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dimanche 6 juin 2021

Crescent City, Tome 1 : Maison de la TERRE et du SANG, de Sarah J. Maas



Crescent City, 
Tome 1 : 
Maison de la TERRE et du SANG
de Sarah J. maas

Éditions De Saxus

Sortie le 12 mai 2021
Format relié / 955 pages / 29,90 €

Présentation de l'éditeur :

Une jeune femme mi-fae, mi-humaine et un mystérieux ange déchu se lancent à la poursuite d'un terrible meurtrier dans une ville où la lumière et les ténèbres se côtoient.
La nouvelle référence fantasy adulte des temps modernes par la brillante Sarah J. Maas !

Liés par le sang. Tentés par le désir. Déchainés par le destin.
Bryce, une jeune femme mi-fae, mi-humaine, a une vie parfaite : elle travaille la journée chez un marchand d'antiquités qui vend des artefacts magiques et fait la fête toute la nuit avec ses amis en savourant chaque plaisir qu'offre Lunathion – plus connue sous le nom de Crescent City. Mais un jour, un terrible meurtre va venir ébranler les fondations de la ville, de même que le monde de Bryce.
Deux ans plus tard, son travail ressemble à une impasse et elle se plonge dans l'oubli en écumant les clubs les plus fameux. Mais lorsque le meurtrier frappe de nouveau, Bryce se retrouve entrainée dans l'enquête et doit faire équipe avec Hunt, un mystérieux ange déchu dont le passé noir hante chacun de ses pas. Ce dernier est l'assassin personnel des archanges et il doit protéger la jeune femme, même s'il lui porte peu d'intérêt.
À la recherche de la vérité, Bryce et Hunt vont apprendre à se connaître et vont explorer les bas-fonds de la ville jusqu'aux niveaux les plus sombres de l'Anfer où des choses qui dormaient depuis des millénaires se réveillent...


L'avis de Lila :

J’ai découvert Sarah J. Maas avec sa saga ACOTAR. Celle-ci m’avait plu malgré une lecture laborieuse. Une héroïne plus forte et sexy que tous les habitants de l’univers réunis, des longueurs à n’en plus finir, des facilités scénaristiques ici et là… Mais j’avais globalement aimé. J’attendais mieux avec Crescent City, étant donné que l’auteure n’est plus une débutante et qu’elle jurait que c’était un roman bien plus adulte (c'est le cas !). Pour aller directement à l’essentiel, on retrouve exactement les mêmes soucis qu’avec ACOTAR, quelques-uns supplémentaires en bonus, et j’en ressors avec un avis similaire. En positif comme en négatif, je pourrais, à peu de choses près, copier/coller mon avis d’ACOTAR en changeant juste les noms.

Pour les points forts, il faut concéder à l’auteure une imagination foisonnante et une plume maîtrisée. Elle sait clairement où elle va, l’histoire est aboutie et intéressante. Elle a des milliers d’idées et n’hésite pas à emprunter dans tous les genres et mythes pour construire un univers riche et original. Elle est toujours aussi efficace dans les scènes d’action. Quand Sarah J. Maas vous annonce des combats, vous pouvez être sûr que ce sera épique, violent et sanglant. Elle n’a, de plus, aucun scrupule à tuer des personnages dans la bataille. J’admire sincèrement sa maîtrise et son sens de la mise en scène pour ces passages où elle excelle. Autre point appréciable, on termine ce premier tome avec une vraie résolution des intrigues principales, on ne reste donc pas sur notre faim. Elle prend tout de même le soin de nous annoncer de nouveaux rebondissements à venir, histoire de nous donner envie de découvrir la suite. Cela fonctionne d’ailleurs très bien.

Malheureusement, les points négatifs ne manquent pas. Autant dire les choses franchement, j’ai totalement lâché la rampe sur l’univers dès le premier quart du roman. Pas le temps de retirer ses chaussures et de s’installer qu’on a déjà droit à un historique complet couvrant des millénaires d’Histoire et autant d’événements. À cela, il faut également ajouter ce qu’il se passe dans le présent. Trop d’éléments, de personnages, de créatures, de hiérarchie, de lieux, de mots à apprendre... Tout ça, jeté d’entrée de jeu et quasiment pêle-mêle via d’énormes pavés. L’auteure réduit cela dit un peu la dose d’informations vers la moitié de ce roman (qui compte plus de 950 pages…). J’ai vraiment voulu suivre et m’intéresser, mais la prise de tête était trop forte. Cela gâchait totalement ma lecture, je lisais au ralenti, je ne comprenais rien... J’avais à peine digéré un centième des informations données qu’elle en remettait une couche plus abondante encore, chapitre après chapitre, c’était sans fin. J’ai pleuré nerveusement, inspiré et soufflé un bon coup, puis décidé de sauter ces passages, et plus globalement tout ce qui était long, pénible ou inutile (de quoi réduire ce roman des deux tiers, honnêtement). Comme dans ACOTAR, on peut zapper la moitié de ce qui est écrit sans rien perdre à l’intrigue, ce qui n’est quand même pas un très bon signe… J’apprécie cela dit le choix de l’éditeur d’avoir soutenu le roman en l’état, quand on sait à quel point ils peuvent avoir la découpe facile.

Autre point négatif, on retrouve ici le même souci avec l’héroïne que dans ACOTAR. Bryce est la plus forte et la plus belle du monde et si vous ne le retenez pas, c’est que vous avez sauté encore plus de passages que moi, vu que l’auteure nous le répète approximativement douze fois par paragraphe. Sur le fond, c’est top de voir une vraie héroïne qui résout tout sans l’aide d’un homme et qui est plus forte qu’eux. C’était cependant parfois un peu poussif, comme dans ACOTAR toujours. Ajoutons à cela que Bryce ne peut pas croiser un homme sans qu’il soit aussitôt en rut (comme dans ACOTAR, je sais, je sais, je me répète…).

La vie de Bryce se résume à boire, se droguer et coucher avec des inconnus dans des toilettes. Pourquoi pas. Malheureusement, elle a un égo surdimensionné et un caractère peu appréciable : impulsive, immature, égocentrique, rarement respectueuse avec les autres… L’auteure appuie bien sur le traumatisme vécu pour nous montrer que la pauvre a juste une carapace. Malheureusement, elle était déjà comme ça avant ledit traumatisme, donc l’excuse fonctionne moyennement. Bryce devient un peu moins insupportable après la première moitié du roman, mais le mal était fait et je n’ai pas pu m’attacher à elle. Le monde tourne autour de son nombril, ce qui sera d’ailleurs littéralement le cas dans la suite de l’histoire (comme dans ACOTAR). Autre détail, l’auteure nous promettait une saga plus adulte (et c’est le cas), mais ça donne droit à un maximum de blagues de cul plus gênantes que drôles et à une insistance poussive sur le sexe. 

Sa relation avec Hunt ressemble là aussi largement à ce que j’ai lu dans sa précédente saga. On se déteste, on tombe amoureux, hop hop, c’est le destin donc allons-y gaiement. Ils ont tous les deux perdu un être cher et sont hyper sexy, ils sont donc forcément destinés l’un à l’autre (j'exagère un chouïa, je vous le concède). Hunt est cela dit un excellent personnage, sombre, torturé, intelligent et implacable. Le voir rembarrer Bryce était assez savoureux, mais il se transforme rapidement en gentil niais parce que, quand même, Bryce c’est la plus belle et la plus forte, son kiki est tout dur quand il la voit (des fois que vous n’ayez toujours pas compris). C’est dommage, le personnage reste intéressant et bien écrit, mais plus sa relation avec Bryce se développait, plus il perdait en saveur.

On a également droit à environ quatre cents personnages secondaires. J’ai oublié les trois quarts sitôt les avoir croisés. Les autres vont de « intéressants » à « mmmoui, pourquoi pas ». Je pense que l’auteure voulait intégrer de nombreux personnages pour en tuer une partie et présenter les autres pour la suite de la saga. Sûrement que ces derniers prendront de l’importance plus tard. Mais ça, ajouté à toutes les informations déjà trop abondantes, j’ai une fois de plus lâché la rampe et renoncé à retenir qui était qui.

Ces défauts ne sont pourtant pas rédhibitoires. Comme dans ACOTAR, j’ai laissé le pénible de côté pour me concentrer sur les points positifs, à la manière d’un gros blockbuster américain où plein de choses ne vont pas, mais on s’amuse quand même.

En résumé, on a ici un univers riche, une histoire originale et une plume maîtrisée. Les longueurs et l’abondance de détails m’ont presque découragée, mais en prenant des raccourcis, ce roman se lit très bien. Je reste peu fan de l’héroïne et de son développement, mais j’ai tout de même passé un bon moment de lecture et je lirai la suite dès qu’elle sera disponible. Ajoutons à cela que l'éditeur a fait un travail remarquable sur l'édition reliée. Un pur plaisir pour les yeux qui justifiait largement de dépenser quelques euros supplémentaires.