Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

lundi 31 octobre 2011

Les Guerriers de l'Ombre Tome 1 : Amour Brûlant

Les Guerriers de l'Ombre
Tome 1 : Amour Brûlant
de Sharon Kena
Éditions Sharon Kena

Poche / Pages 300
Prix 12,51€
Prix Numérique 6,50€


Présentation de l'éditeur :

En posant son regard sur Kraler, Angel était loin de se douter que sa vie allait basculer du tout au tout. Imposant, fort, musclé et terriblement sexy, sous ses airs menaçants, il a pris possession de son cœur sans préavis. Fine, belle à l’odeur florale épicée, elle a su briser sa carapace et le rendre dépendant. Mais comment leur relation pourrait-elle avoir la moindre chance ? Déjà si fragile, elle devient impossible lorsque le vampire perd le contrôle pour une seule raison : il veut se rapprocher d’elle selon les coutumes de sa race.

L'avis de Lila :

C'est l'histoire d'Angel. Elle est incroyablement belle Angel, mais elle est un peu simplette. Elle a une meilleure amie Angel. Son amie, Camilla, aussi est incroyablement belle. Son amie aussi est un peu simplette. Quand les deux sortent ensemble en boîte de nuit, ça ressemble rapidement à un clip bien gras de rappeur américain, avec prostiputes en trikini et gros misogynes qui leur apprennent la vie dans les wc. Angel voit un monsieur (120 kilos de muscles et 2 mètres de haut, difficile à rater) et tombe amoureuse. Oui, comme ça, juste en l'ayant vu de loin (je vous ai dit qu'elle était un peu simplette Angel ?). Le monsieur c'est Kraler. Il est incroyablement beau Kraler, mais il a des problèmes comportementaux. Comme tous les hommes de ce roman, il croit que (attention, je cite, éloignez les enfants) "salope", "pétasse" et "chienne en chaleur" sont des synonymes de "femme". D'ailleurs, on ne parle pas de "femmes" dans ce roman, non, on parle de "femelles". Autant dire que si ce roman avait été écrit par un homme, les Chiennes de garde et autres féministes lui auraient déjà collé un procès.

Bref, Kraler croise Angel, l'insulte de tous les noms, et comme Angel a probablement eu une enfance difficile, elle trouve ça trop génial. Comment résister à un bel inconnu qui vous appelle affectueusement "chienne en chaleur" et "salope" ? Et comme on est au royaume du bon goût, plus tard, Kraler coince Angel dans les toilettes et la prend sur le lavabo, sans lui demander son avis, ni même se protéger. La grande classe ! Je ne sais pas si l'héroïne est nymphomane, mais elle trouve ça tout à fait normal, elle est même très contente. D'ailleurs, c'est LUI, elle l'aime pour la vie, ayé ! (je vous ai dit qu'elle était un peu simplette la Angel ? ). Ne croyez pas que je vous spoile le roman, non, non, tout ça se passe dans les 5 premières pages seulement. Plus tard dans le livre, ils se croisent à nouveau, il l'insulte une fois de plus de mots bien dégradants et humiliants, puis exige une fellation. Comment réagit notre héroïne ? Hé bien, elle se dit qu'effectivement, il est tout stressé le Kralerounet et qu'il aurait bien besoin d'une petite gâterie pour se détendre, allez hop ma fille, au boulot ! Elle est gentille Angel, puis à sa décharge, elle a été montée sans les options "estime de soi" et "cerveau", donc on ne lui en veut pas vraiment au final.

On a tendance à dire qu'il est plus facile de chroniquer un livre que l'on a détesté. C'est généralement vrai. Mais quand il s'agit d'un Sharon Kena, ça se complique. Pourquoi ? Parce que trouver les mots qui sauraient décrire avec pertinence les émotions ressenties pendant la lecture est presque impossible. Il faut avoir lu un Sharon Kena pour comprendre ce qui va suivre. Les autres seront tentés, et je le conçois, de penser que j'en rajoute. Hé bien non, même pas.
Les guerriers de l'ombre est le second roman de Sharon Kena que je lis. Après Jane Hunter, je pensais avoir vu ce qui pouvait se faire de pire en matière de littérature. Je viens pourtant de passer un nouveau cap. Je vous épargne le résumé, c'est un plagiat pure et simple de La confrérie de la dague noire, la vulgarité en plus. Ici, Kohler s'appelle Kraler, sa shellane est une shélina, les éradiqueurs sont des exterminateurs, les guerriers sont des attardés vulgaires, puants et dégoûtants et leurs femmes, des "chiennes en chaleur". C'est beau, c'est classe, je suis conquise !

Je ne sais pas comment rendre compte aux gens de ce que j'ai subi pendant la lecture... Je me sens violée, salie, dégradée. J'en suis arrivée à me demander ce qui avait pu arriver d'aussi moche à l'auteure pour nous imposer ça, pour avoir une telle vision du monde, de l'amour, de la sexualité. Les femmes ne sont que des "femelles", des "chiennes en chaleur" et des "salopes", les hommes, eux, sont des abrutis misogynes qui se congratulent à chaque "pétasse" levée, qui ne vivent que pour "tirer" et jouer à la guerre. Ce roman est une insulte pour les femmes, mais également pour les hommes. L'image donnée de la sexualité m'en a dégoutée pour quelques jours au moins (mon chéri, si tu me lis, désolée) et je ne vous parle même pas du seul homosexuel du roman qui est un malade mental pervers et répugnant.
À vomir. On assiste à des scènes d'un glauque jamais vu dans ce type de littérature, moi qui suis vraiment très ouverte d'esprit, j'étais véritablement mal à l'aise, écœurée, dérangée.

Les personnages n'ont aucune psychologie. Angel est d'une stupidité effarante, elle ne fait que se plaindre, pleurer et obéir à son mâle. Sa copine est une nymphomane attardée qui tombe amoureuse "irrévocablement" d'un nouveau mec tous les jours, les membres de la Confrérie sont des êtres abjectes qui placent les mots "queue", "pipe" et "salope" dans toutes leurs répliques et l'histoire ferait passer la biographie de Loana pour un chef d’œuvre littéraire.

Ça c'est pour le fond ! La forme maintenant. Pitié Sharon, si tu me lis, revend ton dictionnaire des synonymes et paie toi un correcteur d’orthographe à la place. Une faute à chaque mot ou presque et on retrouve une fois de plus ces énormes lacunes en vocabulaire. Alors non, "s'estomper" n'est pas un synonyme de "dire" ! La réplique : "je me souviens de tout, s'estompe-t-elle" est une aberration (j'ai pris celle-là au hasard, il y en a plein) ! On ne s'estompe pas ! Et pitié, j'ai bien compris que tu adores les verbes "émettre", "opiner" et mon préféré, "intimer". Mais tu ne peux pas les placer à chaque réplique, il y a un truc génial qui s'appelle "le contexte". De même, tu devrais réviser ton français, "ses/se" et "ces/ce" ne s'emploient pas au pifomètre selon l'humeur, il y a des règles.
Je passerai sous silence les envolées lyriques de l'auteure, quand on n'a pas le vocabulaire qui va bien, forcément, les métaphores et autres figures de style confinent au ridicule.

Petit message à l'attention des personnes ayant donné des avis positifs sur ce roman, voire des critiques carrément élogieuses. Je sais qu'on a envie de se faire bien voir des éditeurs pour recevoir plein de livres gratuits, je sais aussi que dire à un auteur qu'il devrait arrêter ses conneries et se trouver un métier, c'est délicat. Mais rappelez-vous que vos critiques peuvent influencer l'achat d'un livre et que vos lecteurs n'ont pas des portefeuilles magiques qui se remplissent tout seul. Vous devriez avoir honte ! Ce roman est la pire bouse de l'histoire de la littérature (j'offre l'exemplaire à qui veut vérifier), dire qu'il est génial et encourager les gens à l'acheter pour vous faire bien voir, c'est simplement scandaleux ! Je ne décolère pas, c'est pratiquement de l'arnaque !

Sharon Kena devrait vraiment arrêter l'écriture, elle n'est et ne sera jamais capable d'écrire un roman correct. Espérons que son manque total de talent n'entache pas trop la réputation des auteurs qu'elle publie, qui eux sont, pour certains, véritablement talentueux.

Bref, je suis traumatisée, ce roman est sale, les hommes sont sales, les femmes sont sales, le sexe c'est sale. Ne me touchez pas où je hurle !

Quatre filles et un jean, Tome 3 : Le troisième été

Quatre filles et un jean
Tome 3 : Le troisième été
de Ann Brashares

Éditions Gallimard jeunesse

Sortie le 6 mai 2011
Format Poche / 422 pages / 7,60€



Présentation de l'éditeur :

C’est le dernier été avant la grande séparation. A la fin des vacances, les quatre filles partiront chacune dans une université différente. Plus que jamais, elles se raccrochent au symbole de leur amitié : le jean magique. Mais avec l’été, vient son lot de problèmes. Carmen vit mal la grossesse de sa mère. Lena tente de convaincre sa famille qu’elle est faite pour être une artiste. Bridget, monitrice dans un camp sportif, va être confrontée à ses vieux démons en retrouvant Eric. Tibby, quant à elle, ne sait plus si elle veut faire du cinéma son métier, ni qui elle aime… Un nouvel été riche en enseignements et en rebondissements, chacune des filles mûrissant un peu plus chaque année, sans rien perdre de leur charme et de leur caractère.

L'avis de Lila :

Pour commencer, je tiens à dire que même si je connaissais la série de nom, je n'ai pas lu les 2 premiers tomes. Ann Brashares a cependant eu la bonne idée de faire une petite session de rattrapage, au début du roman, pour les personnes qui, comme moi, prennent la série en cours de route. J'ai donc découvert avec ce troisième tome les aventures de Tibby, Lena, Bridget et Carmen.

Ce nouvel opus est particulier puisqu'il marque un tournant décisif dans la vie des héroïnes. À la rentrée, elles partiront toute pour l'université, chacune dans une ville différente. La séparation à venir et le choix du cursus universitaire va donc prendre une place importante dans ce tome, les filles oscillant entre appréhension et impatience. Lena doit s'affirmer pour imposer à ses parents sa volonté de devenir artiste, ce qui lui vaudra des moments d'introspection et de remise en question très bien décrits par l'auteure. Tibby, de son côté, a bien du mal à accepter la séparation à venir et les événements qui se produisent en parallèle et qui viennent bousculer ses habitudes. Carmen est également face à des bouleversements très importants et appréhende le moment où elle devra quitter Bethesda. Quant à Bridget, elle participe à un stage de foot où elle retrouve une vieille connaissance...

Chacune des filles fait face à ses propres problèmes et grandit d'une façon différente. Il est plaisant de suivre les méandres de leurs émotions qui ne manquent pas de nous rappeler ici et là l'adolescente qu'on a été. Évoquant avec justesse et subtilité les aléas de la vie de quatre adolescentes, l'auteure réussit à donner une vision réaliste et pourtant plaisante de cette période charnière de la vie. L'ambiance est intime, on se sent facilement proche des héroïnes. Leurs doutes, leurs peines et leurs joies nous parlent forcément.

Ce roman m'a beaucoup plu et je vais, sans plus tarder, me procurer les deux premiers tomes, ceci avant de lire le quatrième et dernier volet de la saga. Quatre filles et un jean est une vraie bouffée d'air pur qui nous rappelle avec justesse et pudeur que l'adolescence n'a quand même pas grand chose à voir avec des séries comme Gossip Girl ou Beverly Hills.


Les chemins de poussière, Tome 1 : Saba, Ange de la mort de Moïra Young


Les chemins de poussière
Tome 1 : Saba, Ange de la mort
de Moïra Young

Éditions Gallimard Jeunesse

Sortie prévue le 8 septembre 2011
Format broché / 368 pages / Prix 18 €


Présentation de l'éditeur :

« Je vais bientôt mourir, il dit très vite.
Non, Pa !
Ecoute. Je ne sais pas ce qui se passe après. Je n’ai eu que des visions. Mais ils vont avoir besoin de toi, Saba. Lugh et Emmi. Et d’autres encore. Beaucoup d’autres. Ne cède pas à la peur. Sois forte, comme je sais que tu es. Et n’abandonne jamais, tu as compris, jamais. Quoi qu’il arrive. »

Saba, jeune fille de 18 ans, vit au milieu de nulle part, dans un monde désertique et ravagé, avec sa famille : Lugh, son frère jumeau, né comme elle lors du solstice d’hiver, leur petite soeur Emmi et leur père, qui lit dans les étoiles. Un jour, au milieu d’une tempête de poussière, surgissent de terrifiants cavaliers noirs qui tuent le père de Saba et s’emparent de Lugh. La jeune fille décide de partir à sa recherche et laisse Emmi à la garde de sa tante. S’ensuit une quête éprouvante dans un environnement hostile. Saba doit affronter des ennemis redoutables, combattre et tuer. Heureusement, elle bénéficie de l’aide d’un beau et malicieux jeune homme, d’une bande d’amazones courageuses et surtout d’un corbeau apprivoisé et savant ! Saba finit par retrouver et délivrer son frère, prisonnier du roi qui voulait offrir en sacrifice le garçon du solstice d’hiver pour renouveler sa puissance.


Avis de Chani

Itinéraire d’une jeune fille cherchant son frère, enlevé par de mystérieux hommes en noir, dans un monde post-apocalyptique, SABA est un roman qui peut déstabiliser de prime abord.

En premier lieu par le style, aussi abrupt et aride que ce monde dans lequel évolue la jeune fille. Le récit nous est conté par Saba elle-même, et son illettrisme transpire à travers ses mots. La structure de chaque phrase est d’une simplicité confondante, sujet-verbe-complément, qui, s’il se justifie par le manque de culture de la narratrice, devient lassant au fil des pages. De même, l’histoire est construite sur le même schéma ; progression-obstacle-résolution pour chaque étape de l’aventure. La répétition et l’absence de rebondissement, de surprise, finissent aussi par rendre le récit assez monotone.
Ensuite, je suis un peu restée sur ma faim, j’aurais aimé en savoir davantage sur les destructeurs et l’origine du monde que nous découvrons. Si nous découvrons au fil de l’aventure certains détails nous confirmant que nous sommes bien dans un monde post-apocalyptique, l’auteur est assez avare d’explications sur l’évènement qui en est la cause.
Dernier point, contrairement à ce que l’on peut lire un peu partout, il ne s’agit nullement d’une dystopie, mais d’un roman d’anticipation classique.

Passés ces quelques reproches, qu’en est-il de ce livre ? Eh bien je dois avouer que j’ai pris plaisir à suivre Saba dans sa quête pour sauver son frère. La jeune fille est forte, parfois brutale (mais peut-on se permettre de ne pas l’être quand on vit dans ce monde ?), et si au final je l’ai appréciée, il n’en reste pas moins que sa relation avec la petite sœur m’a gênée. Les autres personnages sont assez stéréotypés, la belle amazone rebelle, le héros beau hanté par son passé, les méchants fourbes et vicieux… Là où l’auteur aurait pu aller au bout de sa démarche (comme avec le roi qui confine au ridicule), elle est restée en surface, et c’est assez dommage.
L’histoire est elle, de par sa constriction évoquée plus haut, trop simple. Tout va vite, les embûches sont rapidement surmontées, il se passe beaucoup de choses mais au final rien n’est traité en profondeur, ce qui m’a frustrée.

En fait, SABA regorge de bonnes idées, mais qui ne sont pas exploitées comme elles pourraient l’être, et c’est très dommage. D’un livre qui a le potentiel d’être excellent, je dirais au final qu’il est juste plaisant. J’ai cependant hâte de lire la suite, j’espère que tous les points positifs seront exploités, et que l’histoire connaître une vraie montée en puissance.