a été plus fort que moi…


Bit-Lit.com : Quel est ton personnage préféré dans Les Larmes Rouges et pourquoi ?

Mon personnage préféré est sans hésitation Henri De Maltombes. Je pense que c’est à lui que j’ai donné la personnalité la plus complexe. Il est orgueilleux, colérique, un peu aigri et parfois buté, c’est un vampire puissant, qui assume sa condition, mais, malgré tous les efforts qu’il déploie pour le cacher, il possède certaines failles, des failles susceptibles de le rendre attachant…


Bit-Lit.com : En dehors de la suite des Larmes Rouges, quels sont tes autres projets en tant qu'auteure et illustratrice ?

Actuellement je travaille sur les illustrations du recueil de poésie de Tristanna Ferret. J’ai également dernièrement réalisé deux illustrations, qui seront parmi celles d’Anna Marine et de quelques autres illustrateurs, pour le recueil de nouvelles de Cécile Guillot, Là où s’élèvent les sorcières.
Côté écriture, j’essaie de me concentrer sur les tomes 2 et 3 des Larmes Rouges, mais je ne peux m’empêcher de plancher de temps à autre sur ma prochaine série… (série dans laquelle je délaisserai quelque peu les vampires, mais certainement pas les ambiances sombres !)


Bit-Lit.com :Comment appréhendes-tu les relations avec tes lecteurs ? Est-ce que c'est quelque chose que tu recherches ou qui t'effraie ? Est-ce qu'elles ont une influence sur l'écriture de tes romans ?

C’est quelque chose que je recherche. J’adore la relation qui s’est établie entre les lecteurs de mon roman et moi, c’est un peu comme un aboutissement, du moins en ce qui concerne ce premier tome. Lorsqu’ils me parlent de l’histoire, ou mieux encore, me citent les passages qui les ont marqués, j’ai l’impression de la revivre… C’est génial ! Et puis, en tant que jeune auteur, c’est intéressant de savoir quel effet telle ou telle scène a eu sur le lecteur, s’il était en adéquation ou non avec ce que je souhaitais faire passer. Ça aide aussi à repenser certaines choses.
Quelque part, oui, pour ces raisons-là, ça peut influencer la forme. Cependant ça n’a pas de réelle incidence sur le fond de l’histoire, la trame des volets suivants ayant déjà été écrite avant la parution du premier.


Bit-Lit.com : Quels ont été les moments les plus forts pour toi depuis que tu as fini l'écriture du premier tome de ton roman ? Les réponses positives des maisons d'édition, voir ton roman en librairie, un événement particulier, etc ?

Il y a eu les premières chroniques, ces premiers retours, positifs qui plus est, ça, ça a été beaucoup d’émotions. Et puis mon tout premier salon, le ValJoly’Maginaire, a été le moment le plus fort, je crois. L’ambiance était excellente, et c’était génial de passer enfin de l’autre côté de la table des dédicaces.


Bit-Lit.com : Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour 2012 ?

Pleins de lecteurs ^^


Bit-Lit.com : Quelle est la question que personne ne t'a encore posée et à laquelle tu souhaiterais répondre ?

Si Henri peut se transformer en chauve-souris pour aller squatter un lampadaire un soir de pleine lune. La réponse est non… (et pourquoi il ferait ça, d’abord ?!)



L'équipe Bit-lit.com remercie Georgia Caldera pour sa disponibilité et sa gentillesse.

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