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vendredi 14 mai 2021

The Loop, Tome 2 : The Block de Ben Oliver


 The Loop
Tome 2 : The Block
de Ben Oliver

Éditions La Martinière Jeunesse

Sortie le 9 avril 2021
Format broché / 364 pages / 18,50 €

 
Présentation de l'éditeur :

Après s’être échappé du Loop, prison ultra-sécurisée pour adolescents, Luka a fait une découverte macabre : Happy, l’intelligence artificielle qui dirige le monde, est responsable de la diffusion d’un virus qui a décimé la population. Et manifestement, elle ne compte pas s’arrêter là.
Désormais, Luka n’a plus qu’un objectif : retrouver ses amis résistants et, avec eux, détruire Happy avant qu’elle n’étende encore son pouvoir.
Mais dans une société ultra-connectée où une intelligence artificielle peut s’immiscer dans chaque cerveau, comment être sûr que ses pensées lui appartiennent ? Et si Happy se jouait de lui dans le seul but de débusquer et détruire les derniers membres de la résistance ?
Ses amis, son courage et son amour profond de la liberté seront les seules armes de Luka. Lui suffiront-elles à déjouer les plans d’une machine devenue folle ?


L'avis de Tan :

À la fin du premier tome, Luka se retrouvait de nouveau enfermé dans une prison de haute sécurité et condamné à être drainé de toute son énergie encore et encore. Le début de The Block a donc un air de déjà-vu et reprend le rythme cyclique du Loop. Sauf que les règles ont changé. Luka ne peut plus courir pour essayer de flouer le système et se vider volontairement de son énergie. Cette fois, il est immobilisé la majorité du temps, nourri de faux rêves par Happy, l'IA qui a pris le pouvoir, pour tenter de découvrir où se cachent les résistants. En plus, le drainage est douloureux et dure 12 heures. De quoi faire passer le Loop pour une balade de santé et le Block pour une machine à rompre les corps et les esprits. Heureusement, et comme on s'en doute, sinon il n'y aurait pas d'histoire, Luka retrouve la liberté assez rapidement, et ses amis par la même occasion.

Ce second tome est toujours aussi cinématographique. D'ailleurs, certaines scènes, notamment dans la première moitié du livre, ne fonctionnent bien que si on les transpose mentalement sur petit ou grand écran. Il y a beaucoup d'action, de fusillades, de courses-poursuites, c'est extrêmement visuel. Peut-être même un peu trop, et le plaisir de lecture n'est pas toujours au rendez-vous. D'autant plus que l'histoire ne prend vraiment son envol qu'à la moitié du livre, avec l'apparition de nouveaux personnages et d'éléments qui viennent redonner du souffle à l'intrigue. Mention spéciale à Papillon, le petit drone rigolo et bavard, un peu agaçant au début, mais qui remporte le pompon du meilleur ami à la fin haut la main. C'est donc dans cette seconde partie qu'il y a le plus de révélations sur ce qui est en train de se passer dans ce monde contrôlé par une IA initialement conçue pour le bien de l'humanité. C'est aussi dans ces pages que s'exprime enfin le côté un peu fou de l'auteur qui avait donné certaines des scènes les plus marquantes du tome 1 (le tunnel, toutes celles avec les sourires).

Même s'il se dévore vite, ce tome n'est pas exempt de défauts. L'auteur a le mérite d'arriver à resituer habilement la situation et les personnages dans les premiers chapitres, mais il est toujours aussi difficile de s'attacher à certains d'entre eux à cause de leur manque de consistance ou de traits distinctifs... ou d'intérêt. Il y a aussi quelques ficelles un peu trop visibles et des indices tellement mis en évidence par l'auteur qu'on se retrouve à attendre que les personnages fassent le lien à leur tour. Il est également amusant de voir Luka dire lui-même qu'il trouve qu'il est celui qu'on libère et celui qui suit le mouvement, car, comme dans le tome 1, Luka est encore bien trop souvent passif dans l'action. L'auteur lui offre des scènes pour le mettre en valeur, mais elles ne sont pas forcément toutes très efficaces, même si elles fonctionnent sur la forme.

The Block est un peu plus faible que le premier tome (les mots de l'auteur à la fin confirment d'ailleurs que ce n'est pas qu'une impression), mais reste plaisant à lire et fait son travail : donner envie de lire le dernier tome à sa sortie. À défaut d'offrir une gamme de personnages attachants dont on veut connaître le destin à tout prix, il dépeint un monde dystopique sombre et bien construit, dirigé par une IA dont les motivations et le mode opératoire peuvent soulever quelques questions philosophiques au passage. Et si Happy avait raison ?