Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

jeudi 10 mars 2011

Le Combat final

Frankenstein 
Tome 3 : Le Combat final
de Dean Koontz

Editions Le Livre de Poche 

Sortie le novembre 2010
Poche / 6,95 euros

Présentation de l'éditeur :

A la Nouvelle-Orléans, les créatures de Victor Helios, alias Frankenstein, sont prises d'une folie meurtrière inégalée et de nouveaux hybrides voient le jour, à la fois humains et insectes, et capables de changer sans cesse d'apparence.
Toujours aidés du mystérieux Deucalion, les inspecteurs O'Connor et Maddison se lancent dans une quête désespérée, à la recherche des êtres de la Race nouvelle et de leur diabolique créateur.
Quant à Erika, la belle épouse d'Helios, une réplicante elle aussi, elle se rebelle contre son maître avec l'aide de Jocko, le lutin timide et espiègle créé par son mari. Mais voici que surgit Caméléon, une créature totalement imprévisible...
Le monde de Victor Helios va-t-il s'écrouler ? Après le Le Fils prodigue et La Cité de la nuit, voici le dernier volet de la trilogie de Frankenstein.

Avis de MiniCed :


Faisant suite directement à La cité de la nuit, cette chronique sur le Combat final spoile beaucoup les deux précédents tomes. Si vous désirez lire cette série, rendez-vous plutôt sur la chronique du premier tome pour ne pas vous gâcher le plaisir.

Suite aux révélations du père Laffite dans La cité de la nuit, Deucalion se rend à l'hôpital des Mains de la Providence dont il évite la sécurité à l'aide d'un saut quantique afin de trouver des informations sur l'unité de production d'Helios hors de la ville. Mais ce qu'il va découvrir va confirmer ce qu'il pensait : le monstre n'est plus celui originel, celui créé, mais bien son créateur.
Nous retrouvons également les Guitreau, ce couple modèle qui vient de tuer le livreur de pizzas parce que le programme que le grand Dr. Helios a implanté dans leurs cerveaux commence, comme pour la plupart des membres de la Race nouvelle, à défaillir. Après le livreur de pizzas, ils vont s'en prendre à leurs voisins, un à un...
Aux Mains de la Providence la créature qu'était Werner est toujours prisonnière de sa cellule, enfin... elle attend que la seconde porte s'ouvre pour recouvrer la liberté et pouvoir se nourrir afin d'augmenter sa puissance. Mais lorsqu'elle réussit à sortir, elle va également libérer une autre création de Frankenstein : Caméléon...
Erika Cinq a fait la connaissance avec la chose qu'Harker a mit au monde. Celle-ci choisit le nom de Jocko et Mme Helios décide de la garder sous sa protection, de la cacher aux yeux du monde et à ceux de Victor.
Victor qui d'ailleurs, dans son égocentrisme absolu et sa certitude d'être le génie incontesté, ne voit toujours pas son royaume s'effondrer.

Quand Mary Shelley a écrit sa Prométhée Moderne en 1818, elle ne pouvait se douter qu'au XXIème siècle, un auteur très populaire allait faire de sa création et de son savant fou ce qu'ils sont aujourd'hui : Deucalion et Victor Frankenstein Helios. Et pourtant, Dean Koontz l'a fait. Il n'a pas redonné vie au mythe, il a fait mieux, il lui a donné suite. 200 ans plus tard, ils sont toujours là pour notre plus grand plaisir.

C'est avec une impatience et un intérêt non dissimulés que nous commençons ce Combat final après notre détour dans La cité de la nuit qui nous avait déjà mis l'eau à la bouche concernant une fin proche, celle de l'empire d'Helios. Car malheureusement, c'est tout ce que l'on aura. On pouvait s'attendre à un roman bourré de scènes apocalyptiques où des membres de la Race nouvelle perdant la « raison » s'acharneraient sur ceux de la Race ancienne sans en avoir eu l'ordre de leur créateur. Malheureusement à part les Guitreau, de ce côté ci, nous n'auront que peu de chance.
Il y a bien Werner qui désire détruire la Race ancienne, mais ne nous offre pas le plaisir de le voir se déchainer (pour une raison que nous n'évoquerons pas).

Par contre, la fin de l'empire est des plus passionnantes car Helios, sûr de sa suprématie en devient risible, ridicule et on se moque de lui avec plaisir et joie. Comme dans La cité de la nuit, ses sujets vont perdre des lignes entières du programme qui leur a été implanté dans le cerveau et cela va donner des choses étranges.... mais moins malsaines que dans le second opus. Ici, pas de doigts arrachés avec les dents. Juste des réactions surprenantes.

Les sentiments dus aux relations restent fidèles aux précédents et l'écriture de Koontz sur ce plan là est vraiment bénéfique. D'autant plus qu'ici, un élément de taille entre en compte : Jocko. Ce petit troll albinos va vivre une relation réellement forte avec Erika Cinq et leurs sentiments passent en nous comme des millions de petites décharges parcourant notre corps entier.
Jocko lui-même est l'un des personnages, si ce n'est le personnage, le plus attachant de cette première trilogie. On l'aime comme on aimerait un enfant et entre ses pirouettes, ses jongleries avec des pommes ou sa façon de s'exprimer, on ne peut qu'être sous le charme. On est aussi très touché de le voir se punir, de manière assez étrange d'ailleurs, quand il pense avoir fait une bêtise.
Cela dit, et c'est là que Koontz est doué pour nous laisser croire des millions de choses, malgré notre attachement, son côté enfantin et ses acrobaties de troll, il nous arrivera de nous demander s'il ne joue pas à un jeu afin de mieux trahir Erika. La réponse en lisant le livre.

Toujours du côté des relations, celle de Carson et Michael est toujours identique, ils sont proches et se vannent à tout va, vont-il finir ensemble ? Encore une chose que vous n'apprendrez qu'en lisant le livre.

Ce tome est probablement celui qui contient le plus de suspense. Koontz va lentement pour nous raconter son histoire. Et plutôt que de donner une impression de lenteur, cela ne fait que la rendre encore plus intéressante puisqu'on veut toujours en savoir plus au point de ne plus pouvoir lâcher le livre. Le souci avec cette intrigue qui fait monter la tension tout au long du roman, c'est qu'on s'attend à une fin en apothéose, et il faut avouer que notre soif reste un peu inassouvie de ce côté là.

Pour conclure, nous dirons que ce tome reste un excellent moment dans la trilogie Frankenstein malgré le côté malsain moins poussé et une fin légèrement décevante. Beaucoup de réponses nous sont apportées grâce à ce tome et les émotions de certains personnages sont si palpables qu'il faut lire ce Combat final pour les ressentir. De plus, Deucalion est bien plus présent que dans les précédents.
Espérons donc que Le livre de poche continue sur sa lancée et nous sorte Lost Souls.

L'Exécutrice, Tome 1 : Le Baiser de l'Araignée de Jennifer Estep


L'Exécutrice,
Tome 1 : Le Baiser de l'Araignée
de Jennifer Estep

Éditions : J'ai Lu
Collection : Crépuscule

Sortie le 6 avril 2011
Poche / 347 pages / 6,50 €


Présentation de l'éditeur :

On m’appelle l’Araignée. Je suis l’assassin le plus craint de tout le sud...quand je ne suis pas en train de griller la meilleure viande d’Ashland au Pork Pit, mon restaurant. En tant que sorcière qui domine la pierre, je peux entendre murmurer le moindre gravier sous mes pas ou les vibrations des Appalaches au dessus de moi. Mon pouvoir sur la glace est très pratique aussi pour faire un poignard en cas de besoin. Mais je n’utilise pas mes pouvoirs pour faire mon job sauf quand c’est nécessaire. Appelez ça de la conscience professionnelle.

Maintenant qu’un sorcier qui a le pouvoir de l’air ma doublée et a tué mon mentor, je suis ivre de vengeance. Et j’exterminerai tous ceux qui se dresseront dans mon passage. J’ai peut-être l’air sexy mais je ne suis pas vraiment une gentille fille. C’est bien pourquoi j’ai des problèmes depuis que je suis irrésitiblement attirée par le séduisant Détective Donovan Caine qui accepté de m’aider. La dernière chose dont un tueur froid comme moi a besoin dans un combat de ce genre c’est d’une distraction aussi sexy... surtout si Donovan souhaite presque autant ma mort que mon ennemi.

Avis de Scende

Gin Blanco est tueuse à gages. Surnommée par ses pairs l’Araignée, elle maîtrise deux pouvoirs élémentaux : celui de la Pierre et celui de la Glace, qui lui servent bien dans son métier ! Capable de sentir le murmure de la Pierre ou de se fabriquer des couteaux de Glace, l’Araignée s’est fait une renommée importante dans son milieu. C’est pourquoi, on l’a choisie pour liquider Gordon Giles, directeur financier travaillant dans l’une des firmes appartenant au chef de la pègre locale, l’intraitable Mab Monroe. Mais le contrat est retourné contre elle, et au beau milieu de sa mission, juste avant d’abattre Giles, elle est arrêtée par l’un de ses pairs. Le combat est haletant, mais Gin s’en sort. Elle va devoir fuir l’Opéra, le lieu de toutes ces réjouissances et échapper au séduisant Donovan Caine, flic de son état, présent pour protéger Gordon Giles.

Cependant, en retournant chez son mentor, Fletcher, quelle n’est pas sa surprise de le retrouver mort et torturé ! Folle de chagrin et de vengeance, elle va tout faire pour retrouver le fils de ce dernier, le sauver de ses tortionnaires, et mettre à bas ce complot qui s’est retourné contre elle.


Dès le début du roman, nous sommes plongés dans le vif du sujet. En effet, l’histoire commence directement par l’une des missions de Gin, dite l’Araignée. Son métier : tueuse à gages. Cette première mission nous invite à la rencontre de cette héroïne toute particulière qu’est Gin : une élémentaliste dont le pouvoir ne se résume pas seulement à celui de la Pierre ou de la Glace qu’elle maîtrise parfaitement, mais également à une vive intelligence et un don pour se rendre invisible mû par la farouche volonté de se protéger.
Pour la petite histoire, Gin est une orpheline, recueillie par Fletcher, un ex-tueur à gages, comme elle. Il est aussi son mentor : il lui a offert une seconde vie, un toit et un travail, tout en lui apprenant le métier d’assassin. L’enfance de l’héroïne me fait penser à un film, Léon du réalisateur Luc Besson. C’est l’histoire d’un tueur à gages qui est recueilli, enfant, par un homme qui lui apprend les ficelles du métier. Et comme pour l’Araignée, cet homme tient un restaurant et gère les affaires de Léon (contrats, finances…). Les ressemblances sont donc assez frappantes. Et, ayant adoré le film, j’ai vraiment aimé retrouver ce petit clin d’œil à Léon !


Le style de l’auteur est simple et plaisant, sans lourdeurs. Le ton du roman et l’humour que l’on peut y trouver m’ont souvent fait sourire ! L’intrigue se met en place facilement et les personnages sont loin d’être survolés. Au contraire, on les trouvera attachants et bien trouvés, en particulier Finn, le fils de Fletcher qui va apporter une touche d’humour et de fraîcheur dans cet univers sombre…
La relation entre l’inspecteur Caine et Gin est vraiment particulière, et pour une fois, les rôles sont inversés. L’inspecteur est un simple humain, certes défenseur de valeurs morales, mais Gin est ici le caractère fort. Elle prend les choses en mains, que ce soit dans son travail ou dans ses relations avec Caine.

Jennifer Estep semble également avoir un goût prononcé pour les différences sociales. De nombreuses fois au cours de la lecture, elle fait allusion à la vie riche du nord d’Ashland et à sa pauvreté dans le sud. Elle semble même mettre l’accent sur ce dernier point. Il est rare qu’un auteur face une telle description des niveaux de vie dans leurs romans, mettant plutôt l’accent sur une intrigue bien ficelée que sur un univers nettement réaliste.


C’est donc un début prometteur pour cette nouvelle série dont le Baiser de l’Araignée est le premier opus. Je vous le conseille !