Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

mardi 24 juillet 2012

Le Maître du Haut Château

Le maître du Haut Château
De Philip K. Dick

Éditions J'ai Lu 
Collection Nouveaux Millénaires


Sortie le 15 février 2012
374 pages / 18€



Présentation de l'éditeur :

1948, fin de la Seconde Guerre mondiale et capitulation des Alliés ; le Reich et l'Empire du Soleil levant se partagent le monde.
Vingt ans plus tard, dans les Etats-Pacifiques d'Amérique sous domination nippone, la vie a repris son cours. L'occupant a apporté avec lui sa philosophie et son art de vivre. A San Francisco, le Yi King, ou Livre des mutations, est devenu un guide spirituel pour de nombreux Américains, tel Robert Chidan, ce petit négociant en objets de collection made in USA. Certains Japonais, comme M. Tagomi, grand amateur de culture américaine d'avant-guerre, dénichent chez lui d'authentiques merveilles. D'ailleurs, que pourrait-il offrir à M. Baynes, venu spécialement de Suède pour conclure un contrat commercial avec lui ? Seul le Yi King le sait. Tandis qu'un autre livre, qu'on s'échange sous le manteau, fait également beaucoup parler de lui : Le poids de la sauterelle raconte un monde où les Alliés, en 1945, auraient gagné la Seconde Guerre mondiale.


L'avis d'Heclea :

Philip K. Dick fait partie des poids-lourds de la Science-Fiction, de ceux qui peuvent être cités aussi bien par leurs plus grands fans que par ceux qui n’arrivent pas à accrocher. Que l’on aime ou pas, difficile de ne pas reconnaître à ce monsieur une imagination et une plume particulières.

Le Maître du Haut-Château est exactement le genre de livre que l’on adore ou que l’on déteste. En effet, il est difficile de rester indifférent à cette histoire qui peut paraître décousue ou spéciale d’un côté, mais aussi passionnante et addictive de l’autre.

L’idée de départ, ce monde où l’Allemagne et le Japon auraient gagné la seconde Guerre Mondiale est décrit avec une précision et des exemples qui pourraient faire douter de l’Histoire. Difficile dans un tel cas de ne pas réellement imaginer les conséquences d’un tel évènement et surtout de ne pas se prendre à l’aventure que nous offre l’auteur.

Les caractères, croyances et habitudes des personnages reflètent leurs origines, montrant les différences flagrantes de culture entre américains, japonais ou allemands. Tout cela pose une ambiance à part, parfois gênante, mais parfaitement adaptée au contexte.

Le fil conducteur du Poids de la sauterelle (simple livre dans le livre mais personnage à part entière du roman) offre un contre-point inattendu à l’intrigue de départ, Philip K. Dick y travaillant l’uchronie dans l’uchronie, jusqu’à la révélation finale, inattendue et point d’orgue d’une histoire où chaque détail est pensé avec précision et dans un tout plus global.

Au final, une simple chose à retenir pour passer un bon moment dans cette uchronie particulière : accepter de se laisser porter, d’être embarqué dans plusieurs intrigues imbriquées, sans forcément tout comprendre, sans forcément savoir où l’on va, mais juste pour le plaisir d’un voyage inhabituel dans un univers aux codes différents.

Et pour les fans de la première heure, la nouvelle version éditée chez J’ai Lu offre un supplément intéressant avec l’Avant, mais surtout l’Après Haut-Château, ce dernier étant présenté sous la forme de deux chapitres d’une potentielle suite, réfléchie dix ans plus tard, mais finalement jamais aboutie.

Riley Jenson, tome 7 : Désir Mortel de Keri Arthur

Riley Jenson
Tome 7 : Désir Mortel 
de Keri Arthur

Éditions Milady

Sortie le 20 avril 2012
Format Poche / 352 pages / Prix 8€


Présentation de l'éditeur :

Riley, gardienne de choc et de charme, se retrouve de nouveau confrontée à une vague de meurtres monstrueux. Lorsqu'à cela s'ajoute la réapparition de l'arrogant Kye, un chasseur de prime sexy à se damner, Riley se retrouve partagée entre son amour pour Quinn, le vampire, et son désir pour Kye, le loup. Mais céder à ses pulsions pourrait s'avérer mortel car sa traque dans le monde surnaturel va l'amener à affronter ce qui se cache dans les ténèbres, là où même les monstres craignent de se rendre.

L'avis de Lila :

Riley Jenson est une saga qui ne fait pas l'unanimité, malgré ses nombreux bons points, et autant dire qu'il faut être plutôt fan de la demoiselle pour avoir lu tous les tomes. Ce septième opus est une légère déception, non pas qu'il soit mauvais, mais l'auteure a pris le parti de ressortir toutes les bonnes grosses ficelles déjà exploitées auparavant pour écrire un roman qui se lit bien, qui est objectivement bon, mais qui n'a pas réellement de saveur.

Riley revient dans une nouvelle enquête, toujours intéressante et bien écrite, mais qui comporte quelques similitudes, dans son déroulement, avec des affaires résolues dans les précédents tomes. De même, on nous sert une fois de plus le désormais familier triangle amoureux se résumant à Riley qui hésite entre l'éternel (et décidément patient) vampire et un loup-garou sorti de la manche de l'auteure, un de plus. Alors certes, dans les dernières pages une révélation est faite concernant le loup en question et l'on pourrait se dire que le prochain tome va être mouvementé. Mais connaissant maintenant parfaitement les rouages de la saga, on s'attend surtout à un autre opus basé sur un triangle amoureux, encore et toujours, poussé à son paroxysme. Lassitude, quand tu nous tiens !

Concernant les personnages, on appréciera de retrouver Rohan, Liander et les autres. On en apprend peu dans ce tome sur les différents protagonistes ou leur évolution, car tout tourne autour de l'enquête en cours, la vie privée de Riley également. Quinn de son côté est présent tout du long, ce qu'apprécieront les fans du vampire, même s'il apparaît comme un peu plus effacé que d'habitude. On notera également que l'auteur qui avait amorcé un net recul sur les scènes explicitement sexuelles continue sur sa lancée : les ébats de Riley sont toujours aussi nombreux, mais on n'a plus droit aux détails. Cela a au moins le mérite de nous éviter (en partie) les nombreux "kaléidoscopes d'émotions" et autres "kaléidoscopes de sensations", qui faisaient (presque) sourire dans le premier tome, mais dont la répétition permanente a fini par devenir imbuvable. L'expression est vraiment trop moche (et ridicule) pour valoir d'être reprise plusieurs fois dans un tome, alors sur sept, n'en parlons pas !

Pour résumer, tous ces éléments fonctionnent et sont présentés avec une réelle cohérence, mais on apprécierait un vrai renouvellement de la part de l'auteure et ici ce n'est pas le cas. Keri Arthur a repris ses ingrédients préférés pour nous proposer une recette qu'on connaît déjà par cœur. Cela laisse donc un petit goût d'amertume, car cette nouvelle histoire est bonne, c'est indéniable, mais elle manque d'une dose de fraîcheur et d'originalité bienvenue. On attend tout de même la suite, car Riley n'a pas encore dévoilé tous ses secrets et il reste de nombreuses questions en suspens.