Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

dimanche 30 septembre 2012

RSVP de Helen Warner

RSVP
de Helen Warner

Éditions Milady
Collection Central Park

Sortie le 24 août 2012
Format broché / Prix 7,90 €



Présentation de l'éditeur :


Quatre femmes. Un mariage. Une journée qui va changer leur vie à jamais. Anna, Clare, Ella et Rachel se retrouvent au mariage de Rachel et Toby. Lui est l’ex d’Anna, elle voyait en lui l’homme de sa vie. Anna a le cœur brisé, Rachel a des doutes, Clare ne croit pas à l’amour, et Ella compte un peu trop sur son pouvoir de séduction. Leurs destins, chamboulés, vont se croiser, se défaire et se refaire.

Avis de Chani

Quatre femmes dont le dénominateur commun remonte à l’université vont se retrouver pour le mariage de l’une d’elle, Rachel, fiancée à Toby, ex-petit ami d’Anna qui ne l’a pas oublié et se morfond toujours à cause de leur rupture. Clare, fidèle meilleure amie de la jeune femme compte sur cet événement pour faire sortir définitivement Toby de la tête et du cœur de son amie, tandis qu’Ella, ex-garce de la fac espère bien briller et exposer son bonheur et sa réussite aux yeux de tous. Bien évidemment tout cela ne va pas tourner comme elles l’espéraient…

Autant le dire tout de suite, le début est laborieux, le personnage d’Anna est particulièrement pathétique (et restera assez décevant tout du long à vrai dire…), et la suivre dans ses souvenirs est fastidieux. D’ailleurs, plusieurs protagonistes souffrent de ce souci, et il faut aller chercher du côté des personnages secondaires comme Clare et Ella, plus fortes et intéressantes chacune dans leur genre, pour trouver le dynamisme et l’originalité qui manquent au roman. D’ailleurs ces deux-là sauvent totalement le livre. Du côté des personnages masculins, on n’est pas forcément mieux lotis. Les hommes, c’est le mal, si vous êtes célibataires vous vous direz surement que vous avez tout intérêt à le rester !

Si vous cherchiez une romance légère et drôle, passez votre chemin, l’ensemble est quand même assez mélancolique, même si la fin se veut optimiste vous ne passerez pas un moment de pure gaité en lisant RSVP. Cela dit la lecture est fluide et agréable, et à défaut de vous passionner pour les tribulations amoureuses des personnages principaux (Anna et Toby), intéressez-vous à leurs amis, nettement plus convaincants.

samedi 29 septembre 2012

Adorable Sophie de Georgette Heyer

Adorable Sophie
de Georgette Heyer

Éditions Milady
Collection Pemberley

Sortie le 21 septembre 2012
Poche / 456 pages / Prix 7,90 €


Présentation de l'éditeur :

Lorsque la respectable famille Ombersley recueille Sophie, une cousine éloignée, elle ne s’attend pas à une telle révolution. Cette jeune femme espiègle bouleverse littéralement l’ordre établi.
Indépendante, sûre d’elle, n’hésitant pas à monter à cheval comme un homme, Sophie ne correspond en rien à ce que le sombre et taciturne Charles d’Ombersley attend des femmes. D’ailleurs, ne devrait-il pas dompter l’impudente, avant que ses manières scandaleuses ne commencent à lui plaire un peu trop ?

L'avis de Lila :

Sophy est une jeune fille qui a vécu sans aucun souci des étiquettes, élevée par un père qui lui a fait découvrir les quatre coins du monde et qui l'a toujours laissée libre d'être telle qu'elle le souhaitait. Sans surprise, elle est devenue une jeune femme indépendante, sûre d'elle, peu intéressée par les conventions, mais dotée d'une grande générosité de cœur. Elle est confiée à une tante qu'elle ne connaît pas vraiment et celle-ci a la tâche de lui trouver un mari. C'est ainsi que Sophy débarque un beau matin chez la famille Ombersley, dont les membres seront partagés entre ravissement pour sa fraîcheur et inquiétude pour son manque total d’éducation.
Son cousin Charles, habitué à mener toute la famille à la baguette, parents compris, accueille mal cette nouvelle venue dont les manières risquent bien de chambouler toute la maisonnée. Il espère la mater rapidement et lui trouver un bon mari, alors que lui-même s’apprête à épouser une fille insipide et pas si gentille qu'elle n'y paraît. On a également Hubert, le frère soucieux qui a de grosses dettes de jeux et Cécilia, la jeune fille en fleur qui souhaite annuler ses fiançailles avec un bon parti pour épouser un poète, au grand dam de Charles. Sophy n'a pas déjà posé ses valises qu'elle réfléchit à la meilleure façon de régler les problèmes de tout le monde. Sitôt arrivée, sitôt décidée à régenter la vie des uns et des autres, persuadée de savoir quels sont leurs problèmes ainsi que la solution à y apporter. Adorable Sophy ? Autoritaire Sophy plutôt.

La couverture de ce roman est très jolie, très moderne, et laisse présager un excellent moment de lecture grâce à son résumé qui fleure bon la romance. Malheureusement le contenu déçoit beaucoup. Le style n'est pas désagréable, il est même irréprochable et apporte un certain charme désuet à l'histoire. Mais il est difficile de vraiment se prendre d'affection pour les personnages, trop bien élevés, trop lisses et qu'on ne connaît pas réellement. On découvre leurs sentiments et envies au travers des dialogues, mais leurs pensées intimes nous demeurent cachées tout du long. De même, les deux personnages principaux, Charles et Sophy, ne forment pas un couple romanesque comme on en rencontre d'habitude : pas de passion dévastatrice, pas de regards lourds de sous-entendus, pas de grandes déclarations qui vous retournent le cœur et vous bouleversent, pas d'amour du tout en fait ! À aucun moment on ne ressent une quelconque tension amoureuse entre eux. Vu qu'ils sont cousins (et bien cousins, pas cousins éloignés comme le dit la 4ème de couverture), on est presque heureux malgré tout de ne pas assister à leurs ébats (la consanguinité n'est plus vraiment à la mode). Mais ça manque cruellement de romantisme, ou même tout simplement, d'une façon plus générale, de sentiments.

Sophy est tout de même un personnage sympathique, et son refus des conventions est plaisant. Charles, lui, laisse de marbre. Il ne manque pourtant pas de potentiel. Les personnages secondaires sont très présents et participent activement à l'histoire, mais on ne s'attache pas plus à eux qu'à Sophy et Charles. Ce roman n'est pas mauvais, il possède un charme empreint de nostalgie et de douceur qui plairont certainement à d'autres lecteurs. Il faut simplement le découvrir en gardant à l'esprit qu'il ne s'agit pas d'une romance à proprement parler. Un roman à l'ancienne qui se lit comme on regarde de très vieux films, en appréciant le charme élégant de ces vieilles bobines, mais en ayant bien du mal à s'identifier aux personnages.


Luxuria, Tome 1

Luxuria 
Tome 1
 de Frédérique de Keyser 

 Editions Sharon Kena

 Sortie le 23 août 2011
Format numérique / 340 Pages / 6,50 €
Format papier / 263 Pages / 15,42 €


Présentation de l'éditeur : 

Quand je pense que je m’étais juré de ne jamais fréquenter les démons ! Non contents de m’embaucher, sans trop me laisser le choix soit dit en passant, dans l’un des établissements où ils avaient l’habitude de côtoyer mes semblables (et pas pour discuter art ou littérature), les voila qui essayaient de me faire croire que le salut de l’humanité et l’équilibre de leur monde reposaient sur mes épaules. Pire, il paraîtrait que j’étais responsable de la menace qui pesait sur nous tous. J’avais peut-être une part de responsabilité dans tout ceci, et n’étais pas mauvaise au point de refuser de réparer le mal que j’avais pu faire. Mais était-ce une raison pour me coller dans les pattes de ces démons dangereusement divins et diaboliquement beaux qui menaçaient de me mettre face à celle que j’étais réellement ?

L'avis de Lila :

Luxuria est un roman qui fait la part belle à l'érotisme et, disons-le franchement, au BDSM ("Bondage, Discipline, Domination, Soumission, Sado-Masochisme" d'après monsieur Wikipédia) et au libertinage assumé. De ce fait, on en réservera la lecture à un public averti. L'histoire se déroule essentiellement au sein du Luxuria, un club libertin où chacun pourra trouver son plaisir quelles que soient ses préférences. Et pour couronner le tout, cet établissement est tenu par des démons au sex-appeal dévorant. Ceux-ci sont arrivés en grand nombre parmi nous et ne se cachent pas, bien au contraire, et pour le grand plaisir des humains qui profitent sans se faire prier de leurs physiques avantageux et de leurs performances sexuelles incomparables.

Sláine évolue dans ce monde, évitant autant que possible les démons dont elle se méfie suite à une mauvaise expérience. Moderne et franche, son caractère haut en couleurs fait des étincelles. C'est d'ailleurs en se disputant avec son ancien patron en public qu'elle attire l'attention de deux démons. Sa rencontre avec eux va la forcer à entrer de plain-pied dans cet univers dont elle ignore tout, et surtout, qui ne l'attire pas : celui des démons bien sûr, celui du Luxuria ensuite, mais également celui du BDSM. Sláine n'est pas du genre chanceuse, et quand le destin décide de la pousser dans une situation dont elle ne veut pas, autant dire qu'il y va franco. C'est ainsi qu'elle se retrouve, en moins de temps qu'il n'en faut pour dire BDSM, à travailler au Luxuria et à vivre dans les appartements privés de Sio, un démon sexy en diable, tant qu'à faire.

La sensualité et l'érotisme sont présents en permanence dans ce roman. Mais pas de façon lourde ou vulgaire, plutôt par petites touches ici et là. Le lieu tout entier est une invitation au plaisir charnel et y évoluer sans y penser est évidemment impossible. Surtout en étant entouré par des démons plus attirants les uns que les autres. De fait, Sláine pense beaucoup à ses hormones, et nous avec. Tout l'aspect BDSM est une belle surprise. On pourrait s'attendre à beaucoup de choses, surtout au pire, mais force est de constater que l'auteure n'a pas envie de choquer ou de bousculer le lecteur. Elle le prend par la main et l'entraîne progressivement, sans vraiment qu'il s'en rende compte. Sláine n'est pas du tout attirée par le BDSM, mais elle a cependant une sexualité qu'on qualifiera de "classique" et d'assumée. On nous épargne le cliché de l'ingénue traditionnelle qui connaît son premier orgasme grâce au super héros de service, ouf. Le BDSM présenté ici a quelque chose de très doux, on y trouve beaucoup de pudeur. On aime ou pas cette pratique, mais on finit par en comprendre l'essence, et certaines notions de romantisme, de don de soi et de confiance en l'autre font mouche, il faut l'avouer. D'autres pratiques sexuelles sont évoquées avec tout autant de finesse et de pudeur. D'une façon générale, ce sont toutes les scènes érotiques qui sont très bien écrites et qui raviront les amateurs du genre.

Ce roman est cependant bien plus qu'une succession de scènes érotiques. On y trouve de l'amour et de l'action. L'histoire de fond est intéressante et évite pas mal de clichés. On y trouve beaucoup de bonnes idées également. Les personnages sont tous bien décrits, on s'attache facilement à eux et Sláine ne manque pas d'humour. On peut réellement s'identifier à elle. Elle peut également agacer par son manque de maturité amoureuse ou sa capacité étonnante à se disputer avec Sio à longueur de temps, mais c'est quelque chose qui semble totalement assumé, puisqu'elle se le reproche elle-même. On pourra regretter que l'auteure aille vite en besogne : les personnages tombent amoureux très rapidement, et en seulement quelques jours, on a déjà eu droit à des déclarations enflammées, des séparations douloureuses et des réconciliations émouvantes. Certains apprécieront de ne pas tourner autour du pot et d'être rapidement amenés au cœur de l'histoire, d'autres pourront trouver ça un peu étonnant.

Ce roman faisant la part belle au BDSM, il est difficile d'en parler sans évoquer le monsieur en gris. Après le "porno chic" dans la mode, voilà le "mommy porn" dans la littérature. Ou quand le grand public découvre le fil à couper le beurre et crie à la nouveauté. Si Fifty shades of Grey est le Twilight du roman érotique, espérons que l'engouement qu'il suscite viendra mettre en lumière d'autres romans vraiment meilleurs et écrits bien avant cet effet de mode, comme c'est le cas de Luxuria. Le "mommy porn", c'est moche, vraiment, autant dans le nom que dans ce qu'il prétend être. Restons-en plutôt à notre bonne vieille étiquette de lectrices de romances érotiques qui s'assument, et partons explorer des romans bien plus profonds et complexes, qui offrent sur un même plateau des scènes d'un érotisme torride et une histoire qui n'est pas juste un prétexte à la gaudriole. Vous l'aurez compris, Luxuria est un bon roman, complexe, riche et bien écrit, et qui vous procurera sûrement plus de frissons que Mr Grey, aussi sexy soit-il.

jeudi 27 septembre 2012

Au-delà du pardon de Shirlee Busbee

Au-delà du pardon
de Shirlee Busbee

Éditions J'ai Lu
Collection Aventures et Passions

Réédition le 19 septembre 2012
Format poche / 6,95 €


Présentation de l'éditeur :

Une femme a causé son malheur, une autre lui apportera l'oubli ! Le cerveau embrumé par l'alcool, il distingue confusément son corps voluptueux dans la pénombre... Elle ignore tout des jeux de l'amour. Elle n'a pas le temps de protester, l'inconnu plaque ses lèvres avides sur les siennes, déchire son corsage. Paralysée de peur, Léonie n'ose résister... Quelques mois plus tard, enceinte, elle accepte le premier mari venu. Qui s'enfuit avec sa dot le jour même de leur mariage ! Léonie ne se laisse pas faire, retourne ciel et terre pour retrouver l'époux indigne. Et voilà que Morgan Slade prétend ne l'avoir jamais épousée !... Etrange comédie. Qui ment ? Qui dit la vérité ? A moins que tous deux ne soient sincères...

NB : Ce roman est le quatrième opus de la saga "Sud" ou "Louisiane" de Shirlee Busbee dont les histoires se situent dans l'État du même nom. Le roman a déjà été publié par J'ai Lu en 1991 et en 1999, ainsi que par les éditions Presses de la Cité en 1985.

L'avis de Lila :

Léonie est une jeune femme de caractère qui compte bien empêcher son grand-père de les endetter plus. Pour ça, elle n'hésite pas à s'infiltrer chez le Gouverneur pour récupérer les quittances de dettes de son grand-père qui a encore trop bu, trop joué et trop perdu. Suite à un quiproquo, elle se retrouve enfermée dans la chambre d'un inconnu qui la viole sans même la voir puisqu'ils sont plongés dans le noir. Léonie ne pleurera pas trop longtemps sur la perte de son innocence, son grand-père ayant décidé de la marier quelques jours plus tard à Morgan Slade pour régler leurs problèmes financiers. Évidemment, le jeune homme n'est autre que le violeur, sauf que celui qui épouse Léonie sous ce nom est en fait le cousin du vrai Morgan Slade. Léonie le retrouvera quelques années plus tard (le vrai, celui qui l'a violé donc), sans se douter de la supercherie et ils tomberont, évidemment, amoureux. Si vous trouvez ça compliqué et tiré par les cheveux, accrochez-vous, ce n'est que le début d'une longue intrigue rocambolesque et difficile à croire !

Malgré la situation de départ invraisemblable et dont les conséquences seront au moins aussi incroyables et complexes à appréhender, le charme de ce roman opère et il faut admettre qu'on passe un bon moment. Il faut cependant dépasser un bon tiers de l'histoire pour enfin accrocher et commencer à apprécier les personnages. Cela est dû en grande partie à la trop grande richesse des détails. On pourrait apprécier que chaque personnage et lieu soient décrits avec tant de précisions, de détails et d'anecdotes, mais malheureusement, on se retrouve avec des tas de protagonistes et de situations dont on ne connait absolument pas l'importance au sein de l'histoire. On peut ainsi citer le meurtre du Gouverneur, qui se déroule à côté de Léonie et qui est régulièrement évoqué dans le roman, comme un point capital de l'intrigue. Sauf que pas du tout ! Jusqu'au bout on nous en parle et on s'attend à quelque chose en rapport à ça, d'autant que Léonie était présente, mais rien, absolument rien ! Il en est de même pour beaucoup d'autres éléments. Plutôt déstabilisant...

Les personnages sont sympathiques et attachants. Ils ne se comprennent pas, ne font que se méprendre et se repousser par fierté, comme c'est souvent le cas dans ce type de littérature, mais on les suit avec plaisir malgré tout. S'il faut lire une bonne centaine de pages avant de plonger véritablement dans ce roman, la suite se lit avec envie et on se surprend à vouloir connaître la fin avec empressement. La magie opère au bout du compte.

Pour résumé, ce roman est brouillon, totalement invraisemblable, mais pour peu qu'on s'accroche un peu, on passe finalement un très bon moment.


 

La baie des baleines de Jojo Moyes

La baie des baleines
de Jojo Moyes

Éditions JC Lattès

Sortie le 11 avril 2012
Grand Format / 370 Pages / 22,00 €


Présentation de l'éditeur :

Liza McCullen n’échappera pas à son passé. Cependant, les plages préservées de la baie des baleines, et sa communauté soudée, lui offrent d’assouvir sa soif de liberté et de sécurité – si ce n’est pour elle, du moins pour sa petite fille, Hannah.

Jusqu’à l’arrivée de Mike Dormer dans l’hôtel de sa tante, qui va bouleverser la tranquillité de la baie des baleines. Cet Anglais affable, aux vêtements trop chics et au regard dérangeant, pourrait anéantir tous les efforts que Liza a consacrés à la protection : non seulement de l’entreprise familiale et de la baie qui abrite ses chères baleines, mais aussi de sa certitude qu’elle ne pourra plus jamais aimer – être digne d’aimer – de sa vie.

L'avis de Lila :

Avec sa plume simple mais efficace, Jojo Moyes nous entraîne dans une histoire empreinte de sincérité et de profondeur. Il se dégage une certaine douceur et une belle nostalgie de cette romance qui ne comporte aucune trace de mièvrerie ou de sentimentalisme facile. La baie des baleines, c'est l'histoire de plusieurs personnages dont les vies se croisent et se mêlent de façon inextricable pour former un tout cohérent et passionnant.

Les différents protagonistes s'expriment à tour de rôle, chacun faisant avancer l'histoire par ses réflexions et actions. Cela permet de les connaître intimement et d'apporter du rythme à la narration, mais cela retarde également un peu le moment où l'on s'attache à eux, car les premiers chapitres passent d'un personnage à l'autre sans qu'on ne situe encore trop chacun d'eux. Cette impression est encore renforcée car on ne comprend pas tout de suite où veut nous emmener l'auteur, quelle histoire il va nous conter. Ni positif, ni négatif, cet état de fait apporte sa propre substance à l'intrigue, on a ainsi hâte d'arriver au moment où cette fameuse Liza, si mystérieuse, s'exprimera à son tour. On est aussi impatient de découvrir enfin les premiers contours de l'histoire que nous narrent ces personnages.

Le roman oscille entre des moments calmes et agréables, et d'autres passages plus graves, où la tension palpable nous fait vibrer au même rythme que les personnages. Ceux-ci sont doués d'une vraie psychologie, ils agissent de manière humaine et cohérente. On s'attache à eux au fil des pages, mais on regrette néanmoins que l'auteur n'ait pas cherché à leur donner une parole unique, d'autant plus que le roman est conté à la première personne. Ils s'expriment tous de la même manière, ce qui est dommage mais ne gâche rien au plaisir de les lire.

Ce roman offre un agréable moment de lecture, l'histoire est solide, profonde, belle et touchante. On se sent forcément proche des protagonistes, si humains, et de cette baie et de sa faune qu'ils tentent de préserver coûte que coûte. On découvre avec bonheur cette baie des baleines et on se cale rapidement sur son rythme de vie doux et lent, on s'y sent bien. Un très bon roman.



mardi 25 septembre 2012

Un seul regard de Joan Reeves


Un seul regard de Joan Reeves

Éditions Milady
Collection Central Park

Sortie le 21 septembre 2012
Format broché / 288 pages / Prix 6,60 €

Présentation de l'éditeur :

Que feriez-vous si le remplaçant de votre gynéco n’était autre que votre premier amour ? Jennifer Monroe, psychologue réputée, réagit comme toute femme normalement constituée : elle invente une excuse et prend la fuite !
Le très sérieux docteur Penrose suppose qu’elle souffre de blocages sexuels, et se met en tête de l’orienter vers un collègue compétent. Scandalisée à l’idée qu’il puisse la prendre pour une vieille fille frigide, Jennifer va lui donner une leçon qu’il n’est pas prêt d’oublier.



Avis de Jm-les-livres :

C’est avec impatience que nous retrouvons ce mois-ci Joan Reeves qui nous avait régalées avec ses titres précédents. Malheureusement, ce livre ne nous a pas complètement emballées.

Tout débute lorsque Jennifer Monroe, psychologue, va consulter sa gynécologue. Reçue par le remplaçant de cette dernière, la jeune femme découvre, mortifiée, qu'il s'agit de son ancien amour de jeunesse, Matt Penrose. Imaginez la situation, assise sur la table d’auscultation, en blouse légère, vous vous retrouvez face à l’homme pour qui vous aviez un gros béguin et qui vous a brisé le cœur. Le saligaud ne vous reconnaît même pas et en plus, vous prend pour une folle ! Parce que bien sûr, dans une situation comme celle-ci, il est difficile de rester maître de soi et de ne pas paniquer.

Vous comprendrez que l’histoire (re)démarre fort entre nos deux héros et on aurait pu se laisser emporter par leurs aventures, mais pourtant, il y a un petit quelque chose qui coince pour nous faire apprécier pleinement la chose. Après le départ précipité de Jennifer, Matt pense qu’elle souffre d’un problème sexuel (un blocage) avec les hommes (il est mignon celui-là) et décide de l’aider à le surmonter, de manière tout à fait professionnelle. Comprenant qu’il la prend pour une vieille fille frigide, Jennifer voit rouge et choisit de se venger. La vengeance est un plat qui se mange apparemment chaud puisque Jennifer décide de l’allumer. Et quand après un rendez-vous, monsieur se rappelle qui elle est, c’est à son tour de lui rendre la monnaie de sa pièce et de laisser la jeune femme sur sa faim.

Si le début de l’histoire est plutôt amusant, l’enthousiasme s’essouffle à la fin du livre. On se retrouve à vouloir baffer l’héroïne et à rassurer ce pauvre Matt qui se laisse complètement aveugler par son désir : non toutes les femmes ne sont pas aussi folles que Jennifer.
L’héroïne, au fil du livre, devient de plus en plus étrange et a des réactions qui ne correspondent pas à ce qu’on attendrait d’une psychologue. Oui, elle retombe sur un amour de jeunesse et se sent vexée qu’il la pense frigide, mais leur petite guerre devient lassante et la scène de face à face finale où tout doit être expliqué pour qu’enfin les héros puissent se pardonner n’est pas vraiment crédible. Il manque certaines choses pour que l’ensemble du livre tienne la route. Malgré tout, cette courte histoire permet de passer deux heures plutôt sympathiques et il est certain qu’on lira le prochain livre de la dame.

dimanche 23 septembre 2012

Buffy tome 1


Buffy, Tome 1 (Omnibus)
Richie Tankersley Cusick ; Christopher Golden ; Nancy Holder ; John Vornholt ; Diana G. Gallagher

Éditions Milady
Collection BIT LIT

Sortie le 28 septembre 2012
Poche / 540 pages / 12,90 €

Présentation de l'éditeur :
 

La Moisson de Richie Tankersley Cusick.

Il s'agit de la novélisation du pilote de la série. En fondant cette mini-collec', il nous est apparu qu'il serait utile d'avoir la toute première histoire de Buffy pour replacer le contexte : son arrivée à Sunnydale, sa rencontre avec le Scooby Gang et le début de sa lutte. Cette intégrale comprendra donc quatre volumes au lieu de trois !

La pluie d'Halloween de Christopher Golden & Nancy Holder.

Nous ne pouvions pas ne pas intégrer le duo d'auteurs qui ont forgé le succès des romans Buffy. Ce roman est leur première œuvre en commun et elle n'est pas restée dans les annales sans raison. Ici, vous verrez Alex et Willow enquêter sur la légende d'un épouvantail tueur, qui s'animerait chaque nuit d'Halloween, à condition qu'il pleuve… une légende, vraiment ? Depuis qu'ils fréquentent Buffy, ils n'en sont plus si certains…

La Lune des coyotes de John Vornholt.

Des forains s'installent à Sunnydale. Dans le même temps, une horde de coyotes agressifs rôdent dans les rues dès le coucher du soleil. Pour Buffy, les deux événements n'arrivent pas en même temps sans raison. Ce roman de Vornholt est là aussi l'un des premiers réalisés pour la série. De quoi réviser l'ambiance des premiers épisodes.

Sale affaire de Diana G. Gallagher (inédit).

La voilà, votre première nouveauté ! L'action de cet épisode littéraire se place au début de la deuxième saison. Il y sera question de la fameuse Bouche de l'Enfer, que le Scooby Gang croyait pourtant scellée. Willow, Alex et même la mère de Buffy se comportent bizarrement. Que ce passe-t-il donc ? Giles et sa protégée enquêtent… 


Avis d'Elaura
Voici le précieux sésame pour tous fans de Buffy qui se respectent.
À l'heure où Joss Whedon triomphe avec une étrange bande de vengeurs et un méchant charismatique au possible (Team Loki forever), la série qui l'a révélé au grand public continue de rallier les foules.

C'est avec un plaisir non dissimulé et une impatience toute juvénile que nous regardons le magnifique visuel de couverture de ce premier tome, arborant fièrement la très symbolique bague de fiançailles irlandaise qu'Angel a offerte à Buffy. Sourire béat aux lèvres, nous nous rappelons les 7 saisons qui nous ont accompagnées pendant 6 ans, les péripéties du Scoobygang et la passion dévorante de Spike pour notre tueuse (Team Spike forever, l'ensemble de la Team Bit-lit sera d'accord avec moi). On caresse le bouquin, lui fait un gros câlin et les pages commencent à se tourner.

Le contenu, nous le connaissons déjà puisqu'il s'agit de la réédition des trois premiers tomes publiés en 1999 chez Fleuve Noir : La Moisson, La pluie d'Halloween et La lune des coyotes, directement inspirés des épisodes de la série. Seul Sale affaire est un inédit, écrit par Diana G. Gallagher. Une histoire somme toute assez banale dans l'univers de Buffy, mais plutôt bien menée et qui met à mal la tueuse et ses amis de manière cruelle.

Certes, l'ensemble n'est pas de la grande littérature et a pris quelques rides, mais qu'importe, cet omnibus nous redonne une furieuse envie de ressortir nos coffrets DVD, de titiller le Maître, de se frotter (de très près) à Spike et de taper sur le principal Snyder. Que du bonheur !



samedi 22 septembre 2012

L'hôtel des souvenirs Tome 1 : Un parfum de chèvrefeuille de Nora Roberts


L'hôtel des souvenirs
Tome 1 : Un parfum de chèvrefeuille

de Nora Roberts

Éditions J'ai lu

Sortie le 6 juin 2012
Broché / Prix 14,90€

Présentation de l'éditeur :

Les trois frères Montgomery ont entrepris de transformer un ancien hôtel de Bonnsboro en maison d'hôtes. Alors que Beckett Montgomery renoue avec Claire, un amour de jeunesse, des rires et des effluves de chèvrefeuille laissent à penser que l'hôtel est hanté par une revenante.



Avis de Jm-les-livres :

Beckett Montgomery est amoureux de Clare Murphy depuis le lycée. Mais celle-ci sortait déjà avec celui qui allait devenir son mari et le père des ses enfants et Beckett s’était fait une raison. Après avoir suivi son mari au gré de ses affectations militaires et suite à sa mort, Clare est revenue à Boonsboro. Une fois de retour, elle a ouvert une librairie et a essayé tant bien que mal de s’en sortir avec un commerce à gérer et trois jeunes garçons à élever. De son côté, Beckett est devenu architecte au sein de l’entreprise familiale qui s’occupe d’acheter et de rénover des bâtiments comme avec le dernier chantier dont ils sont en charge avec ses frères et sa mère : la rénovation de l’hôtel historique de la ville.
Malgré les années, l’affection de Beckett pour Clare est toujours présente. Clare, quant à elle, se sent de plus en plus attirée par lui, et lorsque Beckett tente sa chance et l’invite, elle n’est pas vraiment contre. Mais rien n’est simple pour une veuve avec trois enfants et un célibataire (presque) endurci, bien que très déterminé. Et quand Clare commence à se sentir en danger, c’est sur Beckett qu’elle s’appuie pour l’aider.

Nora Roberts nous offre ici l’histoire de deux personnes qui tentent de s’apprivoiser l’une l’autre et de s’accorder malgré leur passé et leurs obligations. Pas facile de faire de la place dans sa vie à une nouvelle histoire d’amour surtout quand il faut prendre en compte les enfants, la famille et les amis. Mais Clare et Beckett s’en sortent haut la main et on aime les voir tâtonner pour arriver à gagner leur part de bonheur. Et les épreuves, certes pas vraiment courantes, qu’ils doivent affronter nous montrent l’étendue de leur amour naissant. Une romance sans prétention mais comme toujours très bien écrite par l’auteur. Encore une fois, on se laisse emmener par l’univers créé et les personnages attachants et pourtant si simples.
Le prochain tome sur Owen (le frère de Beckett) et Avery (l'amie de Clare) nous promet une bonne dose de rigolade. Affaire à suivre.

jeudi 20 septembre 2012

La Terre mourante, L'intégrale Tome 2 : Cugel Saga ; Rhialto le Merveilleux

La Terre mourante, L'intégrale Tome 2 :
Cugel Saga ; Rhialto le Merveilleux

de Jack Vance

Éditions J'ai Lu
Collection Fantasy

Sortie le 8 février 2012
Format poche / 638 pages / 820€


Présentation de l'éditeur :

Le soleil se meure. Point d'explosion spectaculaire, non, juste une lumière déclinante, rougeoyante, qui semble doucement s'éteindre. Heureusement, ce n'est pas pour demain; des éons et des éons nous séparent encore de l'inéluctable. Des civilisations entières ont le temps de prospérer et de mourir.
Comme, par exemple, celle qui a vu naître Rhialto, l'arrogant magicien qui s'attire l'antipathie de ses pairs. Victime d'une conspiration qui l'envoie dans l'un des éons les plus reculés de la Terre, il doit trouver le moyen de rentrer chez lui tout en se lavant des accusations qui pèsent sur lui.


L'avis d'Heclea :

Lorsque l’on s’immerge dans un tome de La Terre mourante, il faut accepter de se laisser porter, sans forcément tout connaître, sans forcément tout comprendre, sans forcément tout retenir. L’univers est si complet, si à part, les personnages et lieux tellement nombreux que l’on pourrait, par moments, se sentir perdu, comme parfois le semblent les héros. Et pourtant, si on lâche prise, pour juste se laisser embarquer, l’imagination de Jack Vance fait mouche, offrant une suite aussi agréable que les premiers livres.

Dans Cugel Saga, l’auteur cultive une nouvelle fois l’inattendu et la loufoquerie. Les situations sont toutes plus improbables les unes que les autres, et l’on se demande à chaque fois ce que notre personnage va encore pouvoir inventer. De ce côté-là aucun problème, l’imagination de Jack Vance paraît sans bornes tant les solutions, si burlesques soient-elles, collent parfaitement aux situations.

Avec Rhialto le Merveilleux, même si l’univers garde toute sa complexité et sa particularité, l’ambiance est pour le moins différente. Cela tient sans doute à notre héros, qui tout aussi retors que Cugel, n’attire pourtant pas la même sympathie. L’aventure semble plus courte, le voyage moins important, mais pourtant Jack Vance nous entraîne une nouvelle fois dans l’inconnu, dans ces mondes qui ne peuvent venir que de lui.

Au final, ce deuxième tome de l’intégrale est dans la lignée du premier, avec des intrigues inattendues, un univers plus que complet, et une ambiance à la magie bien particulière.

mardi 18 septembre 2012

Un type bien de Dean Koontz

Un type bien
de Dean Koontz

Éditions JC Lattès

Sortie le 18 avril 2012
Grand Format / 415 Pages / 20,90 € 


Présentation de l'éditeur :

Timothy Carrier a l’habitude, après le travail, de venir boire une bière dans la taverne de son ami ; il aime entraîner les clients excentriques dans des conversations amusantes. Mais ce soir, l’homme bizarre assis à côté de lui au comptoir prend Tim pour quelqu’un d’autre, et lui remet une grande enveloppe.
« Dix mille maintenant. Le reste quand elle sera éliminée. »
L’inconnu quitte le bar en laissant la photo d’une jolie femme qu’il faut tuer, avec son adresse. Quelques minutes plus tard, un autre inconnu s’assoit à côté de lui. Cette fois, il s’agit d’un tueur à gages qui prend Tim pour l’homme qui l’a embauché. Tim Carrier, banal citoyen, se retrouve alors au cœur d’une mystérieuse affaire ; il est le seul à pouvoir sauver la vie de cette jeune femme innocente et à arrêter le tueur. Pour cela, Tim devra trouver en lui l’altruisme, le courage, l’endurance, toutes ces qualités qui font de l’homme ordinaire un héros.

Dans chacun de ses romans, Dean Koontz entraîne le lecteur dans des mondes complexes et déroutants, où se mêlent le suspense et le merveilleux. Dans son dernier ouvrage, il retrouve son thème de prédilection : un homme lambda plongé dans une situation extraordinaire, qui va devoir combattre un adversaire redoutable…

Traduit de l’anglais par Dominique Defert

L'avis de Lila :

Timothy Carrier est un type bien, dans le vrai sens du terme. Gentil, travailleur et sans histoire, cet homme sympathique est pris malgré lui pour un tueur en série, puis pour le client du véritable tueur. Profitant du quiproquo, il tente très habilement de faire annuler le contrat et de prévenir la femme visée, Linda, mais les choses prennent rapidement un tour compliqué et il se retrouve totalement impliqué dans cette histoire. C'est alors que la course-poursuite commence, entre un tueur implacable, Kravet, soutenu par d'importants dispositifs, mais surtout complètement fou, et Timothy et Linda, qui vont tout mettre en œuvre pour comprendre les motivations de ce contrat, mais plus encore y survivre.

Ce roman est véritablement jubilatoire. Les personnages sont passionnants et attachants, leurs échanges souvent drôles et on suit leur course pour survivre avec un enthousiasme incroyable. La narration alterne entre les points de vue des différents personnages et participe beaucoup à l'envie de lire toujours une page de plus, jusqu'à la dernière : un vrai page-turner. Dean Koontz se démarque habilement des romans du genre. Si on retrouve l'éternel tueur psychopathe qui semble toujours avoir une longueur d'avance et qui empêche tout instant de répit aux héros, les personnages principaux ne manquent pas non plus de ressources, bien au contraire. Véritable jeu du chat et de la souris, on est sans cesse surpris par l'ingéniosité de Timothy pour échapper au tueur et parfois même, anticiper ces prochains mouvements pour mieux le distancer.

Un thriller bien écrit, dynamique et qui se lit d'une traite, et une histoire tout simplement passionnante, qui oscille sans cesse entre humour et noirceur pour mieux nous emporter dans un suspense parfaitement maîtrisé. Ce roman est un coup de cœur.


dimanche 16 septembre 2012

Boardwalk Empire : Naissance, gloire et décadence d'Atlantic City

Boardwalk Empire : Naissance, gloire et décadence d'Atlantic City
de Nelson Johnson

Éditions J'ai Lu

Sortie le 16 mai 2012
Format Poche / 409 Pages / 8 €


Présentation de l'éditeur :


A la veille de la Prohibition, Nucky Thompson, trésorier du parti républicain, qui dirige la ville d'Atlantic City, condamne définitivement la consommation d'alcool lors de la réunion d'une ligue féminine. Avec une foule de politiciens corrompus et de trafiquants à la petite semaine, il va pourtant engorger le
marché noir d'alcool, diriger d'une main de fer la ville aux mille excès et modeler ce qui deviendra la Mecque internationale du jeu et du divertissement.

L'avis de Lila :

Boardwalk Empire, c'est une série au succès incroyable qui croule sous les Emmy Awards et autres Golden Globes et qui est produite par Martin Scorsese, Mark Wahlberg ou encore Terence Winter. Autant dire : du lourd, du très lourd. Si la série fait les beaux jours de la chaîne américaine HBO, le roman dont elle est tirée connaît lui aussi un grand succès.

Témoignage d'une autre époque, le roman Boardwalk Empire est un reflet vibrant et fidèle de tout un pan de l'histoire américaine, avec en toile de fond la naissance d'Atlantic City. Du tas de sable hostile et tellement envahi de moustiques qu'il en était invivable à la ville décadente où alcool et argent coulent à flots, on découvre les destins de plusieurs personnages dont les rêves et les actions ont eu une incidence incroyable sur plusieurs générations d'hommes et de femmes.
Prohibition, prostitution, jeux d'argent, politique et tensions raciales sont autant de thèmes qui se mêlent dans ce roman. On voit les fortunes se faire et se défaire, la ville se développer dans une opulence rarement légale et on assiste à des scènes totalement surréalistes et pourtant véridiques. On sera ainsi surpris de voir à quel point les manœuvres et arrangements pas très légaux ni très moraux de certains politiques de l'époque ont permis à la ville de grandir, de créer de l’emploi, des richesses et d'améliorer de ce fait la vie de nombreuses personnes, et notamment celles des anciens esclaves.

On appréciera également les photos ajoutées par l'éditeur et qui permettent de mettre des visages sur des noms. On a droit à deux séries : la première présentant la ville et ses figures importantes, issue de nombreuses archives, la seconde montrant des acteurs de la série lors du tournage. C'est une excellente initiative.

Il faut cependant souligner qu'il s'agit plus d'un témoignage/documentaire que d'un roman à proprement parler. Chaque chapitre part d'une anecdote passionnante, racontée dans le style du roman, pour aboutir à une explication intéressante et détaillée du contexte social et économique et des enjeux qui se jouaient derrière. Ce roman est instructif et intéressant, mais son style documentaire et la quantité d'informations qui s'enchaînent pourront perdre certains lecteurs. Les autres se laisseront emporter avec enthousiasme et découvriront les dessous d'Atlantic City, telle qu'elle était à sa grande époque.


 

L'atout numérique de Eric Boustouller

L'atout numérique
de Eric Boustouller 

Éditions JC Lattès 
Collection Essais et documents

Sortie le 4 avril 2012
Grand format / 156 pages / 8 €


Présentation de l'éditeur :

L'irruption du numérique dans notre existence développe fantasmes et inquiétudes. Éric Boustouller, patron de la plus grande société internationale de logiciels, veut mettre à plat les idées fausses sur cette révolution et dévoile l'envers de la médaille.
- Le numérique ne va pas uniformiser nos comportements. Au contraire, le « sur-mesure » devient et deviendra accessible à tous, que ce soit dans le domaine de l'éducation, de la santé ou de la vie personnelle.
- Penser « grand », mondialisé, signifie la perte de contrôle de repères, d identité. Non, c'est la possibilité pour tous les talents, quels que soient l'âge ou l'origine, de se réaliser et d'être reconnus au-delà de nos frontières.
- Les écrans nous rendent passifs et abrutissent nos enfants. Non, le numérique booste la participation, l'autonomie, la décision et marque la fin des logiques « up down ».
- Le virtuel favorise le repli sur soi. Non, Internet réinvente le lien et la solidarité entre les personnes, les générations, les milieux sociaux...
- Internet fait s'emballer le temps. Non, le numérique ouvre une troisième voie ni slow, ni fast mais agile.
- L'homme va être dépassé et surveillé par les machines. Non, l'intelligence que le numérique injecte dans notre quotidien va nous rendre plus efficaces, plus libres, plus responsables.

Un ouvrage clair et vivant qui rassemble des données rigoureuses, des exemples vécus et livre une vision humaniste abordant les grands enjeux de société.

L'avis de Lila :

Le numérique nous entoure désormais et les statistiques sont claires : on compte plus de tablettes, téléphones, ordinateurs et autres netbooks que d'humains sur Terre. Autant dire qu'il est désormais impossible d'échapper au numérique. Ce petit livre écrit par le patron de Microsoft France se veut rassurant et très optimiste. Il reprend point par point les inquiétudes régulièrement entendues, comme le fait que les jeux vidéos seraient dangereux, qu'un enfant n'a rien à faire devant un ordinateur ou encore que les rencontres virtuelles sont fausses et mensongères, et il les démonte successivement avec beaucoup d'optimisme, de témoignages et de statistiques.

Rassurant et instructif, ce livre s'adresse essentiellement aux personnes qui voient l’ère numérique d'un mauvais œil ou qui en ont tout simplement peur. Internet et les réseaux sociaux sont effectivement la cible de nombreux fantasmes et on les accuse aisément de tous les maux du monde. Pourtant, on découvre ici qu'ils sont d'une grande utilité, qu'ils contribuent à faire évoluer la société dans son ensemble positivement et qu'on aurait tout intérêt à s'y intéresser.

Les personnes qui maîtrisent parfaitement tous ces outils et qui sont convaincues de l'intérêt du numérique et des nouvelles technologies n'apprendront pas grand chose ici, si ce n'est qu'ils seront confortés dans leur avis, statistiques et études officielles à l'appui. Les autres se verront rassurés et apprécieront sûrement de découvrir l'aspect humain derrière le numérique : les anecdotes touchantes et émouvantes ne manquent pas dans ce livre.

Facile d'accès et rapide à lire, ce livre bouscule quelques idées reçues et déborde d'un optimisme appréciable. On se sentirait presque l'âme d'un Bill Gates ou d'un Mark Zuckerberg après sa lecture, prêt à monter son projet numérique, peu importe lequel, pour contribuer à façonner ce nouveau monde qui semble offrir tant de possibilités.


A little secret, Tome 2 : Rien à cacher ? d'Ann Evans

A little secret,
Tome 2 : Rien à cacher ?
d'Ann Evans

Éditions Harlequin
Collection Prelud'

Sortie le 1er septembre 2012
Poche / 288 pages / Prix 5,90 €


Présentation de l'éditeur :

Non, Riley n’a pas « menti ». Non, elle n’a pas délibérément omis de préciser à Quint Avenaco, son futur employeur, qu’elle est une femme. Elle a juste (un peu) joué sur l’ambiguïté de son prénom en envoyant sa candidature. Mais après tout, est-ce sa faute si son père — qui voulait un garçon – lui a donné un prénom mixte, si ? Et puis, elle a désespérément besoin de ce job : pourquoi aurait-elle pris le risque de voir une opportunité lui échapper au seul motif qu’elle est une femme ?... N’empêche, elle a beau faire la fière, elle n’en mène pas large. Comment Avenico va-t-il réagir quand il découvrira que son nouveau contremaître porte des jupes et, cerise sur le gâteau, a deux petites filles ?



Avis de Jm-les-livres :

Riley Palmer, jeune femme de 30 ans, mère de jumelles de 8 ans, vit chez sa sœur depuis son divorce un an plus tôt. À la recherche d’un emploi comme manager de ranch et sur les conseils d’un ami, elle décide d’envoyer son CV à Quinton Avenaco, nouveau propriétaire d’un ranch au Texas. Impressionné par ce CV, Quinton propose à Riley de venir pour qu’ils trouvent un accord et voir s’ils s’entendent assez bien pour travailler ensemble.

Quinton s’attend donc à voir débarquer un rancher expérimenté qui pourra l’aider pour lancer son affaire d’élevage de chevaux pour la police montée. Quelle surprise quand après son retour d’un court voyage pour acheter un cheval, il se rend compte que Riley n’est pas un homme mais une femme, séduisante en plus et mère de deux enfants. Tout de suite, il décide de la renvoyer d’où elle vient et de déposer une annonce. Mais Riley est déterminée à s’en sortir et lui propose de lui montrer ce qu’elle sait faire jusqu’à ce qu’il trouve un remplaçant. Malgré lui, Quinton lui offre de rester jusqu’à la fin du mois, le temps qu’elle trouve autre chose. Et Riley est bien décidée à lui prouver qu’elle est la femme qu’il lui faut… pour ce job.

Riley est une femme courageuse, déçue après un mariage difficile avec le père des ses filles. Mais elle a décidé de reprendre sa vie en mains et se sent tout à fait capable de gérer le ranch de Quinton. Résister à son charme et à sa virile apparence sera peut-être un peu plus difficile. Quinton de son côté est un homme meurtri par son passé. Sa femme et son fils sont morts il y a plus de 10 ans et depuis ce jour, Quinton a tout fait pour rester à l’écart des autres et ne pas trop s’attacher. Jusqu’à ce qu’une Barbie cow-girl débarque dans sa vie et lui fasse ressentir des sentiments qu’il croyait ne plus jamais éprouver.

Ce deuxième tome de la série A little secret peut se lire sans avoir lu le premier, même si on retrouve Ethan et Cassie, les héros de Le secret d'une passion. L’auteur nous offre ici deux personnages blessés par la vie et qui ont tenté tant bien que mal de continuer à vivre après les épreuves qu’ils ont connues. Mais si Riley a choisi de se battre pour offrir à ses filles un foyer, quitte à s’imposer chez le rancher, Quinton, qui a tout perdu, s’est contenté de continuer à vivre en travaillant durement sans vraiment profiter de la vie. Ces deux êtres se trouvent et se tournent autour de façon involontaire, au début, jusqu’à ce qu’ils comprennent que ce qui les pousse l’un vers l’autre ressemble bien à du désir et peut-être aussi à de l’affection. Peut-être le signe qu’ils sont enfin prêts à goûter de nouveau au bonheur. Nous avons ici une histoire sympathique, qui le temps d’un après-midi, nous permet de nous évader avec Riley et Quinton au ranch d’Echo Springs. On sourit en voyant l'énergie dépensée par Riley pour gérer le ranch, ses filles et ses sentiments pour Quinton. Les femmes super-héros ça existe ! Et face à elles, les hommes comme Quinton (virils, sûr d'eux et de leur grande force à gérer les catastrophes et petits détails de la vie) se demandent comment il se fait que des petits bouts de femme occupent constamment leur esprit. Ça messieurs, c'est l'un de leurs nombreux pouvoirs !

mardi 11 septembre 2012

Alpha & Omega Tome 2 : Terrain de Chasse de Patricia Briggs

Alpha & Omega
Tome 2 : Terrain de Chasse
de Patricia Briggs

Éditions Milady

Sortie le 20 mai 2011
Poche / 352 pages / 7,10 €


Présentation de l'éditeur :

Anna et Charles assistent à un conseil sur la proposition controversée de Bran : révéler l’existence des loups-garous.
Mais l’Alpha le plus redouté d’Europe, la Bête du Gévaudan, est contre ce projet… et il n’est pas le seul.
Les vampires, eux non plus, ne considèrent pas ce coming out d’un très bon oeil. Et lorsqu’ils attaquent Anna, Charles entre dans une rage folle. Anna et lui doivent alors découvrir au plus vite qui se cache derrière tout ça… avant de perdre tous ceux qu’ils aiment.

Avis d'Elaura :

Second tome de la série Alpha et Oméga de Patricia Briggs, Terrain de chasse est un roman agréable certes, mais qui est loin d'égaler le premier opus.
Première déception, l'absence de Bran Cormick (mis à part dans le premier et le dernier chapitre). Nous avions fait plus ample connaissance avec ce personnage fort passionnant dans Le cri du loup. Un véritable coup de cœur, car la vie mais également le charisme du Marrok font de ce protagoniste un élément fort de l'intrigue. Hors ici, son absence se fait cruellement sentir.

Alors oui, pour le coup, le récit se concentre sur le couple Charles et Anna et il est très intéressant de voir évoluer leur relation. La transformation progressive d'Anna, de louve craintive en combattante est très bien amenée, mais l'ensemble manque quand même d'un brin de piment.

L'intrigue autour de la réunion pour la divulgation au public de l'existence des loup-garous ne commence à retenir notre attention que très tardivement, c'est-à-dire quand les choses se corsent sévèrement pour notre couple et que les morts jonchent le sol. Avant, il ne se passe pas grand chose, si ce n'est un jeu de dominance un peu ennuyeux entre les différents loups.

Heureusement, la seconde moitié du livre devient trépidante et l'on retrouve enfin le mojo de l'auteur. Mais ne boudons pas notre plaisir, dans l'ensemble, nous passons un bon moment de lecture et Charles et Anna sont des héros très attachants.

Le troisième tome, Jeu de piste, est prévu pour fin septembre, espérons qu'il laissera plus de place au Marrok et qu'il soit à la hauteur de notre impatience.


lundi 10 septembre 2012

Sous le signe du Scorpion


Sous le signe du Scorpion
de Maggie Stiefvater

Éditions Hachette Jeunesse
Collection Black Moon

Sortie en France le 13 juin 2012
Format broché / 480 pages / 18 €


Présentation de l'éditeur


« Certains concourent pour gagner, d’autres pour survivre. » Chaque année au mois de novembre se déroulent les courses du Scorpion. Les cavaliers doivent tenir le plus longtemps possible sur leurs dangereuses montures, des chevaux de mer cannibales. Assez longtemps pour avoir une chance d’atteindre la ligne d’arrivée… et survivre. Sean Kendrick, 19 ans, tente de nouveau sa chance cette année, bien décidé à arriver le premier. Puck Connolly, quant à elle, n’aurait jamais imaginé participer un jour à la course. Mais le sort en a décidé autrement, et elle se retrouve malgré elle propulsée dans la course, à laquelle aucune autre femme n’avait encore participé. L’enjeu est grand pour ces deux adversaires que tout oppose sauf leur désir commun de remporter le plus grand des prix : la vie. 



Avis de Biscotte


Sous le signe du scorpion raconte l'histoire de Puck, Sean et une course de chevaux. Puck est une jeune cavalière, elle a deux frères et vit avec eux dans la maison de ses parents. L'un de ses frères souhaite partir sur le continent, elle décide donc de participer à la coursedu scorpion pour qu'il reste plus longtemps. De son côté, Sean est déjà 4 fois champion de cette fameuse course. Le gros problème pour Puck sera de se faire intégrer parmi les participants qui ne veulent pas de femmes. Sean va, quand à lui, aider Puck sans trop savoir pourquoi. Lors de la course du scorpion, chaque participant court avec un cheval de mer (non non pas les hippocampes), ce sont des créatures marines qui, une fois sur terre, ont une apparence de cheval. Le souci c'est que ces chevaux de mer sont carnivores et agressifs. Ils ont tendance à s'attaquer aux humains et aux animaux.

Si l'histoire est intéressante et assez prenante c'est malheureusement difficile de vraiment rentrer dedans. La narration au présent rend certains dialogues un peu compliqués à comprendre. Des expressions qui auraient eu une meilleure place dans un roman historique, des mots trop compliqués pour de la jeunesse... Du coup en comparant avec la version originale (VO) on s'aperçoit que la traductrice a modifié le texte. Même sans avoir de traducteur sous la main on sent que certaines tournures de phrases sonnent bizarrement, des mots sont carrément ajoutés car capall, capaill et capall uisce n'apparaissent pas dans le texte VO. Le style trop ampoulé de la traductrice gâche la fluidité de lecture. Certaines expressions utilisées sont trop vieilles pour apparaître dans un roman jeunesse. De plus la ponctuation des dialogues n'est pas toujours très bien utilisée. 

Quel dommage de passer à côté d'une belle histoire tout ça à cause d'un traducteur trop zélé. L'histoire est prenante car on veut vraiment connaître l'issue de la course. Les personnages sont attachants et ont du caractère. Par contre, si vous en avez la possibilité, préférez la version originale.

vendredi 7 septembre 2012

Rencontres à Fool's Gold, Tome 2 : Secrets et malentendus de Susan Mallery

Rencontres à Fool's Gold, Tome 2
Secrets et malentendus
de Susan Mallery

Éditions : Harlequin
Collection : Prélud'

Sortie le 1er juillet 2012
Poche / 320 pages / Prix 5,90 €


Présentation de l'éditeur :

Liz a pris sa revanche. Fool’s Gold la rejetait ? Elle est allée faire sa vie ailleurs, là où personne ne pouvait lui reprocher sa mère alcoolique ou sa pauvreté. Et elle a réussi. Mais il lui reste un goût amer des années passées dans sa ville natale, où aucune réconciliation n’a jamais été possible — ni avec sa mère, ni avec Ethan dont elle portait pourtant l’enfant. Le jour où elle est obligée d’y retourner, pas question pour elle de s’y attarder : elle compte juste y faire un stop, prendre ses deux petites nièces sous le bras, et repartir aussi vite pour San Francisco. C’est un tout autre scénario qui va se dérouler. Et ce scénario-là réserve à Liz des révélations qui vont bouleverser sa vie…

L'avis de Lila :

Après Charity et Josh, l'auteur nous raconte l'histoire d'amour entre Ethan et Liz. Ce second volet peut se lire indépendamment du premier, ce qui est appréciable. C'est donc une toute nouvelle histoire qui nous est présentée, même si le cadre et les personnages secondaires restent inchangés. On peut par ailleurs se demander si l'auteur n'a pas une liste d'ingrédients à placer dans chacun des tomes, tant on retrouve de thèmes et de situations identiques dans ces deux premiers opus. Ainsi, on a à nouveau une célébrité au grand cœur qui, évidemment, est toujours absolument adorable avec ses fans, on retrouve également les thèmes de l'enfant abandonné, de la grossesse non désirée, de l'enfance traumatisée par une mère horrible, jusque dans les rapports sexuels entre les héros, dont le schéma se répète quasiment à l'identique dans leur déroulement. Lorsque l'on enchaîne les deux histoires, ces détails sautent littéralement aux yeux et peuvent gâcher l’enthousiasme. Il est donc plus intéressant de lire quelques romans avant d'entamer ce second volet.

Liz est un personnage un peu spécial. C'est une auteur à succès, gentille et belle à tomber, qui retourne à Fool's Gold pour s'occuper de ses nièces, fraîchement abandonnées par une vilaine belle-mère. Liz leur offre quelques bricoles à la mode et tout ce petit monde sympathise aussi sec. On est parfois un peu surpris du comportement des enfants dans ce roman. Le fils de Liz et une de ses nièces ont tous deux onze ans, l'auteur a donc choisi de les faire parler en avalant la moitié des mots ("J'sais", "j'me disais", "s'te plaît", etc.), pourquoi pas, sauf qu'en plus, elle les a dotés de la maturité d'enfants de 7 ans, ce qui peut les rendre un tantinet agaçants, surtout Tyler, dont les réactions sont plus souvent pénibles que touchantes, surtout lorsqu'il devient d'une lourdeur terrible parce que ses parents "ne sont pas mariés" (c'est pas comme si on était en 2012). Liz s'est occupée seule de son fils Tyler, sans jamais révéler à Ethan, son grand amour de jeunesse, qu'elle avait eu un enfant de lui. C'est là que ça devient compliqué côté psychologie. Liz nous est présentée comme une battante, une femme forte, gentille, douce et tout ce qui va avec, sauf que tout de même, elle a eu un enfant de Ethan, un saint au corps de rêve, sans jamais lui dire. Elle a fait deux petites tentatives sans trop insister, privant de ce fait le fils d'un père et le père d'un fils pendant onze ans. Ce qui est très moche, on en convient. L'auteur elle-même ne semble pas savoir si elle doit défendre Liz ou reconnaître que c'est horrible. Les personnages secondaires sont tout aussi troublés, certains lui trouvent des excuses, d'autres l'insultent tout simplement, certains alternent entre ces deux tendances. C'est spécial comme ambiance et on ne sait pas vraiment quoi en penser. Liz apparaît donc comme une fille orgueilleuse et égoïste, ce qui casse un peu son côté gentille héroïne au grand cœur.

Mais Ethan ne lui en tiendra pas rigueur longtemps, à la minute où il la revoit, il ne songe plus qu'à la couvrir d'amour et d'eau fraîche. Il va se fâcher un peu en apprenant que Liz lui a caché l'existence de son fils, mais elle est si belle et elle lui a tant manqué qu'il s'en remettra bien. On ne sait finalement pas trop quoi penser de Liz, qui passe son temps à ressasser le passé et son orgueil blessé, mais Ethan quant à lui est un homme charmant. Beau, intelligent, sportif et avec une bonne situation, il a tout pour plaire et on apprécie les passages qui lui sont dédiés. Comme entre Charity et Josh, l'histoire entre Liz et Ethan avance à coups de malentendus et d'incompréhensions, l'essentiel de leurs discussions/disputes ayant pour unique but de savoir "qui a tort". Ça lasse sur la longueur, mais leur histoire d'amour n'en est pas moins agréable à suivre.

Les habitants de Fool's Gold sont toujours aussi chaleureux (et envahissants) et on adhère ou pas, là encore, à l'absence totale de vie privée pour nos protagonistes. On assiste une fois de plus à des scènes un peu dérangeantes, comme lorsque des inconnus horribles interceptent Liz en pleine rue pour lui donner des leçons de vie, ou lorsque des gens bien intentionnés discutent gaiement et tranquillement, sur scène, au micro et face à une salle comble de l'enfance malheureuse de Liz ("vous vous souvenez quand la petite Liz était battue par sa mère prostituée ?"). C'est quand même très étrange comme attitude, l'auteur va sûrement trop loin en voulant faire des habitants de Fool's Gold une petite communauté où tout se sait et où chacun se mèle des affaires des autres.

Malgré ses défauts, qui n'en seront peut-être pas pour certains, la saga Rencontres à Fool's Gold reste agréable à lire et permet de s'évader quelques heures avec des personnages sympathiques.


mercredi 5 septembre 2012

L'atout numérique de Eric Boustouller


L'atout numérique
de Eric Boustouller 

Éditions JC Lattès 
Collection Essais et documents

Sortie le 4 avril 2012
Grand format / 156 pages / 8 €


Présentation de l'éditeur :

L'irruption du numérique dans notre existence développe fantasmes et inquiétudes. Éric Boustouller, patron de la plus grande société internationale de logiciels, veut mettre à plat les idées fausses sur cette révolution et dévoile l'envers de la médaille.
- Le numérique ne va pas uniformiser nos comportements. Au contraire, le « sur-mesure » devient et deviendra accessible à tous, que ce soit dans le domaine de l'éducation, de la santé ou de la vie personnelle.
- Penser « grand », mondialisé, signifie la perte de contrôle de repères, d identité. Non, c'est la possibilité pour tous les talents, quels que soient l'âge ou l'origine, de se réaliser et d'être reconnus au-delà de nos frontières.
- Les écrans nous rendent passifs et abrutissent nos enfants. Non, le numérique booste la participation, l'autonomie, la décision et marque la fin des logiques « up down ».
- Le virtuel favorise le repli sur soi. Non, Internet réinvente le lien et la solidarité entre les personnes, les générations, les milieux sociaux...
- Internet fait s'emballer le temps. Non, le numérique ouvre une troisième voie ni slow, ni fast mais agile.
- L'homme va être dépassé et surveillé par les machines. Non, l'intelligence que le numérique injecte dans notre quotidien va nous rendre plus efficaces, plus libres, plus responsables.

Un ouvrage clair et vivant qui rassemble des données rigoureuses, des exemples vécus et livre une vision humaniste abordant les grands enjeux de société.


Avis de Scende


Acteur de l’ère du numérique, le patron de Microsoft France, Eric Boustouller, nous propose ici une étude complète et variée de l’action du numérique sur nos vies. Il nous livre son point de vue et n’hésite pas à démontrer – en utilisant la première personne du singulier – par A+B en quoi ses théories sont bonnes.

S'il marche dans les pas d’autres auteurs, ici M. Boustouller montre à quel point le numérique sera un moteur de changement dans notre façon de penser aussi bien que dans notre manière de vivre. Et ce, à l’échelle humaine, certes, mais également mondiale. Atout majeur du développement, il démontre à quel point cette technologie en plein essor est un sésame pour les économies.

Toutefois, loin de ne parler que de la crise, des grandes entreprises ou de la place de l’Europe dans toute cette histoire, l’auteur aborde avec humour et un esprit quelque peu humaniste les grands aspects de la vie contemporaine.

Ce livre ravira les économistes en herbe, les amoureux de Microsoft, mais il s’avère tout de même un peu difficile de se plonger dans sa lecture comme on plongerait dans un bon roman, le style ne s’y prêtant guère…

Le trône de fer - tome 13 : Le bûcher d'un roi

Le Trône de Fer
Tome 13 - Le bûcher d'un roi
de George R.R. Martin

Editions Pygmalion
Collection Fantasy

Sortie le 14 mars 2012
477 pages - 18,90 €



Présentation de l'éditeur

Le destin des Sept Royaumes est sur le point de basculer. A l’Est, Daenerys, dernière descendante de la Maison Targaryen, secondée par ses terrifiants dragons arrivés à maturité, règne sur une cité de mort et de poussière, entourée d’ennemis. Mais alors que certains voudraient la voir passer de vie à trépas, d’autres entendent rallier sa cause, tel Tyrion Lannister, le Lutin, dont la tête vaut de l’or depuis qu’il s’est rendu coupable du meurtre de son père, Tywin. Au Nord, où se dresse l’immense Mur de glace et de pierre qui garde la frontière septentrionale des Royaumes, Jon Snow, le bâtard de feu Eddard Stark, a été élu 998e Commandant en chef de la Garde de Nuit, mais ses adversaires se dissimulent des deux côtés du Mur, y compris parmi les troupes de Stannis Baratheon qui ont élu domicile dans ces contrées glacées.


Avis de Scende

Ce dernier opus paru raconte les évènements du Nord et de l’Est en parallèle des péripéties du Sud, que nous avions suivies dans les précédents tomes de la série.
Le bûcher d’un roi se focalise principalement sur la captivité du Roi-d’au-délà-le-mur, l’exode de Tyrim, les plans de Stannis mais aussi sur la régence de la reine des dragons sur les cités d’esclavagistes libérées. De nombreuses aventures se profilent encore dans cet opus, et c’est avec un indéniable plaisir que nous suivons nos héros à travers l’univers de George RR Martin.

Dans la pure continuité des tomes précédents, l’auteur nous montre un aspect toujours différent, et chaque chapitre nous conte l’histoire et le point de vue d’un personnage.

Le style reste identique, et encore une fois, Georges RR Martin nous offre un ouvrage simple à la lecture dans lequel l’intrigue finement développée ne parvient jamais à échapper au lecteur. La psychologie des personnages est toujours aussi bien travaillée, aucun d'entre eux ne se ressemble pour nous offrir des traits de caractères plus vrais que nature, faisant ressentir de manières différentes les évènements, en fonction des yeux par lesquels nous regardons la scène.

Mêlant heroic-fantasy et polar moyenâgeux, Le bûcher d’un roi est la digne suite d’une saga en pleine acquisition de reconnaissance du grand public, et ce n’est pas sans raison !
Westeros est en plein bouleversement, et si l’on se plait à suivre le jeu des trônes, on adorera plus encore aimer ou haïr ses acteurs si vivants, qui nous font ressentir, à travers les mots de l’auteur, le froid du Mur et la chaleur du souffle des Dragons.

Et comme d’habitude, nous espérons vivement une suite à la hauteur de ces tomes précédents !

Une conspiration de papier

Une conspiration de papier
de David Liss

Editions Le Masque
Collection Labirynthes

Sortie le 4 avril 2012
Format poche / 715 pages / 8,90€


Présentation de l'éditeur

Qui a tué Balfour père ? À Londres, au début du XVIIIe siècle, c'est à Benjamin Weaver, fils d'immigré juif, qu'on s'adresse pour répondre à ce genre de questions. Moitié détective, moitié redresseur de torts, cet ancien pugiliste vit de sa force et de son intelligence en vendant ses services à qui a les moyens de les payer. Il sait comment faire parler les gens, mais cette fois, l'affaire est plus corsée qu'il n'y paraît : en acceptant, Weaver est loin de se douter que cette enquête va bouleverser sa vie. Lui qui pour fuir son père a quitté les siens depuis longtemps va être ramené en plein cœur du ghetto juif, et propulsé au beau milieu de sa famille par l'affaire Balfour. Car tout laisse à penser que son propre père a lui aussi été assassiné, pour avoir, comme Balfour, mis le doigt sur une gigantesque machination financière. C'est à présent au tour de Weaver de mettre son grain de sel dans l'engrenage, et il n'est pas au bout de ses surprises.


Avis de Chani
Présenté au départ comme étant les mémoires de Benjamin Weaver, Une conspiration de papier est en fait un rapport d’enquête sur le meurtre de Balfour père à la demande du fils. Il apparaît que cet assassinat trouve un écho dans la mort apparemment accidentelle du propre père de Benjamin, peu de temps auparavant. C’est dans la bonne société, au royaume de l’argent sans foi ni loi, que le jeune homme doit se rendre s’il veut découvrir la vérité…

Au fil du récit et de l’enquête, le lecteur parcourt ce Londres du début du XVIIIème siècle, crasseux, dangereux et parfois glauque au travers de descriptions réalistes qui l’immergent complètement dans cette ambiance. Outre la ville, ce sont surtout les arcanes de la bourse qui sont au cœur du roman. Spéculation, délit d’initié et malversations sont au programme, c’est assez amusant de constater que près de 300 ans plus tard les enjeux financiers seront toujours au cœur de la société, avec des problématiques similaires. De même, la méfiance et le mépris envers les juifs (et plus généralement la part jugée « indigne » de la société) dont il est largement question résonnent curieusement à nos oreilles au regard des inégalités de plus en plus marquées dans notre époque contemporaine.
L’enquête est bien menée, même si à un moment donné j’ai viré parano et eu peur que tout le monde soit impliqué tellement David Liss s’applique à épaissir le mystère pour mieux le dénouer après. Le ton est agréable, moderne et non dénué d’humour, si bien que les 700 pages passent à toute allure.
Divertissant et intelligent, je ne me suis pas ennuyée un instant dans ce livre, et Une conspiration de papier m’a donné envie de découvrir les autres œuvres de l’auteur.

mardi 4 septembre 2012

Rencontres à Fool’s gold, Tome 1 : Nouveau départ pour Charity Jones de Susan Mallery

Rencontres à Fool’s gold 
Tome 1 : Nouveau départ pour Charity Jones 
 de Susan Mallery 

Éditions Harlequin
Collection : Prélud' 

Sortie le 1er juin 2012
Poche / 5,90€

Présentation de l'éditeur :

Un défi à relever, un nouveau départ… c’est exactement ce qu’il faut à Charity Jones. Et la mission que lui propose la ville de Fool’s Gold ne manque pas de piquant: lutter contre la pénurie de mâles dont souffre la ville, rendre le sourire à la population féminine… Juste une seconde d’hésitation, et Charity se retrouve aux commandes du projet. Ou presque. Car, face à elle, prêt à lui voler la vedette, il y a Josh Golden. Un nom qui court sur toutes les lèvres, un physique de rêve et une réputation de feu allié au sens aigu des affaires. Bref, une montagne d’ennuis pour Charity, qui s’est fait un serment en commençant une nouvelle vie à Fool’s Gold: ne plus jamais, jamais succomber aux hommes comme Josh. Ces hommes qui ont fait de la vie de sa mère un enfer, et de la sienne une espèce de scénario sentimental catastrophe…

L'avis de Lila :

Fool's Gold est une charmante ville américaine où les habitants sont chaleureux et où il fait bon vivre. C'est là que Charity emménage après avoir accepté un nouveau poste à la mairie. Pour elle qui vient de vivre une séparation difficile et qui souhaite changer de vie, c'est une opportunité en or.
Charity est une jeune femme moderne et sympathique, qui tente d'exorciser un passé difficile. Elle a vécu avec une mère peu maternelle et qui l'a tenue isolée de toute vie familiale, les obligeant à déménager sans cesse au gré de ses histoires d'amour. L'auteur insiste donc jusqu'à l'indigestion sur ce point : Charity ne veut pas reproduire les agissements de sa mère, c'est-à-dire qu'elle fuit tous les garçons beaux, intelligents et gentils, parce qu'elle a peur de se faire avoir. Hum. On voit où voulait en venir l'auteur, mais lorsque Charity se convainc pour la millième fois de ne pas tomber amoureuse de Josh parce qu'il est "beau et gentil", on reste un peu étonné et pas vraiment convaincu que le bonheur se trouve avec un garçon "moche et méchant". Charity n'y croit pas vraiment non plus d'ailleurs, et elle cédera bien vite aux avances du beau gosse superstar.

L'histoire d'amour est plutôt agréable à suivre et Josh est un homme craquant et adorable. L'auteur insiste beaucoup sur sa célébrité et la présente vraiment sous un jour très positif, à tel point qu'on finit par se demander si elle-même n'est pas fascinée par la gloire. Josh est riche et célèbre, mais il possède un coeur gros comme ça et quand il n'est pas occupé à surmonter les traumatismes de son enfance, il met tout en œuvre pour aider son prochain. L'homme parfait donc. L'histoire entre Josh et Charity avance beaucoup à coups de malentendus et de non-dits, avec Charity qui passe son temps à interpréter ce que dit Josh tout autant que ce qu'il ne dit pas, et se trompant évidemment à chaque fois sur toute la ligne. Ça finit par lasser un peu, surtout quand il est totalement évident que Charity interprète tout de travers pour créer quelques vagues dans leur bonheur qui serait parfait sans ça, mais ça n'empêche pas de prendre plaisir à les suivre.

Fool's Gold offre toute une galerie de personnages hauts en couleurs, souvent stéréotypés et typiques de toutes ces séries américaines, mais on appréciera tout de même le soin que l'auteur leur a apporté. Chaleureux et accueillants, ils séduiront à coup sûr tous ceux qui pensent que le bonheur se trouve dans les petites villes où tout le monde se connaît depuis toujours. On peut aussi se sentir vaguement mal à l'aise de voir la vie intime de chacun considérée comme faisant partie du domaine publique et exposée sans la moindre pudeur, ni respect. Ainsi, quand Charity va chez une coiffeuse pour la première fois, celle-ci se fait un devoir de décortiquer par le menu la vie privée (et sexuelle) de la jeune femme avec les autres clientes du salon, toutes des inconnues. L'héroïne est vaguement gênée, mais ne dit rien et répond à leurs questions, même les plus déplacées, ça lui semble normal. On adhère ou pas, donc, à ce concept de "tout le monde sait tout sur tout le monde et en parle ouvertement".

Pour résumer, un roman sympathique qui offre une lecture légère et agréable. Un bon moment en somme, malgré quelques défauts qui peuvent alourdir l'ensemble. Une histoire convenue et prévisible, mais qui n'en demeure pas moins plaisante.