Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

mardi 31 juillet 2012

Les Vampires de Chicago, Tome 5 : Morsures en eaux troubles de Chloe Neill



Les Vampires de Chicago
Tome 5 : Morsures en eaux troubles

de Chloe Neill

Éditions Milady

Sortie le 13 juillet 2012
Format poche / 480 pages / 8,20 €


Présentation de l'éditeur :

Avec la multiplication des manifestations contre les vampires et la ville qui menace d’adopter une loi sur le fichage des surnaturels, les temps n’ont jamais été aussi durs pour les créatures à crocs. Mais lorsqu’un sort fait virer au noir absolu le lac Michigan, la situation risque de dégénérer totalement. Merit doit mener l’enquête pour découvrir l’identité du responsable et l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard, pour les vampires comme pour les humains.


Avis de Cassiopée :

Attention, chronique contenant des spoliers !

On retrouve Merit qui essaie de refaire surface après la mort d'Ethan. Et pour se remettre d'aplomb, rien de tel qu'une apocalypse ! Aidée de son nouveau partenaire, Jonah, Merit va essayer de résoudre tant bien que mal l'origine des problèmes qui surgissent à Chicago.

Dans ce tome, on a un bel aperçu de la communauté surnaturelle. Merit va se frotter aux nymphes, aux sirènes, à l'Ordre et va même jusqu'à rencontrer la reine des fées.

Je me demandais comment Merit allait surmonter la mort de son maître et amant, mais le roman est bien structuré et, bien que déchirée par cette perte, notre sentinelle ne tombe pas dans l’apitoiement et l'action reste au rendez-vous.

Le final est explosif et pleins de rebondissements. Je ne peux que vous le recommander !


lundi 30 juillet 2012

Furor

Furor
de Fabien Clavel


Éditions J'ai Lu
Collection Nouveaux Millénaires

Sortie le 7 mars 2012
284 pages / 16€50


Présentation de l'éditeur :

Rien n'a jamais préparé les soldats d'Auguste à l'enfer de la Germanie : la pluie, le froid, la boue, les maladies, la hargne des Chérusques dont les attaques éclair déciment les troupes. La forêt de Teutoburg a déjà avalé trois légions et elle n'est toujours pas repue. Mais, pour cette poignée de Romains en déroute réunis par les circonstances, un espoir demeure : peut-être pourront-ils se cacher dans cette étrange pyramide, noire comme l'obsidienne, dressée au milieu du bourbier. Est-ce là le séjour d'un dieu ? Ces gens pacifiques et monstrueux qui hantent son abord sont-ils ses disciples ? Quel est cet étrange signe hélicoïdal répété à l'envi sur chacune de ses parois ?


L'avis d'Heclea :

Fantasy atypique, Furor est un de ces romans dérangeants, violents, parfois trashs, mais qui pourtant font réfléchir. Fabien Clavel y présente un univers au goût très prononcé de Rome Antique, où l’on sent les recherches, les inspirations, mais également un imaginaire très personnel. Le tout forme un roman que l’on a du mal à classer dans une unique case tellement les impressions sont nombreuses au cours de sa lecture.

Les références, les manières d’être, de parler, tout est fait pour nous transporter dans un autre temps où les mœurs étaient empreintes de violence, de sexe et de combats. Les images viennent d’elles-mêmes et, si l’on ne comprend pas forcément tous les termes, l’idée est pourtant là, bien nette et précise. Il faut reconnaître à l’auteur une écriture très visuelle, grâce à laquelle le lecteur vivra au milieu des légionnaires dès les premières pages de l’intrigue.

Le style est très particulier, alternant une narration plutôt classique aux pensées des personnages principaux, pensées livrées telles quelles, sans ponctuation, sans séparation, comme si l’on se trouvait en contact direct avec leur cerveau. Le résultat est plutôt surprenant et déstabilisant au départ, et il faut un certain temps pour s’habituer et retrouver une lecture fluide.

Si l’intrigue paraît très simple au début, les choses finissent par se complexifier, entraînant les protagonistes et le lecteur dans un univers totalement différent et très inattendu (même si les indices sont là). C’est d’ailleurs ce qui reste en mémoire à la fermeture du livre, cette surprise, ce chemin emprunté par l’auteur pour passer son message, pour surprendre et peut-être choquer le lecteur.

Au final, Fabien Clavel nous offre ici un roman à ne pas mettre entre toutes les mains. Tout est livré de manière brute, que ce soit la mort, la décadence ou le sexe. La violence est partout, et il est certain qu’il vaut mieux être prévenu avant d’entamer l’aventure. Malgré tout, si l’on arrive à se laisser embarquer et surprendre, il faut avouer que le résultat très inattendu est réussi… dans son genre.

Cornes


Cornes
de Joe Hill


Éditions JCLattès

Sortie le 21 septembre 2011
Format Broché / 416 pages / 22,30€


Présentation de l'éditeur : 
Ignatius Martin Perrish passa la nuit ivre, à faire des choses terribles. Il se réveilla le lendemain matin avec une terrible gueule de bois et… une paire de cornes qui lui sortait des tempes.


Au début, Ig croit que les cornes sont une hallucination, celle d’un esprit malade, rongé par la colère et le chagrin. Cela fait un an que Merrin Williams, sa bien-aimée, a été violée et tuée dans des circonstances inexplicables. Depuis, reclus dans sa solitude, il vit un enfer, et il a plus de raisons qu’il n’en faut pour sombrer dans la dépression. Pourtant les cornes sont on ne peut plus réelles.
Jadis, Ig le vertueux faisait partie des privilégiés : né dans une famille riche, second fils d’un musicien renommé et frère cadet d’une star montante de la télé, il avait la sécurité, l’aisance, une place reconnue au sein de sa communauté. Ig avait tout pour être heureux, plus encore il avait Merrin et un amour réciproque, auréolé de magie, fondé sur les mêmes rêves. Mais la mort de Merrin a tout détruit. Seul véritable suspect, Ig n’a pourtant jamais été accusé ni jugé. Et donc jamais innocenté. Pour le tribunal que constitue l’opinion publique de Gideon, sa ville natale du New Hampshire, Ig aura beau dire ou faire, il est et restera toujours coupable, car ses parents riches et influents ont exercé des pressions pour faire boucler l’enquête. Il est abandonné de tous, Dieu y compris. De tous, sauf de son démon intérieur… Et voilà qu’Ig se retrouve soudain doué d’un nouveau pouvoir, assorti à son nouvel aspect et tout aussi terrible, un macabre talent qu’il compte bien utiliser pour retrouver le monstre qui a tué Merrin et détruit sa vie. Être bon, prier… tout ça ne l’a mené nulle part. Il est temps de prendre sa revanche… Il est temps de donner sa part au diable…


Avis de Biscotte


Attention, ceci est un livre que l'on dévore. On se lance dans les premières lignes et sans s'en rendre compte on est absorbé par l'histoire et cela devient impossible de reposer cet ouvrage. Un roman frisson des plus captivants.

Ig est un homme de 27 ans qui a perdu sa petite amie il y a de ça un an. Il rentre complètement ivre chez sa nouvelle petite amie. Lorsqu'il se réveille il se découvre des cornes sur la tête. Il va d'abord penser qu'il a fait quelque chose de mal et que Dieu lui en veut. Puis qu'il est mourant. Vous l'aurez compris, il passe par toutes les réactions possibles et imaginables, mais d'un réalisme terrifiant. On pourrait très bien se dire "tiens, moi j'aurais peut-être pensé à ça en premier".

Tout le roman tourne autour de la psychologie des personnages : leur jeunesse, leurs réactions, leurs envies et surtout leur côté sombre. C'est ce qui rend ce livre si prenant, on s'attache à Ig, la seule personne qui parait sensée et qui a à peu près les pieds sur terre. Si au début l'histoire est très manichéenne, la frontière entre le bien et le mal est de moins en moins précise au fil des pages. Cela va nous pousser, nous lecteur, à nous poser des questions sur des choses que l'on pensait acquises. 

Dans ce roman, Joe Hill nous montre son talent d'écriture à travers des personnages torturés mais réalistes ainsi qu'un style qui nous accroche sans que l'on s'en rende compte. Un roman sombre avec des scènes étranges, et parfois même horribles, mais captivant et qui procurent de fortes émotions parfois contradictoires. Cornes est un livre qui vous prend aux tripes, vous êtes prévenus.

dimanche 29 juillet 2012

Les Fantômes de Maiden Lane Tome 3 : Désirs enfouis d'Elizabeth Hoyt



Les Fantômes de Maiden Lane

Tome 3 : Désirs enfouis
d'Elizabeth Hoyt

Éditions J'ai Lu
Collection Aventures et Passion

Sortie le 2 mai 2012
Poche / 344 pages / 6,60 €


Présentation de l'éditeur :

À l'orphelinat de Maiden Lane, Silence Hollingbrook a adopté la petite Mary Darling. Lorsque le redoutable contrebandier Mickey O'Connor kidnappe l'enfant, qui se trouve être sa bâtarde, Silence, folle d'angoisse, se précipite dans sa somptueuse demeure sur les bords de la Tamise. Mais O'Connor refuse de lui rendre la fillette, qu'il dit menacée par ses ennemis. Silence n'a qu'à venir vivre chez lui si elle veut voir Mary, décrète-t-il. La jeune veuve n'a d'autre choix que d'accepter, même si elle sait que sa réputation en sera à jamais ternie. Elle ne se rend pas compte que O'Connor lui a tout simplement tendu un piège machiavélique...


Avis d'Elaura :

Depuis le premier opus de cette nouvelle série d'Elizabeth Hoyt, nous attendions ce tome avec une grande impatience, tant la rencontre entre Silence Hollingbrook et le terrible mais non moins fascinant Mickey O'Connor fut intense.
Désirs enfouis est donc un roman important dans la saga, puisqu'il nous permet de découvrir enfin l'identité du fameux fantôme de Saint-Giles, mais il lève également le voile sur nos deux héros, que nous côtoyons depuis le tout début.

Si le roman fourmille d'informations et de rebondissements, il n'est pourtant pas tout à fait à la hauteur de nos espérances. La relation entre Silence et Mickey promettait d'être assez explosive et pourtant, nous ne retrouvons pas vraiment la sensualité un brin débridée de l'auteur. Contre toute attente, Désirs enfouis est plus romantique et plus « fleur bleue » que ce à quoi nous avait habitué l'écrivaine. Pour le coup, la déception peut se faire sentir.
Cependant, ce troisième tome reste un livre de qualité avec lequel nous passons un bon moment, d'autant plus que l'arrivée de nouveaux personnages et la fin nous laissent entrevoir une suite des plus passionnantes.

Les Chroniques de Siala, tome 3 : Le vent d'ombre

Les Chroniques de Siala
Tome 3 : Le Vent d'Ombre
d'Aleksei Pekhov

Éditions Pygmalion
Collection Fantasy

Sortie le 25 avril 2012
Grand format / 22,90 €


Présentation de l'éditeur :

Après la perte de nombreux frères d'armes, les trahisons et plus de batailles qu'on ne peut en compter, après avoir été capturé par de terrifiants ravisseurs, Harold l'Ombre atteint enfin Hrad Spein, le Palais d'Os, où doit se dérouler la phase la plus critique de sa quête: descendre au coeur de cet ancien lieu sacré pour y retrouver la Corne Arc-en-Ciel, la seule arme capable de déjouer les plans de l'Innommable, qui n'a jamais été aussi près d'asservir le monde libre. Mais de nombreux dangers, qui ont coûté la vie à bien des hommes de valeur avant lui, parsèment encore le chemin de Harold et, cette fois, il est seul...

Avis de Biscotte

C'est avec impatience que nous nous plongeons dans le dernier tome des Chroniques de Siala, qui est plus épais que ses prédécesseurs pour notre plus grand plaisir. Un vrai bonheur de se replonger dans l'univers, si riche, qu'Aleksei Pekhov nous a décrit au fil des pages avec talent. Les descriptions sont très visuelles et précises mais sans être lourdes, c'est le mélange le plus efficace qui soit pour une immersion complète dans Siala. 

Après de lourdes pertes, Harold l'Ombre et ses compagnons ne sont plus très loin de leur but, ils entament la dernière étape avant d'arriver à Hrad Spein. Ils sont de moins en moins nombreux pour affronter des dangers qui sont, quant à eux, de plus en plus redoutables. Ils vont devoir redoubler d'effort et d'attention pour ne pas se faire piéger ou tuer malencontreusement. Ils sont poursuivis par les hommes d'Alistan Pargain, du Maître, des Gris et de l'Innommable... on peut dire qu'ils n'auront pas le temps de s'ennuyer, surtout quand on pense que, dans le lot, il y a Face-de-Craie et Lafresa. 

Dans ce troisième tome, nous en apprenons plus sur les Danseurs d'Ombre, sur l'origine du monde de Siala ainsi que sur les raisons de chacun de récupérer la Corne Arc-en-ciel. Nous en apprenons beaucoup plus sur Kli-Kli et les raisons pour lesquelles il a des pouvoirs. Le rythme est un peu plus soutenu que dans les tomes précédents, il nous fait l'effet d'une course poursuite constante mais pas de manière désagréable, bien au contraire. Vers la fin, nous assistons aux combats même quand Harold ne s'y trouve pas et cela est très agréable à lire. 

Beaucoup d'action, de l'humour, une psychologie des personnages très intéressante et des rebondissements étonnants... voici tous les ingrédients qui font que cette série est une pure merveille de fantasy. Les chroniques de Siala sont un "phénomène de librairie" en Russie et sont "l’œuvre de fantasy la plus lue de l'autre côté du Caucase". Eh bien quand on a lu la trilogie on comprend pourquoi.

mercredi 25 juillet 2012

Une fille dans un caveau

Une fille dans un caveau
de Ruth Rendell

Éditions Le Masque

Sortie le 22 février 2012
Format Poche / 252 Pages / 6,20 €



 

Présentation de l'éditeur :

L'inspecteur Wexford, surmené, part se reposer quelque temps à Londres chez son neveu, super intendant de la brigade criminelle. Il se plonge dans la lecture de l'Utopie de Thomas More, mais quand une jeune femme est retrouvée assassinée entre deux sarcophages de pierre dans un caveau, comment résister à se mêler de l'enquête ? Surtout quand c'est son propre neveu qui en est chargé... Très vite, on découvre que la victime vivait sans argent, sans famille et sans amis dans un meublé sordide et sous un nom d'emprunt. Une existence quasi fantomatique, et pourtant il faudra bien en percer le secret.
Ponctuée par des citations du philosophe anglais, l'enquête de Wexford l'emmènera loin des rivages du monde idéal dépeint par More.

L'avis de Lila :

L'inspecteur Wexford revient dans une nouvelle intrigue pour le moins surprenante. Alors qu'il est censé se reposer chez son neveu pour des raisons de santé et qu'il s'ennuie à mourir, l'inspecteur découvre que ce dernier travaille sur une affaire originale et déconcertante. Coincé entre une femme et une nièce qui ne songent qu'à le ménager et finissent par lui enlever toute occasion de se divertir, Wexford a bien du mal à mener l'enquête, ce qui sera propice à des situations cocasses, nous rendant ce personnage encore un peu plus sympathique.

L'enquête est une fois de plus passionnante, une jeune fille apparemment sans histoire a été retrouvée morte dans un caveau. Bien plus que la personnalité de la victime, c'est sa présence dans ce lieu étonnant qui plonge la police dans la perplexité. Les témoins sont rares et ne savent presque rien, quant à la victime, récemment arrivée à Londres, elle n'avait que peu d'amis. Il faudra beaucoup de subtilité et d'intelligence à Wexford pour démêler toute cette affaire.

Il est toujours aussi plaisant de lire cette série de Ruth Rendell, le style est un peu désuet mais vraiment très charmant et les intrigues sont toujours surprenantes. Les personnages sont sympathiques, attachants même, avec une psychologie fouillée et des réactions parfois savoureuses. Ce livre se lit très vite et de façon très fluide, c'est simple et sans prétention, mais avec une enquête solide et des personnages charismatiques. Tranquille, authentique et sans fioritures, ce roman policier écrit dans les années 70 fait la part belle à l'enquête et aux relations humaines, évitant les effets de style et les rebondissements incessants que l'on trouve désormais dans ce genre littéraire.

mardi 24 juillet 2012

Le Maître du Haut Château

Le maître du Haut Château
De Philip K. Dick

Éditions J'ai Lu 
Collection Nouveaux Millénaires


Sortie le 15 février 2012
374 pages / 18€



Présentation de l'éditeur :

1948, fin de la Seconde Guerre mondiale et capitulation des Alliés ; le Reich et l'Empire du Soleil levant se partagent le monde.
Vingt ans plus tard, dans les Etats-Pacifiques d'Amérique sous domination nippone, la vie a repris son cours. L'occupant a apporté avec lui sa philosophie et son art de vivre. A San Francisco, le Yi King, ou Livre des mutations, est devenu un guide spirituel pour de nombreux Américains, tel Robert Chidan, ce petit négociant en objets de collection made in USA. Certains Japonais, comme M. Tagomi, grand amateur de culture américaine d'avant-guerre, dénichent chez lui d'authentiques merveilles. D'ailleurs, que pourrait-il offrir à M. Baynes, venu spécialement de Suède pour conclure un contrat commercial avec lui ? Seul le Yi King le sait. Tandis qu'un autre livre, qu'on s'échange sous le manteau, fait également beaucoup parler de lui : Le poids de la sauterelle raconte un monde où les Alliés, en 1945, auraient gagné la Seconde Guerre mondiale.


L'avis d'Heclea :

Philip K. Dick fait partie des poids-lourds de la Science-Fiction, de ceux qui peuvent être cités aussi bien par leurs plus grands fans que par ceux qui n’arrivent pas à accrocher. Que l’on aime ou pas, difficile de ne pas reconnaître à ce monsieur une imagination et une plume particulières.

Le Maître du Haut-Château est exactement le genre de livre que l’on adore ou que l’on déteste. En effet, il est difficile de rester indifférent à cette histoire qui peut paraître décousue ou spéciale d’un côté, mais aussi passionnante et addictive de l’autre.

L’idée de départ, ce monde où l’Allemagne et le Japon auraient gagné la seconde Guerre Mondiale est décrit avec une précision et des exemples qui pourraient faire douter de l’Histoire. Difficile dans un tel cas de ne pas réellement imaginer les conséquences d’un tel évènement et surtout de ne pas se prendre à l’aventure que nous offre l’auteur.

Les caractères, croyances et habitudes des personnages reflètent leurs origines, montrant les différences flagrantes de culture entre américains, japonais ou allemands. Tout cela pose une ambiance à part, parfois gênante, mais parfaitement adaptée au contexte.

Le fil conducteur du Poids de la sauterelle (simple livre dans le livre mais personnage à part entière du roman) offre un contre-point inattendu à l’intrigue de départ, Philip K. Dick y travaillant l’uchronie dans l’uchronie, jusqu’à la révélation finale, inattendue et point d’orgue d’une histoire où chaque détail est pensé avec précision et dans un tout plus global.

Au final, une simple chose à retenir pour passer un bon moment dans cette uchronie particulière : accepter de se laisser porter, d’être embarqué dans plusieurs intrigues imbriquées, sans forcément tout comprendre, sans forcément savoir où l’on va, mais juste pour le plaisir d’un voyage inhabituel dans un univers aux codes différents.

Et pour les fans de la première heure, la nouvelle version éditée chez J’ai Lu offre un supplément intéressant avec l’Avant, mais surtout l’Après Haut-Château, ce dernier étant présenté sous la forme de deux chapitres d’une potentielle suite, réfléchie dix ans plus tard, mais finalement jamais aboutie.

Riley Jenson, tome 7 : Désir Mortel de Keri Arthur

Riley Jenson
Tome 7 : Désir Mortel 
de Keri Arthur

Éditions Milady

Sortie le 20 avril 2012
Format Poche / 352 pages / Prix 8€


Présentation de l'éditeur :

Riley, gardienne de choc et de charme, se retrouve de nouveau confrontée à une vague de meurtres monstrueux. Lorsqu'à cela s'ajoute la réapparition de l'arrogant Kye, un chasseur de prime sexy à se damner, Riley se retrouve partagée entre son amour pour Quinn, le vampire, et son désir pour Kye, le loup. Mais céder à ses pulsions pourrait s'avérer mortel car sa traque dans le monde surnaturel va l'amener à affronter ce qui se cache dans les ténèbres, là où même les monstres craignent de se rendre.

L'avis de Lila :

Riley Jenson est une saga qui ne fait pas l'unanimité, malgré ses nombreux bons points, et autant dire qu'il faut être plutôt fan de la demoiselle pour avoir lu tous les tomes. Ce septième opus est une légère déception, non pas qu'il soit mauvais, mais l'auteure a pris le parti de ressortir toutes les bonnes grosses ficelles déjà exploitées auparavant pour écrire un roman qui se lit bien, qui est objectivement bon, mais qui n'a pas réellement de saveur.

Riley revient dans une nouvelle enquête, toujours intéressante et bien écrite, mais qui comporte quelques similitudes, dans son déroulement, avec des affaires résolues dans les précédents tomes. De même, on nous sert une fois de plus le désormais familier triangle amoureux se résumant à Riley qui hésite entre l'éternel (et décidément patient) vampire et un loup-garou sorti de la manche de l'auteure, un de plus. Alors certes, dans les dernières pages une révélation est faite concernant le loup en question et l'on pourrait se dire que le prochain tome va être mouvementé. Mais connaissant maintenant parfaitement les rouages de la saga, on s'attend surtout à un autre opus basé sur un triangle amoureux, encore et toujours, poussé à son paroxysme. Lassitude, quand tu nous tiens !

Concernant les personnages, on appréciera de retrouver Rohan, Liander et les autres. On en apprend peu dans ce tome sur les différents protagonistes ou leur évolution, car tout tourne autour de l'enquête en cours, la vie privée de Riley également. Quinn de son côté est présent tout du long, ce qu'apprécieront les fans du vampire, même s'il apparaît comme un peu plus effacé que d'habitude. On notera également que l'auteur qui avait amorcé un net recul sur les scènes explicitement sexuelles continue sur sa lancée : les ébats de Riley sont toujours aussi nombreux, mais on n'a plus droit aux détails. Cela a au moins le mérite de nous éviter (en partie) les nombreux "kaléidoscopes d'émotions" et autres "kaléidoscopes de sensations", qui faisaient (presque) sourire dans le premier tome, mais dont la répétition permanente a fini par devenir imbuvable. L'expression est vraiment trop moche (et ridicule) pour valoir d'être reprise plusieurs fois dans un tome, alors sur sept, n'en parlons pas !

Pour résumer, tous ces éléments fonctionnent et sont présentés avec une réelle cohérence, mais on apprécierait un vrai renouvellement de la part de l'auteure et ici ce n'est pas le cas. Keri Arthur a repris ses ingrédients préférés pour nous proposer une recette qu'on connaît déjà par cœur. Cela laisse donc un petit goût d'amertume, car cette nouvelle histoire est bonne, c'est indéniable, mais elle manque d'une dose de fraîcheur et d'originalité bienvenue. On attend tout de même la suite, car Riley n'a pas encore dévoilé tous ses secrets et il reste de nombreuses questions en suspens.


lundi 23 juillet 2012

Batman : Année 1

          Batman : Année 1 
     Scénario de Frank MILLER -
Dessins de David MAZZUCCHELLI

 Éditions Urban Comics 
Collection DC Premium

Sortie le 6 juillet 2012
Album / 20 €

Présentation de l'éditeur :

Enfant, Bruce Wayne a vu ses parents se faire assassiner sous ses yeux. Après un entraînement intensif, il revient à Gotham City pour mener une guerre sans merci contre le crime… mais sa tâche ne sera pas aisée. Face à la corruption des autorités de la ville et leurs liens avec la pègre, Bruce, sous le costume du vigilant Batman, va forger une alliance avec un policier nouveau venu à Gotham : le lieutenant James Gordon.

Avis d'Asmodée

Batman, année 1 relate les débuts de Batman dans sa guerre contre le crime à Gotham City. Cet album majeur permet de découvrir le justicier sous un jour méconnu jusqu'auparavant. On y découvre un Bruce Wayne encore hésitant sur le mode opératoire à adopter pour lutter contre les truands en tout genre. Ce comics revêt des allures sombres et pessimistes, avec un découpage des planches très cinématographique, parfois quasi chirurgical. Pour mener à bien un projet de cette envergure, il ne fallait pas moins que le talent du génial Frank Miller déjà à l'origine du mythique Dark Night Returns, 300, Sin City… au scénario, et du talentueux David Mazzucchelli qui donne vie à l'univers sombre et torturé de l'homme chauve-souris. 

Un Batman un peu fébrile, donc, lors de ses débuts. Il faut dire que pour le milliardaire qui a perdu ses parents, Gotham City est alors une ville de tous les crimes, gangrenée par la corruption et où la pègre règne en maître. Cette cité décadente qui semble vouée à une nuit éternelle, avec un danger omniprésent à chaque coin de rue, constitue d'ailleurs un personnage à part entière. Un lieu de désespoir et de perdition dans lequel deux hommes vont pourtant essayer de ramener la lumière.

Deux hommes, car Batman n'est pas le seul héros de l'histoire. On suit également l'arrivée du commissaire Gordon à Gotham City. Le policier n'est alors qu'un simple sergent, et son épouse ne va pas tarder à accoucher de leur premier enfant. Un père de famille qui va se retrouver confronté à des ripoux sans foi ni loi, mais qui ne va pas perdre de vue pour autant son sens aigu de la justice et ses responsabilités… Même lorsqu'une histoire d'amour devient possible avec l'une de ses collègues. Sans oublier le personnage de Catwoman qui fait également de brèves apparitions, même si le rôle qu'elle tient dans les évènements de l'intrigue reste mineur.

Batman, année 1 est un album sublime, mais sans concession. Un indispensable pour tout amateur de comics qui se respecte. L'histoire est violente, avec des passages à la bravoure épique. Mais cette immersion ténébreuse proposée par Frank Miller se montre aussi très humaine avec au bout du tunnel une lueur d'espérance, ce qui procure un grand plaisir de lecture. D'un point de vue graphique, les dessins ainsi que la mise en couleur sont sophistiqués à souhait, un vrai plaisir pour les yeux à chaque page. L'album se termine par des dessins préparatoires, des esquisses de scènes… Des bonus très appréciés. L'éditeur fournit un travail de qualité qui met en valeur les origines de Batman. Il s'agit là de l'un de mes récits préférés du justicier de Gotham, aux côtés de Dark Night Returns, autre album référence.


jeudi 19 juillet 2012

Journal d'un ange gardien de Carolyn Jess-Cooke


Journal d'un ange gardien
de Carolyn Jess-Cooke


Éditions JC Lattès

Sortie le 8 février 2012
Grand format / 378 pages / 12€50


Présentation de l'éditeur :

Lorsque Margot Delacroix meurt à quarante ans, elle est renvoyée sur terre comme ange gardien : le sien ! Contrainte par mandat divin de revivre les pires moments de son existence et ses regrets les plus amers, Margot reçoit l'ordre de ne rien changer, mais simplement de tirer la leçon de ses erreurs. Tandis qu'elle veille sur ses proches, Margot rêve pourtant de modifier le cours de son destin. Jusqu'où sera-t-elle prête à aller pour se racheter ?


L'avis d'Heclea :

Journal d’un ange gardien est bien plus qu’une énième histoire d’anges, c’est avant tout l’histoire d’une vie bien souvent difficile, l’histoire de choix, l’histoire de rencontres.

Les personnages qui nous sont présentés le sont sans artifices, qu’ils fassent partie des gentils ou des méchants, l’on se rend vite compte que tout n’est pas noir ou blanc, bien au contraire. En leur affectant à chacun un ange gardien, en nous présentant celui-ci, l’auteur nous les livre sans jugement aucun, tels quels, avec leurs bons ou leurs mauvais côtés. Ainsi, chacun aura son intérêt dans l’intrigue, pour faire avancer notre héroïne, pour la construire… ou tout simplement pour expliquer certaines réactions ou certains choix.

La narration est faite à travers les yeux de Ruth, notre ange gardien, permettant un certain recul sur les faits et une émotion particulière. Cette forme de présentation permet de se retrouver au cœur de l’action, au cœur des sentiments, tout en ayant une vision plus complète de la scène dans son ensemble. L’idée est plutôt bien trouvée et surtout bien exploitée, la part fantastique apporte un niveau de lecture supplémentaire à une aventure déjà addictive.

Même si toute la partie angélique est bien décrite, elle est au final assez secondaire. En effet, l’histoire de Margot est suffisamment riche pour passionner et émouvoir le lecteur. De son premier souffle, de son arrivée difficile dans le monde, en passant par de grandes joies, des moments difficiles et choquants, pour arriver à la fin de sa vie, l’aventure de Margot telle que nous la présente Ruth est difficile à lâcher une fois commencée.

En nous livrant les faits les plus choquants comme les plus doux, sans aucune barrière, l’auteur donne une certaine dureté, une certaine puissance à son roman. Tous les passages ne sont pas faciles, bien au contraire, mais c’est là une des raisons qui permet de s’attacher à Margot et à travers elle à Ruth. Ces deux personnalités, si proches et pourtant si différentes offrent un joli duo, crédible et imaginaire tout à la fois.

Au final, ce Journal d’un ange gardien est une belle incursion dans le fantastique, une de celles qui marquent et restent en mémoire, aussi bien par la force de l’histoire, que par la manière d’amener les choses petit à petit, en offrant tour à tour questions et révélations.

lundi 16 juillet 2012

Kaamelott, Livre II


Kaamelott, 
Livre 2, Première partie
de Alexandre Astier

Éditions J'ai lu

Sortie le 9 juin 2012
Format poche / 308 pages / Prix 5,00 €


Présentation de l'éditeur :

Prenez une brochette de chevaliers incapables, un mage notoirement incompétent. des beaux-parents pour le moins hostiles, une épouse pressante, des dieux exigeants, essayez de les mettre tous d'accord et vous aurez une vague idée de la tâche titanesque qui, chaque jour, attend Arthur, roi de Bretagne. Ou tout du moins de l'ambiance qui règne à Kaamelott... Retrouvez, épisode par épisode, les textes intégraux de la série télévisée.

Avis d'Asmodée

Afin d'apprécier à sa juste valeur la quintessence burlesque de ce Livre II de Kaamelott il est vivement conseillé de connaître au préalable la série TV. Afin de mettre un visage sur les personnages, et de s'imprégner de l'atmosphère si particulière propre à la licence. Cependant, les dialogues et les scènes imaginés par Alexandre Astier sont si drôles que le format papier suffit amplement pour se bidonner au gré des péripéties du roi Arthur et de ses chevaliers. Pouvoir les redécouvrir dans un format pratique leur fait même prendre une tout autre dimension. 

Signe révélateur d'un indéniable plaisir : la lecture des sketches se conjugue à un sourire constant. Alexandre Astier démontre un réel savoir-faire pour traiter sur le ton de la dérision un large éventail de mises en situations. Car l'une des forces de son œuvre tient justement à proposer des thèmes pertinents, reflet du quotidien dans lequel nous vivons, et de nos travers. Geek dans l'âme, l'auteur ne se prive pas de parsemer ses histoires de moult références au cinéma, à la littérature, la culture dans sa plus grande diversité… Autant de clins d'œil ludiques qui ont contribué au succès de Kaamelott

Par le prisme d'un humour intelligent – épargné de toute grossièreté racoleuse – et de répliques savoureuses, les scripts de la série sont des tranches de pure rigolade. Certains dialogues restent d'ailleurs longtemps en tête, une fois les ouvrages refermés. À noter que dans ce Livre II (scindé en 2 volumes) les personnages gagnent en consistance, par petites touches. Car l'une des spécificités de Kaamelott tient aussi en une constante évolution.

Les scripts de la série font office de compléments indispensables à tout amateur de cette fresque Arthurienne, sous la tutelle d'un Alexandre Astier inspiré. Une vision truculente qui n'en conserve pas moins l'essence même de l'esprit de la Table ronde, au détour de certaines phrases et pensées. De romantisme et de valeur également. Du grand et bon divertissement à la portée de tous, qui revendique sa culture populaire. Une qualité encore trop rare dans l'Hexagone, qui en fait une raison supplémentaire de redécouvrir Kaamelott en format papier !




Kaamelott, Livre I


Kaamelott, 
Livre 1, Première partie
de Alexandre Astier

Éditions J'ai lu

Sortie le 9 avril 2012
Format poche / 317 pages / Prix 5,00 €


Présentation de l'éditeur :


Parce que les dieux lui ont confié la mission sacrée de retrouver le Graal. Arthur, devenu roi incontesté de Bretagne en retirant Excalibur de la pierre, a réuni autour de la Table ronde, à Kaamelott, les plus preux chevaliers de son temps : Lancelot, Perceval, Karadoc, Bohort, Yvain, Gauvain, et d'autres. Malgré cela, la quête piétine depuis plusieurs années. Retrouvez, épisode par épisode, les textes intégraux de la série télévisée.

Avis d'Asmodée

La série TV Kaamelott est un monument de divertissement. Facétieuse sous couvert d'ironie, parfois insolente, toujours surprenante… L'interprétation d'Alexandre Astier des légendes de la Table ronde ne manque pas de piquant. Les scripts originaux dont sont tirés les épisodes de la saison 1 nous sont proposés sous la forme d'un Livre I scindé en deux tomes, chacun fort d'un sommaire composé d'une cinquantaine d'histoires. 

Pouvoir lire les dialogues de Kaamelott, les décortiquer à notre aise, est l'occasion de redécouvrir les bouffonneries du roi Arthur et de sa cour où pullulent les bras cassés. Derrière sa prédisposition à faire sourire par le biais de tirades bien senties, Alexandre Astier démontre par l'efficacité de ses textes un talent de conteur hors pair. Une aptitude à amuser, qui ne l'empêche pas d'ébaucher une caricature de notre société contemporaine à grand renfort d'ironie.

La quête du Graal, les problèmes du royaume et les démêlés amoureux du souverain Breton s'enchaînent au rythme de répliques aussi hilarantes que mémorables. Perceval, Caradoc, Merlin, Guenièvre ou Lancelot… autant de figures mythiques qui s'emploient à redonner des couleurs à notre bonne humeur au fil de leurs péripéties rocambolesques. 

Ce Livre I de Kaamelott propose des sketches indépendants les uns des autres. Il est donc possible de les parcourir n'importe où, n'importe quand, en toutes circonstances. Leur lecture ne manquera pas de ramener le sourire sur les lèvres, le temps de quelques pages. Un humour ravageur et plus subtil qu'on pourrait le croire, auquel on devient rapidement accro !


dimanche 15 juillet 2012

Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs


Miss Peregrine et les enfants particuliers
de Ransom Riggs

Éditeur Bayard Jeunesse

Sortie le 31 mai 2012
Format Broché / Prix 14,50€

Présentation de l'éditeur

Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l'avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d'un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d'enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ».Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s'enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l'île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n’a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s'ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela puisse paraître…


Avis de Chani
L’enfance de Jacob a été bercée par les histoires racontées par son grand-père Abe, juif polonais, qui lui expliquait comment, pour échapper aux nazis, il avait été envoyé sur une petite île du pays de Galles, dans un orphelinat. Il y avait côtoyé des enfants aux dons particuliers, capables de voler, de maîtriser le feu, ou bien invisibles, photos à l’appui. Mais en grandissant, Jacob comprit que son grand-père lui racontait des fables, et leur complicité en pâtit. Jusqu’au jour où le jeune garçon reçoit un message d’Abe, paniqué. Jacob part le rejoindre, mais trop tard, et il ne pourra qu’assister, impuissant, à la mise à mort du vieil homme par… Par quoi exactement, telle est la question. Les derniers mots d’Abe vont amener son petit-fils à partir sur les traces de l’enfance du vieil homme, à l’orphelinat où tout a commencé.

Étrange, envoûtant, dérangeant et fascinant, c’est ainsi que l’on peut qualifier Miss Peregrine et les enfants particuliers. Ce livre ne se raconte pas, il se lit, et même se vit, tant son ambiance imprègne le lecteur au fil des pages. En revenant à l’orphelinat, Jacob va peu à peu mettre les pièces du puzzle en place et découvrir… Ce qu’il va découvrir, je vous laisse le lire.
Impossible de rester indifférent face à ce livre, même si parfois j’ai été mal à l’aise ou un peu effrayée de ce qui va arriver au jeune héros, j’ai adoré ce récit. L’originalité de l’histoire, son étrangeté, sa poésie et sa pointe de frayeur en font un ouvrage à part, qui mérite d’être savouré, et requiert de se laisser complètement aller à suivre Jacob dans ses aventures.
Le livre en lui-même est particulièrement réussi ; mise en page, illustrations et texte se mêlent à la perfection pour en renforcer encore davantage l’authenticité.

Cette histoire est aussi particulière que les enfants du titre, pas étonnant que Tim Burton en ait acheté les droits, et j’ai hâte de voir la transposition sur l’écran.

Esprit, es-tu là ?, Tome 1 : Le fantôme de la bibliothèque de Elizabeth Cody Kimmel


Esprit, es-tu là ?
Tome 1 : Le fantôme de la bibliothèque
de Elizabeth Cody Kimmel 


Éditeur Bayard Jeunesse

Sortie le 7 juin 2012
Format Broché / Prix 12,50€

Présentation de l'éditeur :


Kate rêve d'être une collégienne comme les autres. Mais voilà, sa mère est médium. Chaque jour, elle reçoit des esprits et les aide à entrer en contact avec leurs proches qui, eux, sont encore vivants. Or, ces clients un peu particuliers se mettent facilement en colère. La maison résonne alors de hurlements venus de nulle part tandis que les bibelots se fracassent seuls sur le sol. Non, vivre normalement, ce n'est pas le destin de Kate. D'autant que, depuis qu'elle a soufflé ses treize bougies, elle aussi voit des esprits... Une réjouissante leçon de survie au Collège !

Avis de Chani
Comment survivre au collège quand sa mère est médium, et qu’on ne veut pas qu’on la prenne pour une dingue ? C’est ce que ce demande Kate, qui tente de passer inaperçue tout en regardant avec envie les filles populaires. Heureusement, Jac et son violoncelle vont venir la sauver de sa solitude, chacune pouvant enfin partager ses petits secrets avec l’autre. Et en matière de secrets, celui de Kate remporte la palme : elle voit les esprits des âmes défuntes, difficile de faire pire !

Difficile période que l’adolescence, et celle de Kate est particulièrement gratinée. Entre sa mère médium, les filles du collège qui la méprisent, les fantômes qui essayent désespérément d’attirer son attention, la jeune fille ne part pas avec tous les atouts dans sa poche pour affronter ce moment. Dans Le fantôme de la bibliothèque, c’est son parcours vers l’acceptation de soi et de sa place dans la société qu’il est question. Et c’est plutôt bien fait, c’est frais bien que convenu, agréable à lire, et plein de bons sentiments sans verser dans le côté gnangnan. Alors pour un adulte, ce n’est pas un livre folichon, mais il est parfaitement formaté pour le public visé (à partir de 10 ans) qui en redemande.

vendredi 13 juillet 2012

Si douce sera la mort de Charlaine Harris

      Si douce sera la mort
 de Charlaine Harris 

Editions J'ai Lu

 Sortie le 13 juin 2012 
Format poche / 8,45€


Présentation de l'éditeur :

Catherine Lowfield décide de retourner dans sa ville natale, dans le Mississippi, après la mort tragique de ses parents. Peu convaincue qu'il s'agissait d'un accident, elle part en quête de réponses. Lorsqu'elle découvre le corps de l'infirmière qui assistait son père, elle comprend que la ville cache de nombreux secrets et que sa vie est en danger.

Avis d'Asmodée


Dans la bibliographie de Charlaine Harris, Si douce sera la mort n'est pas une oeuvre que l'on pourrait qualifier de toute première jeunesse, puisque écrite au début des années 80. Cependant, que l'on ne s'y trompe pas : à cette époque, la créatrice de la Communauté du sud possédait déjà le talent nécessaire pour capter l'attention de son public. Avec cette publication, les éditions J'ai lu permettent aux inconditionnels de l'auteure de découvrir un roman qui manquait à leur collection. Une fois pris dans l'engrenage d'une intrigue qui gagne crescendo en intensité, impossible de s'en détacher sans connaître le fin mot de l'histoire. Concrètement, le côté désuet de cette enquête située au début des années 80 n'a que peu d'incidence sur l'intérêt du récit et le suspense savamment distillé. On pourrait même dire qu'il lui apporte un certain cachet.

L'héroïne du roman se présente sous les traits de Catherine, une journaliste qui, vu l'époque, se passe des ordinateurs, internet et autres téléphones portables pour exercer sa profession. Place donc à la bonne vieille machine à écrire et au système D. Les uns après les autres, ses proches tombent sous les coups d'un assassin insaisissable. Après ses parents, c'est au tour de l'infirmière de son père d'être retrouvée morte. Dès lors, la suspicion va s'installer dans l'une de ces petites villes typiques du sud que l'auteure affectionne tant. Leona, la dernière victime en date, aurait – entre autres – exercé du chantage auprès de son entourage. Démasquer le meurtrier va contraindre Catherine à déterrer certains secrets que les gens du coin auraient préféré ne jamais voir remonter à la surface.

Le roman se lit très vite. Sans être particulièrement charismatique, les réactions de Catherine au cours de l'histoire en font une jeune femme de caractère. Elle se montre tenace, se pose des questions sur son avenir, quelle direction future donner à sa vie… Une romance avec Randall, son patron, est esquissée, bien que le climat de suspicion ne favorise pas l'étalage de sentiments.  

Si douce sera la mort prend racine dans un contexte intime, très communautaire, comme Charlaine Harris sait si bien en décrire. On y trouve moult détails concernant les mœurs des habitants, leurs relations, une discrimination entre blancs et noirs encore présente dans les esprits... L'auteure confère une atmosphère graduellement oppressante à son roman policier, une ambiance propice au mystère et servie par une galerie de personnages tous susceptibles d'êtres des coupables en puissance. Si l'enquête en elle-même n'a rien d'inoubliable, elle n'en propose pas moins une lecture distrayante et tient en haleine jusqu'à la dernière page. 



jeudi 12 juillet 2012

Les trois princes Tome 1 : Puritaine et Catin de Elizabeth Hoyt


Les trois princes
Tome 1 : Puritaine et Catin
de Elizabeth Hoyt

Éditions J'ai lu
Collection Aventures et Passion

Réédition le 19 novembre 2014
Format Poche / 316 pages / 6,60 €


Présentation de l'éditeur :

Jeune veuve, Anna Wren vit avec sa belle-mère. L'argent se faisant rare, elle envisage de travailler comme préceptrice, car elle sait le grec et le latin. Malheureusement, dans l'Angleterre de 1760, les emplois respectables pour dames ne courent pas les rues. Par chance, le comte de Swartingham cherche de toute urgence une secrétaire pour retranscrire ses écrits d'agronomie. Anna est engagée et apprend peu à peu à connaître le maître de Ravenhill Abbey, si impressionnant avec son visage ravagé par la variole. Lord Swartingham est certes disgracieux, mais il a surtout mauvais caractère: bourru, coléreux, autoritaire, il cumule les défauts. Pourtant, Anna ne peut nier l'attirance qui grandit entre eux et s'impose bientôt, les laissant seuls face à une passion que la société de l'époque réprouve...


Avis de Chani :

Anna Wren est une jeune veuve ordinaire qui vit, avec sa belle-mère, dans un petit cottage et tire le diable par la queue depuis le décès de son époux. Vive d’esprit, intelligente mais aussi instruite (chose rare pour l’époque), elle va décrocher un emploi de secrétaire auprès du comte de Swartingham, un homme au caractère ombrageux qui, pour une fois dans ce type de roman, n’est pas d’une beauté ravageuse.
Entre ces deux caractères forts, passées les joutes verbales du départ, une indéniable attraction va opérer.

Ralalalala, ce que ce livre est délicieux. J’ai tout simplement adoré cette histoire d’amour entre la jeune veuve et le lord. Leur romance sonne juste, l’histoire est originale et non dénuée d’humour. Les personnages sont attachants, Anna en tête, femme de caractère dans une époque peu encline à lui laisser la place qu’elle mérite. Quant à Edward, qui, de noble bourru qui effraye ses employés, se montre sous un jour plus avenant et séduisant, il est juste parfait. Le personnage de Pearl, et les conséquences de sa rencontre avec Anna, apportent une touche d’impertinence et de piquant à cette histoire qui n’en manque décidément pas.
La plume d’Elizabeth Hoyt nous emporte dans cette histoire romantique qui fait fi des préjugés, et je suis admirative de la façon dont le récit est mené, dont le suspense est ménagé, de sorte à tenir le lecteur en haleine jusqu’au dénouement final.
J’espère que la suite sera dans la même veine, et je m’en régale par avance !