Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

lundi 12 juillet 2021

Hôtel Parallell de Alexis Flamand



Hôtel Parallell
de Alexis Flamand

Éditions Fleurus

Sortie le 25 juin 2021
Format broché / 261 pages / 14,90 €


Présentation de l'éditeur :

"Nous fournissons tout le confort moderne : des mondes de poche aptes à satisfaire les plus exigeants, des chambres avec vues sur n’importe quel continuum, des raccourcis faciles à emprunter entre les univers... sans oublier nos célèbres mini-bars." 

Lorsque Will répond à une petite annonce pour un job d'été à l'Hôtel Parallell, il est loin d'imaginer l'incroyable aventure qui l'attend... Car l'Hôtel Parallell n'est pas un hôtel ordinaire : bâti entre les univers, il accueille des clients venus de milliers de Terre Parallèles. Des clients un brin spéciaux... Embauché pour devenir l'assistant d'Arbogast, le détective de l'hôtel, Will va aller de surprise en surprise : échapper à une tentative d'assassinat, éviter une mort affreuse par ingestion, combattre des créatures abominables, et tenter de survivre à un séjour sur l'Île des Morts... Qui aurait cru qu'une banale histoire de robinet qui fuit cacherait autant de secrets ?

Avis de Lauryn :

J'ai découvert Alexis Flamand avec son cycle Alamänder, une série bourrée d'humour et détonante. Je n'ai donc pas hésité à me lancer dans ce roman de science-fiction, même s'il est à destination de la jeunesse. Je n'ai pas du tout regretté... tout en ressortant de ma lecture un peu frustrée.

Tout commence avec Will, un adolescent désireux de se trouver un job d'été. Une annonce dans le journal l'interpelle, et le voici lancé à la recherche de ce mystérieux Hôtel Parallell, proche de chez lui, mais dont il n'a jamais entendu parler. Très vite, le lecteur se rend compte que quelque chose cloche et découvre, en même temps que le jeune héros, la particularité de ce bâtiment situé entre les mondes. Will est embauché comme assistant du détective de l'hôtel, et sa première journée de travail s'annonce passionnante : un robinet fuit dans les étages. Le problème semble anodin, mais il va se transformer en catastrophe mortelle en un claquement de doigt.

Je n'en dirai pas plus sur l'histoire. Elle démarre sur les chapeaux de roue, elle est très bien amenée et nous plongeons facilement dans le nouvel univers de Will. Le tout est saupoudré de l'humour déjanté d'Alexis Flamand, bien entendu, et de sa manière si juste d'amener chaque élément, même le plus incongru. Qu'est-ce qui m'ennuie, alors ? Le format jeunesse implique une certaine rapidité et une cadence élevée dans les enchaînements des événements. Du coup, beaucoup de choses restent floues, et les personnages ne sont pas suffisamment approfondis pour un adulte. Par contre, un adolescent trouvera certainement cela à son goût. 

Moi, j'aurai aimé en savoir plus sur les clients de l'hôtel dont le rôle est minime, mais aussi sur les capacités de l'hôtel, sur Arbogast, le détective, et même sur Will dont le portrait demeure assez superficiel. L'univers mis en place par Alexis est très riche et s'ouvre à de nombreuses possibilités. J'espère qu'il aura l'occasion de les exploiter avec une suite.

Si je suis un public plus exigeant que celui visé par ce roman, je peux dire qu'il satisfera sans doute les adolescents en quête d'une aventure trépidante, menée tambour battant, et teintée d'une bonne dose d'humour. Fiez-vous à Alexis Flamand pour vous faire passer un excellent moment de lecture !




dimanche 11 juillet 2021

Demi-vie, Tome 1 : Rupture de Magali Laurent


 Demi-vie, Tome 1 : Rupture
de Magali Laurent

Éditions de Mortagne

Sortie le 15 juillet 2021
Format broché / 360 pages / 15 €

 
Présentation de l'éditeur :

La vie à temps partiel. Un mois d’éveil pour un mois de sommeil. Tel est le prix à payer pour survivre dans la Nouvelle Cité mondiale. Tout juste âgée de seize ans, Ysia doit quitter ses parents et devenir une Citoyenne à part entière. Beaucoup de changements rendent sa nouvelle réalité difficile : sa superviseuse est une femme froide et intransigeante, l’un de ses collègues l’épie pour une raison qu’elle ignore, et l’état de santé de son amie Kat se dégrade à vue d’œil, tout comme celui des autres habitants de son quartier. Et si tout cela était lié ? Que manigance le pouvoir en place ? Et qui est Driss, cette personne vivant à contretemps d’Ysia et partageant sa chambre ? Le Jardin où habite la jeune fille est une mécanique qui a fait ses preuves, mais quand l’intelligence artificielle au service des Citoyens se met à dérailler, c’est tout le système qui bascule. La rupture est proche. Le monde tel que le connaît Ysia touche peut-être à sa fin. 

L'avis de Tan :

Rupture est le premier tome d'une trilogie dont l'intégralité est déjà disponible au Canada francophone. L'autrice finalise actuellement le premier opus d'un spin-off. La France, quant à elle, verra les tomes arriver progressivement au cours du second semestre 2021, à compter du 15 juillet.

Les prémisses de cet univers sont alléchantes au possible. Il suffit de lire la quatrième de couverture pour s'en convaincre. L'idée même de cette vie à temps partiel est vraiment originale et prometteuse, et a beaucoup d'implications pour les personnages. Par exemple, certains ne peuvent mécaniquement jamais se croiser, car ils vivent à contretemps et l'héroïne de seize ans n'en a en fait vécu que huit... Pendant que la moitié de la population dort, l'autre moitié travaille pour la communauté et tout le monde fournit de l’énergie pour alimenter la machine qui fait tourner ce monde. En échange du labeur et de l’énergie fournis, les Citoyens gagnent à peine assez pour manger, se laver et acheter des programmes sur leur clairécran, l'implant imposé à tous à l'âge de 16 ans et dont on devine qu'il ne sert pas seulement à se divertir. Voilà posées les bases de cette dystopie plutôt engageante et bien pensée, si l'on peut dire.

Puis, vers le premier tiers du livre, quand le monde se met à dérailler, on commence à perdre de vue cette bonne idée de départ. L'attention se reporte alors sur l'intelligence artificielle qui régit tout et qui, visiblement, cafouille. On abandonne donc assez rapidement cette part d'originalité pour rentrer dans une dystopie beaucoup plus conventionnelle, qui évolue d'abord en vase clos pour ensuite, on le devine d'ores et déjà, nous mener à l'extérieur du Jardin, vers une vérité cachée. Bien sûr, tout n'est pas prévisible et il y a même quelques retournements de situation bien sentis çà et là qui laissent supposer que la suite saura sortir des chemins tout tracés par moments. Les personnages fonctionnent bien dans l'ensemble, même si leur psychologie aurait pu être plus développée. À noter que celui de Driss s'en sort mieux que la plupart, ce qui en fait d'emblée un favori.

Malgré quelques bons moments et de très bonnes idées, ce titre conviendra peut-être plus aux adolescents qui n'ont pas encore trop de points de comparaison et ne s'attarderont pas sur un style d'écriture assez simple et sans fioritures qui privilégie l'efficacité sur le plaisir des mots que certains peuvent rechercher dans leurs lectures. La critique féroce mais bien vue des écrans qui hypnotisent les masses et isolent les individus pourrait même amener à réfléchir un peu les jeunes lecteurs. Rupture se lit donc sans déplaisir, et surtout très vite, mais il manque un petit quelque chose pour en faire un livre qui se dévore et qui fait frétiller les doigts en attendant le suivant. À réserver au public cible donc : à partir de 12 ans.


samedi 10 juillet 2021

Le seigneur caché de Lisa Henry

 



Le Seigneur caché
de Lisa Henry

Éditions Mxm Bookmark

Sortie le 26 mai 2021
Format numérique / 296 pages / 5,99 €


Présentation de l'éditeur :

Face à un choix impossible, Min pourra-t-il sauver les personnes qui lui sont chères ? Aramin Decourcey - Min pour les intimes - est le meilleur voleur d'Amberwich. C'est aussi le gardien d'un secret qui l'aide à survivre au monde impitoyable des aristocrates et de leurs puissants magiciens. Pourtant, quand son neveu adoptif, Harry, est maudit par la famille Sabadine, Min n'a d'autre choix que d'accepter une mission suicide pour le sauver : retrouver Kazimir Stone, un Sabadine hedgewitch de bas niveau qui se trouve à Anhaga, un village en bord de mer contrôlé par le terrible Seigneur Caché des Faes. Entre les Sabadine d'un côté, les Faes de l'autre, et Kaz qui est loin d'être le simple hedgewitch qu'il prétend être, Min n'a pas le temps de gérer une crise existentielle et encore moins l'attraction grandissante entre Kaz et lui. Il doit ramener ce dernier à Amberwich et lever la malédiction de Harry avant qu'elle ne le tue. Malheureusement, il va vite se retrouver face à un choix impossible : sauver Harry et livrer Kaz ou sauver Kaz et laisser Harry mourir ? #Magie #Choix #Fantasy #MM


L'avis de Tsuki :

Lisa Henry semble être une auteure prolifique, c’est néanmoins le premier roman de sa plume que je lis. Voici un one-shot mêlant fantasy, avec des Faes, des sorciers, des êtres aux pouvoirs magiques, et une homoromance assez douce. Si l’histoire se lit assez bien et est plutôt prenante, dans le sens où l’on a envie de savoir ce qui va arriver à Kaz, Min et Harry, j’ai trouvé que le roman manquait de profondeur. Je m’attendais à un univers fouillé, des personnages et des pouvoirs plus exploités, mais l’on reste en surface et cela m’a frustrée. J’aurais tellement aimé en apprendre davantage sur la guerre entre les hommes et les faes, la nature de la magie, pourquoi certains ont des pouvoirs et d’autres non ; tout cela m’a laissée sur ma faim. J’ai patienté tout au long de ma lecture sans avoir ce que je souhaitais, je suis donc déçue sur ce point.

La romance est bien amenée, ce n’est pas brutal, je veux dire par là que ce n’est pas un échange de regards et “hop” ils finissent dans le même lit à s’envoyer en l’air sauvagement. Non, les choses prennent leur temps et c’est un point qui m’a plu. J’ai également apprécié le contexte, la malédiction sur le protégé de Min, Harry, le voyage vers Anhaga, la vie des deux voleurs à Amberwich, tout cela est intéressant, mais une fois encore plutôt survolé.

En bref, une lecture qui n’a pas su me convaincre malgré un fort potentiel. Je n’ai pas été embarquée dans l’univers créé par l’auteure et je suis restée sur ma faim dans l’attente d’une exploitation, un développement sur les personnages, l’univers, la magie, le conflit entre les Hommes et les Faes, qui n’est jamais venue. L’écriture reste fluide et les personnages attachants, peut-être tenterai-je un autre titre de l’auteure pour ne pas rester sur cette petite déception.


vendredi 9 juillet 2021

Deux cierges pour le diable de Laura Gallego



Deux cierges pour le diable
de Laura Gallego

Éditions ACTUSF

Sortie le 9 juillet 2021
Format broché / 400 pages / 18,90 €


Présentation de l'éditeur :

Cat est une jeune femme à la famille particulière. Son père n'est autre qu'un ange. Lorsque celui-ci est retrouvé mort, Cat se lance à la recherche de son assassin sans se douter qu'elle met le doigt dans une affaire complexe, entre démons et archanges... Heureusement, sa route croise le séduisant Angelo.
 
 
L'avis d'Elaura :

Déjà paru chez Baam! Éditions en 2009, ce roman de Laura Gallego fut une magnifique rencontre. Cette réédition est une vraie bonne nouvelle qui permettra, je l'espère, à une nouvelle génération de lecteurs de découvrir la plume de l’autrice.

Cat est une jeune fille de 16 ans qui mène une drôle de vie. Elle a parcouru une bonne partie du monde, jusqu’au Tibet, en compagnie de son père. Nomades atypiques, couple solitaire, Caterina suit son père, Ismaël, aux quatre coins du globe à la recherche de ce qu’il a perdu : Dieu. Car Ismaël est un ange, un vrai. Dans la hiérarchie angélique, il est un ange mineur. Autrement dit, ce n’est pas un guerrier comme les archanges tels que Gabriel, Uriel ou Michel.

Pourtant un jour, il est tué lors d’un combat singulier contre un démon. Étrange situation pour une créature qui ne cherchait que la présence de Dieu dans la beauté du monde… en vain.

Se retrouvant seule, Cat jure solennellement de retrouver le démon qui a tué son père et de le détruire. Mue par la vengeance, elle va parcourir l’Europe à la recherche du meurtrier et faire de bien étranges rencontres.

OVNI dans le paysage de la littérature jeunesse, cette œuvre sombre est une belle découverte, une gifle monumentale comme je n’en n’avais pas reçu depuis longtemps.

L’univers fascinant de Laura Gallego est un monde qui se meurt. Nous détruisons notre planète à grands pas d’égoïstes, sacrifiant la première et plus belle œuvre de la création, les anges. Et nous faisons cela mieux que les démons eux-mêmes qui finissent par être spectateurs de ce qui devrait être leur accomplissement. Ils en viennent même à regretter les bons vieux combats millénaires.

L’autrice, avec une certaine mélancolie, décrit ce bouleversant constat à travers les yeux de Cat. L’utilisation de la première personne ne fait que renforcer notre profond malaise car nous voyons notre œuvre par les mots implacables et directs d’une enfant de 16 ans. Triste héritage…

L’intrigue, qui tourne autour du meurtre d’Ismaël, est superbement bien menée, passionnante, riche de références bibliques et apocryphes qui donnent un certain poids au récit.

De rebondissement en rebondissement, l’autrice nous entraîne et nous malmène jusqu’à la fin, sans temps mort, incapable de refermer le livre tant la tension est à son paroxysme. Et c’est le cœur lourd que nous lisons l’épilogue, poignant, nous laissant émues, troublées, au point de se demander si nous, pauvres humains, sommes bien la création de Dieu ou l’œuvre du diable… A découvrir absolument ! 



mardi 6 juillet 2021

Kit Davenport, Tome 1 : La vengeance du renard de Tate James



Kit Davenport, 
Tome 1 : La vengeance du renard
de Tate James

Éditions Bookmark

Sortie le 28 juin 2021
Format broché / 392 pages / 19 €



Présentation de l'éditeur :

Quand une voleuse à la renommée internationale doit faire équipe avec cinq hommes sexy, sa vie prend un tournant pour le moins inattendu. Mon désir de vengeance est tellement fort que je peux presque en sentir le goût sur ma langue. C'est tout ce que j'ai toujours voulu. Alors, j'ai fait ce que n'importe quelle orpheline adoptée par un homme fortuné et inscrite en école privée ferait : je me suis créé une identité secrète et je suis devenue une voleuse à la renommée internationale connue sous le nom de la Renarde. Personne ne sait qui je suis. Personne ne peut m'attraper. Du moins, c'est ce que je pensais... Mais je possède quelque chose qu'ils désirent. Des capacités... spéciales. Et croyez-moi, ces compétences sont aussi convoitées que dangereuses. Maintenant, je ne sais plus à qui accorder ma confiance ni où aller. Le danger me guette à chaque coin de rue tandis que j'essaie de lever le voile sur mon passé et mes origines. Ma seule chance de survie est de m'allier à cette drôle d'équipe... à moins que je ne sois sur le point de commettre la plus grosse erreur de ma vie. L'avenir nous le dira. Je m'appelle Kit Davenport, et ce n'est que le début. Attention : ce roman contient une héroïne badass et plusieurs hommes sexy (pourquoi choisir ?), de la violence et de la grossièreté. #Vengeance #BadAss #HaremInversé


L'avis de Tsuki :

Si je vous dis que j’ai voulu lire ce roman parce qu’il y avait un renard sur la couverture et dans le titre ? Oui je sais, c’est assez puéril et légèrement “dangereux” mais finalement, je n’ai pas été déçue. C’est un premier tome plutôt bien écrit avec beaucoup d’action, de l’humour, parfois “too much” dans le caractère des personnages ou l’évolution de l’histoire. Les ficelles ressemblent davantage à des cordes, mais c’est un texte qui se lit très bien et joue son rôle de divertissement à merveille. Le côté paranormal est assez minimaliste dans ce premier tome, on apprend plus à connaître les personnages et leur personnalité et, c’est plaisant.

J’ai cru que j’allais avoir du mal avec l’héroïne, de par son jeune âge, 18 ans, mais ça passe plutôt bien. Et en même temps, je n’ai pas eu l’impression qu’elle se comportait comme une jeune femme de cet âge. Si l’auteure l’avait vieillie, ça aurait été la même chose à mon sens, voire même, cela aurait été mieux avec le côté harem inversé. Parlons-en d’ailleurs, de cela. Quand j’ai vu le hashtag sur la quatrième de couverture, j’ai eu peur, n’ayant jamais lu de roman abordant le sujet (Anita Blake ne compte pas, je sautais les chapitres…). Peut-être avais-je des a priori, mais la chose est bien passée, il n’y a rien de malsain, le tout étant évoqué avec le consentement, la compréhension et l’acceptation de chacun donc, ça ne m’a pas dérangée. Après tout, qui sommes-nous pour blâmer Kit de ne pas réussir à choisir entre ces cinq hommes sexy, attachants et aux petits soins pour elle (enfin presque tous)...

En bref, c’est un premier acte, parfois cliché, notamment sur les méchants de l’histoire, qui ne nous apprend pas grand-chose sur les pouvoirs de Kit ou l’univers paranormal, mais qui présente de nombreux personnages attachants et divertissants. L’action est très présente, l’émotion aussi, le roman se lit vite et nous permet de nous évader, cela fait le job que l’on attend, que demander de plus ? Le tout donne envie de connaître la suite des aventures de Kit et de l’équipe d’Oméga.


lundi 5 juillet 2021

Tokyo, la nuit de Nick Bradley



Tokyo, la nuit
de Nick Bradley

Éditions Belfond

Sortie le 3 juin 2021
Format broché / 320 pages / 21 €



Présentation de l'éditeur :

De Tokyo, on connaît les cerisiers en fleur, les maisons traditionnelles aux toits de tuiles et aux portes coulissantes, le quartier branché de Shibuya avec ses néons et ses boutiques de vêtements.

Mais la nuit, dans les ruelles sombres de la ville, vagabonde une chatte aux yeux verts, attentive à tous ceux que le destin a conduits dans ces quartiers abandonnés, à la marge de la cité titanesque. Là, elle croise la route de Kentaro, un tatoueur de yakuzas, et de Naomi, sa mystérieuse cliente dont le tatouage semble prendre vie ; d'Ichiro, une star déchue qui vit en ermite dans un hôtel désaffecté ; de Makoto, un jeune salaryman qui subit son existence sans jamais trouver l'amour ; mais aussi du détective Ishikawa, qui gagne sa vie en photographiant des liaisons adultères ; ou encore de Mari et George, un couple mixte et dysfonctionnel qui ne parvient pas à se séparer...

Des vies solitaires, secrètes, apparemment déconnectées les unes des autres, et qui, à mesure des déambulations nocturnes de cette chatte énigmatique, voient se tisser entre elles un imperceptible lien...

Hommage à la vie tokyoïte et à ses ambiances oniriques, un premier roman vif et tendre, à l'atmosphère follement murakamienne.



Avis de Idrilhirith :

J’ai acheté ce livre pour sa couverture que je trouve magnifique. J’ai vaguement lu le résumé et je me suis dit “oh ça change”. On suit des instants de vie, on rencontre des personnages différents, qui sont tous liés d’une façon ou d’une autre, notamment par le fait qu’ils croisent tous la route du même chat. Il y a un petit côté fantastique, on se demande si c’est réel ou pas. Tout au long du livre, par petites touches, il se passe parfois des choses irréelles, comme un chat tatoué qui se déplace dans un tatouage, on flirte avec cette limite. A-t-elle été franchie ? Je ne saurais pas vous le dire.

On rencontre beaucoup de personnages, peut-être trop parce qu’à un moment donné j’ai été perdue. Je ne savais plus qui était qui et qu’est-ce qui reliait ce personnage à un autre ou aux autres. Toutefois, ce roman étant le premier d’un jeune auteur, l’essai est confirmé pour moi. Le livre se lit vite et bien. On entre dans Tokyo et on la visite de nuit (je sais c’est le titre) avec le chat calicot, les tokyoïtes et la ville qui est un personnage en elle-même.

Petit bémol, l’histoire est censée se passer peu de temps avant les JO de Tokyo de 2020, or ils ont été repoussés en 2021. Je sais, ce n’est pas la faute de l’auteur, il ne pouvait pas prévoir la pandémie et le report des Jeux Olympiques, mais c’est ballot quand même. Et cela m’a fait tiquer pendant ma lecture, ce qui ne sera peut-être pas le cas d’un autre lecteur.

C’est un premier roman, et on ne retrouve pas certaines failles qui pourraient être attendues. Le style est clair, affirmé. L’histoire est originale, inventive, elle tient la route même si je me suis perdue avant la fin. A la fin de ma lecture, j’ai eu envie de partir visiter le Japon et/ou adopter un chat, mais l’histoire ne marquera pas forcément mon esprit.

Ce livre est une bonne découverte et je lirai probablement les autres livres, s’il y en a, de cet auteur.

dimanche 4 juillet 2021

Chasseuse de vampires, Tome 12 : La guerre de l’Archange de Nalini Singh



Chasseuse de vampires, 
Tome 12 : La guerre de l'Archange
de Nalini Singh

Éditions J'ai lu

Sortie le 11 novembre 2020
Format broché / 608 pages / 15,90 €


Présentation de l'éditeur :

Alors que les effets de la Cascade prennent de l'ampleur, le chaos fait trembler la Terre. Dans leur tentative désespérée de résistance, Rapahel et Elena ont irrémédiablement changé. 
En parallèle, de violents évènements se succèdent sur toute la planète, menaçant d'anéantir des populations entières, et un brouillard mortel se répand sur l'ancien territoire de Lijuan, ne laissant dans son sillage qu'un silence sinistre. Un brouillard que même les Archanges ne peuvent combattre. Leur règne serait-il arrivé à son terme ?

ATTENTION, AVIS AVEC SPOILER

Avis de Idrilhirith :

A la fin du tome 11, on avait laissé Elena et Raphael dans une situation plus que difficile : la cascade fait rage, ils sont inconscients, emprisonnés dans une chrysalide plus que louche, ce qui laisse leur territoire sans défense alors que l’ange psychopathe de la Chine prend des forces et devient de plus en plus dangereuse. J’avais hâte de les retrouver tant j’avais peur pour eux.

Elena est toujours aussi badass, Raphael, toujours en prise avec la cascade luttant pour conserver l’humanité qu'Elena lui a donnée. On retrouve les Sept, les archanges que l’on connaît déjà et on découvre de nouveaux personnages, pour le pire comme le meilleur.

Je trouve ce tome plus sombre que les autres, cela était annoncé par la fin du précédent, mais c'est ici plus abouti. Je n’ai pas ressenti de temps mort, j’étais toujours sur une brèche, impatiente de savoir la suite : un chapitre puis encore un autre, je ne pouvais pas laisser les personnages. Même les premiers chapitres, qui n’ont pas forcément beaucoup d’action, ont une atmosphère pesante, la tension est présente et ne nous lâchera pas avant la fin. J’ai pleuré aussi, beaucoup, quand il a fallu dire adieu à certains personnages (j’espère que ce n’est qu’un aurevoir mais j’en doute fortement). Tous les personnages introduits depuis le tome 1 ainsi que les nouveaux ont un rôle à jouer, tout est cohérent. Comme le titre l’indique, c’est la guerre. Qui la gagnera, de Lijuan ou de Raphael ? Comment vont se positionner les autres archanges ? Si vous aimez les batailles épiques dans les films, vous allez être ravi à la lecture de cet opus.

La conclusion du livre pourrait faire penser que la saga s’arrête ici et je pense que ce serait une bonne conclusion, mais Nalini Singh a annoncé la sortie de trois nouveaux tomes entre 2020 et 2022. Comme l’intrigue principale se clôture avec ce tome, je pense que les prochains porteront sur les conséquences de la guerre et l’état du monde. Mais trois tomes sur la reconstruction ça me paraît beaucoup, donc peut-être qu’il y aura autre chose. Dans tous les cas, j’ai hâte de lire la suite de cette saga que j’ai eu du mal à aimer au début et que maintenant j’affectionne particulièrement, le style de l’auteure ayant mûri (ce qui est normal) durant ces douze opus.


samedi 3 juillet 2021

Torrentius de Colin Thibert


Torrentius
de Colin Thibert

Éditions J'ai lu

Sortie le 17 février 2021
Format poche / 160 pages / 7,10 €


Présentation de l'éditeur :

Sous le nom de Torrentius, Johannes van der Beeck peint les plus extraordinaires natures mortes de son temps et grave sous le manteau des scènes pornographiques qui se monnayent à prix d’or. Dans l’austère Haarlem du XVIIᵉ siècle, ce provocateur flamboyant, noceur invétéré et fornicateur insatiable, fascine autant qu’il dérange. Certains donneraient cher pour le neutraliser. Un bailli zélé mène l’offensive et le traduit en justice. Sous la menace de la torture, le blasphémateur acceptera-t-il de se renier ?
Aussi précis et raffiné que les toiles de ce génie oublié de la peinture flamande, Torrentius est le roman du destin contrarié d’un avant-gardiste.


Prix de l’Académie française Roland de Jouvenel 2020.

Présentation d'Idrilhirith :

Ce livre m’a intrigué d’abord par sa couverture, que je trouve superbe, ensuite par son thème. Il s’agit d’un roman biographique d’un peintre flamand du XVIIème siècle. Qui a déjà entendu parler de lui ? Je dois avouer que ce n’est pas mon cas, et pourtant je me suis probablement arrêtée sur une de ses toiles au Rijksmuseum d’Amsterdam, la seule qui nous soit parvenue.



On parle ici de roman biographique, puisqu’il s’agit d’une personne ayant réellement existé mais dont la vie est romancée. C’est-à-dire que l’on sait des petites choses de sa vie mais que l’on a pas tous les éléments nécessaires pour permettre de la raconter. Il faut donc souligner l’énorme travail de recherche de Colin Thibert qui partait de vraiment presque rien et qui arrive à un roman puissant et facile à lire.

Le personnage en lui-même est selon moi en avance sur son temps. Johannes Symonsz (Jan) van der Beeck peint des natures mortes sous le pseudonyme de Torrentius, mais il signe ses lithographies pornographiques de ses initiales. Membre du mouvement Rose-Croix, déiste, libre penseur, innovateur dans son art, on a ici un personnage complexe qui détonne fortement avec la Réforme hollandaise. On parle souvent de l’inquisition espagnole mais c’est oublier l’inquisition hollandaise et la bien-pensance des réformateurs protestants du XVIIème siècle, et Torrentius ne rentre vraiment pas dans le cadre fixé par celle-ci et il est clairement considéré comme hérétique. Spoiler alerte : ce n’est pas une bonne nouvelle. Spoiler alerte bis : il lui arrive des trucs pas très cool (torture, autodafé,...) ce qui explique qu’une seule de ses œuvres nous soit parvenue, il reste peut-être des lithographies bien cachées quelque part mais pas sûr (essayez de chercher dans les vieux greniers ou dans des malles sous les lits on ne sait jamais peut-être que vous en trouverez une signée VDB).

Le roman a cela de puissant qu’il nous plonge directement dans une époque, sans jugement ni fausse pudeur. Les personnages cités ont réellement existé. Les faits se sont probablement déroulés de cette façon. Les dialogues sont crédibles. J’ai appris des choses grâce à ce livre et je regrette de ne pas m’être arrêtée plus longtemps sur ce petit tableau d’un peintre célèbre en son temps.

jeudi 1 juillet 2021

Panique chez les Montgomery d’Evie Dunmore



Les rebelles d'Oxford, 
Tome 1 : Panique chez les Montgomery
de Evie Dunmore

Éditions J'ai lu

Sortie le 5 mai 2021
Format poche / 416 pages / 7,90 €


Présentation de l'éditeur :

1879. Brillante mais sans le sou, Annabelle a été admise à l'université d'Oxford grâce à une bourse offerte par une ligue de suffragettes. En contrepartie, elle doit rallier à leur cause le duc de Montgomery. Une véritable gageure. Soutien des conservateurs, Sebastian a une vision archaïque de la gent féminine. Pour autant, Annabelle ne s'attendait pas qu'il lui demande d'être sa maîtresse. Elle s'en étouffe d'indignation. Comment ose-t-il ? Femme libre et indépendante, elle ne risque pas d'accepter pareille proposition ! Mais c'est oublier un peu vite que ce redoutable séducteur possède un charme irrésistible...


L'avis de Jm-Les-Livres :

Panique chez les Montgomery est le premier tome de la série Les rebelles d'Oxford. Outre le sujet traité, qui est assez original, la particularité de ce livre est que le héros est un type bien, qui écoute l’héroïne et qui la soutient. 

Alors non, tout n’est pas rose dès le début puisque Annabelle et Sebastien sont opposés l’un à l’autre : elle défend la cause des suffragettes (un peu malgré elle) et lui est un lord qui a le pouvoir (ou non) d'influer sur le débat pour le droit de vote des femmes. Mais une étincelle va les rapprocher.
J’ai beaucoup aimé les personnages, que ce soit Annabelle ou Sebastien, ils sont tous les deux attachants. Leur relation évolue doucement, le temps qu’ils apprennent à se connaître et à se faire confiance. Leurs forts tempéraments nous offrent des échanges rythmés et amusants. La plume d’Evie Dunmore est excellente, fraîche et pétillante et on tourne les pages rapidement. Je n’ai pas lâché le livre avant de l’avoir fini.

Un premier tome très sympa qui me donne envie de lire le prochain.