Pisteur, Livre 1, Partie 1 d'Orson Scott Card


Pisteur
Livre 1, Partie 1
d'Orson Scott Card

Éditions J'ai Lu
Collection imaginaire

Sortie le 24 août 2013
Broché / 314 pages / 14 €



Présentation de l'éditeur :

Rigg sait garder les secrets, le sien en particulier : il est un pisteur, capable de traquer n’importe qui en suivant des traces que lui seul perçoit.

À la disparition de son père, le garçon est stupéfié de découvrir que ce dernier lui cachait bon nombre de choses : des informations sur son passé, son identité, son destin. Alors qu’il mesure toutes les perspectives qu’offre son étrange talent, son existence tout entière va prendre une nouvelle tournure…

Avis de Lauryn :

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la quatrième de couverture ne rend pas vraiment justice au contenu du livre. Un peu trop abrégée, elle aurait méritée d'être plus explicite pour donner au lecteur une meilleure vision de l'histoire, sans pour autant la spoiler.

Sur une planète inconnue, Rigg vit une existence bien réglée aux côtés de son père, un individu singulier qui s'échine à lui enseigner de nombreuses choses que le jeune garçon ne trouve pas forcément utiles. Ce père énigmatique tient aussi à ce qu'il cache un étrange pouvoir : celui de voir les traces laissées par les êtres vivants sur les routes qu'ils empruntent et, ce, quelle que soit l'époque. Ce don de pisteur, Rigg l'utilise volontiers pour son métier de chasseur de peaux, mais pas plus. Le jour où son père meurt dans un accident, le jeune garçon voit son univers s'écrouler. Il se croit seul au monde, jusqu'à ce qu'il découvre le testament de son père, une simple lettre lui demandant de rejoindre sa sœur à la capitale, le tout accompagné de pierres précieuses. Rigg obéit et prend la route avec Umbo, un ami d'enfance, lui aussi doté d'un pouvoir particulier. Mais les jeunes garçons, qui n'ont jamais quitté les environs de leur village, se heurtent rapidement à de nombreuses difficultés. Lorsque Rigg est capturé, accusé d'un crime passible de la peine de mort, la situation échappe définitivement à leur contrôle.
L'histoire des deux jeunes gens est entrecoupée de courts passages, en début de chapitre, racontant le voyage interstellaire de Ram Odin, pilote chargé de sauver l'humanité grâce à un vaisseau de colonisation.
Si les aventures des garçons sont agréables à lire, les pérégrinations de Ram le sont moins. Racontées sous forme de dialogue avec un sacrifiable, elles peuvent vite donner mal au crâne. En effet, elles exposent avant tout des problèmes de physique fondamentale sur le voyage dans le temps et, malheureusement, les propos de l'auteur ne sont pas toujours très clairs. On a parfois du mal à suivre sa logique et à comprendre son raisonnement. Du coup, on ressort de ces passages avec le sentiment d'avoir raté une information importante puisqu'il est évident que la planète où vivent les héros à un rapport direct avec la mission du pilote. À côté de cela, les ennuis de Rigg, qui se découvre un passé et un destin, sont beaucoup plus dynamiques et plaisants. Ils suffisent heureusement à donner un véritable intérêt à l'histoire, mais le fait est que l'on aurait bien aimé mieux comprendre la problématique qui s'impose à Ram. À cause de cela, je ne pense pas que ce roman soit une lecture adaptée à un jeune public qui passerait à côté de toute une partie de l'intrigue.

Fidèle à son habitude, Orson Scott Card dépeint des personnages aux caractères différents sans se lancer dans des descriptions à rallonge. Son truc, ce sont les dialogues. Il passe par eux pour donner vie aux héros, ce qui peut paraître parfois insuffisant pour se faire une idée précise de chacun (au niveau du physique, par exemple). Ici, j'ai d'ailleurs trouvé que Miche, le tavernier qui va aider les deux garçons, est mieux décrit que ces derniers. Tout dépend du goût des lecteurs, bien sûr, mais ceux qui apprécient de bien visualiser les personnages pourraient être un peu déçus.

Le style de l'auteur est toujours aussi précis, tourné vers le fond du récit plutôt que vers les descriptions. S'il est agréable à lire, il manque parfois de dynamisme, surtout dans les scènes d'action, justement parce qu'il raconte tout de la même manière. Les passages scientifiques souffrent aussi de ce manque de tonicité, les propos n'étant pas écrits de façon très claire. On finit par s'embrouiller.

Pisteur est un roman de science-fiction sympathique, teinté d'une petite touche de fantastique, qui se laisse lire avec plaisir. À l'origine, il a été publié en un seul volume mais J'ai Lu a décidé de le scinder en deux parties. La suivante devrait sortir au mois d'octobre.



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