Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

mercredi 28 novembre 2012

Magies secrètes


Magies secrètes
d'Hervé Jubert

Éditions Le Pré aux Clercs
Collection Pandore (YA)


Sortie le 8 novembre 2012
Format broché / 336 pages / 16 €


Présentation de l'éditeur :

L’empereur de Sequana veut faire disparaître la magie de sa cité. Il persécute les êtres féeriques qui trouvent refuge dans l’hôtel de Beauregard, l’ingénieur-mage qui travaille officiellement pour le pouvoir. Depuis quelques temps, des sorts s’abattent sur la cité. Miroirs maléfiques, jouets magiques qui se transforment en machines de cauchemars, personne n’est à l’abri. Beauregard est chargé de traquer l’entité maléfique qui sème le désordre, mais le fils d’une fée et d’un mortel devra choisir son camp...


Avis de Chani
Bienvenue à Sequana, ville imaginaire qui vous fera penser à un Paris du 19ème siècle aux accents de steampunk. Si jusqu’ici la magie et les féériques cohabitaient en paix avec les humains, la venue au pouvoir d’Obéron III a signé le glas de cette entente pacifique. Il compte bien éradiquer la magie de la ville et s’en donne les moyens. Beauregard, ingénieur-mage de son état, habite un hôtel très particulier puisqu’il reste un refuge pour les féériques essayant d’échapper à la purge. Enquêteur de talent, il va suivre la piste d’un insaisissable tueur qui sème des cadavres mutilés sur son passage.

J’avais déjà succombé au charme de l’auteur et de sa Trilogie Morgenstern, et je suis également tombée amoureuse de ce roman. Du coup je sens que cette chronique va être très compliquée à écrire tellement je souhaite vous donner envie de le lire.
Magies secrètes c’est avant tout un univers original d’une grande richesse (les notes en bas de pages concourent grandement à émailler le récit principal d’anecdotes sur la ville et ses habitants, donnant encore pus de densité à l’univers décrit par Hervé Jubert), à la fois familier et complètement surprenant, et surtout une ville, Sequana, qui est véritablement le personnage principal du roman. Au détour des rues, vous reconnaitrez l’influence du baron Haussmann ou de Napoléon III, et puis vous partirez encore plus loin dans l’histoire en redécouvrant le gibet de Montfaucon. Et des références, le roman en est truffé, d’Edgar Allan Poe à Ian Flemming, d’innombrables clins d’œil émaillent le récit. Sequana prendra vie au fil des pages et vous emportera dans ses mystères.
L’intrigue est quant à elle bien conçue, regorgeant de trouvailles dont vous découvrirez la plus inventive lors d’une autopsie pas tout à fait comme les autres. Beauregard est un personnage dont j’ai beaucoup aimé le caractère, à la fois très sérieux et flegmatique, c’est le genre de héros dont je raffole, tout comme Jeanne son « assistante » repêchée dans un puits qui ne garde aucun souvenir de son passé. Dotée d’un caractère bien trempé (pourri ? Oui, c’est pas faux), elle apporte une touche de fraîcheur à l’ensemble. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, ils donnent du peps au roman et mettent les héros en valeur.

Magies secrètes est un roman très touffu, avec un background complexe, mêlant plusieurs genres en son sein. Si l’écriture est fluide et addictive, le roman est tellement riche qu’il risque de déstabiliser les lecteurs de livres estampillés young adult qui sont souvent beaucoup moins fouillés. Pour ma part c’est un énorme coup de cœur et j’espère qu’il y aura d’autres histoires ancrées dans cet univers car j’ai une folle envie de retourner à Sequana…

Mission Nouvelle Terre tome 1 : Glow

Glow
Tome 1

d'Amy Kathleen Ryan

Éditeur : Éditions du Masque
Collection : MSK


Sortie le 10 octobre 2012
Format broché / 395 pages / Prix 17,60€



Présentation de l'éditeur :

Alors que la Terre menace de disparaître, deux vaisseaux sont envoyés pour un long voyage dans l’espace afin de coloniser la Nouvelle Terre. À bord de l’Empyrée, Kieran et Waverly, seize ans, se préparent à se marier pour accomplir leur mission : donner naissance aux nombreux enfants qui peupleront la terre promise. En effet, le voyage doit s’étendre sur plusieurs décennies et il est primordial d’assurer le renouvellement des générations sur les deux vaisseaux.
Si l’Empyrée a largement atteint son objectif, le Nouvel Horizon est quant à lui menacé d’extinction. En désespoir de cause, l’étrange pasteur Anne Mather décide d’attaquer le vaisseau et d’enlever toutes les jeunes filles qui s’y trouvent. Alors que les adultes de l’Empyrée s’élancent à leur poursuite, leur navette disparaît dans l’espace, laissant les garçons, dont Kieran, seuls maîtres du vaisseau.

Avis de Chani

Glow est souvent présenté comme une dystopie qui change puisque l’action se déroule dans l’espace, et qu’il n’est pas question d’un gouvernement totalitaire avec une élite qui vit dans l’opulence et une grande majorité de la population opprimée. J’aurais tendance à dire qu’il s’agit là plutôt d’un roman de SF et plus précisément d’anticipation classique (dont la dystopie est un sous-genre), donc je n’ai pas été touchée par l’originalité tant vantée du roman. Ce petit préambule fait, passons aux choses sérieuses.

La situation est devenue tellement catastrophique sur Terre que deux vaisseaux sont successivement envoyés dans l’espace afin de chercher une planète d’accueil, mais aussi de perpétuer la race humaine. Alors que cela n’aurait jamais dû se produire, le Nouvel Horizon finit par rattraper L’Empyrée, et le second attaque le premier et enlève toutes les jeunes filles, laissant les survivants dans une situation très délicate. Kieran va se lancer à la poursuite du vaisseau à bord duquel sa fiancé, Waverly, est retenue prisonnière.

Si au départ j’étais curieuse de découvrir ce roman, j’ai rapidement déchanté. L’intrigue est simpliste et parfois capillotractée, Waverly, le personnage féminin principal, tour à tour godiche ou super héroïne n’a pas réussi à me convaincre, tout comme le couple qu’elle forme avec Kieran. Le triangle amoureux devait figurer au cahier des charges, il est bien présent mais n’apporte pas grand-chose (pour ne pas dire rien) à l’histoire, aucun des prétendants de la jeune fille n’ayant de charisme je me suis complètement désintéressée de leur sort. Le roman souffre de beaucoup de longueurs, beaucoup trop, et je me suis ennuyée d’un bout à l’autre, jusqu’à la fin qui a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Glow et moi ne nous sommes pas trouvés, mais je pense que le livre pourra sans doute plaire à des lecteurs moins familiarisés avec la SF et les space-operas.


mardi 27 novembre 2012

La Vie Blues


La Vie Blues
de Han Nolan

Éditions Gallimard Jeunesse
Collection Pôle Fiction

Sortie le 30 août 2012
Format poche / 272 pages / 6.10€


Présentation de l'éditeur :

Leshaya n'a qu'un rêve, devenir une chanteuse de légende comme Aretha Franklin. Elle est blanche mais sa voix est noire et elle se sent noire de toute son âme. Et bon sang, Leshaya sait chanter ! Pour elle, c'est vivre et survivre malgré la drogue, la violence et la trahison.


L'avis d'Heclea :

Voilà un roman difficile à classer et à apprécier, un roman qui peut nous mettre mal à l’aise mais qu’on ne peut s’empêcher de terminer, un roman qui peut paraître déprimant, mais qui est néanmoins touchant, une sorte d’ovni de la littérature jeunesse en somme.

La première chose qui nous frappe, c’est le style utilisé, très parlé, mais avec un langage peu cultivé, le langage d’une enfant un peu perdue, dont on ne s’occupe pas, qui apprend presque dans la rue. Ce choix propulse le lecteur directement dans l’ambiance, mais rend la lecture plus laborieuse par moments, nous forçant à relire certaines phrases pour être sûrs d’avoir bien compris.

Avec cette narration très particulière, l’histoire nous emmène à la suite de Leshaya, jeune ado blanche à la voix de black, et qui se pense d’ailleurs part entière de cette communauté noire nourrie de gospel et de blues, de chanteuses aux voix chaudes qui l’embarquent dans leurs mélodies.

Il est assez touchant de suivre cette jeune fille sans repères, pour qui rien ne compte que chanter encore et toujours. L’histoire nous la présente de manière assez crue, sans artifices, sans estomper les mauvais choix qu’elle peut faire, les galères qui lui arrivent, certaines scènes assez glauques de son quotidien.

Il faut avouer que le lecteur est partagé vis-à-vis de cette héroïne, d’un côté, il est difficile de rester de marbre face à tout ce qu’elle doit traverser, mais par moments, on aurait envie de la secouer, de lui faire ouvrir les yeux sur cette vie qu’elle se construit, sur les erreurs qu’elle reproduit, sur la nonchalance qu’elle a la mauvaise idée de cultiver.

Au final, voilà donc un roman assez difficile qui donne peu d’espoir. La vie de cette héroïne est bien loin des histoires de princesses où tout est bien qui finit bien et cela a le mérite de changer. L’auteur nous propose ici un roman coup de poing, et traite son sujet sans artifices, avec toute la noirceur que cela peut impliquer, mais aussi quelques oasis plus positifs qui offrent une respiration dans une aventure qui ne peut laisser indifférent. 


5,80 EUR
Achat Fnac

Belladone Tome 1 : Nuit de sang

Belladone 
Tome 1 : Nuit de Sang
de Michelle Rowen

Éditions Milady
Collection BIT-LIT

Sortie le 26 octobre 2012
Poche / 8,20 €



Présentation de l'éditeur :

Pour Jillian Conrad, l'expression "être au mauvais endroit au mauvais moment" prend tout son sens. En effet, kidnappée par un assassin, elle se retrouve au beau milieu d'une guerre sans merci, qui oppose les vampires à une organisation gouvernementale tentant de protéger l'humanité de ces monstres sanguinaires. Mais les apparences peuvent être trompeuses et son ravisseur, Declan, pourrait bien être son seul espoir.

Avis de Chani
Il y a des journées qui commencent plutôt bien et qui virent au cauchemar. Jillian Conrad ne peut qu’approuver avec fougue puisqu’en allant bêtement chercher un café elle se retrouve prise en otage par un dingue muni d’une seringue (dont il va lui injecter le contenu) avant d’être kidnappée par un homme armé et inquiétant, Declan. Loin de son petit univers bien rangé, Jillian va découvrir un monde qui lui était totalement inconnu (et elle aurait bien aimé que cela reste ainsi !).

Nouvelle série de Michelle Rowen publiée chez Milady, ce premier tome de Belladone m’a ravie, tant par l’histoire que par le caractère des personnages principaux. L’intrigue, sans être révolutionnaire, est efficace, servie par une narration fluide et légère dont le style n’est pas sans nous rappeler celui de Darynda Jones dans sa série Charley Davidson. Du coup les pages s’enchaînent facilement et on arrive à la fin sans s’en apercevoir, d’autant que le rythme ne faiblit pas tout du long. Jill est très attachante dans son rôle d’otage complètement larguée qui espère rester en vie sans vraiment y croire, très drôle et plus futée qu’on peut le penser de prime abord. Declan, son ravisseur, est loin des standards du genre, couturé de cicatrices, borgne, avec un caractère de cochon, j’ai bien aimé ne pas retrouver un énième bellâtre exsudant la testostérone par tous ses pores. D’ailleurs Declan est tellement aux antipodes du mâle ultime que j’ai eu du mal à le trouver séduisant (en fait je n’ai pas vraiment réussi), mais c’est vrai que depuis Albator j’ai perdu le goût des balafrés…

En résumé Nuit de sang m’a beaucoup plu, tant grâce au style de l’auteur que par ses personnages. Je souligne aussi que la couverture est juste superbe, très sobre et classe, la petite chose superficielle en moi en frétille encore de plaisir. Si vous avez aimé Charley Davidson, vous aimerez Jill, et si vous en avez assez des héroïnes chaudasses qui se déshabillent au moindre clignement d’œil, jetez-vous sur ce premier tome de Belladone (et puis si vous avez un petit faible pour les borgnes à cicatrices, vous trouverez aussi votre compte dans ce livre).

vendredi 23 novembre 2012

Anno Dracula de Kim Newman

Anno Dracula
de Kim Newman

Éditions Bragelonne
Collection Terreur

Sortie le 26 octobre 2012
Grand format / 432 pages / Prix 22,00 €


Présentation de l'éditeur :

Le comte Dracula n'est pas mort à la fin du roman de Bram Stoker. Il a épousé la reine Victoria, et règne désormais sur la Grande-Bretagne. Le vampirisme se répand, et les simples mortels sont mal vus. Dans cette version de Londres du XIXe siècle, des prostituées vampires se font assassiner par un mystérieux inconnu aux scalpels d'argent. Au coeur de l'enquête se croisent les personnages aussi légendaires que le docteur Jekyll, Moriarty, Fu Manchu ou encore le club Diogène.


Avis d'Elaura :

Centenaire de la mort de Bram Stoker oblige, les livres sur les vampires en général et sur Dracula en particulier sont légion cette année. Pour autant, Bragelonne a décidé de piocher dans les vieux pots, car c'est bien connu, c'est dans les vieilles marmites que l'on fait les meilleures confitures. Mais quelle merveilleuse idée ! Publié il y a plus de 10 ans et passé quasiment inaperçu, Anno Dracula est une pure merveille tant par son originalité que par le vent frais que ce texte apporte, aussi étrangement que cela puisse paraître pour un récit qui date.

Édité pour la première fois par J'ai Lu dans la collection Ténèbres en 1999, Anno Dracula est un très bel hommage à Stoker : intelligent, original et surtout foncièrement novateur. En effet, Kim Newman ne s'est pas contenté de réutiliser le mythe, mais l'a réinventé, lui donnant une forme uchronique, utilisant maintes références aux personnages de fiction que nous connaissons tous sans que cela alourdisse le récit.

Nous ne reviendrons pas sur les éléments de l'histoire, la quatrième de couverture remplissant parfaitement son office, de plus, nous souhaitons laisser le lecteur découvrir par lui même la fantastique richesse de ce roman. Sachez seulement à quel point il est plaisant de lire un tel titre, à l'heure où l'abondance de récits dystopiques et pseudo-fantastiques lassent et finissent par ternir un genre qui a, pourtant, encore beaucoup à offrir.


mardi 20 novembre 2012

Samhain de Cassandre F. Aramanthe

Samhain
de Cassandre F. Aramanthe

Éditions Rebelle
Collection Lune de Sang

Sortie le 27 Septembre 2012
Grand format / 398 pages / 19 €


Présentation de l'éditeur :


« J’ai découvert que la nuit d’Halloween pouvait vraiment être à la hauteur de sa réputation. Ce soir-là, mon existence a basculé dans les ténèbres, alors que je fêtais dignement mes dix-huit ans. Désormais, plus rien ne sera comme avant. Jamais. Mon nom ? Aliénor McKanaghan. Mon histoire ? Je ne la souhaite à personne. Nous avons tous une destinée, et la mienne… la mienne m’a menée tout droit en enfer. Je ne sais pas comment tout ça va se terminer, mais mon instinct me dit que ça sent le sapin… »

L'avis de Lila :

Ce roman peut être découpé en deux parties distinctes, chacune ayant un début, un milieu et une fin, et présentant Allie sous un jour totalement différent.
La première moitié du récit installe l'intrigue et présente les différents protagonistes. On découvre la jeune Allie, sa vie de lycéenne, capitaine des pom-pom girls, entourée d'amis fidèles, roulant dans des voitures luxueuses et ayant, finalement, une vie de rêve, malgré l'entraînement pour le moins particulier que lui font subir ses parents depuis toujours. Assez rapidement, les choses se gâtent et l'héroïne apprend qu'elle n'est pas tout à fait comme les autres filles, et qu'elle va devoir affronter des événements graves et importants. Sa mission ? Sauver le monde, rien que ça !

Cette partie du récit est très plaisante à lire, on y découvre un univers fouillé et des personnages très sympathiques et attachants. Un petit bémol tout de même : on observe ici et là des éléments ou des scènes qui appartiennent à des séries bien connues. Ainsi, on a par exemple l'observateur et le scooby-gang façon Buffy, et l'on croise des sœurs sorcières qui consultent leur Livre des Ombres au grenier, comme dans Charmed. Parfois ça prête à sourire, à d'autres moments, comme la scène en patins à glace déjà vue dans un épisode de Buffy et dont le déroulement est quasiment identique, c'est un peu plus dérangeant. Mais l'histoire n'en demeure pas moins passionnante et le style de l'auteur, simple et sans fioriture, fait mouche.

On se prend facilement d'affection pour Milàn, cet homme mi-démon, mi-vampire, dont la beauté et le charisme séduisent d'emblée. C'est vraiment l'un des points forts du roman. Les jumelles et Christopher sont également très attachants. L'inconvénient d'avoir su créer des personnages secondaires si sympathiques, c'est que lorsque l’héroïne devient totalement imbuvable dans la seconde partie du roman, ça déclenche une sorte d'antipathie envers elle. Alors que ses proches sont d'une gentillesse, d'un dévouement et d'une intelligence réelle à chaque instant, l'héroïne se montre ingrate, impulsive, inconsciente, agressive, et même, mesquine. L'histoire continue de séduire, d'autant plus que les événements s'enchaînent sans temps mort, mais Allie devient très désagréable et finit par agacer. La première partie du roman nous a permis de la découvrir et de l'apprécier, on la voyait gentille, aimable, dévouée à ses amis et sensible, malgré son fort caractère. La seconde nous la présente sous une facette très différente. Elle ne fait plus que se plaindre et agresser les gens, tout le temps, jusqu'à en devenir irrespectueuse envers ses amis. C'est déstabilisant et on se demande comment ils la supportent, alors qu'il n'y a aucun moment de douceur ou d'accalmie entre deux disputes pour justifier qu'ils restent auprès d'elle.
On note des répétitions dans la trame de l'intrigue, ainsi à de très (trop) nombreuses reprises, Allie refuse d'écouter ce qu'on lui dit et fonce tout droit se jeter dans la gueule du loup, manquant de faire tuer tout le monde au passage. Heureusement, ses amis viennent la sauver à chaque fois, mais on apprécierait qu'au bout d'un moment, elle retienne, enfin, la leçon.

La seconde partie du roman semble moins travaillée, Allie y est plus vulgaire dans sa façon de s'exprimer, moins réfléchie et certaines situations se répètent donc. Comme cinq ans sont passés et que de grands bouleversements ont eu lieu, on aurait pu s'attendre à retrouver Allie plus mûre et plus profonde. Mais c'est tout le contraire, malheureusement. Malgré tout, l'action et le suspense sont là, permettant de garder l'intérêt jusqu'au bout.
L'autre point fort du roman est d'avoir situé différents points de l'intrigue dans plusieurs pays. On voyage donc en Irlande, en Angleterre, aux États-Unis ou encore en France, ce qui donne un aspect roman d'aventures au récit, et permet également de ne jamais s’ennuyer.

Pour conclure, malgré quelques défauts plus ou moins gênants, Samhain est un bon roman, bien écrit et qui contient beaucoup de bonnes idées. La première partie est excellente, la seconde moins, mais cela reste un bon divertissement, qui devrait plaire aux amateurs de séries comme Buffy ou Charmed.



18,05 EUR
Achat Fnac

Trinity Harbor, Tome 3 : Retrouvailles à Trinity de Sherryl Woods

Trinity Harbor
Tome 3 : Retrouvailles à Trinity
de Sherryl Woods

Éditions Harlequin
Collection Prélud'

Sortie 1er novembre 2012
Format poche / 386 pages / 5,90 €


Présentation de l'éditeur :

Quelle idiote ! Se réveiller dans le lit de Tucker Spencer, son ex petit ami… Liz est mortifiée. Seulement voilà, la veille, bouleversée par ce qu’elle venait de découvrir, ne sachant vers qui se tourner, elle a foncé chez Tucker sans réfléchir. Epuisée, elle s’est endormie en l’attendant… Et ce matin, elle donnerait tout pour revenir en arrière. Car, face à elle, le beau Tucker qui vient de rentrer n’est pas exactement enchanté de la trouver là…



5,61 EUR
Achat Fnac


Avis de Jm-les-livres :

Nous voilà de retour dans la petite ville côtière de Trinity Harbor, mais cette fois-ci, c'est pour résoudre un meurtre... et peut-être aussi (re)trouver l'amour.

Larry Chandler a été assassiné dans sa maison de Trinity Harbor et c'est sa femme, Liz, qui l'a découvert. Liz, la femme qui a autrefois brisé le cœur de Tucker Spencer en le quittant pour Larry. Sachant que tout la désigne comme la coupable du meurtre, elle décide d'aller frapper chez Tucker pour lui demander son aide et se retrouve à l'attendre chez lui... dans son lit.

Voilà un tome 3 qui conclut l'histoire de la famille Spencer en beauté, tout en réutilisant certaines ficelles des tomes précédents : le rejet par le père du choix de son fils (comme il l'avait fait pour sa fille et pour son autre fils), le refus des deux héros de s'attacher l'un à l'autre puis de reconnaître leurs sentiments et enfin, les interférences de l'entourage et des habitants de la ville dans cette relation. Et ce qui a marché deux fois fonctionne à nouveau ici.

On comprend très vite que c'est à cause de Liz que Tucker est devenu si solitaire. La relation qu'ils ont eue durant leur jeunesse marque encore beaucoup leurs échanges présents. Et en quittant Tucker pour un autre, Liz s'est définitivement mise à dos toute la famille Spencer ainsi que la ville de Trinity, qui est complètement derrière Tucker. Lorsque Liz réapparaît dans la vie de ce dernier, tout le monde lui conseille de se méfier d'elle.

Ce tome a malheureusement repris aussi certains défauts des autres tomes comme la longueur de quelques passages. À certains moments, l'histoire traîne un peu, mais les situations avec le père de la famille allègent beaucoup le récit. Le voir tenter de contrôler la vie de Tucker (alors qu'il n'a pas réussi à gérer celles de ses deux autres enfants, même s'il affirme le contraire) et en même temps essayer de convaincre Frances du sérieux de ses sentiments est vraiment très divertissant.
Les émotions entre les deux protagonistes principaux sont très bien décrites et on partage un peu de leurs sentiments : la gêne d'être près l'un de l'autre après tout ce qui s'est passé entre eux et le désir qui renaît dès qu'ils se touchent. L'auteur a très bien su nous faire comprendre comment ils en étaient arrivés là et pourquoi ils éprouvaient toutes ces émotions.
En plus, la curiosité nous pousse à tourner les pages pour connaître le dénouement de l'enquête... et pour savoir si oui ou non King Spencer va enfin conquérir sa belle.

Une série qui aborde des thèmes certes déjà vus mais qui a le mérite de nous transporter à Trinity Harbor et de réussir à nous donner envie de rencontrer ses habitants.

Malefic Time 1 : Apocalypse de Luis Royo

Malefic time
Tome 1 : Apocalypse

(Artbook)
de Luis Royo

Éditions Miladay
Collection Artbook

Sortie le 23 novembre 2012
Format Relié / 90 pages / Prix 27 €



Présentation de l'éditeur :
 
New York, 2038. Le monde a sombré dans un cauchemar sans nom. La métropole dévastée demeure l’emblème du monde, mais d’inquiétantes créatures font planer une lourde menace sur la ville. Les membres de la secte des Treize Lunes montent la garde dans un entrepôt désaffecté. Luz reçoit la visite de son maître, Baal, et se voit remettre Malefic, une arme redoutable, ornée de symboles ésotériques qui remontent à la nuit des temps. L’occasion rêvée pour venger la mort de sa compagne, Soum, dont le cœur a été arraché par des êtres sanguinaires…

Avis d'Elaura :

À la réception de l'ouvrage, et après avoir parcouru quelques pages, la première réflexion inévitable et spontanée ne peut être que : « Mais que c'est beau ! ».
Impossible de faire autrement que de baver devant les magnifiques illustrations. Du visuel de couverture à la dernière page, tout n'est que sensualité et beauté sombre jusque dans les moindres détails.
Devenu incontournable depuis Dead Moon, Luis Royo nous offre un album riche, à mi-chemin entre le néogothique et la Dark Fantasy, d'une complexité fascinante, qui nous entraîne dans un monde post-apocalyptique, brutal, sans concession, mais passionnant.
L'artbook lui même est une pépite, accompagné d'un DVD très intéressant qui propose quelques suppléments non négligeables.

En bref, une réussite de par son contenu mais également grâce à l'édition très soignée de Milady Graphics qui nous balance, pour cette fin d'année, une véritable bombe à ne surtout pas manquer.

lundi 19 novembre 2012

Rencontres à Fool's gold, Tome 3 : Un cadeau (très) inattendu de Susan Mallery


Un cadeau (très) inattendu
Rencontres à Fool's gold, Tome 3
de Susan Mallery

Éditions Harlequin
Collection Prélud'

Sortie le 1er août 2012
Poche / 320 pages / Prix 5,90 €


Présentation de l'éditeur :

Surprise ! Pia O’Brian est enceinte ! Tout Fool’s Gold attend l’heureux événement avec elle. La petite ville est à cran, et pour cause : d’abord, Pia attend des jumeaux… mais surtout, ce sont ceux de sa meilleure amie, la regrettée Crystal. En les portant, Pia a exaucé le dernier vœu de Crystal, et c’est magnifique. Mais comment va-t-elle se débrouiller, elle qui n’a jamais songé à se ranger, et encore moins à être mère ? Dieu soit loué, à Fool’s Gold, les fées se penchent toujours sur le berceau des filles de bonne volonté. Même la plus délurée d’entre elles. Et, cette fois, la solution qu’elles ont trouvée s’appelle Raoul Moreno…

L'avis de Lila :

Au décès de son amie Crystal, Pia pensait hériter de son chat, mais c'est finalement les embryons congelés de la défunte qu'elle va récupérer. Comme c'est une amie, une vraie, elle estime que c'est de son devoir de porter et d’élever ces enfants et n'attend pas plus de quelques jours pour procéder à l'insémination. Dans le roman, tous les personnages trouvent cette démarche magnifique et presque normale. On peut tout de même se demander si c'est vraiment sensé pour une jeune femme célibataire de porter les enfants de ses amis décédés. C'est une décision qui devrait soulever de très nombreuses interrogations, autres que "suis-je assez intelligente pour changer des couches ?". De son côté, Raoul, sportif célèbre et richissime, beau comme un Dieu et d'une gentillesse infinie n'attend pas de connaître Pia pour lui proposer de s'occuper des enfants à naître avec elle. Lui non plus ne se pose pas de question une seule minute sur le fait d'élever plusieurs enfants qui ne sont pas les siens, avec une femme qu'il ne connaît pas. On peut ainsi grincer des dents à de nombreuses reprises devant le manque de psychologie des personnages et leur absence de profondeur.

On retrouve dans ce troisième tome les mêmes ingrédients que dans les précédents opus, confirmant l'idée que l'auteur se contente de réutiliser indéfiniment les mêmes ressorts. Sont ainsi à nouveau présents les thèmes de la grossesse, de l'enfant maltraité, de la star au grand cœur, de l’absence de vie privée dans les petites villes, etc. Mais ce roman n'est pas mauvais pour autant. L'histoire comporte son lot de surprises et d'émotions, le style de l'auteur est fluide, les personnages sont sympathiques, l'ambiance générale est propice à la bonne humeur et pour peu qu'on passe sur les nombreuses incohérences et répétitions, on profite d'un bon moment de lecture.

Il n'est pas nécessaire d'avoir lu les deux tomes précédents pour suivre l'intrigue. L'auteur n'hésite pas à rappeler tout ce qu'il faut savoir sur Fool's Gold, jusqu'à la blague sur les sœurs coiffeuses ennemies.

Une lecture sympathique, mais pas indispensable, à réserver aux amatrices de jolies histoires d'amour pleines de bons sentiments.




5,61 EUR
Achat Fnac

Blade Runner : Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

Blade Runner : Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?
de Philip K. Dick

Éditions : Nouveaux Millénaires

Sortie : 19 octobre 2012
Format broché / 18€


Présentation de l'éditeur


Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? Le mouton n'était pas mal, avec sa laine et ses bêlements plus vrais que nature – les voisins n'y ont vu que du feu. Mais il arrive en fin de carrière : ses circuits fatigués ne maintiendront plus longtemps l'illusion de la vie. Il va falloir le remplacer. Pas par un autre simulacre, non, par un véritable animal. Deckard en rêve, seulement ce n'est pas avec les maigres primes que lui rapporte la chasse aux androïdes qu'il parviendra à mettre assez de côté. Holden, c'est lui qui récupère toujours les boulots les plus lucratifs – normal, c'est le meilleur. Mais ce coup-ci, ça n'a pas suffi. Face aux Nexus-6 de dernière génération, même Holden s'est fait avoir. Alors, quand on propose à Deckard de reprendre la mission, il serre les dents et signe. De toute façon, qu'a-t-il à perdre ?

Note


La direction tient à signaler que l'auteur des lignes qui suivent n'a fumé ni le livre, ni la moquette. Par contre, il vaut mieux être prévenu : il ne s'agit pas d'un avis, mais plus d'une tentative de réflexion qu'il vaut mieux lire après avoir lu le livre.

Avis de Tan

Resituons le contexte pour les braves qui veulent tenter leur chance malgré tout. Les hommes ont pour la plupart quitté la Terre suite à la Dernière guerre mondiale. Les retombées radioactives ont pollué la planète et masqué le soleil. Les animaux se sont raréfiés, voire ont disparu, et ont été remplacés par des copies électriques.

Les hommes ont été vivement encouragés à migrer et ce sont même vu offrir un androïde de leur choix pour les aider à vivre dans les colonies de l'espace. Ceux restés derrière l'ont fait par choix ou justement parce qu'ils ne l'avaient plus. Certains humains trop contaminés -les spéciaux- ont été déclarés biologiquement inacceptables et n'ont pas plus le droit de migrer que de se reproduire. Pour les aider à supporter leur condition, ils peuvent utiliser les orgues penfield qui modifient artificiellement leurs humeurs à la demande, mais aussi regarder l'ami Buster, comique du petit écran à l'omniprésence écrasante. À moins qu'ils ne préfèrent utiliser leur boîte à empathie pour communier avec Mercer, un semblant de figure religieuse qui gravit une colline sous les jets de pierres et sait pertinemment qu'arrivé en haut, il sera précipité à nouveau à son pied et devra se relever pour reprendre son ascension depuis le début. Une expérience participative qui donne aux hommes la sensation d'être connectés les uns aux autres.

En parallèle, le marché porteur de l'androïde ne cesse de se développer et la fondation Rosen vient de sortir le Nexus-6, un modèle superintelligent qui pourrait bien approcher de la perfection. C'est quand huit d'entre eux arrivent illégalement sur Terre que commence la mission de Rick Deckard.

Attention, spoilers. Le sujet principal de Blade Runner est l'humanité : qu'est-ce qui la caractérise et est-ce qu'il est possible à un robot d'y accéder ? Philip K. Dick place son action dans une société hiérarchisée où la possession d'un animal vivant suffit à donner plus de valeur à un homme aux yeux des autres, où l'animal vivant a d'ailleurs plus de valeur que n'importe quel spécial, et où l'androïde ressemble tant à l'homme physiquement qu'il cherche dorénavant, et de lui-même, à franchir cette ultime frontière qui ferait de lui son égal.

L'auteur se sert à plusieurs reprises du doute pour initier la réflexion, autant chez ses personnages que chez le lecteur. Comme dans le film, Deckard est amené à se poser la question : "Et si j'étais un androïde en fait ?", et, dans le cas contraire, à s'interroger sur la validité des éléments qui lui permettent d'écarter l'hypothèse avec certitude. Face à Luba, la chanteuse d'opéra, il va aussi douter de la nécessité de la tuer, elle qui ressemble tant à un humain et a une si belle voix. De là découle directement son doute sur sa capacité à continuer à faire son travail correctement. Deckard est un homme en proie au doute presque d'un bout à l'autre du livre. Il se retrouve confronté à des questions essentielles sur ce qu'il est et ce qu'il veut. Et surtout s'il peut se satisfaire des réponses et être tout de même heureux. Ce qui est finalement la clé du problème.

Le titre original du livre n'a jamais été Blade Runner, mais toujours Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?. Il avait le mérite d'introduire immédiatement un questionnement. Au fil de la lecture, il devient vite clair qu'au-delà de la recherche d'une définition de l'humanité, il est aussi question de la poursuite du bonheur. Deckard rêve d'un animal vivant, un vrai, car il symbolise son idée de l'épanouissement personnel, et témoigne par là-même de son humanité. Les androïdes rêvent aussi : ils rêvent d'être des humains à part entière, mais, en contrepartie, il leur est impossible de comprendre pourquoi ça n'arrivera pas et de se faire une raison. Roy Baty, le plus dangereux d'entre eux, va même jusqu'à tester des drogues de fusion spirituelle pour tenter d’accéder à ce que le Mercérisme offre aux humains : la pleine conscience de leur empathie. Mesuré par le fameux test de Voight-Kampff, ce sentiment reste à la fois une énigme et une barrière infranchissable pour les androïdes.

La dualité de la scène de la révélation de l'ami Buster sur l'imposture de Mercer, qui se déroule en parallèle de la mutilation de l'araignée, est très emblématique à ce titre. D'un côté, les androïdes se réjouissent de la dénonciation de l'empathie comme vaste supercherie et ça leur suffit pour crier victoire et imaginer que plus rien ne peut leur barrer la route vers la reconnaissance de leur humanité. Mais, de l'autre, ils prouvent de manière implacable qu'au contraire, ils sont dans l'incapacité absolue de comprendre la valeur d'une vie, et, par extension, pourquoi cette humanité tant désirée leur restera toujours inaccessible.

L'obsession des androïdes pour cette reconnaissance est finalement tout aussi illusoire que l'espoir soudain qui né en Deckard quand il trouve un crapaud dans le désert à la fin, alors que la créature est dite disparue depuis longtemps. Pourtant, ils veulent continuer à croire que c’est possible, tout comme Deckard croit que son crapaud est un vrai. L’espace d’un instant tout du moins. Et l'une des différences entre humains et androïdes repose aussi là-dessus : seul l'humain pourra surmonter la désillusion qui accompagne la prise de conscience de la réalité et la dépasser pour mieux se relever encore et toujours.

C'est aussi ce qui ressort de la dualité des opiums du peuple : Buster et Mercer. Deux mensonges dont la société se nourrit : un androïde d'une part (dont le message satisfait d'ailleurs en premier lieu les autres androïdes) contre un vieil acteur alcoolique de l'autre. L'humain est, dans le fond, plus proche de Mercer. Il n'y a pas que la notion d'empathie qui est importante dans le message porté par le Mercérisme. Il y a aussi cette capacité à se transcender soi-même et à accepter son sort afin de pouvoir continuer à avancer dans la vie. Ce qui se transforme en une volonté de vivre chez l'humain qui n'est pas présente chez l'androïde. Et c'est pour ça que les hommes continuent à vouloir croire au message qu'il véhicule, malgré la désillusion de la révélation de Buster.

Difficile de parler de Blade Runner le livre sans penser un instant à Blade Runner le film ; surtout quand toute la première moitié suit grosso-modo le même plan. C'est presque un soulagement de voir l'histoire basculer d'un seul coup et de comprendre enfin que les deux œuvres mythiques ont pris des directions vraiment différentes et gagnent toutes deux à être lue/vue. À l'enquête policière rythmée et visuellement époustouflante s'oppose ici une réflexion beaucoup plus poussée sur l'humanité. Et à la question "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?", la réponse est donc : non. Pas encore. Mais la fondation Rosen y travaille.

dimanche 18 novembre 2012

Riley Jenson, Tome 8 : Vouée aux Ténèbres de Keri Arthur


Riley Jenson
Tome 8 : Vouée aux Ténèbres
de Keri Arthur

Éditions Milady

Sortie le 24 août 2012
Poche / 384 Pages / 8,20 €


Présentation de l'éditeur :


Riley Jenson mène l’enquête sur d’horribles meurtres perpétrés dans un club où se rencontrent vampires et humains accros à leur morsure. Le temps lui est compté car la tension entre les deux groupes monte dangereusement. Et pour ne rien arranger, Riley doit jongler avec deux amants jaloux : Kye, le loup-garou, et Quinn, le vampire. Mais son enquête risque bien de revenir au premier plan car l’assassin sait où la trouver depuis un moment…

L'avis de Lila :

Le précédent tome laissait Riley face à une révélation importante concernant sa vie privée. On la retrouve quelques temps plus tard, alors que Kye, son âme sœur, est parti et qu'elle se consacre pleinement à son travail et à sa relation avec Quinn. Mais avec Keri Arthur, les répits sont de courtes durées, et il ne faudra pas attendre très longtemps pour que le destin se rappelle à Riley.

Aucune vraie nouveauté dans ce tome. L'auteur reprend ses ingrédients préférés, à savoir deux enquêtes parallèles qui sont finalement liées et qui prennent un tour personnel pour Riley. La ficelle est si souvent répétée depuis le début de la saga qu'on sait d'entrée de jeu que les différents meurtres vont aboutir à cette conclusion. On retrouve également, comme on pouvait s'y attendre, un nouveau triangle amoureux, entre Riley, Quinn et Kye. Autant dire que cet opus partait avec de lourds handicaps et qu'on pouvait s'attendre au pire, tant les éléments utilisés avaient déjà été exploités auparavant. Mais c'est finalement un très bon tome qui comporte son lot d'émotions et qui ravira les fans de la première heure.

L'enquête ne réserve que peu de surprises, mais elle permet de placer Riley dans des situations dangereuses, apportant ainsi du suspense au roman. L'histoire se suit avec intérêt et plaisir, on s'inquiète une fois de plus pour notre louve adorée et l'on partage ses émotions à plus d'une occasion. Mais le récit tourne surtout autour du triangle amoureux. Coincée entre le vampire qu'elle aime plus que tout et le loup qui lui est destiné, Riley fait montre de qualités appréciables. Elle qui nous a longtemps habitués à suivre ses instincts de loup sans se poser de question fait ici preuve de résignation, de volonté et de maturité. Les changements opérés dans les précédents tomes se confirment et Keri Arthur prouve une fois de plus qu'elle sait faire évoluer son héroïne sans la dénaturer, et ceci d'une façon totalement cohérente.
Quelques passages concernant l'entourage de Riley devraient faire plaisir aux fans. Même si l'on voit (trop) peu Quinn, Rohan ou Liander, leurs apparitions sont des bouffées d'air pur dans ce tome sombre et un peu triste.

Ce huitième tome est riche en émotions et en actions. Il clôture efficacement certaines questions qui planaient depuis le début de la saga, tout en ouvrant de nouvelles pistes pour d'autres histoires. Douleur, perte, espoir et amour sont au rendez-vous et annoncent un neuvième tome, le dernier de la saga, qui, on le souhaite, offrira à Riley la fin qu'elle mérite, après tant de souffrances et de sacrifices.




7,79 EUR
Achat Fnac

vendredi 16 novembre 2012

Interview de Xavier Mauméjean, Collection Pandore

Le 8 novembre 2012, le monde littéraire a vu naître une nouvelle collection : Pandore, des éditions Le Pré aux Clercs.

Petit rappel de la mythologie grecque : Pandore est la première femme, créée par Zeus pour se venger des hommes qui lui ont volé le feu (mythe de Prométhée). Elle fut offerte au frère de Prométhée et envoyée avec une boîte (ou plutôt une jarre) contenant tous « les maux de l'humanité, notamment la Vieillesse, la Maladie, la Guerre, la Famine, la Misère, la Folie, le Vice, la Tromperie, la Passion, ainsi que l'Espérance », avec l’interdiction de l’ouvrir. Sauf que Pandore est curieuse (ça c’est la faute à Héra) et lorsqu’elle ouvre la boîte, les maux s’échappent, exceptée l’Espérance (qu’on peut aussi traduire par l'attente de quelque chose), ce qui permet de « sauver » l’humanité. « L'humanité ne souffrira que des maux, et non pas de l'attente de ces maux, qui est probablement le pire de tous. L'humanité ne vivra pas dans la crainte perpétuelle des maux à venir. »

Mais alors, les éditions Le Pré aux Clercs veulent nous pousser à la curiosité et nous donner envie d’ouvrir la boîte ? Mais la collection Pandore, c’est quoi d’abord ?

Cette nouvelle collection choisit de mettre en avant des romans fantasy écrits par des auteurs français pour un public « Young Adult ». Du jamais vu !
Les éditions Le Pré aux Clercs ont décidé de confier les clés de (cette boîte de) Pandore à Xavier Mauméjean. Un illustre inconnu ? Pas du tout ! Ce monsieur touche-à-tout est l’auteur de plus d’une quinzaine de romans (dans des genres différents), de pièces radiophoniques (pièces jouées pour le format radio). Il a co-créé la collection La bibliothèque Rouge, qui publie des « ouvrages originaux célébrant les grandes figures de la littérature populaire » et dirige aussi la collection de fantasy jeunesse « Royaumes Perdus » chez Mango, dont le but est de mettre à la disposition des plus jeunes lecteurs un imaginaire lié aux contes et aux légendes, « afin que les récits d’hier permettent aujourd’hui de se préparer à demain. Car les mythes sont éternels et façonnent nos esprits à tout âge. »

La collection Pandore continue un peu ce partage de l’imaginaire mais cette fois-ci, il s’agit de le transmettre à un public élargi : « C’est pourquoi Pandore est une collection grand public, ouverte à tous les goûts de l’imaginaire, pour des lecteurs féminins et masculins, adolescents et jeunes adultes. Les thèmes classiques de la fantasy, mais aussi ses tendances contemporaines, sont abordés par des écrivains d’aujourd’hui. »
Avec une volonté marquée de promouvoir les auteurs français de fantasy, qui, comme le rappelle M Mauméjean, sont très bien représentés, et de préciser : « Les auteurs français sont les héritiers d’une grande tradition, à la fois populaire et littéraire. Celle des Alexandre Dumas et Jules Verne. Nourris de récits d’aventure, de cape et d’épée, de voyages fantastiques, nos romanciers maîtrisent parfaitement les codes de la fantasy. » Fabien Clavel, Hervé Jubert, Estelle Faye (dont le premier livre est à découvrir ce mois-ci) et beaucoup d’autres vont venir enrichir vos étagères de leur récit de quête, de romance, de combats, de sensualité, d’humour et de suspense.

Pour nous présenter plus en détails cette nouvelle collection Pandore, Xavier Mauméjean, a accepté de répondre à nos questions.

Êtes-vous prêt à ouvrir la boîte de Pandore ?

Bit-lit.com : D'où vous est venue l'idée de créer cette collection ?

Xavier Mauméjean : L’idée a surgi d’une rencontre avec Isabelle Lerein et Carola Strang des éditions Le Pré aux Clercs. Quelques échanges informels ont montré que nous avions des envies communes, des attentes en tant que lecteurs, ce que nous sommes avant tout. Qu’est-ce que nous aimerions trouver, ou retrouver, dans les livres ? Qu’est-ce qui en ces temps moroses pourrait offrir de l’évasion ? L’idée de la collection Pandore s’est ainsi définie progressivement, et très vite car nous sommes vraiment au diapason.
Qu’est-ce qui a primé tout de suite ? L’aventure et l’évasion. Quel genre littéraire garantit ces deux impératifs ? La fantasy. Mais pas n’importe laquelle. Celle qui s’écrit, ou devrait s’écrire, aujourd’hui, avec toute cette richesse acquise depuis le commencement du genre. Autrement dit, garder ce qui fait le fond classique de la fantasy (quête, guerrier solitaire, affrontement de l’ordre et du chaos etc.) tout en accueillant les nouvelles tendances (fantasy urbaine, steampunk, thriller, romance etc.).
Qu'est-ce que Pandore va apporter de nouveau au marché du Young Adult déjà très représenté ? Comment comptez-vous vous démarquer ?
Un mauvais départ de collection aurait été de vouloir se démarquer pour se démarquer à tout prix. Cela pour deux raisons. La première est que l’on ne propose pas un beau projet rien qu’en étudiant ce qui existe déjà. Car dans ce cas vous ne créez pas un esprit original de collection mais un concept qui n’existe qu’en opposé à ce qui précède. Un peu comme les satanistes de pacotille qui exhibent un crucifix inversé, et qui finalement n’ont de sens que par rapport au christianisme qu’ils mettent en valeur. Ridicule. La seconde raison, la plus importante, est que Pandore offre une approche totalement originale, une fantasy écrite par des auteurs français, proposant des récits souvent inspirés de l’imaginaire francophone. Cela ne s’était pas vu jusqu’alors. 
D'autres collections sont-elles en préparation ?
Pas de mon fait en tout cas. Pandore est une tâche enthousiasmante mais très prenante. Je refuse beaucoup de projets, certains d’ailleurs parfaitement publiables mais qui ne cadrent pas avec l’esprit de la collection. Et puis le travail avec les auteurs suppose une relation de confiance, une disponibilité qu’il serait malhonnête de brader en papillonnant vers d’autres projets. Enfin j’ai grand plaisir à travailler avec toutes les personnes impliquées dans cette collection. Nous y investissons beaucoup de temps, d’énergie et surtout de passion.

La collection reposera-t-elle uniquement sur des nouveautés ou envisagez-vous également des rééditions ?
Uniquement sur des nouveautés. Et là j’insiste, il s’agit de textes écrits pour cette collection et non de manuscrits préexistants. C’est le cas pour les trois premiers titres et pour la totalité des suivants. 


Vous attaquez fort avec des auteurs très appréciés du public, comme Fabien Clavel. Quels autres auteurs peut-on s'attendre à retrouver bientôt ?

Marie Pavlenko, François Larzem, Justine Niogret, Jean-Luc Bizien, Jérôme Noirez et d’autres qui ont déjà signé. Tous ces auteurs explorent les différents genres de la Fantasy (Urban ; Sword ; Quest, etc…1) aussi bien donc les veines classiques que modernes, mais avec le regard d’écrivains d’aujourd’hui qui ont lu du thriller, des mangas, de la littérature classique, se passionnent pour le cinéma, les jeux…. En fait, ils traduisent exactement l’esprit de ce que doit être la fantasy aujourd’hui.

Pourquoi ce choix de ne publier que des auteurs français pour cette collection ?
Pour au moins deux raisons. D’une part Le Pré aux Clercs a un bel historique de fantasy anglo-saxonne, l’un des plus remarquables dans le paysage éditorial français, et donc il était inutile de faire doublon. D’autre part il serait vraiment dommage de ne pas voir ce qui est évident, à savoir l’imagination originale des auteurs français.

Pensez-vous qu'il existe une french touch en matière de fantasy et Young Adult ?
J’en suis totalement convaincu. Depuis le début des années 2000 est apparue une génération d’écrivains français qui ont développé un imaginaire inédit, une « singularité » française. Je pense par exemple à Fabrice Colin, Mathieu Gaborit, Hervé Jubert, Catherine Dufour, Pierre Pevel, Gilles Dumay, et j’en oublie, preuve que nous ne manquons pas de romanciers au talent incontestable. Puis ont suivi Jean-Pierre Jaworski, Justine Niogret, Marie Pavlenko, Estelle Faye et je vais encore en oublier, rien que pour le seul domaine de la fantasy. Excusez du peu !
Si en plus on ajoute que nous avons une tradition spécifique française du récit d’aventures, avec Alexandre Dumas, Jules Verne, Paul Féval, on ne peut qu’être convaincu par l’option francophone. Et j’en oublie (il faut absolument que je fasse quelque chose pour ma mémoire…).

Prenez Théophile Gautier. Voilà un auteur adulé en littérature générale. Or on oublie trop souvent, ou l’on feint d’oublier, qu’il a écrit Le Capitaine Fracasse, l’un des plus beaux romans d’aventures qui existe. Humblement, mais sans fausse modestie, nous voulons renouer avec cette tradition du récit d’évasion servi par le style.
L’idée est que Pandore offre deux garanties : comme collection, que le lecteur soit assuré d’y trouver des romans captivants ; que chaque roman pris individuellement assure un formidable moment de lecture.


Envisagez-vous la publication d'auteurs étrangers également ?
Pas dans l’immédiat. Et si c’est le cas, la collection Pandore commanderait des textes originaux, dont l’action se passerait en France. Je rêve de publier un roman de Kim Newman qui prendrait pour cadre notre pays et son merveilleux.

Je vous remercie de votre retour et vous souhaite une bonne journée.
Merci à vous !


Un grand merci aux éditions Le Pré aux Clercs, à Laetitia Matusik pour sa gentillesse et à Xavier Mauméjean pour sa disponibilité et ses réponses.

Retrouvez les titres parus sur le forum Bit-lit.com:
- La dernière lame d'Estelle Faye
- Magies secrètes d'Hervé Jubert
- Les adversaires de Fabien Clavel




1
Urban (Fantasy urbaine): est un sous-genre de la Fantasy et du Fantastique, où l’action du récit se situe en milieu urbain (et en général contemporain) et où des créatures féériques ou mythologiques interviennent. L’environnement décrit dans ce genre de la Fantasy est familier au lecteur et le(s) élément(s) surnaturel(s) sont intégrés au récit. L’auteur va ici préférer les personnages aux règles de narration de la Fantasy.


Sword and Quest (ou Heroic Fantasy): Pour définir la Sword et la Quest dans la Fantasy il faut d’abord définir l’heroic Fantasy, « est à l'origine le nom donné à la Fantasy, dans le sens d'œuvres centrées sur des aventures héroïques dans des mondes imaginaires au contexte antique, médiéval ou proto-médiéval. » Le récit est ici complètement centré sur le héros qui doit accomplir une mission. Il s’agit donc de raconter les aventures d’un héros dans un monde imaginaire où se mêlent « intrigues politiques et batailles épiques ». Autrefois, héros vertueux, aujourd’hui, le personnage principal de l’Heroic Fantasy est plutôt un anti-héros et il s’engage dans une lutte contre le Mal (ou une représentation maléfique comme un ennemi du pays ou un roi malveillant) avec plus ou moins de bonne volonté.
La Sword, en fait appelée Sword and sorcery (l’épée et la sorcellerie), est une catégorie de l’Heroic Fantasty. Comme dans ce sous-genre de la Fantasy, le héros est au centre du récit et il évolue dans un univers imaginaire. La Sword and sorcery est plus violente que l’Heroic Fantasy et le héros est souvent amoral. On se bat à l’épée (sword) ou avec des sortilèges (sorcery).

La Quest, que l’on peut traduire par quête (trop facile Very Happy ), correspond à la « mission » que le héros doit accomplir, à la raison pour laquelle il vit ces aventures. Cette quête se retrouve dans quasiment tous les récits d’Heroic Fantasy.

jeudi 15 novembre 2012

Le cirque des rêves, de Erin Morgenstern

Le cirque des rêves
de Erin Morgenstern
Editions Flammarion /paru le 10/10/2012
502 pages / 21€














Présentation de l'éditeur

"Le cirque arrive sans crier gare. Aucune annonce ne précède sa venue, aucune affiche sur les réverbères, aucune publicité dans les journaux. Il est simplement là, alors qu'hier il ne l'était pas." Sous les chapiteaux rayés de noir et de blanc, c'est une expérience unique, une fête pour les sens où chaque visiteur peut se perdre avec délice dans un dédale de nuages, flâner dans un luxuriant jardin de glace, s'émerveiller de la souplesse de la contorsionniste au tatouage et se laisser enivrer par les effluves de caramel et de cannelle qui flottent dans l'air. Bienvenue au Cirque des Rêves. Cependant, derrière la fumée et les miroirs, la compétition fait rage. Deux jeunes illusionnistes, Celia et Marco, s'affrontent, rivalisant d'audace et d'imagination, dans une sorte de combat magique, pour lequel ils sont entraînés depuis l'enfance par leurs étranges et lunatiques professeurs. Mais chacun ignore qu'il risque ainsi sa vie... Or, Celia et Marco s'aiment, et la compétition devient alors une merveilleuse collaboration. Sans connaître l'issue fatale du jeu, ils cèdent à leurs sentiments. Leur amour profond, passionné et envoûtant va ébranler tout leur univers et la vie de tous ceux qui les entourent... A la fois magique et séduisant, le Cirque des Rêves est une ensorcelante et universelle histoire d'amour.

Avis d'Asmodée

Il est des romans qui se révèlent des petits bijoux. Sans se répandre plus que nécessaire en louanges, c'est le constat qui s'impose après avoir lu Le Cirque des rêves. Une fois refermé ce livre à l'esthétique superbe, subsiste néanmoins une question : à quand la prochaine fois que l'on se verra offrir le plaisir de découvrir une histoire aussi passionnée, envoûtante et magique ? Magique… L'adjectif n'est pas employé ici à la légère. En plus d'être doté d'une plume virevoltant avec les mots, le récit d'Erin Morgenstern est empreint d'une créativité fantasque. Si le lyrisme tout en finesse se réclame un plaisir pour l'imagination, la beauté onirique du texte ne ralentit en rien une intrigue merveilleusement bien ficelée.

Après une introduction des plus énigmatiques, on s'attache aux personnages de Célia Bowen et Marco, les deux héros du roman. Des personnages victimes d'une destinée qui les dresse l'un contre l'autre, suite au défi que se sont lancé l'illusionniste Prospero et l'Homme en gris. Tandis que l'auteure déploie de véritables trésors d'ingéniosité et de poésie pour le plus grand plaisir des lecteurs, une romance aussi belle qu'intelligente prend son temps pour s'esquisser, toujours auréolée par une richesse esthétique et la distinction qui émane des dialogues. Chaque chapiteau du cirque recèle des splendeurs, chaque détail distillé par Erin Morgenstern recèle une importance particulière...

Le Cirque des rêves, ou quand beauté, prose délicate et romanesque, se conjugue pour mettre entre les mains des lecteurs une histoire hors normes. Certes, cette dernière demande un esprit attentif afin que toute sa saveur soit saisie. Une fois tournée la première page, il faut se tenir prêt à vivre une expérience littéraire rappelant la féerie des fêtes foraines. Mais ce one-shot, à la portée de tous les publics, réserve tant de surprises et d'émotions que sa lecture ne peut être que chaudement conseillée. Un roman à lire, à offrir et à faire connaître !









lundi 12 novembre 2012

L'hôtel des souvenirs, Tome 2 : Comme par magie de Nora Roberts

L'hôtel des souvenirs, 
Tome 2 : Comme par Magie
de Nora Roberts

Éditions J'ai Lu
Collection Semi-poche

Sortie le 10 octobre 2012
Broché / Prix 14,90€


Présentation de l'éditeur :

En matière d’organisation, Owen Montgomery est un pro. Alors autant dire que le projet qu’il mène à bien avec ses deux frères et sa mère est géré d’une poigne de fer. La transformation d’une vieille bâtisse en hôtel, n’est-ce pas passionnant ? S’il y a une chose qui n’était pas dans ses plans, c’est Avery MacTavish, son ex-petite copine qui travaille à deux pas de l’hôtel Boonsboro. Avery et ses regards loin d’être innocents...




Avis de Jm-les-livres :

Après un premier tome très sympa, c’est avec impatience que nous retrouvions la famille Montgomery et la petite ville de Boonsboro. Malheureusement, ce tome 2 est un peu moins bon que le premier, l’ambiance générale du livre ne nous a pas séduites.

Nous reprenons l’évolution des travaux de l’hôtel et nous nous approchons grandement de l’ouverture au public. Les chambres sont en train d’être décorées, les meubles sont installés et les étagères et les miroirs posés. On ressent l’excitation des personnages à l’approche de la fin du projet.
Et tout le monde met la main à la pâte pour apporter les dernières touches à l’édifice, même Avery, l’ami de Clare et propriétaire de la pizzeria. De son côté, Owen Montgomery, chef de chantier et organisateur très méticuleux, jongle entre tous les projets de la famille (la maison de Beckett et Clare, la boulangerie, l’hôtel…). Mais Owen accorde toujours un peu de temps à son amie d’enfance Avery et peu à peu, se rapproche d’elle d’une façon qui les surprend tous les deux.

Si le couple Beckett/Clare (et sa nombreuse progéniture) nous avait emballés, le tandem Avery/Owen est moins attachant. Ce sont deux êtres indépendants, dans leur vie professionnelle comme dans leur vie privée, et leur relation est très relax : on couche ensemble et on voit où ça nous mène. Mais ce n’est pas fait sans affection puisque Owen et Avery se connaissent depuis l’enfance (leurs pères étaient amis) et Owen a toujours gardé un œil sur Avery.
Cependant, là où il y avait une vraie connexion entre Beckett et Clare, la relation entre nos deux héros est moins forte (ou en tout cas on la ressent comme telle). Avery et Owen essayent tant bien que mal de se trouver des moments à passer ensemble mais leur emploi du temps chargé ne leur laisse pas beaucoup d’opportunités. Et au final, leur histoire passe un peu au second plan.

Ce tome nous permet en tout cas d’en apprendre plus sur le fantôme de l’hôtel : qui elle est et pourquoi elle est morte, ce qui fait au moins avancer l’intrigue générale de la série.

En tout cas, nous attendons le tome 3 avec impatience (en espérant ne pas être encore déçues) et nous nous réjouissons à l’avance de la relation explosive qu’on devine entre Hope et Ryder.

samedi 3 novembre 2012

Le livre perdu des sortilèges Tome 2 : L'Ecole de la nuit de Deborah Harkness


Le livre perdu des sortilèges
Tome 2 : L'Ecole de la nuit
de Deborah Harkness

Éditions Orbit

Sortie le 12 septembre 2012
Format broché / 552 pages / 19,90 €


Présentation de l'éditeur :

Diana Bishop, jeune historienne héritière d'une puissante lignée de sorcières, et le vampire Matthew Clairmont ont brisé le pacte qui leur interdisait de s'aimer. Quand diana a découvert l'Ashmole 782, un manuscrit alchimique, à la bibliothèque d'Oxford, elle a déclenché un conflit millénaire. La paix fragile entre les vampires, les sorcières, les démons et les humains est désormais menacée.
Déterminés à percer le mystère du manuscrit perdu, et tentant d'échapper à leurs ennemis, Diana et Matthew ont fui à Londres... en 1590. Un monde d'espions et de subterfuges, qui les plonge dans les arcanes du passé de Matthew et les confronte aux pouvoirs de Diana.
Et à l'inquiétante École de la nuit.


L'avis de Christy

Attention, cette chronique comporte un spoiler sur la fin du tome 1.

Nous entamons ce second opus de la série All Souls Trilogy (titre original), L'école de la nuit au point chronologique exact où nous avait laissés Deborah Harkness à la fin du Livre perdu des sortilèges.
Souvenez-vous, Matthew et Diana venaient d'entreprendre un voyage dans le temps afin de trouver un sorcier capable d'aider l'historienne à canaliser puis à utiliser ses pouvoirs. Voyage périlleux puisqu'ils ignoraient à ce moment-là comment ils reviendraient, ni même s'ils pourraient revenir.
Deborah Harkness reprend les ingrédients savoureux qui nous ont propulsés dans son univers avec le tome 1. Cependant, à l'instar de nos deux héros, il faudra au lecteur un certain temps d'adaptation avant d'être totalement emporté au cœur des événements, en 1590.
En effet, l'auteur installe son histoire avec patience et nombre de détails riches et troublants, mais cela provoque parfois un sentiment de lenteur au début du récit. Cette introduction nécessitera une bonne centaine de pages avant de happer littéralement le lecteur dans l'enchainement de l'histoire.

Au cours de ce nouveau périple, Diana va découvrir beaucoup de choses sur elle-même, mais aussi sur Matthew. Ce vampire a bien des secrets, pas tous honorables, et la jeune femme devra surmonter certaines déceptions et autres doutes quant à la portée des sentiments qu'elle éprouve pour son mari et en particulier, de la confiance qu'elle peut lui accorder.
De rebondissements en révélations, de moments tendres en passages émouvants, nous suivrons, jusqu'à la ligne finale de ce tome, les péripéties de ces deux êtres unis par un destin extraordinaire dont la trame est inscrite d'une façon indélébile dans le fameux Ashmole 782.

En refermant ce livre, le lecteur aura vécu différentes émotions. Il aura ri, se sera indigné, aura pesté contre la tournure de situations souvent complexes, aura été attendri par les personnages secondaires et fasciné par le mélange subtil d'éléments réels à ce récit fantastique. La science, l'histoire et la magie se marient à la perfection.
Une fois L'école de la nuit achevé, nous nous sentons un peu orphelin et nous espérons que Deborah Harkness nous fera bientôt la grâce de nous dévoiler le troisième volet de sa série.


L'auteur a récemment annoncé que le 3ème tome de sa série était toujours en cours d'écriture. Nous allons donc devoir être extrêmement patients. Cependant, pour les lecteurs déjà convertis à la plume et à l'univers de Deborah Harkness, sachez que la série fera l'objet d'une adaptation cinématographique. (informations recueillies sur le site de l'auteur : http://deborahharkness.com/all-souls-trilogy/all-souls-trilogy-movie/ )





Retrouvez notre avis sur le tome suivant :
Le livre perdu des sortilèges Tome 3 : Le nœud de la sorcière

vendredi 2 novembre 2012

Jardins secrets de Helen Warner



Jardins secrets
de Helen Warner

Éditions Milady
Collection Vendôme

Sortie le 21 septembre 2012
Poche / 408 pages / Prix 8,70 €



Présentation de l'éditeur :


Le destin ne s’est pas montré clément à l’égard de Jennifer et de ses deux filles, Amy et Kate. Alors que Jennifer se remet à peine de la mort de son mari, Amy doit faire face à la déroute financière et morale du sien. Kate se laisse troubler quant à elle par sa rencontre avec Jack, un mystérieux inconnu. Des secrets sulfureux vont encore compliquer les choses, et les retrouvailles entre Jennifer et son premier amour n’y sont pas pour rien.




Avis de Jm-les-livres :

Prenez trois femmes, deux d’entre elles sont sœurs : l’une est une femme au foyer superficielle et qui bénéficie d’un train de vie élevé ; l’autre est une infirmière bosseuse et qui essaiye de jongler avec des moyens plus restreints. Amy dépense pour une paire de chaussures ce que Kate dépense en 6 mois pour chausser toute sa famille. La troisième est leur mère, Jennifer, veuve depuis un an et retraitée.
Maintenant, ajouter un évènement, un élément ou une personne dans leur univers qui va leur faire changer complètement la vision qu’elles ont de leur vie parfaite (ou proche de la perfection). L’auteur veut nous montrer que ce qu’on croit acquis dans notre vie, peut nous être retiré du jour au lendemain.

À la suite d’un léger accident de voiture, Kate rencontre Jack et immédiatement ils tombent sous le charme l’un de l’autre. Oui mais voilà, Kate est mariée à Miles et résiste autant qu’elle peut à son désir pour Jack. Même si ce nouveau bouleversement lui ouvre les yeux sur sa vie avec Miles et leurs enfants. Est-elle vraiment heureuse ? Miles est-il toujours l’homme de sa vie ? Et si Jack pouvait lui offrir quelque chose de plus excitant ?
Amy et Ben vivent dans une grande maison avec leurs deux enfants, la nounou, le jardinier et quand Amy veut s’acheter quelque chose, elle a juste à sortir sa carte bleue. Sauf qu’au retour d’un week-end avec les enfants, elle s’aperçoit que Ben n’est pas rentré et elle sent que quelque chose ne va pas. Lorsqu’elle contacte ses collègues, ils lui apprennent que la société de Ben connaît des difficultés. Et le monde doré d’Amy s’écroule d’un seul coup. Comment va-t-elle s’en sortir ? Comment réussir à sauver sa famille de la faillite alors qu’elle ne s’est jamais vraiment occupée de personne à part d’elle-même ?
Pour Jennifer, son monde ne change pas du jour au lendemain mais lorsqu’un homme de son passé, Hugh, refait surface. On découvre le rôle qu'il a joué dans les choix faits par Jennifer pour son avenir. A-t-elle pris la bonne décision en choisissant Michael au lieu de Hugh ? Malgré toutes ces années, Jennifer ressent toujours des émotions puissantes pour Hugh et le décès de Michael ouvre de nouvelles possibilités pour eux. Va-t-elle enfin choisir l’homme qu’elle a rejeté il y a trente ans ?

Dans la première partie du livre, les personnages de Kate et Jennifer nous paraissent sympathiques. Les émotions qu’elles rencontrent sont intéressantes et nous amènent à nous interroger sur ce qui peut pousser une personne à l’adultère. Mais très vite, l’attitude de Kate envers Miles agace et on oublie rapidement les sentiments positifs qu’on ressentait face à sa situation.
Pour ce qui est du personnage d’Amy, on ne peut pas s’identifier à elle. Même si au cours de l’histoire, Amy évolue et change de manière positive, ses réactions sont souvent détestables et on se demande comment elle ose critiquer son mari parce qu’il ne fait plus rien à cause de sa dépression, alors que ça fait quelques années que madame ne fait rien et se laisse entretenir par son mari.

Au final, ce livre aborde des sujets intéressants (l’adultère, l’unité d’un couple face à la crise ou le retour d’un ancien amour) mais à cause de personnages énervants, on a un peu de mal à rentrer dans le récit et à se sentir concerné par ce qui arrive à tous ces couples.

jeudi 1 novembre 2012

Jake Djones, Gardien du temps, Tome 1 : Mission Venise

Jake Djones, Gardien du temps
Tome 1 : Mission Venise
de Damian Dibben
                                            
Editions Gallimard Jeunesse

Sortie le 28/08/2012
Grand format / 464 pages / 12,99 €


Présentation de l'éditeur

Tandis qu'il rentre du collège en un jour londonien pluvieux, Jake Djones, quatorze ans, est enlevé par des ravisseurs peu communs. Ils prétendent agir pour sa propre sécurité et l'emmènent au quartier général de leur organisation, en Normandie au XIXe siècle! Ils connaissent bien les parents de Jake, et veulent comme lui les retrouver. Mais ça ne va pas être facile : ces derniers sont perdus... quelque part dans le passé.
Aux côtés d'agents truculents, embarquez pour un périple qui vous mènera aux quatre coins du monde et du temps, jusqu'à Venise, en plein cœur de la Renaissance. Espionnage et humour pour le premier tome des aventures de Jake Djone...

Avis d'Asmodée

Ce premier tome des aventures du jeune Jake Djones, âgé de quatorze ans, ne manque pas d'entraîner les lecteurs dans la tourmente d'une histoire mouvementée et intelligente, rythmée par une quantité de révélations, de rebondissements, le tout dans un contexte très bien décrit et original. Les péripéties commencent pour le jeune garçon à la sortie du collège, lorsque des agents appartenant à l'organisation des Gardiens de l'histoire viennent le chercher pour lui faire une terrible révélation : ses parents sont portés disparus ! Pire, ils lui révèlent que ces derniers ne sont pas le couple ordinaire et prospère pour lequel ils s'étaient toujours fait passer, mais sont en réalité d'anciens agents secrets au service d'un groupe défiant l'imagination.

Dès lors, Jake va peu à peu se trouver immergé au sein d'un univers de voyages temporels, d'intrigues et d'espionnages qu'il n'aurait jamais soupçonné jusqu'alors, même dans ses rêves les plus fous. En compagnie de sa tante Rose et après un voyage sur un navire des plus insolites, avec un équipage qui se révèle capable de voyager dans le temps, Jake découvre qu'il appartient comme ses parents au rang "Diamant", une prédisposition héritée qui fait de lui un voyageur temporel de premier ordre. Arrivé à Point Zéro, le quartier général des Gardiens de l'histoire, le collégien va se familiariser avec une vaste organisation qui a pour mission de protéger, grâce à ses agents, notre histoire et de la soustraire aux sinistres ambitions de Zeldt à la tête de son armée noire.

Afin de retrouver ses parents, Jake va prendre l'initiative de suivre le groupe d'agents qui part en expédition dans le Venise de 1506. Les voyages dans le passé sont régis par des règles techniques complexes et des procédures très strictes que découvre au fur et à mesure le jeune héros en même temps que les lecteurs. Aux côtés d'un groupe hétéroclite composé par Charlie, Nathan et la charmante Topaze qui tourne les cœurs, Jake va ainsi faire ses premiers pas dans une aventure destiné à l'amener à voyager, à prendre des risques, et à révéler le courage qui sommeille en lui.

Avec Mission Venise, Damian Dibben offre aux jeunes lecteurs un roman de qualité, tant l'intrigue et les personnages qu'il met en scène se révèlent accrocheurs. Malgré certains aspects tragiques présents au sein du récit, il faut préciser que ce premier tome de la série des Gardiens du temps se destine en priorité à un lectorat jeune. La personnalité de Jake Djones manque parfois de consistance, malgré le courage et les prises de consciences dont ce dernier fait preuve au fil des chapitres. Cette personnalité neutre permet aux jeunes possesseurs du livre de pouvoir s'identifier à lui, mais les lecteurs plus âgés n'y trouveront pas forcément leur compte.
Mission Venise est un pur roman jeunesse à dévorer à partir de 11 ans, qui se démarque par l'intérêt qu'il suscite, sa lecture abordable et la richesse d'un univers très bien construit. Ces éléments positifs contribuent au lancement d'une intrigue qui promet beaucoup pour le tome 2 à venir.