Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

jeudi 29 mars 2012

Le Monde de la Chasseuse de la Nuit Tome 2 : L’Étreinte des Ténèbres de Jeaniene Frost



Le Monde de la Chasseuse de la Nuit 
Tome 2 : L’Étreinte des Ténèbres
de Jeaniene Frost

Editeur Milady
Collection BIT LIT

Sortie le 17 février 2012
Format Broché / 416 pages / Prix 8€


Présentation de l'éditeur

Kira Graceling, détective privé à Chicago, aurait dû passer son chemin. Mais son sens du devoir lui interdit d'ignorer les gémissements de douleur qu'elle entendLa victime, Mencheres, est un maître vampire qui pensait n'avoir plus rien à découvrir de la vie. Jusqu'à ce que Kira entre dans la sienne : intrépide, adorable et humaine, elle n'hésite pas à braver la mort pour le sauver. Il brûle d'amour pour elle, mais le danger se rapproche, et Mencheres doit choisir entre la femme qu'il désire et un plongeon dans la plus noire des magies.





Avis de Molina

Un petit bijou à ne manquer sous aucun prétexte !

Après un premier tome en demi-teinte, voici le nouvel opus de la série Le monde de la chasseuse de la nuit. Si le tome précédent nous avait laissé un arrière goût de déception, celui-ci nous réconcilie avec la série que nous aimons tant et nous confirme que l'auteure est loin d'avoir perdu son talent !

Ah qu'il est grisant de retrouver le tout puissant Mencheres et de le découvrir troublé, dépressif et, pour tout dire, complètement perdu. Il pense ses visions éteintes et le peu qui lui parvient le laisse face à un mur d'incompréhension (et oui les hommes aiment les évidences, mais la subtilité c'est tellement mieux dans une vision ! ) ce qui aggrave son état dépressif et en voulant commettre l'irréparable il se retrouve face à une jeune femme, blessée par la vie, au tempérament de feu et à la langue piquante. Ils feront des étincelles, à l'image de notre duo fétiche Cat et Bones, ils vous feront rire et pleurer mais surtout ils allumeront un peu de passion que rien ne peut éteindre. Alors, amis lecteurs rassurez-vous, Jeaniene ne nous a pas offert un banal remake de son couple principal, non elle nous offre une nouveauté pleine de sensualité et de douleurs où chacun guérira l'autre de ses démons et se rendra plus fort.

Si côté romance, ce livre est une réussite, l'intrigue n'est pas en reste et nous offre de très belles surprises. Les rebondissements sont nombreux et toujours très bien pensés. Certains vous laisseront ébahis, d'autres vous tireront quelques larmes ou éclats de rire, mais aucun ne vous laissera indifférent. Madame Frost est passée maîtresse dans l'art de jouer aux montagnes russes avec les émotions de ses lecteurs et nous montre une fois encore l'étendue de son talent et de son imagination. Mon petit doigt me dit qu'elle nous réserve encore de nombreuses surprises !
Nous avons d'ailleurs droit à un petit clin d'œil à la série principale puisque Bones et son épouse font quelques apparitions tout au long de l'aventure et il est très agréable de les découvrir depuis un œil extérieur. Humm que du bonheur !

Vous l'aurez compris, ce nouvel opus et une pure merveille qui ravira les fans de la série et les aidera à patienter jusqu'à la sortie du prochain tome. En tout cas, il nous laisse présager le meilleur pour notre série préférée ! Vivement la suite !

Dream Hunters, tome 2 : Au-delà de la nuit


Dream Hunters, 
Tome 2 : Au-delà de la nuit
de Sherrilyn Kenyon

Editions J'ai lu
Collection Crépuscule

Sortie le 7 mars 2012
Format Poche / Prix 6,90€

Présentation de l'éditeur

Libéré de son sommeil éternel par une incantation humaine, le démon Douleur ne songe qu'à se venger de la déesse Léta. Tout d'abord, il doit détruire celui que lui désigne son nouveau maître. Alertée, Léta décide de protéger Aidan O'Conner, ex-star de cinéma, qui a quitté Hollywood rongé par l'amertume et la haine. Et elle qui se croyait immunisée contre les sentiments va se découvrir étrangement vulnérable face à cet homme d'une beauté surnaturelle et incapable d'accorder sa confiance...





Avis de Molina

Une petite histoire un peu courte et un peu décevante.

Ce nouvel opus est le deuxième tome de la série Chasseurs de rêves mais le 13ème paru chez J'ai Lu et on peut se demander si l'auteur n'a pas eu une baisse de forme au moment de l'écriture de celui-ci, à moins que ça ne soit la série qui commence à s'essouffler...

Le lecteur aura droit comme d'habitude à : l'impossible rencontre entre deux êtres que tout oppose dès le début du livre, un flot de dangers qui les mets en péril tous les deux et une histoire d'amour qui fini bien. Sauf que ce qui, d'ordinaire, fait la magie de la série semble absent cette fois-ci. La romance semble bâclée et surtout elle donne la désagréable impression de n'être ni crédible (même pas dans un monde peuplé de dieux et de monstres en tout genre) ni passionnée. Le coup de foudre on y croit ou pas, mais convaincre quelqu'un qui n'a plus confiance en personne d'accorder sa confiance et son amour à quelqu'un d'autre en moins de 24H c'est un petit peu abusé.

Côté passion et tendres sentiments, les fans resteront sur leur faim. Avec à peine plus de 200 pages pour présenter les personnages, avec leurs histoires qui ont une grande importance dans l'intrigue (enfin, intrigue est un bien grand mot...), présenter le méchant et le combat qui met fin à la menace, j'aime autant vous dire que tout se passe très rapidement et que les rebondissements sont en nombre très réduit et d'une banalité affligeante. Même en considérant ce nouveau tome comme une nouvelle, le lecteur se dira que l'auteure était fatiguée et qu'elle aurait presque pu s'abstenir d'écrire cette histoire.

Vous l'aurez compris ce n'est pas Au-delà de la nuit qui vous fera aimer cette série, pour ceux qui ne la connaissent pas encore, ni qui vous aidera à patienter avant la sortie du prochain. Espérons que la suite me fera mentir et que nous retrouverons tout ce qui nous plaît tant chez Sherrilyn Kenyon.

mercredi 28 mars 2012

L'enfant nucléaire de Daph Nobody


L'enfant nucléaire
de Daph Nobody

Éditions Sarbacane

Sortie le 7 mars 2012
Broché / 464 pages / 18 €


Présentation de l'éditeur

Depuis son plus jeune âge, Jiminy Waterson a un don : un estomac capable de dissoudre tout ce qui n'est pas comestible. Bois, métal. Essence, produits toxiques. Un jour, son ami Alex l'entraîne dans une tournée à travers les restoroutes américains : ainsi Jiminy devient-il L'Homme au Ventre Magique !
Quel rapport avec ce complot politique qui se trame autour d'un détournement de déchets nucléaires ? Ou avec ce prisonnier du couloir de la mort dont on organise secrètement l'évasion ? Ou encore avec ce flic qui n'a plus qu'une seule idée en tête, se débarrasser de sa femme ? Un seul : la folie humaine...


L'avis d'Heclea

Certains romans, par leur sujet et la manière dont ils sont traités, sont difficiles, voir même impossibles à classer dans un genre. C’est le cas de L’enfant nucléaire qui est un peu fantastique, qui pourrait tirer un peu sur le thriller, mais qui ne se range pas bien sagement dans une case. Pour ce type de livres, il faudrait quasiment inventer une nouvelle catégorie, et ici, celle qui pourrait convenir serait sans doute « roman choc », peut-être même « roman choquant ».

Car oui, il faut le dire, ce récit n’est pas à mettre entre toutes les mains, et les âmes sensibles devraient peut-être s’abstenir, ou en tout cas se préparer avant de s’immerger dans cette histoire totalement en marge, totalement inhabituelle, et particulièrement surprenante. L’idée de départ est novatrice, et le personnage principal, avec son estomac et son système digestif à l’abri de tout, assez inattendu. C’est d’ailleurs ce qui permet à l’auteur de tout oser, même les scènes les plus difficiles à envisager.

Le style est agréable, visuel, direct, les descriptions sont précises (parfois trop) et l’auteur ne s’embarrasse pas du risque de choquer, il amène son histoire où il veut, empruntant pour cela le chemin le plus droit, sans se poser de questions.
Si au départ le lecteur peut se sentir perdu, se demandant où veut en venir Daph Nobody, l’image globale finit par se mettre en place, et les détails prennent alors tout leur sens.

Les personnages que nous présente l’auteur sont soit paumés, ou perdus dans leur petite vie, soit des ordures, que plus rien n’intéresse à part le profit. Pas très vendeur comme description, et c'est pourtant une belle réussite de ce roman que ces protagonistes qui font réagir le lecteur aussi bien par leur manque d’indulgence, que par leur manque d’amour propre ou par leurs choix pas toujours les plus heureux qui soient.

Au final, Daph Nobody signe ici un roman en marge, un roman qui, s’il ne séduit pas à tous les coups, saura en tout cas faire parler de lui. Difficile de le conseiller à tout-venant à cause de certaines scènes plutôt très dérangeantes, qui ne manqueront pas de choquer ou dégoûter une partie des lecteurs, mais, pour les plus curieux et ceux qui ont l’estomac bien accroché, la découverte de Jiminy et de son système digestif à toute épreuve saura, sans aucun doute, les embarquer dans une aventure hors du commun.


lundi 26 mars 2012

Le Choix du Loup / La Captive de l'Ombre de Karren Whiddon / Mercedes Lackey




Le Choix du Loup / La Captive de l'Ombre
de Karren Whiddon / Mercedes Lackey

Editions Harlequin
Paru le 1er Novembre 2011
376 pages / 5,20 €



Présentation de l'éditeur : 

Le Choix du Loup
Pour Simon Caldwell, le loup-garou rompu aux missions délicates, pister et capturer une louve dangereuse, accusée de meurtre, fait partie de la routine. Mais lorsque la traque prend fin et qu’il découvre sa proie sous sa forme humaine, acculée avec sa meute au fond d’une grotte, il sent sa main trembler pour la première fois, tandis qu’un sentiment inconnu l’envahit. Troublé au plus profond de son être, Simon saisit alors l’incroyable vérité : Raven, la femme louve, est son âme sœur, sa compagne du destin. Celle pour qui il va devoir faire le plus difficile des choix : fuir avec elle et partager sa vie, libre et sauvage à jamais. Ou la laisser s’échapper et retourner à la civilisation, condamné pour toujours à la solitude…

La Captive de l'Ombre
De retour au château de son père après une longue absence, Moira découvre que ce dernier a passé un contrat avec le prince du Jendar, un homme connu pour sa cruauté. Et de toute évidence, c’est elle qui est l’enjeu de ce contrat. Aussi décide-t-elle d’utiliser enfin les pouvoirs extraordinaires qu'elle a toujours gardés secrets…


Avis de Scende

Le choix du loup
Simon travaille en tant que protecteur pour la Société. Son rôle est de traquer les sauvages (métamorphes sauvages) afin de les étudier et juger s’ils peuvent être rééduqués ou non, dans le but d’éviter tout débordement dans le monde des humains. Après enquête, il découvre Raven, une métamorphe solitaire vivant au milieu d’une meute de loups. Différente des autres sauvages, elle fait preuve de compassion tout en souhaitant chasser l’intrus. Mais Simon ne compte pas partir, il veut finir sa mission et pourquoi pas rééduquer Raven… Toutefois, les choses ne vont pas se dérouler en toute simplicité et les deux jeunes gens vont devoir fuir…

Le thème de l’histoire est simple, mais il touche un public de plus en plus nombreux. Les histoires de métamorphes sont monnaie courante de nos jours et le tout est de savoir se démarquer. Karen Whiddon signe ici un roman agréable, mais sans plus. C’est une histoire courte et facile à lire, mais qui ne demande pas une grande implication de la part du lecteur.

Les personnages, tous deux magnifiques, jouent au jeu du chat et de la souris, se tournent autour sans oser se rapprocher : du déjà vu dans de nombreux romans. Malgré ça, l’histoire est bien menée et les personnages sont attachants et sympathiques.

Une histoire à lire tranquillement pour un moment détente : les amoureux du genre seront conquis !

dimanche 25 mars 2012

Anita Blake, Tome 12 : Rêves d'Incube de Laurell K Hamilton

 Anita Blake, 
Tome 12 : Rêves d'Incube
de Laurell K Hamilton

Edition Bragelonne

Sortie le 3 décembre 2010
Grand format / 762 pages / 25 €

Edition Milady

Sortie le 20 janvier 2012
Poche / 1024 pages / 11,70 € 

Présentation de l'éditeur

Anita est appelée à intervenir dans une affaire de vampire tueur en série qui s'attaque à des stripteaseuses. Elle est certaine que le coupable n'est pas quelqu'un du coin... mais il se peut que son jugement soit troublé par un conflit d'intérêts.
Soupçonnée par tous, tenaillée par la faim primitive qu'ont éveillée en elle ses relations passionnées avec un vampire, un loup-garou et le métamorphe Micah, Anita va être poussée jusqu'aux limites de son endurance.



Avis de Scende

Pour les adeptes de la série, c’est un réel plaisir que de retrouver Anita pour de nouvelles enquêtes policières. Toutefois, on aborde ce livre avec un très mauvais point : dès les premières pages, l’abondance de scènes chaudes est présente. Et même si l’acte n’est pas immédiatement décrit, Anita ne tarde pas à nous montrer avec moult détails l’ampleur de ses compétences en la matière. Le livre tourne autour de ce thème central et chaque point est redirigé vers lui : les actes, les discussions entre les personnages, les enquêtes policières. Tout tend vers un dialogue cru qui nous guide vers l’Ardeur dont l’Exécutrice est victime. Le nombre d’hommes qui gravitent autour de la jeune femme ne cesse d’augmenter et tous, tôt au tard, deviennent ses amants.
Le thème tend à prévaloir sur l’histoire et même sur l’héroïne qui perd peu à peu les principes pour lesquels nous l’adorions dans les premiers tomes.

Les aspects "nécromancie" et "enquêtes" passent au second voir au troisième plan et là encore, ce qui faisait d'Anita Blake, tueuse de vampires une excellente série est remisé au second ordre et ce pour plusieurs tomes.

Paradoxalement, l’auteur nous montre les évolutions de certains personnages : ici Nathaniel est à l’honneur et ces dames seront satisfaites : le petit matou dominé prend de la carrure et domine à son tour, désarçonnant plus d’une fois notre héroïne. Les personnages secondaires prennent du poids et de l’importance — même si Anita reste le personnage central — et c’est un bon point pour la série. Toutefois, cela ne suffit pas à retrouver les impressions ressenties dans les premiers tomes, malheureusement.

Un avis mitigé, donc, puisque c’est toujours un plaisir de retrouver l’univers de Laurell K. Hamilton, mais l’orientation que prend la série n’est pas pour plaire à tout le monde…

vendredi 23 mars 2012

La couleur de l'âme des anges

La couleur de l'âme des anges
de Sophie Audouin-Mamikonian

Editions Robert Laffont
Collection R

Sortie le 05 janvier 2012
Grand format / 17,90€



présentation de l'éditeur :

Jeremy, jeune homme de 23 ans, est sauvagement assassiné. En devenant un Ange, il réalise que la lutte pour survivre n'est pas terminée et qu'il peut aussi mourir dans ce nouvel univers. En effet, pour ne pas disparaître, tout Ange doit se nourrir de sentiments humains. Et Jeremy va bientôt découvrir avec effroi qu'il doit même les provoquer ! Provoquer la haine, l'amour, la joie, la tristesse, la peur, la compassion... Seules les émotions fortes peuvent rassasier les Anges, colorant leur peau en bleu pour les émotions positives, en rouge pour les négatives. Recherchant la raison pour laquelle il a été tué, Jeremy piste alors Allison, une vivante de 20 ans, témoin involontaire de son exécution. À force de côtoyer, jour et nuit, la ravissante et naïve jeune fille, il finit par en tomber follement amoureux. Mais l'assassin de Jeremy a lui aussi jeté son dévolu sur Allison et fera tout pour supprimer ce témoin indésirable... Jeremy parviendra-t-il à sauver la vie de celle qu'il aime alors que, dans l'au-delà, des Anges rouges se liguent aussi contre lui ? 

Avis Asmodée

Premier volet d'une nouvelle série prometteuse, La couleur de l'âme des anges est un roman plein de bons sentiments qui s'oriente vers un public de jeunes adultes. La couverture colorée est l'écrin explicite d'une histoire à l'intrigue riche et poétique. Ce dernier adjectif n'est pas employé à la légère : une poésie, suggérée par les situations dans lesquelles se trouvent les héros, marque de son empreinte le récit. L'ensemble se voit également rehaussé par un certain sens moral. L'auteure alterne avec pudeur suspense, romance et réflexion en flirtant sur la frontière ténue qui sépare le bien du mal, mais aussi la vie et la mort.

Ceux qui apprécient les immersions au cœur d'aventures peuplées d'anges ont toutes les chances d'adorer. Le décès du jeune Jeremy nous amène à découvrir avec lui sa nouvelle condition dans un monde régi par des castes d'angelots rouges (qui se nourrissent de sentiments négatifs), bleus (qui s'alimentent de sentiments positifs), des Archanges… Qu'ils soient bleus ou rouges, les angelots dépendent de la brume générée par les états d'âme des humains, aux yeux desquels ils sont invisibles. Ils en ont besoin pour survivre, au point de chercher à influencer ces derniers et ainsi exhorter leurs émotions. Jeremy expérimente ses nouveaux pouvoirs de suggestion, de passe-muraille, mais aussi de création pour façonner des objets éphémères formés à base de brume.

À la recherche de son meurtrier, l'apprenti angelot va veiller sur sa mère et sa demi-sœur, toutes deux à la merci d'un beau père pour le moins louche. Il fera également la connaissance d'une jeune femme, liée à son assassinat, dont il tombe amoureux. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu pour ce couple insolite. Car rien n'est acquis d'avance dans La couleur de l'âme des anges. L'auteure tient en haleine ses lecteurs grâce à des retournements de situations ponctuels. Les personnages semblent convenus de prime abord, mais se révèlent plus complexes qu'il n'y paraît, lorsqu'on apprend à mieux les connaître. Les anges, surtout les plus anciens, revendiquent une ambiguïté dans leurs motivations. L'écriture de Sophie Audoin-Mamikonian instille une ambiance urbaine un peu hors du temps à son nouveau roman, à la fois ouatée et dangereuse, comme  un monde parallèle au nôtre. Cette série présente les atouts pour plaire à un public éclectique, amateur d'une certaine sensibilité narrative. Agréable à lire et prenant, la suite de ce premier tome ne peut qu'être attendue.    


Les frères Fuentes, Tome 2 : Irrésistible attraction de Simone Elkeles


Les frères Fuentes
Tome 2 : Irrésistible attraction
de Simone Elkeles


Editions La Martinière Jeunesse

Sortie le 3 novembre 2011
Format Broché / Prix 13,90€


Présentation de l'éditeur :

Pour échapper à la police de Mexico, Carlos Fuentes s'installe chez son frère Alex, qui s'est rangé des gangs dans le Colorado. Kiara, une jeune lycéenne sage, un peu garçon manqué, lui sert de guide dans ce monde policé qu'il ne connaît pas. Carlos, poussé par ses habitudes de bad-boy, ne tarde pas à replonger ; et, pour éviter la prison, il doit suivre un stage de réinsertion et accepter de vivre chez le professeur Westford, père de la jeune fille, qui a déjà sorti son frère Alex de la galère. Malgré leurs différences, les deux adolescents apprennent à se connaître et s'attirent de plus en plus. Mais Carlos, s'il veut vivre pleinement son amour pour Kiara, doit d'abord rompre une fois pour toutes avec la culture des gangs.


Avis de Chani

Dans la famille Fuentes, je demande Carlos, le petit frère. Ayant quelques soucis au Mexique (drogue, gang, trois fois rien quoi), ce dernier est expédié par sa maman chez son frère Alex (cf. Irrésistible alchimie) qui vit désormais dans le Colorado où il poursuit ses études.

Simone Elkeles reprend dans Irrésistible attraction les ingrédients qui avaient fait leurs preuves dans le livre précédent. Deux adolescents que tout oppose, et qui vont irrémédiablement se rapprocher et tomber éperdument amoureux. Oui, encore une fois, c’est cliché, c’est guimauve, c’est tout ce que vous voulez, mais ça fonctionne.
Carlos est arrogant et sûr de lui, Kiara est une fille un brin garçon manqué doté d’un fort caractère (l’épisode des cookies est excellent), et le lecteur prend plaisir à les voir évoluer, se rapprocher et tisser les fils de leur histoire.
Et puis leur histoire est aussi l’occasion de retrouver Alex et Brittany, pour mon plus grand plaisir.
La plume de Simone Elkeles est envoûtante, elle arrive à rendre captivante une histoire on ne peut plus banale et convenue, chapeau bas, je me suis laissée emportée encore une fois.
Cela dit, on peu quand même reprocher un petit manque d’originalité (on prend les mêmes et on recommence), et ma préférence reste à Irrésistible alchimie dont je n’attendais rien et qui a su me prendre par surprise.

Si vous cherchez une petite romance mignonette et addictive, n’hésitez pas, vous passerez un très agréable moment.


jeudi 22 mars 2012

Coup de gigot et autres histoires à faire peur de Roald Dahl


Coup de gigot et autres histoires à faire peur
de Roald Dahl, lu par Claude Aufaure

Éditions Gallimard Jeunesse
Collection Écoutez lire

Sortie le 6 octobre 2011
Format CD Audio / 15.90€ / 2h20 min


Présentation de l'éditeur :

Qui pourrait croire que derrière cette paisible ménagère, si tendre et si attentionnée avec son mari, se cache une terrible meurtrière ? Et cette logeuse débordante d'amabilité et de gentillesse, comment ne pas lui faire confiance ? Mais attention ! Les apparences sont parfois trompeuses... Voici quatre histoires à l'humour plutôt macabre dont la lecture vous fera frémir !


L'avis d'Heclea :

Roald Dahl est un des auteurs jeunesse à lire absolument, aussi bien pour les découvertes qu’il fera faire aux plus jeunes, que pour les souvenirs qu’ils rappellent à leurs aînés. Si en plus, on peut en profiter pour se laisser bercer par la voix d’un conteur, le retour à l’enfance est direct, et le plaisir multiplié.

Dans ce recueil de textes, la voix du narrateur est sans conteste un point fort. En effet, elle est prenante, troublante, indescriptible. Le phrasé très particulier de Claude Aufaure, le fait qu’il prenne son temps, qu’il laisse l’auditeur visualiser les images, est particulièrement agréable. On peut également noter sa faculté à s’adapter aux situations et aux personnages, leur donnant ainsi vie, nous permettant de nous faire une idée du caractère de chacun et de leurs manières d’être.

Du côté des textes, on retrouve, comme bien souvent chez l’auteur, un humour sous-jacent, offrant deux niveaux de lecture. Les plus jeunes apprécieront donc de se laisser emporter, de se demander ce qui va arriver, de trembler face à l’ambiance mise en place, alors que les adultes noteront une ironie des situations et une caricature des personnages tout à fait bienvenues.

En ce qui concerne les intrigues, il est facile de se laisser porter, essayant d’imaginer la chute, se demandant si Mary Mellony va s’en sortir, si Mrs Foster va avoir son avion, ou encore ce qu’a bien pu décider William. L’auteur sait nous transporter dans ses histoires, les rendant très visuelles et les émaillant de détails qui les rendent crédibles.

Les personnages sont malmenés par Roald Dahl qui nous les dépeint comme désagréables, parfois hystériques ou geignards. Leurs rapports sont compliqués, souvent tendus, parfois secrets, et les couples sont particulièrement mis à mal, comme si l'auteur essayait de faire passer un message, décrivant une réalité que l’on pourrait imaginer comme vraie, donnant un impact supplémentaire à ses histoires.

Au final, le lecteur/auditeur a là de quoi passer un bon moment, à se laisser emporter dans ces aventures qui, si elles n’ont pas toutes le même intérêt, sauront néanmoins toucher ou faire réagir le plus grand nombre.


Rainbows End de Vernor Vinge


Rainbows End
de Vernor Vinge

Editions Le Livre de Poche
Collection Science-Fiction

Sortie le 20 avril 2011
Format Poche / 8.50€ / 637 pages

Présentation de l'éditeur :

Au milieu du XXIè siècle, le virtuel a subverti le réel. La Singularité est proche, issue de la convergence entre informatique et nanotechnologie. Grâce à ses vêtinfs, ses lentilles de contact, chacun communique avec tous, peut se déplacer sous forme d'avatar à l'autre bout du monde ou en recevoir informations et images.
Le meilleur des mondes, ou presque. Et un monde dangereux.
Robert Gu, illustre poète américain, a sombré dans la nuit de l'esprit. Grâce à un traitement miraculeux, il émerge de son Alzheimer. Et peut quitter la maison de retraite de Rainbows End.
Mais il va lui falloir se familiariser avec ces machines à distiller de l'information dont il s'est toujours méfié. Lui qui a toujours tant aimé les livres découvre un horrible projet, le Bibliotome : tout numériser au prix de la destruction physique de l'imprimé.


L'avis d'Heclea :

Rainbows End fait partie de ces romans de Science-Fiction qui flirtent avec les genres et ne se cantonnent pas simplement à nous présenter un univers futuriste où les avancées scientifiques sont légion et où l’humanité a modifié sa façon d’être. En effet, en se plongeant dans son intrigue, le lecteur doit s’attendre à découvrir une histoire à la limite du roman d’espionnage, où les groupes de personnages se mélangent et s’affrontent, où les secrets sont bien gardés, et où personne n’est ce qu’il semble réellement.

Une fois posées ces bases, une fois immergé dans cette ambiance particulière, il est facile de se laisser emporter dans cet imaginaire où le monde du médical et les avancées technologiques ont bien évolué et pas toujours pour le meilleur. D’ailleurs, et comme souvent avec ce type de littérature, il n’y a qu’un pas pour y déceler une critique de la société et des recherches en cours. Le monde ici décrit a de quoi faire peur et dénonce de trop grands bouleversements, et tout lecteur y trouvera son lot de sujets de réflexion.

L’univers mis en place fait également la part belle aux technologies de l’information et imagine un monde très proche du notre et pourtant émaillé de toutes ces évolutions que l’on peut rencontrer dans les films du genre et envisager dans un avenir plus ou moins proche.

Tous ces détails permettent en tout cas de s’échapper du réel le temps de la lecture et de se laisser embarquer dans cette intrigue particulière.
Au niveau des personnages, l’auteur a pris le parti de les décrire de manière brute, sans prendre de gants, sans les enjoliver, au risque de rendre l’attachement difficile. Pourtant, il faut avouer que leurs côtés sombres les rendent crédibles et qu’il devient ainsi plus agréable de les voir évoluer et d’apprendre à les comprendre. Les rapports sont bien souvent tendus, difficiles et émaillés de ces rancœurs et incompréhensions qui peuplent la vie de tous les jours, augmentant encore la véracité de ces protagonistes qui se retrouvent pour la plupart projetés dans quelque chose qu’ils n’imaginaient pas.

Si l’ensemble paraît ainsi très positif, il faut néanmoins avouer que, par moments, le récit manque de clarté et d’explications, et que certaines rencontres et évènements arrivent trop vite, comme s’il manquait un passage. Il est dans ce cas difficile de lire si l’on n’est pas parfaitement concentré, et les plus novices pourraient s’en trouver déstabilisés.

Au final, voilà un roman somme toute agréable à lire, bien ficelé et tout à fait dans le genre, mais qui ne restera pas forcément dans les mémoires, son souvenir s’estompant rapidement une fois la dernière page tournée.


mercredi 21 mars 2012

Kara Gillian Tome 1 : La Marque du démon de Diana Rowland

Kara Gillian
Tome 1 : La Marque du démon
de Diana Rowland

Editions Milady
Collection BIT LIT

Sortie le 23 mars 2012
Format Poche / 480 pages / Prix 8€


Présentation de l'éditeur :

Flic et invocatrice de démons, Kara Gillian est chargée d'enquêter sur une série de meurtres abjects. Convaincue que le tueur a un rapport avec les arcanes, elle compte bien mettre à profit ses pouvoirs occultes pour l'arrêter. Pourtant, cet atout pourrait se retourner contre elle lorsqu'elle invoque sans le vouloir une créature d'une beauté surnaturelle dont le contrôle lui échappe. Kara n'a plus droit à l'erreur, d'autant plus qu'un agent du FBI soupçonneux surveille ses moindres faits et gestes. 


Avis d'Elaura :


Et voici une nouvelle série et une nouvelle héroïne qui débarquent dans le petit monde de la bit-lit ! L’on pourrait se dire : encore ? Oui, encore, mais cette fois-ci, point de vampires ni de loups-garous ou de faës, juste des humains, une invocatrice et des démons.

Kara Gillian est avant tout un flic et se comporte comme tel. Le must, elle a un don qui peut s’avérer utile quand on est face à des meurtres rituels, elle peut voir et sentir la magie arcanique et invoquer des démons. Fraichement affectée à la criminel en tant qu’inspecteur, elle se retrouve sur une enquête qui la passionne depuis fort longtemps, celle du tueur aux symboles. Un serial killer particulièrement vicieux qui torture ses victimes pendant des jours et finit par les tuer de manière barbare. Mais Kara sait que d’autres forces sont impliquées dans ces meurtres et elle seule peut venir à bout des atrocités qui sont à l’œuvre.

Cette nouvelle saga a la particularité de flirter de très près avec le thriller, et c’est une très bonne surprise ! Nous sommes témoins d’une véritable enquête de police bien documentée et parfaitement maitrisée si bien que l’on oublie parfois que nous lisons de l’urban fantasy. Certes, les nombreuses références à la magie arcanique et aux démons nous rappellent l’aura fantastique qui plane sur le récit et la nature même de l’intrigue y prend sa source, mais le suspense et la construction du roman sont vraiment proches du roman policier.

Quelques petits défauts peuvent cependant être soulignés. Comme tout premier tome qui se respecte, La marque du démon nous fournit bon nombre d’éléments qui alourdissent parfois la lecture et l’histoire met un peu de temps à se mettre en place. Mais plus nous avançons, plus il nous est difficile de poser le livre. L’auteur manipule le lecteur avec brio, en dispensant indices et troubles avec parcimonie, si bien que des questionnements incessants nourrissent notre imagination et prouvent la richesse d’une intrigue qui est loin de trouver son épilogue dans cet opus.

Bien évidement, nous faisons la connaissance de deux mâles alpha dont un démon particulièrement charismatique et très … mécontent et le second nous semble prometteur.

Un début de série qui annonce des heures de lectures plus qu’intéressantes à l’avenir malgré ses imperfections. À découvrir !

mardi 20 mars 2012

Steve Jobs

  Steve Jobs
de Walter Isaacson

Éditions JC Lattès
Collection : Essais et documents

Sortie le 25 octobre 2011
Grand Format / 668 Pages / 25€

  
Présentation de l'éditeur :

Suggéré par le créateur d’Apple, qui fait face à une maladie redoutable, Steve Jobs,  à partir de plus de quarante entretiens menés sur plus de deux ans et d’interviews d’une centaine de membres de sa famille, amis, rivaux, concurrents et collègues, le livre retrace l’incroyable vie et l’extraordinaire personnalité d’un génie, perfectionniste et hyperactif, qui a révolutionné les ordinateurs, les films d’animation, la musique, les téléphones, les tablettes tactiles et l’édition numérique. Steve Jobs est désormais l’icône absolue de l’inventivité. Il a compris qu’associer la créativité à la technologie était devenu essentiel. Steve Jobs a bien sûr collaboré au livre mais n’a demandé aucun droit de regard sur ce qui est écrit, ni même de le lire avant la publication. Il n’a imposé aucune limite, au contraire, il a encouragé son entourage à parler librement. « Il y a beaucoup de choses dont je ne suis pas fier, dit-il, notamment la façon dont, à vingt-trois ans, j’ai géré la situation lorsque ma petite amie est tombée enceinte. Mais je n’ai pas de cadavres dans le placard que j’essaie de cacher. » C’est avec une extrême franchise que Steve Jobs parle des personnes avec qui il a travaillé ou été en concurrence. Il peut profondément exaspérer les gens autour de lui. Ses amis, ennemis et collègues évoquent sans langue de bois ses passions, ses démons, ses désirs, son intransigeance, et son obsession du contrôle qui ont forgé sa vision des affaires et les innovations qui en ont découlé. La personnalité de Steve Jobs et les produits qu’il crée sont étroitement liés, comme les différentes parties d’un système intégré – tous les produits Apple et ses logiciels participent de cette logique. Le parcours de Jobs est exemplaire, un modèle en terme d’innovation, de caractère, de direction d’entreprise et de valeurs.

L'avis de Lila :

Steve Jobs est une personnalité que l'on ne présente plus. Que l'on adhère ou non à la philosophie Apple et à ses produits, on ne peut nier que l'homme était un grand visionnaire et un génie, capable de créer ce dont les gens ont besoin, avant qu'ils n'en aient besoin. Walter Isaacson nous offre ici une biographie complète et passionnante, dans laquelle on retrouve de nombreuses anecdotes et des photos issues des albums personnels de la famille Jobs.

De son enfance à son décès, c'est près de 600 pages d'informations, de découvertes et de photographies qui s'enchaînent avec fluidité et pertinence. L'auteur nous raconte l'histoire de Steve Jobs, dans un style agréable, accessible et réellement prenant. Bien loin des clichés habituels, c'est un homme passionné et profondément humain qui nous est présenté. Sans aller dans le larmoyant ou la sympathie excessive, l'auteur nous raconte un homme au destin exceptionnel, un mari, un père, un ami, dont le décès a ému des millions de personnes à travers le monde.

Cette biographie soignée et richement documentée plaira bien sûr aux fans de Steve Jobs et d'Apple, mais sera également une lecture divertissante et instructive pour les autres. Un très bel ouvrage qui trouvera facilement sa place dans les bibliothèques.

Une enquête de Flavia de Luce Tome 2 : La mort n'est pas un jeu d'enfant

Une enquête de Flavia de Luce 
Tome 2 : La mort n'est pas un jeu d'enfant
d'Alan Bradley

Éditions du Masque
Collection MsK
 
Sortie le 14 septembre 2011
Format broché / 374 pages / Prix 17 €


Présentation de l'éditeur :

Après les aventures qui ont agité, quelques mois plus tôt, le manoir de Buckshaw et révélé ses talents de détective, Flavia pensait en avoir fini avec les enquêtes. Mais voilà que Rupert Porson, un marionnettiste de passage à Bishop’s Lacey, est assassiné pendant une représentation. Qui a pu commettre un tel acte – et pourquoi ? Et cette marionnette qui ressemble trait pour trait au fils Ingleby, retrouvé pendu dans la région il y a quelques années : peut-il s’agir d’une coïncidence ?
Flavia est suffisamment intriguée pour mettre de côté ses expériences de chimie et ses projets de vengeance contre ses deux pestes de sœurs. Perchée sur Gladys, sa bicyclette adorée, Flavia se lance alors dans une enquête qui l’amènera à dévoiler les secrets les plus sombres de Bishop’s Lacey. Mais elle devra prendre garde à ne pas s’approcher trop près de celui qui tire secrètement les ficelles de cette danse macabre…

L'avis de Lila :

C'est avec beaucoup de tendresse que l'on retrouve Flavia, détective en herbe et empoisonneuse de grand talent dans une nouvelle histoire. À peine remis des aventures survenues dans le premier tome, le charmant petit village de Bishop's Lacey doit affronter un nouveau drame : l'accident mortel, ou plutôt le meurtre, d'un célèbre marionnettiste lors d'une représentation exclusive dans l'église. Et évidemment, la jeune Flavia se fait un devoir de mener sa propre enquête !

Ce second tome reprend exactement les mêmes ingrédients que le premier, si vous ne l'avez pas apprécié, celui-ci trouvera difficilement grâce à vos yeux. Cependant, si vous aviez été séduit par la jeune Flavia et ses aventures rocambolesques, vous la retrouverez ici avec grand plaisir.
Toujours aussi impertinente, drôle et décalée, Flavia de Luce mène l'enquête avec un sens de l'analyse et de la déduction qui n'a rien à envier à celui de Sherlock Holmes. Comme dans le premier opus, elle fouine, observe, pose des questions qui dérangent et fonce d'un indice à l'autre au volant de sa fidèle Gladys. La voir damner le pion à la police est toujours aussi drôle et ses échanges avec l'inspecteur Hewitt, entre admiration réciproque et compétition, est ici encore un grand moment.

S'il est toujours aussi plaisant de la voir enquêter entre deux expériences de chimie et au milieu d'une galerie de personnages tous plus originaux les uns que les autres, il est pourtant à noter que rien de bien nouveau n'est proposé. Ce second tome ne bénéficie donc plus de l'effet de surprise qui avait profité au premier volet, ce qui en gâte un peu le goût. Pour autant, l'auteur confirme ici son talent et l'héroïne prouve une fois de plus ses nombreuses qualités.
C'est un très bon roman, très bien écrit et original, que l'on ne peut que conseiller aux jeunes lecteurs, amateurs de campagne anglaise et d'enquêtes policières décalées. À noter également : il n'est pas nécessaire d'avoir lu le premier volet pour savourer cette histoire, elle est tout à fait accessible aux nouveaux lecteurs.

Alchimie de Beth Fantaskey

Alchimie
de Beth Fantaskey

Éditions Le Livre de Poche 
Collection Fantastique

Sortie le 18 janvier 2012
Format poche / 427 pages / Prix 6,95 €




Présentation de l'éditeur :

Depuis l’entrée de Tristan Hyde dans le même collège que Jill Jekel en Pennsylvanie, leurs noms de famille font l’objet de toutes les plaisanteries. En effet, ils rappellent vaguement quelqu’un… Et tous deux ont de bonnes raisons de ne pas rire de ces moqueries.
Le père de Jill a toujours cru que sa famille était liée au Dr Henry Jekyll, ce scientifique qui a créé son alter ego maléfique. D’ailleurs, il affirme que la boîte fermée à double tour dans son bureau contient le détail de cette expérience diabolique. Quant à Tristan, ses liens avec l’histoire de Mr. Hyde sont encore plus proches, et plus dévastateurs.
Jill sait qu’elle ne doit pas ouvrir cette boîte. Mais quand son père est assassiné, et qu’elle découvre que le compte en banque qui devait payer ses études a été vidé, elle n’hésite plus. Si elle parvient à recréer l’élixir du Dr Jekyll, elle obtiendra sans doute la bourse qui lui permettra d’entrer dans un des meilleurs programmes de chimie des États-Unis.
Tristan accepte de l’aider, espérant sauver sa raison et peut-être même sa vie. Si l’on en croit la légende familiale, il est le descendant direct du monstre, ce qui le condamne à perpétrer la violence et le chaos autour de lui.
Pourront-ils échapper à leur destin et éviter que l’amour qui les étreint peu à peu ne conduise à leur propre destruction ?


Avis de Chani

Le mythe du Dr Jekyll et de Mr Hyde revisité à la sauce ado. Jill est une soi-disant descendante du fameux docteur. Son père, chimiste, est décédé dans des circonstances mystérieuses. Tristan, ténébreux jeune homme serait un descendant de Mr Hyde. Ils vont se voir obligés, à l’occasion d’un concours de chimie, de se rapprocher et de tenter de reproduire le sérum du Dr Jekyll. Bien sûr, leur rapprochement donnera naissance à une idylle entre les deux jeunes gens.

Bon, alors dès le départ, ça coince pour moi. Comment parler de descendants du Dr Jekyll et de Mr Hyde alors que dans le roman de Stevenson ils ne sont que les deux facettes (le bien et le mal) d’un seul homme ? Quand bien même ils seraient les descendants des deux facettes de l’individu, ils seraient donc parents…
Bref, même en essayant de passer outre les libertés prises par l’auteur avec le roman d’origine, je n’ai pas réussi.
Ensuite les personnages. Jill est trop lisse, limite godiche, alors qu’avec Tristan l’auteur nous sert la caricature du beau jeune homme ténébreux. Leur bluette est cousue de fil blanc, tout comme l’histoire familiale de l’un et de l’autre, pourtant censée porter le suspens du livre.

Non, vraiment, Alchimie ne m’a pas convaincue, loin de là… Je n’y ai vu qu’une accumulation des clichés du genre, dans un style plat et mièvre. Alors que Beth Fantaskey sait imaginer des personnages ayant plus de répondant et de mordant, comme dans la série du vampire amoureux. Dommage…

lundi 19 mars 2012

Le Chemin de Sable de Pascal Garnier

Le Chemin de Sable
de Pascal Garnier

Éditions Bayard Jeunesse

Sortie 25 août 2011
Format Broché / 496 pages / Prix : 12,90€



Présentation de l'éditeur :

Vincent n'en peut plus de sa famille, de sa cité. Sur un coup de tête, il décide de partir et finit par rejoindre son oncle excentrique, un sculpteur vivant dans un blockhaus, au bord de la mer du Nord. Vincent reste quelque temps avec lui, jusqu'au jour où il tombe fou amoureux d'une jeune fille croisée sur la plage, qui habite à Saint-Jean-de-Luz. Alors, même si cela doit lui prendre une année, Vincent longe la côte à pied. De petits boulots en rencontres inoubliables, il suit avec confiance le long chemin de sable qui le rapproche chaque jour de celle qu'il aime. Un voyage initiatique, où la force des uns répond aux fragilités des autres. Une formidable école de la vie !


Avis de Biscotte
C'est un roman tout en douceurs, plein de rêves et d'aventures qui plaira aux ados. Aller de Dunkerque à Saint-Jean-de-Luz par la plage et à pieds. Et tout ça pour une fille ! C'est pas tout le monde qui le ferait.

Vincent est l'ainé d'une famille de 3 enfants ayant une mère alcoolique et un père en prison. Il ne sait pas ni lire ni écrire, il a appris à l'école mais il a tout oublié. Il vit dans une cité et avec son copain Sélim, tous deux passent leurs soirées à fumer et à jouer à "et si tu gagnais au loto ?". Un jour, à la station essence, un homme laisse ses clés sur le contact et s'éloigne de son véhicule. Ni une ni deux, les deux compères montent dans la voiture et prennent la route.

D'un premier abord, l'histoire peut paraître sans intérêt. On irait même jusqu'à s'imaginer que le livre est un espèce de guide du routard. Mais en fait, pas du tout. Il n'est pas question d'une histoire, mais de plusieurs rencontres qui font changer Vincent. Petit à petit, il s'intéresse à la lecture et aux gens qu'il va apprendre à connaître et à aider. Il découvrira la soudure et faire des choses avec ses mains à partir de rien. À chacune de ses rencontres, il en ressort enrichi, plus mûr et plus adulte.

Sur la première moitié du livre, l'histoire n'est pas assez réaliste, ou alors le personnage principal est trop chanceux (et dans ce cas, il aurait dû jouer au loto et prendre le train Very Happy ) pour qu'un public adulte réussisse à se plonger entièrement dans ce roman. Cependant, c'est cette bouffée d'air frais et le message qu'il transmet qui nous poussent à terminer le roman. Le style, un peu biographique, aide aussi à nous plonger dans l'histoire. La fin rattrape entièrement le léger ennui du début Wink

dimanche 18 mars 2012

Les Vampires de Chicago, Tome 1 : Certaines mettent les dents de Chloe Neill



Les Vampires de Chicago
Tome 1 : Certaines mettent les dents

de Chloe Neill

Éditions Milady

Sortie le 24 juin 2011
Format poche / 480 pages / 7,10 €


Présentation de l'éditeur :

Ils m'ont tuée. Ils m'ont soignée. Ils m'ont changée. Les vampires de Chicago ont décidé de révéler leur existence et ont fait de moi l'une des leurs. Certes, ma vie d'étudiante n'était pas très excitante, mais elle me convenait. Maintenant je dois apprendre à maîtriser mes pouvoirs naissants sans pour autant jurer fidélité à Ethan Sullivan, le Maître de mon clan. D'accord, il m'a sauvé la vie, mais c'est quand même à cause de lui si je suis allergique au soleil ! S'il croit que je vais fondre sous prétexte qu'il a des siècles d'expérience en matière de séduction... J'ai plus urgent : un tueur a une dent contre moi. Ça va saigner !


Avis de Chani : 

J’avoue, c’est surtout le titre qui m’a fait acheter ce bouquin. Que voulez-vous, on ne se refait pas hein… Et pour le coup, ce fut une très agréable lecture.

Merit est étudiante à l’université de Chicago. Un soir, elle est victime d’une agression par un vampire qui la laisse pour morte, si bien qu’Ethan Sullivan n’a pour autre choix, pour la sauver, que de la transformer en vampire. Au lieu de rentrer dans le rang et de se montrer docile face à son sauveur, Merit va faire étalage de son (mauvais) caractère, et montrer qu’elle n’est pas une novice comme les autres, provoquant des réactions diverses et variées chez ses semblables, allant de l’admiration à la haine.

Alors ok, cette nouvelle série ne révolutionne pas le genre, mais je n’ai pas boudé mon plaisir.
On retrouve les ingrédients classiques ; une héroïne forte et limite pénible tant elle veut garder son indépendance, un beau et ténébreux héros qui va tenter de la soumettre mais va bien sûr échouer, ce qui renforce davantage son attirance pour elle, la copine barrée, et puis évidemment un peu de politique vampirique, une bonne dose d’action, et un soupçon de sexe. Et tout ça fonctionne bien, très bien même.

Alors si vous cherchez une petite série d’urban fantasy distrayante et sans prise de tête, Les vampires de Chicago sont là pour vous !

Les Soeurs Lockwood tome 3 : Le secret de la séduction

Les Sœurs Lockwood, tome 3 :
Le Secret de la séduction
de Julie Anne Long
Edition J'ai Lu
Collection Aventure et Passion
Prix : 6€50

 

Présentation de l'éditeur :

Sabrina Farleigh aime Geoffrey Gillray qui n'a qu'un seul rêve, partir en Afrique. Pour financer son projet, il s'adresse à son cousin Rhys Gillray, surnommé le libertin et célèbre pour sa poésie frivole et audacieuse. Certaine que son bonheur auprès de Geoffrey se joue entre les mains de son cousin, Sabrina s'introduit chez Rhys.

L'avis de Dementia :

Sabrina Lockwood, la troisième des sœurs, a été adoptée par un pasteur. Éduquée dans les règles de la religion, elle repousse toute forme de plaisir et se destine à une vie de missionnaire aux côtés du Vicaire, Geoffrey Gillray. Cependant, pour qu’ils puissent mener à bien leur projet, Sabrina doit trouver un financement. Grâce à Lady Mary, elle se rend chez Rhys Gillray, le comte de Rawden et cousin de Geoffrey. Malheureusement pour elle, Rhys, le libertin, a une toute autre vision de son futur.
Pris en flagrant délit d’embrassade langoureuse, ils sont contraints de se marier pour l’honneur de la jeune femme. Sabrina accepte et découvre dans les bras de son époux ce qu’est le plaisir, et surtout qu’elle aime ça. Mais le comte de Rawden se rend à Londres dès le lendemain de leur nuit de noce. Sabrina se retrouve seule et commence à faire… des bêtises.

Le dernier opus des Sœurs Lockwood de Julie Anne Long relève le niveau de la série après un second tome en demi-teinte.
Sabrina est une jeune femme de caractère, malgré un formatage certain dû à son éducation religieuse. Elle a une vision de la vie et du couple bien à elle. Sa personnalité bornée donne lieu à des situations cocasses dans lesquelles Rhys s’amuse à la pousser dans ses derniers retranchements.
Rhys, le libertin… Ses poèmes controversés ont fait de lui un bourreau des cœurs et un homme à abattre. Mais sous ses airs de tombeur se cache un passé trouble qui mettra en péril son couple.
Malgré des passages un peu longuets, l’auteure nous embarque dans cette histoire qui signe le dénouement des aventures des trois sœurs. Le procès de Morley se termine sur un retournement de situation et tout le monde est enfin réuni, Susannah, Sylvie, Sabrina et Anna Holt. L’épilogue laisse place à un quatrième tome, mais, Anna n’est pas une des sœurs…

L'invention de Hugo Cabret de Brian Selznick


 L'Invention d'Hugo Cabret
de Brian Selznick

Editions : Bayard Jeunesse
Format broché / 12,90€ / 501 pages


Présentation de l'éditeur :


L’invention de Hugo Cabret est un livre d’une originalité profonde, où les images ont la même importance narrative que les textes.
L’expression « roman graphique » semble avoir été forgée pour lui. Sur les 533 pages qui le composent, seule 182 sont véritablement du texte, le reste est composé d’images au crayon, dessinées par l’auteur, ou de photographies noir et blanc d’époque. L’intelligence de l’auteur est de ne pas limiter leur rôle à la restitution d’un Paris devenu mythique, celui de cette Belle époque, où le cinéma s’invente, où la modernité s’affirme dans les arts comme dans les sciences. Ici les images ne sont pas illustratives, elles sont narratives. Il faut les lire et les faire sienne comme les mots d’un texte. Elles sont dans les mailles d’une histoire.
A sa manière Brian Selznick amplifie le travail entamé il y a longtemps par Chris Van Allsburg. Mais ce qui aurait pu n’être qu’une manière, une astuce formelle de plus, charpente ici une histoire passionnante, énigmatique, laissant place à l’imaginaire, tout en ce faisant un bel hommage à des artistes comme Georges Méliès.
Livre ouvert, il s’offre, à notre époque qui s’affirme comme celles des images, comme un moyen étrange, peut-être inédit, mais certainement d’une indispensable initiative, de ne plus limiter la lecture aux mots et de l’étendre aux images.


Avis de Chani
Hugo Cabret est un petit garçon qui a perdu son père dans un incendie. Recueilli par oncle, qui a lui-même disparu, il prend sa relève et continue l’entretien des horloges de la gare pour ne pas être placé. En effet, Hugo veut continuer l’œuvre de son père, la restauration d’un vieil automate. Pour mener son travail a bien, Hugo a besoin de pièces, et va voler des jouets mécaniques au kiosque à jouets de la gare. Comme on pouvait s’y attendre, le petit garçon va se faire prendre la main dans le sac…

Habile mélange de texte, d’illustrations et de photos, L’invention de Hugo Cabret est une merveille. Les images ne sont pas présentes que pour illustrer le propos, elles racontent l’histoire par moments, et font prendre vie au roman.
Séduite par les mots et les images, j’ai complétement adhéré à cet univers magique. J’ai été transportée dans les années trente, au cœur de la gare Montparnasse, et j’attendais fébrilement que l’automate délivre son message.

Destiné à un jeune public, L’invention de Hugo Cabret ravira aussi les plus grands qui ont gardé une part de magie en eux…

jeudi 15 mars 2012

Apocalypsis Tome 1 - Cavalier Blanc : Alice


Apocalypsis
Tome 1
Cavalier Blanc : Alice
de Eli Esseriam

Éditions Nouvel Angle 
Collection Matagot

Sortie le 6 octobre 2011
Format Broché / 238 pages / 14,90€


Présentation de l'éditeur :

La fin du monde est proche. Ils sont quatre jeunes de 17 ans : Alice, Edo, Maximilian et Elias. Ils sont les Cavaliers de l'Apocalypse. Ils n'épargneront que 144 000 âmes. En ferez-vous partie ? "Cela doit être très reposant, parfois, d'être une personne lambda, destituée de toute responsabilité, lovée dans l'ignorance de tout ce qui se joue dans des sphères plus élevées. Pour la première fois, je les regarde avec une sorte de jalousie contenue. La fin du monde, pour eux, se définit par une mauvaise note en latin, déchirer son pantalon au niveau des fesses ou se faire larguer devant tout le monde dans la cour du lycée" - Alice Naulin, Cavalier Blanc.

Apocalypsis est une série en cinq tomes. Chacun des quatre premiers livres est rédigé à la première personne, et présente l’un des personnages. Le tome 5 est consacré à leur rencontre, et à l’apocalypse.


Avis de Molina

Une excellente surprise mais qui se termine trop vite ! Cette nouvelle série est indéniablement une découverte et une grande nouveauté.

Tout d'abord, le thème abordé est une première qui apporte un véritable renouveau et qui nous prouve que les auteurs savent encore se lancer hors des sentiers battus (et rebattus pour certains sujets...). Les cavaliers de l'apocalypse sont, non seulement un sujet peu traité, mais encore moins dans le genre YA (Young Adult), ce qui accroit encore l'intérêt que l'on peut porter a priori à ce livre. Et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est une vraie réussite !

L'ambiance du livre est à l'image de son héroïne, et l'un comme l'autre sont époustouflants.
Alice est une jeune adolescente excessivement intelligente mais aussi dépouillée de tout sentiment, du moins en apparence. Sa langue est aussi tranchante qu'une lame de rasoir mais toujours dans le réalisme et dénuée de toute méchanceté. C'est toujours la vérité brute sans fioriture ni souci de plaire. Son esprit est aussi complexe et curieux que notre imagination peut le concevoir. Et ce n'est que la partie visible de l'iceberg, car notre Alice est aussi un cavalier de l'apocalypse qui doit découvrir ses pouvoirs et apprendre à les contrôler. C'est d'ailleurs là que sa vie bascule car cet apprentissage se fera dans la douleur. C'est à travers ses erreurs qu'elle se développera, c'est en subissant leurs conséquences qu'elle changera.

Certaines scènes sont inattendues et insoutenables, même si l'auteur nous épargne le pire et se contente de suggérer le plus abominable. Le talent d'Eli se révèle dans les moments les plus épouvantables du récit et elle nous prouve qu'elle peut mettre son héroïne dans des situations impossibles qui déclencheront des émotions fortes chez le lecteur, tout en le poussant à continuer, et tout ça sans jamais tomber dans le gore, le drame ni l'exagération. Préparez-vous, vous ne sortirez pas indemnes de cette lecture !

L'intrigue est aussi une excellente découverte. L'auteure va de surprises en surprises et n'hésite pas à malmener son héroïne qui aura un allié attendu au caractère surprenant. Le rythme s'accélère au fur et à mesure de l'avancée du roman et le lecteur se retrouve dans l'incapacité de poser son livre tant le suspense est intense et les émotions fortes.

Alice est drôle, incisif, noir, dramatique, mais aussi intense et passionnant. Si les premiers chapitres se lisent gentiment, les derniers se dévorent la boule au ventre et de l'espoir plein la tête. Le seul regret qu'on puisse avoir est que ce livre est court, trop court ! Vivement la suite !



Dark Elite Tome 1 : Magie de Feu de Chloé Neill



Dark Elite, 
Tome 1 : Magie de Feu
de Chloé Neill

Éditions Castelmore


Sortie le 13 janvier 2012
Format Broché / Pages 320 / Prix 12,90€



Présentation de l'éditeur

Lily Parker est la petite nouvelle au lycée privé Sainte-Sophia. Ses parents sont partis pour un an à l'autre bout du monde en la laissant dans ce pensionnat d'adolescentes riches et snobs. Heureusement, la compagne de chambrée de Lily détonne dans le paysage : Scout est excentrique et connaît les lieux comme sa poche. Mais elle lui dissimule des choses. Ses mystérieuses activités nocturnes intriguent Lily, qui va tout faire pour découvrir ce qui se trame dans les sous-sols de Sainte-Sophia.





Avis de Molina

Une couverture sublime, un résumé alléchant plein de mystère et malgré tout une grosse déception.

Si le synopsis nous laissait entrevoir un monde mystérieux et des aventures à foison, le lecteur va vite déchanter.
L'univers reste fade malgré les nombreuses tentatives de l'auteure pour le rendre mystérieux et différent de ceux créés par d'autres auteurs du genre. Il est vrai que le nombre de séries pour adolescents qui se passent dans un internat très spécial commence à devenir très important et il est donc indispensable de se démarquer de ce qui a déjà été publié. Malheureusement les bonnes idées de Chloé ne suffisent pas et l'alchimie ne se crée pas, l'ambiance reste morne et manque de travail. L'impression qui reste est que l'atmosphère du livre est passablement inexistante et qu'elle n'apporte pas grand chose. Si le lecteur ne pourra pas manquer de remarquer les essais de Mme Neill visant à ajouter du mystère et de la magie à son récit, le résultat n'en est pas concluant pour autant.

Côté intrigue, vous ne serez pas mieux servis. Si les graines d'une intrigue passionnante sont bien semées, elles ne donnent pas grand chose et ce qui aurait pu être une aventure haletante se transforme en soufflé qui s'écroule... La fin du livre donne même le sentiment d'avoir été bâclée, comme si l'auteure avait voulu terminer rapidement son livre au détriment de la qualité du récit, c'est dommage.

Pour finir, parlons personnages et relations. Pour un roman ayant pour public visé les adolescents, c'est un point essentiel, et malheureusement ici aussi la déception est au rendez-vous. Si le lecteur se voit épargner les traditionnels clichés sur les relations entre adolescents et leurs caractères pitoyables, les personnages manquent de travail. Scout aurait mérité davantage de peps et d'envergure, Lily gagnerai à avoir plus de profondeur et de subtilité, et la fameuse directrice de Sainte-Sophia est décevante tant elle est caricaturale dans son rôle. Quant aux relations, nous nous contenterons de dire qu'elles relèvent de la magie : deux adolescentes qui deviennent amies en quelques jours c'est crédible, mais que Lily prenne des risques pour Scout après moins de 2 jours d'amitié et qu'en moins d'une semaine l'une risque sa vie pour l'autre, ça frise le ridicule. Le public peut être jeune, mais il ne faut pas non plus le prendre pour plus bête qu'il ne l'est...

Si Magie de Feu se parcourt assez rapidement c'est plus à cause de la taille réduite du livre que par son intérêt. Tout cela est d'autant plus dommage que Cholé Neill a un style qui se lit facilement et elle semble avoir de bonnes idées qui mériteraient d'être plus développées et mieux exploitées. Peut-être le prochain tome me fera-t-il revenir sur mes propos ? C'est tout ce que je lui souhaite, surtout dans un environnement aussi concurrentiel que celui des séries YA.

mercredi 14 mars 2012

L'Éternéant


L'Éternéant
Neal Shusterman

Éditions Msk

Sortie en Janvier 2012 
Broché / 350 pages 
/ 17 €


Présentation de l'éditeur :

Après un accident de voiture auquel ils n’ont pas survécu, les âmes de Nick et d’Allie se retrouvent bloquées à mi-chemin entre la vie et la mort, dans un univers qu’on appelle l’Éternénant. Il s’agit d’un lieu à la fois magique et dangereux où l’on croise toutes sortes d’âmes et d’objets errants. La reine autoproclamée de l'Éternénant, Mary Tourcélèste, a réuni ses ouailles dans un des rares buildings passé dans les limbes : les Twin Towers.
Or, Nick et Allie n’ont aucune envie de rester coincés dans ce monde bizarre ! Ce qu’ils veulent à tout prix, c’est retrouver leur vie d’avant. Leur quête les mènera dans les territoires inexplorés, sombres et parfois terrifiants de l’Éternénant… Mais plus le temps passe et plus l’espoir de retrouver un jour leur existence passée s’estompe. Et si tous leurs souvenirs s’évaporaient ? Il se pourrait bien alors qu’ils ne parviennent jamais à fuir ce monde étrange et inquiétant…


Avis de Chani
J’avoue avoir été séduite par la quatrième de couverture. Un monde parallèle entre vie et mort, pas de vampires, de garous, ni de sorciers ou autre bestioles surnaturelles, le thème change un peu. La couverture, sombre et inquiétante, rajoutait à ma curiosité.

Le début du roman commence par l’accident de voiture auquel Nick et Allie vont succomber. Hélas, pour eux ni Enfer, ni Paradis, mais les limbes où ils vont errer à la recherche d’explications. Durant leur périple, ils vont croiser des personnages hauts en couleurs, notamment la reine de l’Éternénant qui semble avoir reproduit une sorte de société où les enfants peuvent retrouver un peu de sécurité. Et comme dans tout bon roman, il y a bien sûr des méchants, je vous laisse découvrir qui ils sont, l’idée est assez sympa.

Mais hélas, malgré un style fluide et agréable, cette histoire n’est pas à la hauteur de ce que l’on pouvait en attendre. Tout d’abord la classification : pour moi le livre n’est pas à situer dans le rayon Young Adult, mais plutôt jeunesse. Première déconvenue. Et du coup, le traitement de l’intrigue est assez simple et manque de maturité. Là où le lecteur aurait pu frissonner de peur, il ne haussera même pas un sourcil par exemple. La dimension dramatique de l’histoire n’est pas aboutie, et l’ensemble manque de corps.

Finalement assez lisse, cette histoire correspondra sans doute à un lectorat allant jusqu’à 12-13 maximum, mais ennuiera les lecteurs plus âgés. Dommage, il y avait pourtant matière à faire quelque chose de beaucoup plus mûr.

Une aventure de Jill Kismet Tome 2 : La prière du chasseur de Lilith Saintcrow


Une aventure de Jill Kismet
Tome 2 : La prière du chasseur
de Lilith Saintcrow

Éditions Orbit

Sortie le 8 février 2012
Grand Format / Prix 15,50 €


Présentation de l’éditeur :

Après Mission nocturne, Jill Kismet, chasseuse spécialisée en créatures démoniaques reprend du service. Cette fois-ci elle est appelée par la police pour résoudre des meurtres monstrueux de prostituées. Une aventure décapante signée Lilith Saintcrow, auteur best-seller.


Avis de Chani
Le premier tome des aventures de Jill Kismet ne m’avait pas complètement convaincue, et j’attendais ce deuxième opus pour affiner mon opinion. Et si j’étais mitigée au départ, je suis maintenant complètement enthousiaste.

Jill va devoir enquêter sur des meurtres particulièrement horribles, commis sur des prostituées, ce qui renvoie la jeune femme à son propre passé. Épaulée par Saul, elle va s’enfoncer une nouvelle fois dans ce monde sombre et violent.

Il y a toujours autant d’action, l’intrigue est menée tambour battant, ne laissant aucun répit au lecteur, mais cet opus est aussi plus profond, plus centré sur les personnages. On perce (un peu) la carapace de Jill qui, de fait, semble plus humaine, plus touchante. Si dans le tome précédent elle semblait très froide et dure, sa sensibilité va être exposée dans celui-ci, la rendant plus proche du lecteur. Sa relation avec Saul est aussi bien plus développée. Jill a des failles, et Saul est son appui, son repère quand tous semble lui échapper. Idem, Perry est bien plus présent : l’auteur revient sur sa relation trouble avec la chasseuse, mélange de haine et de désir sur fond de manipulation.
L’intrigue quant à elle est toujours très bien menée, le style est fluide et agréable, comme dans chaque livre de Lilith Saintcrow.

Dans La prière du chasseur, l’auteur a su garder les éléments réussis du premier opus, et y a ajouté la profondeur des personnages et de leurs relations, en faisant un livre réussi qui m’a convaincue.

lundi 12 mars 2012

La vampire, tome 5 : La soif du mal


La vampire
Tome 5 : La soif du mal
de Christopher Pike

Editions J'ai Lu
Collection DARKLIGHT

Sortie le 4 janvier 2012
Format Poche / Prix 7,20 €


Présentation de l'éditeur

Kalika, la fille d'Alisa Perne, un vampire aussi, veut s'en prendre à un enfant. Pour l'en empêcher, Alisa va devoir s'associer avec un mystérieux professeur. Celui-ci a trouvé un livre : un antique manuscrit... Le remède risque d'être pire que le mal.


Avis de Scende

La soif du mal est l’avant dernier opus de cette série. Et comme ses prédécesseurs, il porte également sur le passé d’Alisa. Alliant le présent au passé, l’auteur nous guide pour faire face à un nouveau danger. La période égyptienne d’Alisa va servir de témoin afin de sauver le nouveau-né de Paula que nous avions rencontré dans le précédent tome. D’après des études, le bébé serait la nouvelle incarnation de Jesus (ou Krishna) sur Terre, et la vampire va tout faire pour le sauver de sa propre fille, la déesse de la destruction.

S’ensuit alors une course poursuite entre les deux vampires afin de trouver l’enfant, et plusieurs bains de sang seront encore une fois au goût du jour…
Christopher Pike signe ici un tome plus calme que le précédent mais également plus accrocheur. Sa marque de fabrique (bain de sang et flash-back), nous plonge dans un univers connu qui permet de s’approprier l’histoire plus facilement. Le style de l’auteur, bien qu’agréable, présente tout de même une certaine lourdeur : l’héroïne est égocentrique et elle sait tout faire. De quoi déstabiliser le lecteur qui voit souvent en elle le héros masculin des films d’action américains. Toutefois, La soif de sang nous invite à revoir ce jugement légèrement à la baisse puisqu’Alisa a enfin trouvé plus fort qu’elle : Kalika, sa propre fille.

Et le rôle de cette dernière est particulièrement intéressant ! Sa position, ses actes et sa force seront dictés par un instinct ancestral…

Pour conclure, un tome meilleur que le précédent, des scènes d’action, quelques longueurs et des flash-back. Pour les amateurs du genre, bonne lecture !

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vendredi 9 mars 2012

La fille du Soleil Noir Tome 1 : Esprits impurs de M.L.N. Hanover

La fille du Soleil Noir
Tome 1 : Esprits impurs 
de M.L.N. Hanover

Editions Milady  
Collection Bit-Lit  

Sortie le 20 janvier 2012  
Format Poche - Pages 384 - Prix 8€  



Présentation de l'éditeur
 
Lorsque Jayné Heller débarque à Denver pour organiser la succession de son oncle Eric, mystérieusement assassiné, son univers vacille. Outre une fortune étourdissante, ce dernier lui a donné une mission : combattre le Collège Invisible,
une cabale qui menace d'abattre les frontières entre notre monde et celui des esprits impurs qui rôdent à côté.
Entourée d'une équipe improbable, Jayné comprend que, pour survivre dans cet univers étrange et dangereux, elle va devoir en maîtriser les règles... ou les réinventer.

Avis de Kamana

Un premier tome très sympa, une lecture agréable qui soulève tout de même beaucoup d'interrogations à la fin !

Jayné Heller est une héroïne étonnante, d'une fraîcheur revigorante. Avec l'assassinat de son oncle qui lui lègue un fortune en héritage, elle ne s'attendait pas à devenir la cible d'une organisation mystérieuse et sombrement puissante. Elle est parachutée, d'un coup, dans le monde surnaturel qui peuple notre belle planète. Jayné est très septique au départ. Elle n'accepte pas les histoires relatées par ses nouveaux amis de combat, même si l'un d'entre eux a un aspect plus proche d'une momie que d'un humain bien portant. Et pour cause, il lui dit être né depuis plus de deux cent ans et victime d'une malédiction. C'est en rencontrant cette étrange créature que Jayné s'est vue attaquée. Pendant cette lutte, notre amie a développé des facultés étonnantes...

Nous avons là un très bon premier tome pour une série. L'auteure rentre dans le vif du sujet très vite, ne tombant pas dans une description longue et barbante du contexte. On apprend les choses en même temps que notre héroïne, ce qui donne au récit une dynamique entraînante entre suspense et légèreté. Un savant dosage de tout ce qui fait un bon livre bit-lit : de l'action, des moments tendus, des instants drôles, des méchants, des gentils, des louches qu'on ne sait pas dans quel clan mettre, le tout avec une bonne dose de magie et d'êtres surnaturels. L'idée de créatures démoniaques telles qu'elles sont amenées dans l'histoire est sympa et change de la toile de fond vampirique et lycanthropique habituelle.

Jayné se retrouve avec une équipe hétéroclite pour combattre : un groupe d'hommes qui se connaissent déjà qu'elle intègre au départ pour survivre puis ensuite pour passer à l'offensive. Les tensions, qu'elles soient d'ordre stratégique, domestique ou sexuel, sont savamment dosées. Même si Jayné finira dans le lit de l'un deux, l'auteure n'y passe pas des heures et survole le passage des ébats, donnant du coup au récit une teneur plus centrée sur le suspense que sur les relations amoureuses. Certes, la situation créée viendra pimenter tout au long de l'histoire les rapports du groupe, mais sans que cela ne tombe dans un excès de romantisme pesant. Forcément, une femme et quatre hommes qui vivent ensemble, tout ne peut pas filer doux...

Un truc récurrent, propre à Jayné, la prononciation de son prénom. Au fil des pages et ce jusqu'à la fin, notre amie n'aura de cesse de nous rappeler que tout le monde écorche son prénom. Dit comme ça, ce fait paraît anodin, mais pendant la lecture, c'est comme un clin d’œil qu'on devine perdurer dans les suites, comme une signature de Jayné !

Alors, en exergue est dit que la fin amène des questions. C'est exact ! Même si on apprend tout un tas d'informations sur le nouvel environnement de Jayné, il reste des éléments flous comme par exemple le rapport qu'ont ses pouvoirs avec la couverture. Somme toute très belle, l'illustration nous montre l'héroïne avec une lame en feu, fait qu'on ne lira point dans ce livre. Pareil pour l'intitulé de la série : le terme La fille du soleil noir n'est utilisé qu'une fois dans le roman et sans autre explication. Nous attendons donc beaucoup du deuxième opus qui, espérons-le, nous en révèlera plus sur ces parts d'ombres restantes à la fin de ce tome.

C'est une série bit-lit intéressante au récit prenant avec une héroïne énergique et sensible qui se découvre. On croise les doigts pour qu'à l'avenir ses pouvoirs nous époustouflent !