Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

mardi 2 août 2011

Prélude de cristal de Bernard Tirtiaux


Prélude de Cristal
de Bernard Tirtiaux

Editions JC Lattès

Sortie le 16 février 2011
Grand format / 392 pages / 18,50 €


Présentation de l'éditeur :


Fin mars 1886 en Belgique. Mineurs et verriers se révoltent dans le bassin de la Sambre, mettant le pays à feu et à sang, tandis que l'orchestre philharmonique de Berlin fait étape à Bruxelles pour un concert consacré à Mozart.

Lena, une jeune harpiste, rencontre Lazare, un souffleur de verre. Avec lui, elle se retrouve impliquée dans un recel de formules secrètes, puis obligée à fuir en Amérique où elle sera nomade parmi les saltimbanques, mère de substitution, justicière, chantre du destin tragique du peuple sioux.

Un prélude de quarante saisons sur fond de harpe et de harmonica de verre, une captivante histoire d'attente et d'amour.


Avis de Scende :

Lena est une jeune femme d’une grande beauté. Harpiste fort compétente, elle est appelée à remplacer l’un de ses collègues masculins pour le concert qui se déroulera à Lille. Un incident malencontreux va l’amener à rencontrer Lazare, verrier de son état, qui va tout mettre en œuvre pour réparer le glassharmonica, que la jeune femme a abimé. Tombant au premier regard sous le charme de cet homme, elle n’a de cesse de le chercher et le retrouver, durant cette période d’émeutes entre la classe ouvrière et les grands patrons. Lazare est fortement impliqué dans les faits et l’entraîne, malgré elle, sur cette voie instable. Ils vont vivre un amour passionné mais éphémère, et la jeune femme passera sa vie à voler au secours de cet homme marié, cet homme au passé délicat. Le chemin que prendra Lena et ses choix de vie se tourneront à chaque page de ce roman vers son premier amour, Lazare.

Bernard Tirtiaux nous offre ici un roman du terroir tout à fait étonnant. Débutant en France, il continue en Allemagne, Belgique, Canada et États-Unis, où nous suivrons les pérégrinations de Lena dont le seul but est de retrouver son amour perdu par les circonstances de l’époque : les émeutes entre prolétariat et bourgeoisie dans une France révoltée.

Si le roman présente une base, disons, historique, il se détache rapidement de cet effet, et une longue partie de ses pages sera consacrée à la vie de la jeune femme au sein du cirque Miraggio Circus. Une note agréable aurait été, ici, d’insister sur le caractère historique de cette époque avec ses révoltes ouvrières qui ont marqué de manière importante la France et l’Europe.

Ce roman du terroir commence très lentement et l’auteur montre un penchant particulier pour les longues scènes de description, submergeant le lecteur sous des détails souvent sans importance. L’action attendue ne commencera que tard dans la lecture, et le livre présente des longueurs répétitives. Cependant, ces longueurs passées, la lecture est réellement agréable et l’on se plonge avec délice dans les aléas des aventures de Lena.

Un petit bémol donc, pour moi, à la lecture de ce roman. Je m’attendais à une qualité d’écriture dans l’esprit de celle de Marie-Paul Armand, et mes attentes n’ont pas été comblées. Toutefois, le livre présente une histoire sympathique, quoiqu’un peu plate.

Baiser Fatal de Susan Sizemore

Baiser fatal
Baiser Fatal 
de Susan Sizemore

Éditions J'ai Lu
Collection Amour & Mystère

Sortie le 8 mars 2005

Présentation de l'éditeur

" Dans un nuage parfumé, une femme longue et brune s'était glissée dans son lit. Le contact de sa chair satinée l'avait rendu fou de désir et le goût du sang sur ses lèvres avait attisé sa faim... "
Drôle de rêve... Mais, au matin, la vision d'Alec devient réalité : elle est là, dans la rue, aussi sensuelle que dans son souvenir. Au premier regard, il sait que c'est elle.
Elle s'appelle Domini. Elle est belle à hurler. Et il n'a pas le droit de l'approcher. Car Alec provient d'un univers obscur insoupçonné des Hommes. Qui se douterait que son existence est gouvernée par un instinct sanguinaire sans cesse réprimé ? Créature de la nuit, il ne sera jamais libre d'aimer cette femme, sous peine de lui révéler son monstrueux secret et de la détruire... À moins qu'elle seule soit capable d'infléchir le cours de son tragique destin...

Avis de Kamana

Alexander Reynard, Prime du Clan Renard, a choisi pour compagne Domini Lancer, une humaine. Bien que celle-ci ne le sache pas, elle fait d'étranges rêves depuis peu, des songes érotiques mais aussi cauchemardesques, où il est question de vampires mais surtout d'un homme...
 La jeune femme a des dons de précognition depuis sa plus tendre enfance. Elle a ainsi été capable de voir certains drames avant leur arrivée. Cela faisait longtemps qu'elle ne subissait plus ces visions, jusqu'à récemment, où ses songes sont devenus si forts, si réels, qu'ils la poussent à faire des actes insensés en pleins jours.

Alec est dans une phase trouble, son corps réclamant du sexe et du sang. Il veut vivre de jour et subi donc un traitement médicamenteux lourd pour supporter la lumière du soleil. Du fait de son état de faiblesse continuel, il se refuse à approcher sa promise de peur de la blesser et lorsque son nouveau job le contraint à la côtoyer, il fait tout pour ne pas succomber. Mais l'attirance est trop forte, l'envie prenante, vitale..

Il vient de commencer à travailler pour Lancer Services, une société de protection rapprochée fondée par le grand-père de Domini. La jeune femme est sommée par son aïeul de prendre en charge le nouveau, à son grand dam ! Tous deux vont devenir les gardes du corps de la célèbre chanteuse et meilleure amie de Dom, Holly Ashe, qui reçoit des menaces glauques. Mais la star est-elle réellement la cible ? Alec soupçonne de plus en plus Domini d'être le véritable objectif du détraqué sans pour autant en connaître les raisons.

Sur fond d'enquête, la romance prend sa place petit à petit. Bien qu'elle se méfie totalement de son nouveau collègue, Domini ne peut se mentir : cet homme l'attire indéniablement. Tout le long de l'histoire, elle sera prise entre deux sentiments antinomiques, sa peur de Mr Testostérone et l'envie de le toucher. C'est effet est charmant certes mais le jeu entre répulsion et fascination va durer si longtemps qu'il ne laissera qu'un goût fade voire d'aversion, oui ! C'est saoulant plutôt qu’enivrant !

Le personnage d'Alec ne viendra pas sauver le manque de fraîcheur de la trame. Un sujet forcément viril, surnommé Mr Testostérone, Prime de son clan. Prime ? Qu'est-ce donc ? Bien, comme moi vous devrez attendre les trois-quart du livre pour le savoir !! Et non je ne vous le dirai pas !

L'écriture est chaotique et hachée, n'aidant pas non plus à nous rendre sympathique aussi bien les protagonistes que l'histoire. Le déroulement est sans suspense aucun. La fin nous semble logique dès le départ et je ne parle pas du couple qui forcément finira ensemble, mais de certains aspects des personnages.

Le livre plaira sûrement à certains mais je dois avouer qu'à force de lire ce genre, je deviens difficile et que la mièvrerie du côté romantique devient très lassante et du coup n'aide pas à trouver des aspects positifs au reste du livre.

Le deuxième tome, Morsure Fatale restera sûrement encore longtemps sur son étagère !!!

Elric, Les buveurs d'âmes

Avant propos nécessaire : avis d'une débutante dans l'univers de Moorcock !

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/9/2/1/9782265089129.jpgElric
Les buveurs d'âmes
de Michael Moorcock
et Fabrice Colin
Editions Fleuve Noir

Sortie le19 mai 2011
Format Broché / Pages 268 / 19,50€


Présentation éditeur

Prince déchu, dévasté par la mort de son aimée, Elric de Melniboné a juré de ne plus jamais se servir de Stormbringer, son épée maudite qui boit les âmes et lui procure sa puissance et sa vitalité.
Accompagné de son fidèle compagnon Tristelune, Elric, abattu et mourant, part en quête de son dernier espoir : l'Anémone Noire, une plante magique ne fleurissant qu'une fois par siècle, qui pourrait lui redonner des forces et de grands pouvoirs. Pour la trouver, il doit gagner les ruines de Soom, une cité perdue au cœur d'une jungle inhospitalière infestée de créatures maléfiques...


Avis de Kamana


Au départ ce livre ne m’était pas destiné. Service presse reçu pour mon binôme, mon Alpha du forum, j’ai nommé Elaura, je n’ai pu résister à l’appel de la lecture. Elle doit d’ailleurs me haïr, je ne lui ai toujours pas envoyé.

J’ai tout d’abord été captivée par la couverture, cet albinos à la chevelure dans le vent, au regard ténébreux, aux habits sombres, me faisait de l’œil. J’ai résisté… mais pas longtemps ! En effet, ne connaissant pas les écrits de Michael Moorcock – je vous interdis tout commentaire sur ça d’ailleurs- et appréciant la plume de Fabrice Colin, forcément ces deux données mises côte à côte, l’envie a été la plus forte !

Entrons dans le vif du sujet : une fois commencé je n'ai pas décroché et je n’ai pas été trop perdue du fait de ne pas avoir lu les œuvres antérieures, même si certains aspects doivent paraître plus clairs pour les connaisseurs. Je me doute bien que je passe à côté de quelques subtilités en abordant sans connaissances péalables une œuvre comme celle-ci, mais je dirais que cette fantasy m'a surtout donné envie de découvrir les récits précédents de Michael Moorcock.

Pour ceux et celles qui comme moi aiment ce genre et seraient tentés mais n'osent pas franchir le cap, je vous dirai simplement : sautez le pas, ce livre en vaut la peine. La quatrième de couverture se suffit à elle-même pour poser l'histoire. Elric, ne se servant plus de Stormbringer, voit ses forces décliner, obligé de se droguer pour aider son corps à tenir. Son but ultime est de trouver dans une vieille cité abandonnée une plante dont les graines lui permettraient de guérir définitivement, le délivrant ainsi du pouvoir maléfique de son épée. Nous suivons donc, ce prince déclinant, dont les pas et les actes vont tout le long du récit l'amener plus loin dans la solitude et la douleur, si c'était chose possible ! Cet être esseulé et souffrant nous devient très vite attachant, et quoique asocial, atypique il est une énigme qu'on a envie de déchiffrer.

L'écriture de Fabrice Colin est comme d'habitude un régal, riche et fluide à la fois. L'auteur a l'art de la description, nous permettant ainsi de nous immerger complètement dans cette fantasy. Que ce soit les personnages, leurs sentiments, le décor, l'ambiance nous capturons tout et plongeons au cœur de cet univers. Le désespoir d'Elric face à certains événements devient le nôtre, et nous ne connaîtrons le répit qu'avec l'épilogue.

Pour la néophyte que je suis, je vous dirai donc que c'est une fantasy abordable, agréable, à découvrir forcément !

Le cycle de Lahm, Tome 3 : Les légions d'Infër

Le cycle de Lahm 
Tome 3 : Les légions d'Infër
de Chris Debien

Editions J'ai Lu
Collection Fantasy

Sortie le 6 juiller 2011
Format Poche / Prix 6,90€


Présentation de l'éditeur :

Luthër Khëradön, roi déchu des Terres Tranquilles, a tout perdu : son trône, ses amis , sa chère Maë. Pour oublier, il se livre à des combats sans fin, tel un gladiateur de jadis, sous les yeux d'un public assoiffé de sang, car seule la mort semble pouvoir lui apporter l'apaisement. Mais l'Infër lui réserve encore bien des surprises : un allié de toujours y refait son apparition et annonce au monarque déchu une nouvelle encore plus déroutante : Maë ne serait pas vraiment morte... et pas vraiment vivante non plus !
Ainsi s'ouvre l'ultime chapitre de ces chroniques, ainsi débute... la reconquête des Terres Tranquilles !
Avis de Kamana

Les Terres Tranquilles vivent des heures sombres, les plus sanglantes et dévastatrices depuis que feu le roi Adön y ait amené la paix bien des années auparavant. Hazel la flamboyante est devenue l'Impératrice Noire, reine revenue de l'Infër avec à la place d'un cœur, une soif d'hémoglobine, de destruction, de vengeance incomparable. Elle désire plus que tout réduire à néant ces terres, diviser les peuples pour mieux les exterminer. Son ambition ne souffre d'aucune pitié, d'aucun remords, s'alliant avec un légendaire et terrible démon Hysharïm, elle accepte en contre-partie de l'aider à ouvrir la porte de l'Infër, ce qui libérera tous les êtres démoniaques et obscurs. Il lui faut mettre la main sur la Clé de Voûte.

Le roi Luthër Khëradön y est lui justement en Infër, cherchant le moyen de mourir et de rejoindre feu sa reine, Maë. Et c'est dans ces bas-fonds de la déchéance, de la quasi mort que Phärf - son ami tué de ses propres mains - lui apprend que son aimée n'est pas tout à fait morte et se trouve quelque part en Infër dans le Sixième Cercle, là où aucun vivant n'a jamais mis les pieds. Espoir. Luthër entrevoit une lumière d'espérance. C'est à ce moment que Belth-OthOt, le démon qui est en lui, accepte de l'aider à la ramener à la vie à la condition qu'il fasse ce qu'il lui dit. Une traversée des plus périlleuses, des plus lugubres attend Luthër, mais sauvera-t-il Maë ? Et à quel prix ?

De leur côté, la multitude de personnages - je ne dirai pas secondaires car leur rôle est primordial et chacun est principal - avance avec peine mais toujours avec l'aspiration que leurs actions finiront pas vaincre la terrible Hazel. Nous retrouvons tous ceux qui nous sont chers, Graäne, la Tisseuse qui aura fort à faire pour que l'équilibre soit maintenu. Arax, le sorcier, l'autre fils de Lahm, porteur d'espoir, plus que quiconque souffrira énormément entre les mains de l'Impératrice. Yana, entre mensonges et amour devra elle aussi trouver au fond d'elle l'envie de se battre. Nhû, Loulïn, Fraan , trois enfants au destin terrible, des épaules bien frêles pour un poids si lourd. Yöerick l'Errant, Haleb Dürn, le Prince des Insoumis, Kalïwsh, Gümp, Faëriel tous avanceront chacun de leur côté, parfois ensemble mais dans un même but, déjouer les plans d'Hazel en portant les coups à des endroits stratégiques. Chacun aura son rôle, chacun vivra l'enfer...

Quel plaisir de pouvoir avoir la fin de cette trilogie entre les mains ! Nous arrivons au cœur de l'action en pleine folie meurtrière. L'Impératrice nous rend nerveux car elle semble savoir tous les coups à l'avance. Le lecture est fébrile, la tension omniprésente. Les révélations quant à la nature de certains personnages tombent d'un coup et l'auteur sait y faire passant à ce moment à un autre protagoniste ! Damnation !
L'aspect lugubre est moins présent par contre les tripes et hémoglobine sont au rendez-vous, mais qui dit guerre dit conséquences et c'est dans des bains de sang que nous naviguons. Comme pour ces deux précédents opus, la puanteur est sur notre langue, l'odeur charriée par l'écriture sort du livre pour venir titiller nos narines, tordant notre estomac. Bravo ! Il faut le faire d'entraîner ainsi le lecteur au cœur même du combat au point que certains passages ne sont à lire qu'avant un repas !

Nos amis vont vivre des heures sombres et beaucoup n'en réchapperont pas. Nous verrons ainsi périr cruellement des êtres que nous avions pris d'affection. Hélas, tout combat a son lot de morts. L'auteur ne nous épargnera pas comme pour ses personnages qui trépassent, nous devront avancer malgré le deuil et le chagrin. Et oui, je vous l'ai dit que vous la vivrez cette fantasy !

Le talent de Chris Debien tient aussi bien dans son écriture riche, complexe mais accessible - oui je sais mais c'est vrai ! - que dans son agencement de l'histoire. Les chapitres sont courts, et eux-mêmes découpés en parties qui nous relatent l'avancement de chaque personnage ou groupe. Le récit est allégé et nos ongles pas loin de n'être que néant tant le suspense est garanti avec ce genre de découpage. Du coup, la multitude de protagonistes nous est accessible et nous suivons l'avancement de la résistance à chaque coin des Terres Tranquilles en même temps pour tous.

Pour agrémenter le tout, les passages introductifs et citations en début de chapitres sont à croquer. Soit poilants, soit qui donnent matière à penser, tous ne m'ont pas laissée indifférente et  vous êtes tout excusé Chris Debien d'avoir pris des bouts de Shakespeare et des Doors pour agrémenter ces passages.


Une fantasy sanguinolente à souhait, une écriture délectable, un suspense omniprésent, amateurs foncez !