Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

jeudi 29 septembre 2011

Un an après de Sue Mayfield



Un an après

De Sue Mayfield

Editions Bayard Jeunesse
Collection Millézime

Paru le 16 juin 2011
220 pages / 10,90 €


Présentation de l'éditeur :

Pour Betty, Nathan, Matt et Sophie, la soirée déguisée promettait d’être inoubliable… Seulement le retour en voiture va changer à jamais leur destin…


L'avis de Scende :

Un an après retrace les évènements tragiques dont Sophie, Betty, Nathan et Matt vont faire les frais au cours de cette bien triste journée. En rentrant d’une fête, Nathan ne peut pas conduire : il a trop bu. Il passe alors le volant à Matt, et le trajet vers la maison se passe bien, dans une ambiance des plus joyeuses. Mais Matt est distrait et un renard traverse la route au même moment. Le drame survient alors, laissant les adolescents mais aussi les parents avec le goût amer de la culpabilité…

Chaque protagoniste va livrer son témoignage, dévoilant peu à peu au lecteur le pourquoi du comment de cette affreuse journée. L'auteur divise le roman en deux parties, alternant successivement entre l'une et l'autre : la première se situe un an après les faits, mettant l’accent sur les ressentis des personnages, chacun donnant sa version des faits et leurs sentiments, la seconde se déroulant un an avant, au moment de l’accident.
Cette dualité donne à la lecture un suspens inégalable, invitant le lecteur à ressentir si fortement les émotions de chacun qu’il en est troublé.

La partie « un an après » est écrite de manière très impliquée : la personne qui parle raconte son vécu et ses sentiments, sa tristesse et sa culpabilité face aux évènements qui se sont déroulés.
Un narrateur externe, qui ne connait pas les protagonistes, raconte les évènements qui se sont déroulés au moment de l'accident. C’est conté de manière froide et neutre, et cette façon qu’a l’auteur d’allier les deux parties permet une lecture riche et passionnée. Le style est doux et les informations distillées peu à peu nous invitent à nous impliquer dans notre lecture, à nous poser de nombreuses questions, et à ne plus lâcher le livre jusqu’à sa toute fin…

Les personnages torturés sont magnifiquement présentés et cela donne une réalité concrète à l’évènement : un accident qui peut arriver à tout le monde. Et Sue Mayfield parvient avec brio à faire passer son message : soyez toujours prudents et attentifs, quoi qu’il arrive.

Préparez vos mouchoirs, mais un conseil, lisez ce livre. Ne passez pas à côté.

lundi 26 septembre 2011

Ailes de feu de Laura Gallego Garcia

Ailes de feu
de Laura Gallego Garcia

Editions J'ai Lu
Collection Baam

Sortie le 31 août 2011
Format Broché / Prix 14€


Présentation éditeur :

Ahriel est un ange et a pour mission d’éduquer et de protéger Marla depuis son plus jeune âge. À dix-sept ans, cette dernière est en effet la reine de Karish, un territoire florissant très convoité par ses ambitieux voisins.

Lorsque l’émissaire d’un royaume limitrophe est retrouvé assassiné par une arme karishienne, il n’y a plus de doute possible : cette fois le complot est entré dans l’enceinte même du palais et quelqu’un cherche à déclencher une guerre parmi les hommes.

En intervenant pour mettre fin à la conspiration, Ahriel va découvrir une vérité insoupçonnée… au risque de se brûler les ailes !

Avis de Pauline:

Ahriel vit au palais de Karish depuis la naissance de Marla, la jeune reine de ce royaume. En tant qu’ange, sa mission est de protéger, de conseiller, mais aussi d’éduquer la jeune femme afin de l’épauler au mieux dans sa lourde tâche. Jusqu’à présent tout se déroule pour le mieux et les jeunes femmes sont devenues de bonnes amies, faisant de Karish un territoire riche, juste et florissant. Cette situation semble attiser la convoitise du royaume voisin, Saria, qui commence à créer quelques ennuis. Pour la protection de la reine, Ahriel se voit dans l’obligation de démanteler ce complot qui semble s’être répandu jusqu’à l’intérieur du palais. Pourtant les ennemis ne sont pas toujours ceux que l’on croit et même un ange n’est pas à l’abri de tomber dans un piège bien tendu...

En dévoiler plus serait un sacrilège, d’autant plus que le résumé, impeccablement bien ficelé n’en révèle pas davantage au lecteur, mais cela tout en attisant sa curiosité. Ce dernier va de surprise en surprise et cela dès le début de l’histoire qui est très rythmée, originale et agréable à suivre. Laura Gallego Garcia a une belle écriture, fluide et à travers ses lignes on se projette très facilement aux côtés de l’héroïne.

Ahriel est un personnage très attachant qui au fil du livre va subir de nombreuses métamorphoses. D’un ange droit pour lequel les émotions n’ont pas leur place, elle va découvrir les sentiments de peur, d’isolement, de trahison, mais aussi l’amitié, le bonheur et l’amour ou encore la tristesse et le désir de vengeance. Cependant c’est le seul personnage à être aussi travaillé avec celui de la reine Marla que l’on découvre à travers ses yeux. Les autres ne sont malheureusement que de simples figurants qui n’ont pas assez d’âme.

Un petit peu court, ce roman young adult pourra également plaire à un public un peu plus large. La fin du roman est juste captivante et même s’il y a un réel dénouement, l’auteure laisse présager une suite, qui devrait nous être dévoilée en avril 2012 avec pour titre Ailes noires.

dimanche 25 septembre 2011

Will & Will


Will & Will
de John Green et David Levithan

Éditions Gallimard Jeunesse
Collection Scripto

Sortie le 17 mars 2011
Pages 384 / Prix 13€

Présentation de l'éditeur

Will Grayson se méfie des sentiments. Les histoires de coeur portent la poisse, tout le temps. Alors quand son meilleur ami, l'exubérant, très corpulent et très, très homo Tiny Cooper, fait tout pour le fourrer dans les bras de Jane, il se dit que cette fille est jolie, marrante et sympa mais... pas du tout son type.

De l'autre côté de Chicago, un certain Will Grayson (rien à voir avec le premier !), se sent plus mort que vivant : il vient d'apprendre que celui qui le faisait fantasmer sur sa messagerie n'a jamais existé...


L'avis d'Heclea

Voilà un livre coup de cœur, un livre chouchou, un de ces livres qui nous emportent tout simplement, qui nous touchent avec leurs personnages si justes et émouvants, un de ces livres qui, avec une intrigue finalement simple, avec une tranche de vie parmi tant d'autres, arrivent à nous faire sourire, à nous faire rire, à nous donner envie de redevenir ado, de connaître à nouveau ces périodes où l'on se forge, où tout est possible, où l'on se découvre.

Quel plaisir de se plonger dans la vie des deux Will Grayson, d'apprendre à découvrir ces deux héros si différents, de rencontrer leurs amis, de s'attacher petit à petit à eux, de vouloir les protéger, les conseiller et parfois les secouer.
Quel plaisir également de s'immerger dans un roman adolescent presque exclusivement masculin, où les problématiques ne sont pas féminines mais nous parlent quand même. L'exercice est assez inhabituel mais très bien réussi. Tous ces garçons sont croqués à la perfection aussi bien dans leurs qualités, dans leurs points forts, que dans leurs faiblesses ou défauts. On peut très facilement s'imaginer les rencontrer, s'en faire des amis et traverser leurs vies.

L'histoire nous transporte dans la vie parfaitement réglée de lycéen de deux Will Grayson, l'un hétérosexuel aux idées trop bien arrêtées, et l'autre homosexuel qui se découvre, qui se cherche, qui se bat contre sa dépression. Tout est mis en place dans le style pour que l'on sache auquel on a à faire, leurs discours, leurs manières de parler sont foncièrement différents, mais tout deux se révèlent attachants et intéressants.
Pourtant, même si les Will sont les héros reconnus du livre, celui qui se détache réellement du lot c'est Tiny Cooper, véritable force de la nature, adolescent heureux de vivre et qui s'assume pleinement, Tiny est une boule d'amour et d'amitié, un personnage comme on aimerait en avoir dans notre vie, pilier central du livre autour de qui tout revient toujours.

À travers ces histoires qui se croisent et se décroisent, les auteurs nous parlent avec justesse d'amitié, d'amour mais aussi d'acceptation de soi et de l'autre. L'univers du roman très journalier nous permet facilement de nous identifier ou de reconnaître une connaissance ou un ami dans ces situations tout à la fois particulières et pourtant habituelles.

En résumé, un roman touchant aussi bien par son sujet que par ses personnages, à découvrir aussi bien pour les grands que pour les ados !

vendredi 23 septembre 2011

La vampire, tome 4 : Fantôme

La vampire
Tome 4 : Fantôme

de Christopher Pike

Éditions J'ai Lu
Collection Darklight

Sortie le 31 août 2011
Format Poche / Prix 7,20€


Présentation éditeur
:

Je m'appelle Alisa Perne. Pendant plus de cinq mille ans, j'ai été une vampire. Mais l'expérience suggérée par mon ami alchimiste m'a permis de redevenir une jeune femme comme les autres et j'attends même un bébé. Un enfant qui grandit en moi avec une rapidité surnaturelle. Ange ou démon ? Je l'ignore. En tout cas, celui qui m'observe dans l'ombre, fantôme venu du passé, semble lui aussi attendre sa naissance avec une grande impatience...


Avis de Scende :

Suite à ses aventures du tome précédent, la vampire Sita quitte son ami John et l’alchimiste Arthuro de manière plutôt explosive : ils meurent tous deux dans l’explosion de la base militaire secrète qui a retenu le jeune vampire pour faire des expériences sur son sang.
Sita retrouve la maison de l’alchimiste ainsi que ses outils, et décide de tenter le sort en testant les recherches d’Arthuro sur elle. Elles sont concluantes : la vampire retrouve son humanité.
Toutefois, la vie n’est pas évidente et elle va devoir apprendre et redécouvrir ses forces et ses faiblesses. Mais sa solitude ne dure pas puisqu’elle va retrouver son amant, le jeune Ray qu’elle a transformé dans le premier opus et qui, comme elle, est redevenu humain. Ils décident alors de vivre ensemble et le bonheur sourit à Sita qui à enfin l’enfant désiré. Mais ce bébé est né de parents hors normes, et il grandit à une vitesse alarmante. Très vite, la jeune maman va être dépassée par cet être qui grandit de plusieurs années en une semaine et par un Ray tout à fait différent de celui de ses souvenirs… Va-t-elle réussir à faire face à ces nouveaux dangers ?

Ce tome est différent du précédent car l’auteur propose ici des bases plus simples. Loin des feux d’actions de Tapis Rouge, Fantôme est plus calme et montre la vie de notre nouvelle Sita en tant qu’humaine, mais aussi en tant que maman. L’action qui s’y déroule est plus terre à terre et moins spectaculaire, mais tout aussi touchante, dans un autre registre.

Sita va devoir faire face à un type de danger tout à fait différent, puisqu’il va venir de son propre sang, de son propre entourage. Et tenter de régler ces problèmes tortueux avec ses simples forces d’humaine va se révéler un effort très difficile ! L’héroïne va devoir jouer sur la surprise pour tenter de faire échouer les plans de sa fille et ce ne sera pas chose aisée avec le pouvoir de cette dernière : détecter le mensonge !

Christopher Pike nous surprend avec ce nouvel opus en changeant la donne : la vampire n’est plus, mais Sita l’humaine devra trouver la force en elle de sauver le monde d’un nouveau danger. Autrement dit, pas grand-chose face à ce qu’elle pouvait faire en temps qu’être surnaturel. Ce changement est le bienvenu, et donne un souffle de fraîcheur à la série que j’avais perdu à la lecture de Tapis Rouge. Une lecture plus simple et plus agréable, donc, pour ce nouvel opus.

Mémoires d'un guerrier de Jean-Louis Marco


Le trèfle rouge
de Jean-Louis Marco

Editions Gallimard
Collection Bayou

Sortie le 24 mars 2011
Grand format / 96 pages / 16 €


Présentation de l'éditeur:

Miguel est un vieil acariâtre qui jusqu'ici n'a jamais adressé la parole à son petit-fils. Il se met ce jour-là à lui raconter les hauts faits de sa jeunesse... Ses souvenirs témoignent du temps fascinant où régnaient sur le monde l'aventure et la magie.


L'avis de Phooka:

Voilà une BD bien éloignée des sentiers traditionnels. À la fois de part son histoire et de part son dessin.
L'histoire d'abord, ou plutôt devrais-je dire les histoires, car en fait 3 récits sont insérés dans cette BD. Le guerrier en question (celui dont ce sont les mémoires) c'est Miguel, un vieil homme, un grand-père, qui passe ses journée à regarder la mer sans mot dire. Il vit avec sa fille et ses petits-enfants, mais ne leur parle jamais. Et puis, un soir, alors que son petit-fils vient le chercher pour le dîner, Miguel parle ... Et il lui raconte sa vie passée. Lui qui n'ouvre jamais la bouche se met à raconter avec moult détails ses aventures. 
Dans un monde plus ancien et plus exigeant, Miguel était un homme dur, un aventurier. Il a cherché de l'or avec un "ami", il s'est perdu dans la forêt et il a croisé un géant dont il espérait tirer bien des richesses, mais les oiseaux en ont décidé autrement ... Puis il est devenu homme de main pour un bandit qui, pour le punir d'avoir courtisé sa femme, l'envoie à la recherche d'un trésor. Trésor qui se trouvait sur le territoire des Orcs. Orcs, géant des espèces qui n'existent plus de nos jours ... Son petit-fils l'écoute ... ou pas, car en fait, il semble se dire que son grand-père radote. Et le grand-père parle de sa troisième grande aventure, celle où sa petite-fille est née ...
Drôles d'histoires me direz-vous. Effectivement, oui. C'est de la fantasy, du fantastique, mais c'est avant tout un récit humaniste. Finalement tous les grand-pères racontent des histoires à leurs petits-enfants, et tous les petits-enfants ont du mal à comprendre comment c'était "avant". Il m'a émue ce grand-père qui ne parle jamais, mais qui en aurait tellement besoin. Et au-delà des récits eux-mêmes et de leur caractère fantastique, c'est avant tout le côté humain qui m'a séduite.

Quant aux dessins, ils sont eux aussi étonnants. Tout en angles et en droites, aucune rondeur. Un dessin dur, pour une histoire dure. Ça donne une impression étrange, pas désagréable mais étrange, et il faut quelques pages pour s'y habituer.

Une BD hors norme à découvrir, mais qui ne plaira sans doute pas à tout le monde.






jeudi 22 septembre 2011

One Grave At A Time

Chasseuse de la nuit, tome 6 : One Grave at a Time
De Jeaniene Frost
Sortie US : 30 août 2011


Traduction du résumé :
Après avoir évité de justesse une guerre infernale, Cat Crawfield veut juste passer un peu de temps avec Bones, son mari vampire. Malheureusement, le cadeau reçu de la reine vaudou de la Nouvelle-Orléans se révèle plein de surprises... et mène à une faveur personnelle qui les plonge à nouveau au cœur de la bataille, cette fois contre un esprit diabolique. Plusieurs siècles auparavant, Heinrich Kramer était un chasseur de sorcières. De nos jours, à chaque Halloween, il prend forme humaine pour torturer d'innocentes femmes avant de les brûler vivantes. Cette année, Cat et Bones sont déterminés à tout risquer pour le renvoyer ad patres pour l’éternité. Mais comment tue-t-on un tueur qui est déjà mort depuis bien longtemps ?  


Avis de Tan :
La fin du tome 5 avait laissé le lecteur avec une belle surprise entre les doigts. Le tome 6 reprend exactement à cet instant pour ensuite faire un petit bond dans le temps. Le Cat & Bones du jour sera donc aromatisé aux fantômes et pas qu'un peu. En dehors de la situation un peu particulière de la fin du tome précédent dont il est difficile de parler sans spoiler, c'est Fabien qui est à l'origine de la nouvelle affaire sur laquelle vont travailler nos héros. Dans la série "ennemi pas piqué des hannetons", Heinrich Kramer est loin d'être un enfant de chœur et représente un réel défi. Comme dit dans le résumé : comment tuer quelqu'un qui est déjà mort et immatériel la plupart du temps ? Non seulement, tout ça a un fort goût de Ghostbuster mais Kramer n'est pas sans rappeler Vigo des Carpates de SOS Fantômes II. Bien sûr, on ne doute pas un instant qu'il y a un moyen d'en venir à bout mais Cat va en baver pour y arriver et rares sont les auteurs qui osent faire subir à leur héroïne un traitement pareil. Stop au glamour, ça va sentir sacrément le roussi ! Le seul petit reproche qu'on pourrait faire au déroulement de l'histoire c'est qu'un élément assez important est encore une fois très prévisible et qu'il est toujours un peu irritant d'attendre plus de 100 pages que les héros en arrivent aux mêmes conclusions que le lecteur. Mais dans l'ensemble, la carrure du méchant aide beaucoup à pimenter les choses. Puis, encore une fois, c'est l'occasion de retrouver Spade, Denise et Ian, et d'introduire Tyler : un nouveau personnage haut en couleurs qui n'est pas sans rappeler Lafayette de la série True Blood.

L'autre partie de l'intrigue, qui occupe un peu trop de place comparativement, a le mérite de piquer la curiosité du lecteur. D'emblée, vu que tout s'entremêle, il n'est pas évident de saisir que cet aspect de l'histoire ne verra pas sa conclusion dans ce tome mais est l'amorce du suivant. Les grands remaniements dans l'ancienne unité de Cat permettent d'introduire un fonctionnaire irritant au possible et plein de secrets qui laissent présager des rebondissements intéressants. Un premier pas vers le dénouement ? Affaire à suivre.

Là où on attend Frost au tournant à chaque tome, c'est au sujet de la merveilleuse histoire d'amour de Cat & Bones. Y-aura-t-il un jour un faux pas ? Une faute de goût ? Eh bien ça ne sera pas pour cette fois même si THE scène n'a rien d'un chapitre 32 voire d'un chapitre 21. L'auteur continue à construire leur relation. Elle évite judicieusement les redites et fait consciencieusement évoluer les choses dans la bonne direction. Bones arrive encore à faire preuve de magnifiques preuves d'amour envers Cat qui feront fondre toutes ses fans. Leur petit jeu de teasing fait toujours autant sourire et c'est aussi chaud qu'au tout premier tome. Frost n'a même pas besoin d'être vraiment explicite et de passer aux choses sérieuses pour faire monter la température. On connaît bien le couple, on connaît leur relation. Ce sont les petites attentions qui lui donnent toute sa profondeur. S'il ne fallait retenir qu'une scène, c'est sans doute celle de l'engueulade qui est non seulement un tour de force de l'auteur mais en plus démontre à quel point ils sont sur la même longueur d'onde maintenant. Cat a retenu les leçons du passé. Bones aussi. Et là où Kelley Armstrong avait laissé le lecteur sur sa faim dans Capture (cf mon avis, fin du premier paragraphe), Jeaniene Frost assure. Chapeau !  

One Grave at a Time n'est pas un grand Cat & Bones même si nos héros sont toujours aussi attachants et qu'on continue à les aimer comme au premier jour. Globalement l'intrigue manque de peps mais il y a quelques bonnes scènes qui sauvent vraiment le livre et permettent à la série de rester sur le haut du panier de la fantaisie urbaine. A 3 tomes de la fin, la tension promet de monter crescendo. Et dire qu'il va falloir attendre que le spin-off sur Vlad soit sorti pour connaître la suite...

lundi 19 septembre 2011

La morsure du loup de Lilith Saintcrow


La morsure du loup
de Lilith Saintcrow

Éditions Harlequin 

Collection Nocturne
 
Sortie le 1er septembre 2011
Format Poche / 278 pages / 5,20€

 

Présentation de l'éditeur :

Au sortir de la boîte de nuit où elle a perdu de vue son amie Lucy, Sophie aperçoit le corps de cette dernière allongé dans une ruelle sombre. Près d’elle un homme est penché, les canines luisantes, le visage couvert de sang. Paralysée par l’épouvante, Sophie comprend qu’elle va être la prochaine victime du vampire. Mais alors qu’elle tente de s’enfuir, un inconnu se dresse entre elle et le monstre, des bras puissants l’enserrent, une voix grave lui ordonne de ne pas bouger… A moitié morte de peur, le cœur battant à tout rompre, Sophie lève les yeux et rencontre le regard de l’homme qui a arrêté sa course. Un regard de loup qui la transperce et la caresse tout à la fois. Un regard qui, sans qu’elle s’explique pourquoi, fait naître en elle le plus troublant des frissons.


Avis de Kamana

Sympathique histoire qui se lit très vite. Trop vite en fait !

Sophie, suite à la mort de sa meilleure amie tuée par un vampire, se fait kidnapper par une bande de loups-garous. Zach le mâle dominant est certain qu'elle est une chamane et qu'elle pourra sauver son clan. En effet, pour pouvoir s'installer quelque part et trouver l'équilibre, chaque meute de garous doit avoir en son sein au moins un chamane. Sa présence permet d'apaiser le groupe, il peut voyager dans le majir, le monde des esprits, et ainsi acquérir un savoir ancestral qui permet par exemple de prévoir l'avenir mais aussi de guérir les membres du clan en cas de blessure. Celui de la famille de Zach a perdu la vie, le groupe ne peut donc élire domicile nulle part, telle est la loi des garous. L'arrivée de Sophie est donc une opportunité que la tribu ne peut laisser passer. Ils l'enrôlent de force et comptent lui expliquer la situation, espérant qu'elle comprenne et accepte de les aider. Cela sera d'autant plus facile que les vampires ont décidé de se venger, à moins que ces attaques ne cachent autre chose...

Le synopsis n'est pas très flatteur pour le roman car même s'il est clair que c'est une romance, l'attirance entre Sophie et Zach ne sera pas au centre de l'histoire. Au-delà des élans du cœur, c'est avant tout la survie du clan qui primera. Ne vous attendez pas à du glamour et à des scènes torrides, Lilith Saintcrow a su mettre en avant le suspense et ne lâcher la bride aux sentiments qu'en fin de récit, pour notre plus grand bonheur. Le roman est bon mais trop court, les scènes de conflits sont vite expédiées. Dommage, car maintenir la tension un peu plus longtemps aurait donné plus de poids à la trame.

Côté personnages, le focus sera essentiellement fait sur le couple phare même si une poignée d'autres protagonistes nous seront présentés. Zach porte un lourd fardeau et n'arrive pas à se pardonner les erreurs du passé. De ce fait, rallier la jeune femme à leur clan sera son unique but, au départ tout du moins... Sophie, traîne aussi des antécédents tragiques qui l'ont déchirée. Bien que craintive, elle trouvera la force d'aller de l'avant et se découvrira un pouvoir qu'elle ne soupçonnait pas.

Grâce à une écriture dynamique et rythmée, Lilith Saintcrow nous entraîne d'emblée dans son histoire. A l'intérieur du récit, l'auteure met souvent des phrases en italique qui reflètent les pensées des personnages, ce qui donne un côté plus intime et drôle. Tout s'enchaîne rapidement ne laissant pas de place aux temps morts.

Voilà donc une romance paranormale très sympa, qui aura au moins le mérite de vous faire passer un bon moment.

dimanche 18 septembre 2011

Les tétins de Sainte-Agathe



Les tétins de Sainte-Agathe
de Giuseppina Torregrossa

Éditions JC Lattès 

Collection : Littérature étrangère

Sortie le 11 mai 2011
Grand Format / 350 pages / 22,00€



Présentation de l'éditeur :

Chaque année, le 5 février, Agata enseigne à sa petite fille Agatina les secrets de la préparation des gâteaux en l’honneur de la sainte dont elles portent toutes les deux le prénom. Tandis qu’elles pétrissent les cassatelle en forme de sein, les tétins, la grand-mère raconte le martyre de la sainte à qui le cruel consul Quinziano, ne supportant d’être repoussé, fit couper les mamelles. Grace à cette histoire dramatique, elle enseigne à sa petite-fille une règle du monde masculin : «Tu dois savoir que, si tu ne ressens pas de plaisir quand ils te touchent, les hommes se sentent atteints dans leur virilité, mais gare à toi si tu y prends du plaisir, parce que là ils te prennent pour une putain. » Ceci est l’un des nombreux avertissements, proverbes et conseils qu’Agata laisse en héritage à sa petite-fille – avec la recette des cassatelle – ingrédients indispensables pour en faire une femme. Et ce parfum de ricotta et de chocolat qui envahit la cuisine où Agatina écoute, fascinée, le récit de sa grand-mère, sert de prétexte à l’évocation de l’histoire de deux familles siciliennes et de leurs femmes. Les tétins vont toujours par paires, répétait inlassablement mamie Agata : deux seins, deux gâteaux pour chaque jeune fille. Cependant, la vie est imprévisible et le sein, doux viatique de joie et de nourriture, peut porter la maladie et le désamour. Le compte n’est pas toujours bon…

De Catane à Palerme, bercés par une langue savoureuse et un style enjoué, aussi frais que les histoires que les femmes se racontent en secret en préparant les repas et le destin de leurs hommes affamés, nous suivons l’évolution trépidante de notre protagoniste et de ses pas dans la vie.

L'avis de Lila :

Dans la famille d'Agatina (Agathe), il est coutume de fêter chaque année la sainte Agathe. Pour cette occasion, les femmes de la famille préparent des petites pâtisseries en forme de sein et nommés "Tétins de Sainte Agathe". La recette se transmet de génération en génération, tout comme le prénom Agata, choisi en l'honneur de la sainte.
La préparation de ces pâtisseries est avant tout l'occasion de discuter, de parler des femmes de la famille et de transmettre des leçons de vie au travers des histoires de chacune.

Agatina nous raconte ainsi les destins de plusieurs femmes de sa famille à travers des anecdotes et tranches de vie. Mais pas seulement, car après une première partie durant laquelle on découvre la famille d'Agatina, c'est ensuite la vie de l'héroïne qui devient le point central du roman. On la découvre alors dans sa vie d'adulte, mais surtout de femme.

Dans cet ouvrage, la vie en Sicile se dévoile telle qu'elle était et telle qu'elle est aujourd'hui, abordant la condition des femmes dans cette société profondément machiste et qui évolue parfois plus lentement qu'il ne le faudrait. Ce roman fait la part belle aux femmes, dans toute leur diversité et leur complexité, même s'il présente des aspects du machisme qui m'ont parfois fait bouillir intérieurement. Il aborde sans concession la vie, l'amour, la sexualité, la maladie et le couple. L'écriture de l'auteure est fluide et agréable à lire, même si j'ai à plusieurs occasions tiqué devant le langage parfois cru. Les personnages croqués sont criants de vérité, à tel point qu'on se demande avec curiosité où s’arrête le récit et où commence l'autobiographie.

Un roman profondément féminin et qui se lit rapidement.

L'arbre rouge

L'Arbre Rouge
de Shaun Tan

Éditions Gallimard-Jeunesse
Collection : ALBUMS JUNIOR

Sortie le 7 octobre 2010
Album / 34 pages / 13,90€

Présentation de l'éditeur :

Certains matins, le monde ne rime à rien. Tous les ennuis surgissent en même temps. Et soudain le bonheur est là, d'un beau rouge vif. Mystère, poésie, virtuosité graphique, plongez dans l'univers d'un artiste prodigieux. Par l'auteur de Là où vont nos pères et de Contes de la banlieue lointaine.

 L'avis de Lila :

L'Arbre Rouge s'adresse en premier lieu à un jeune public. Pourtant, cet ouvrage est empreint d'une poésie et d'une philosophie qui ne laissera personne indifférent, petits ou grands. Abordant avec finesse et subtilité le thème de la mélancolie et de la tristesse, ce livre est un habile mélange de courtes phrases simples et d'images à la beauté indéniable qui nous émerveillent et nous emportent. Les illustrations sont si bien réussies et si parlantes qu'elles se suffiraient presque à elles-même. Il n'y a pas d'âge pour se sentir triste, malheureux ou un peu déprimé, les petits aussi ont leurs chagrins. Ce très bel ouvrage est parfait pour ces moments-là, abordant la mélancolie sans lourdeur et nous laissant sur une fin pleine d'espoir.

Un très beau moment à partager.

vendredi 16 septembre 2011

Les Seigneurs de l'Ombre Tome 6 : Le Papillon des ténèbres de Gena Showalter


Les Seigneurs de l'Ombre 
Tome 6 : Le Papillon des ténèbres
de Gena Showalter

Editions Harlequin
Collection Best-Sellers Paranormal

Sortie le 1er juillet 2011
Poche / Prix 6,99€


Présentation de l'éditeur :

Gideon, ténèbreux guerrier mi-ange mi-démon, possède le pouvoir de détecter le mensonge et la tromperie. Pourtant, quand l'immortel Scarlet se présente à lui, couronnée de sa chevelure d'ébène, il perd tous ses moyens. Envouté par son parfum d'orchidée, captivé par tant de beauté, il écoute son incroyable histoire, incapable de savoir si elle lui dit la vérité. Mais comment la croire quand elle affirme qu'elle a un jour été sa femme alors qu'il n'a aucun souvenir d'elle? Et surtout, comment la protéger sans mettre en danger ses compagnons et sans se détourner de sa propre quête, celle qui poursuit comme Prince des Seigneurs de l'Ombre? Une force irrésistible le pousse néanmoins à vouloir connaître la vérité et comprendre ce qui l'attire en elle. Car bien au delà du désir, Gideon sent qu'un lien particulier l'unit à Scarlet. Un lien qui, s'il le découvrait, pourrait détruire celle qu'il commence à aimer.....


Avis de Molina

Ah le tant attendu sixième tome de la série Les seigneurs de l’ombre, quel bonheur de le lire et quelle tristesse de le refermer…

C’est avec une joie immense que nous retrouvons notre petite troupe d’immortels et que nous suivons cette fois l’aventure de Gideon, gardien de tromperie. Son démon l’empêchant de dire la vérité, sous peine de se voir infliger des douleurs insoutenables, il est constamment obligé de dire le contraire de ce qu’il pense. Heureusement, ses compagnons sont habitués à ce "petit travers" et le comprennent toujours, mais qu’en sera-t-il de Scarlet, gardienne de Cauchemar et femme tant convoitée ? Car c’est bien là l’angoisse de notre charmant héros, la belle comprendra-t-elle le fond de ses pensées et ne se vexera-t-elle pas quand il lui dira qu’elle est horriblement laide et qu’il ne la désire pas ?

La lecture est plus ardue pour ce nouvel opus car le lecteur doit tout le temps traduire ce que Gideon veut dire mais toujours aussi agréable. Ce "petit problème" est totalement exploité par l’auteure qui en fait, tantôt une scène drôle (et oui Scarlet aime parfois faire semblant de ne pas avoir compris ce qu’il veut dire), tantôt une scène tragique (quand elle se retrouve avec les idées confuses et que Gideon essaye de la convaincre qu’elle ne croit que des mensonges), mais Gena nous offre tout au long du récit des émotions fortes et de la confusion et ce, pour notre plus grand plaisir. J’avoue un gros coup de cœur pour la surprise qu’elle nous a réservé concernant les démons de notre couple de héros, mais chut, je n’en dirai pas plus !

Je salue encore une fois le talent de Gena Showalter qui nous offre une série d’une qualité constante sans pour autant tomber dans la facilité, le renouveau est toujours là et les émotions aussi.

Au final, une fois encore la lecture de ce livre fut un pur moment de délice et le prochain est attendu de pied ferme !

jeudi 15 septembre 2011

Humaine de Rebecca Maizel


Humaine
de Rebecca Maizel

Editions Albin Michel
Collection Wiz

Sortie le 6 avril 2011
Format Broché / Prix 15€


Présentation éditeur :

Lenah n’est plus la vampire cruelle et sanguinaire qu’elle fut pendant plus de cinq cents ans. Aujourd’hui son voeux le plus cher vient de se réaliser. Elle est redevenue humaine, grâce à un rituel pratiqué par Rhode, son âme-soeur depuis des siècles. Mais comment vivre dans la peau d’une jeune fille de 16 ans quand on a presque tout oublié de l’amour et de l’amitié ? De plus, même sous l’apparence d’une lycéenne ordinaire, Lenah doit rester sur ses gardes : le clan de vampires sur lequel elle a autrefois régné est prêt à tout pour faire revenir sa souveraine…


Avis de Pauline:

Une couverture sublime, un résumé alléchant, une histoire magnifique, originale et émouvante… Comment ne pas tomber sous le charme de ce roman ?

Lenah était il y a peu encore une vampire puissante, impitoyable et à la soif de sang démesurée. Mais aujourd’hui elle est redevenue humaine. Dans la peau d’une adolescente de 16 ans, elle réapprend doucement à vivre normalement, elle retrouve des sensations disparues depuis des centaines d’années et des émotions qu’elle croyait ne jamais pouvoir ressentir à nouveau. Ce changement elle le doit à l’un des amours de sa vie, qui s’est sacrifié pour elle, pour qu’elle puisse revivre à nouveau, redécouvrir ce qu’est l’amour. Pourtant elle sait que ce paradis retrouvé n’est qu’illusion et que très bientôt son passé va la rattraper, car elle a laissé derrière elle son cercle, les vampires les plus puissants jamais connus et qui soulèveront ciel et terre pour la retrouver.

Rebecca Maizel nous offre avec ce premier tome un moment magique et bouleversant, bercé d’émotions fortes, de joie et d’amour, comme de douleur et de tristesse. Le récit alterne entre la Lenah humaine et ses souvenirs de Lenah vampire avec des contrastes et des transitions entre les deux remarquablement bien effectués. La plume de l’auteure est fluide et nous permet d’obtenir une nouvelle vision de l’humanité à travers les yeux de Lenah. On ressort un peu mélancolique de cette histoire, mais aussi différent et voire même grandit. Le personnage de Lenah est très attachant autant sous sa forme humaine que vampirique et cela malgré la noirceur du second.

La fin un peu rapide est assez déroutante et horriblement triste. Cependant elle laisse présager un second tome tout aussi riche que celui-ci…

Succubus, Tome 5 : Succubus Shadows de Richelle Mead


Succubus
Tome 5 : Succubus Shadows
de Richelle Mead

Editions Bragelonne

Sortie le 19 novembre 2010
Grand Format / 300 pages / 20€

Présentation de l'éditeur :

Georgina a des superpouvoirs, elle est immortelle, elle est capable de séduire n importe quel homme (ou femme), elle peut changer de forme à volonté... Mais donner un coup de main pour la préparation du mariage de son ex c'est une tout autre histoire. Heureusement, il y a des distractions, comme ce succube récemment débarqué à Seattle. Mais le réel danger réside dans la force mystérieuse qui a commencé à envahir les pensées de Georgina...

Avis de Molina

Après avoir longtemps patienté dans ma pile à lire, je me suis enfin lancée. Il faut dire que l’avant dernier tome de la série est très tentant et indéniablement à la hauteur de ses prédécesseurs.

Nous retrouvons donc notre succube préférée dans une situation délicate : d’un côté elle est assaillie par une force inconnue qui tente de l’enlever et de l’autre elle doit gérer le mariage de son ex… Vous vous en doutez, son moral est au plus bas malgré le soutien de ses amis et de son nouveau colocataire.

Comme à son habitude, Michelle Read nous a réservé de nombreuses surprises. La partie la plus intéressante selon moi, est celle des nombreux flash-back de la vie passée de Georgina. Les émotions sont intenses et le lecteur souffre avec elle. Les péripéties sont nombreuses et s’enchaînent suivant un schéma bien défini auquel l’auteure nous a habitués. Le plus inattendu se produira et l’improbable aussi. Vous ne sortirez pas indemne de cette lecture et une fois encore vous aurez hâte de connaître le dénouement de la série.

L’autre talent de Michelle réside dans son aptitude à disséminer de nombreux indices qui plante la fin de l’histoire sans pour autant nous mettre réellement sur la voix. Le suspense est insoutenable et le restera jusqu’au bout. Le dernier tome est certainement attendu avec une grande impatience par tous les fans de la série.

Vous l’aurez compris, une nouvelle fois madame Read nous comble et nous soumet à la plus douce et la plus intolérable des tortures : le suspense certainement une immense tristesse que nous verrons la série se terminer.

Le cœur de rose, Tome 1 de Claudine Senger

Le cœur de rose, 
Tome 1
de Claudine Senger


Editions Persée

Sortie le 20 avril 2011
Format Broché / 614 pages / Prix 25,50€


Présentation de l'éditeur

Rose est une adolescente qui vit dans une petite ville tranquille et trop ennuyeuse à son goût. Depuis le départ de sa meilleure amie et voisine, elle est complètement anéantie car elle était comme une soeur pour elle. Heureusement pour Rose, la rentrée des classes est pour très bientôt, même si ses autres amis/voisins sont très proches d'elle, elle se sent mieux en cours. Malgré ses espérances, sa première année de lycée ne se déroule pas comme elle l'avait imaginée. Dans sa classe, un nouvel élève arrive, il est gentil mais très mystérieux. Elle se liera à lui et deviendra la meilleure amie de sa soeur. Cette rencontre n'a rien de spontané, elle avait été organisée par ses nouveaux voisins pour sa protection, car sa vie est menacée à cause d'un " Talent " qu'elle possède et dont elle ignorait l'existence. Un homme horrible ne veut qu'une seule chose : la rendre immortelle pour ensuite la tuer et récupérer son " Talent " ! Sa vie, habituellement si calme, devient une vraie tornade. Entre le départ de sa meilleure amie et l'arrivée de ses nouveaux voisins, qui sont très différents de ceux qu'elle a toujours côtoyés, Rose est bousculée et tourmentée par le " Bien " et le " Mal ". Grâce à cette famille de coeur, elle va enfin découvrir ce qu'est réellement : la Peur, la Mort, l'Amitié et l'Amour. D'ailleurs, en se liant à cette nouvelle famille, elle devra garder un énorme secret !


Avis de Kamana

J'ai pris mon temps entre la lecture de ce roman et l'écriture de ma chronique et ce parce que je ne savais pas sous quel angle l'aborder... J'ai pour habitude de modérer mes avis parce que je n'ai aucun talent pour l'écriture, les auteurs quels qu'ils soient ont du mérite et je trouve donc juste qu'on s'attarde sur les points positifs d'un roman. Mais une fois n'est pas coutume, je ne vais pas être très gentille, en espérant que l'auteure ne prendra pas mal mes propos...

Voici une lecture Young Adult qui m'a laissé un goût amer. L'histoire commence très bien, on est vite captivé par le récit. La narration à la première personne permet une approche très intime. On s'attache d'emblée à Rose qui nous semble une jeune fille posée, réfléchie et au grand cœur. Avec l'arrivée de ses nouveaux voisins et l'éveil de son "Talent", sa vie bascule entre rêve et cauchemar. Rêve parce qu'elle tombe amoureuse d'Illianus et peut vivre son amour pleinement. Cauchemar parce son bonheur a un revers lourd à porter au quotidien, voire mortel !

Jusqu'à la moitié du livre, j'ai tenu bon, je dirai même que j'ai apprécié, mais hélas certaines situations ont commencé à m'irriter et l’écriture est devenue pesante, me faisant grincer des dents. Pour commencer l'histoire se passe en France mais on se croirait dans une rue pavillonnaire comme nous en voyons dans les séries américaines. Belles maisons, grosses cylindrées, familles aisées, tous bons amis se réunissant de temps à autre pour des pique-niques, anniversaires, etc... les enfants se connaissent depuis toujours, on entre chez les autres comme si c'était chez nous. A tel point que lorsque Rose fini par faire des cauchemars, ses parents acceptent que leur fille de quinze ans dorme avec son petit ami dont il ne savent rien et ce, toutes les nuits. Bon, parfois c'est la sœur jumelle d'Illianus qui partage son lit mais j'ai trouvé ce fait aberrant. Je ne cite ici que cette situation mais il y en a d'autres qui m'ont tout autant troublée.

Par ailleurs, la plume de Claudine Senger m'a laissée perplexe ! A chaque fois que je lisais "malgré que" je me retenais de fermer le livre. Encore une fois, je ne devrai pas juger durement ce fait, mais je pense que le travail de correcteur a été bâclé... Le récit aurait pu être beaucoup moins lourd si l'auteure ne s’attardait pas sur des broutilles quotidiennes. Ainsi quasi tous les jours nous avons le droit au levé de Rose, à son passage par la salle de bain, la cuisine, etc... c'est lassant, inutile.

L'auteur privilégie énormément le dialogue au détriment du récit. Nous nous retrouvons donc en face d'échanges stériles qui n'avancent à rien. Les mots "ma chérie", "mon cœur", "mon ange" sont tellement de fois utilisés, répétés que ça en devient ridicule.

Je pourrais encore m'étaler sur le fait que le méchant n'a pas de crédibilité, il aurait pu atteindre son objectift plusieurs fois mais ne l'a pas fait parce qu'il laisse le choix à Rose, bref... Le personnage de Cédric, son ami d'enfance, m'exaspère plus que tout. Et pour finir Rose, certes a quinze ans, mais est naïve et stupide, mettant sans cesse sa vie en danger.

Je dirais pour clore que même s'il ne m'a pas séduite de bout en bout, je pense que Le coeur de Rose a de quoi plaire tout de même et qu'il trouvera ses lecteurs et fans chez un public plus adolescent ou jeune adulte.

mercredi 14 septembre 2011

La tulipe du mal de Jörg Kastner

La tulipe du mal
de Jörg Kastner


Éditions JC Lattès

Sortie en mai 2011
Format Broché / Prix 21,50€


Présentation de l'éditeur :

Amsterdam, milieu du XVIIe siècle. Peu de temps s’est écoulé depuis que la « fièvre des tulipes » a tenu les Pays-Bas en haleine. Des spéculations à haut risque sur des oignons rares ont provoqué la ruine d’un grand nombre de citoyens. Pourtant, les « Vénérateurs de la Tulipe », un cercle fermé constituée de respectables bourgeois de la ville, continuent à se réunir une fois par semaine.

Un soir, alors qu’il rentre chez lui, l’un des membres de cette petite société, l’honorable banquier de Koning est arrêté par une inconnue et brutalement poignardé. Amsterdam est en émoi. C’est le deuxième homme assassiné que l’on retrouve avec un pétale rare dans la main…

L’inspecteur Jeremias Katoen mène l’enquête, et découvre un univers énigmatique. Des fanatiques de la tulipe et des ennemis tout aussi acharnés de cette fleur, le mettent sur la piste d’un spécimen extrêmement rare et dangereux volé jadis dans l’empire Ottoman – une plante démoniaque aux couleurs fascinantes et dont nul ne s’est encore approché impunément.

Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni


Avis de Kamana

Avec ce thriller historique, Jörg Kastner nous enrôle dans une enquête des plus étranges sur la piste des adorateurs, mais aussi des détracteurs de la tulipe. Pourquoi étrange ? Tout simplement parce que les directions prises pour résoudre cette énigme seront des plus curieuses, atypiques.

Chargé de trouver un assassin, l'enquêteur Jeremias Katoen suivra sa propre voie, prendra des chemins détournés qui a priori n'ont rien à voir avec les meurtres. Son approche est intéressante, bien amenée, certes parfois troublante, il est bon de l'admettre, mais justement c'est tout cela mélangé qui captive le lecteur quant à l'issue du roman. Nous découvrons tout en suivant la piste du meurtrier, l'histoire de ce pays dont la folie suscitée par la "fièvre des tulipes" a fait bien des malheureux, engendrant une haine farouche envers cette plante, mais aussi envers ses défenseurs.

Tout à son investigation, l'inspecteur Jeremias nous devient tout de suite très sympathique. Voilà un homme qui voyant les années passer se verrait bien casé. L'idée de fonder une famille sera présente tout au long du roman et c'est donc avec un sourire que nous suivons ses pensées, ses envies, dès qu'un jupon est en approche. L'auteur ose des scènes érotiques directes et courtes ce qui peut sûrement en troubler plus d'un car on ne s'attend pas à ce genre de propos dans un thriller historique centré sur la tulipe !

De nombreux personnages secondaires viendront épauler notre inspecteur à leur manière comme une enfant serpent qui prendra de plus en plus de place dans l'histoire au fil des pages, un vengeur masqué... Les ennemis cacheront bien leur jeu faisant travailler voire surchauffer ses méninges.

Une écriture fluide, un suspense présent, mais surtout une narration plaisante entre enquête et vie privée ne laissant pas de place aux temps morts. Le lecteur se familiarise rapidement avec les noms étrangers, ainsi qu'aux dédales de rues et ruelles d'une part grâce, tout simplement, aux descriptions de l'auteur, mais d'autre part pour ceux qui préfèrent en se référant à la carte en début de livre.

La tulipe du mal est donc un roman historique agréable qui vous fera passer quelques heures de détente.

LBD, Tome 2: En route les Filles ! de Grace Dent

LBD, Tome 2: En route les Filles !
de Grace Dent

Editions Gallimard Jeunesse
Pôle fiction

Sortie 14 Avril 2011
Poche / 343 pages / 6,60 €


Présentation de l'éditeur:


Sale temps pour Ronnie ! Jimi lui a encore posé un lapin, le soir de la fête de fin d'année du bahut. Les LBD comptent bien lui donner une leçon et l'occasion pourrait se présenter avec le Festival de musique d'Astlebury. Leur rêve de toujours : à elles le rock, les garçons, la liberté ! Le temps de dénicher des billets, de trouver un moyen de locomotion et d'obtenir l'autorisation des parents et les voilà parties... Mais en pleine fête, c'est la panique : Fleur disparaît. Comment retrouver leur jolie copine blonde parmi des milliers de jeunes en folie ? Sur le point d'en référer à l'autorité, les deux LBD retrouvent la troisième... dans le carré VIP, entourée de leurs musiciens favoris !

Avis de Pauline22:

Ronnie, Fleur et Claudette sont de retour, plus déchaînées que jamais ! Alors que Ronnie et Jimi sortent enfin ensemble, ce dernier lui pose une fois de plus un lapin lors de la fête de fin d’année et ne lui donne plus aucune nouvelle… Pourtant ce n’est pas lui, ou plutôt son absence, qui va gâcher leurs vacances ! Avec des billets pour le Festival D’Astlebury en leur possession, elles ont de quoi s’occuper et surtout des idées folles plein la tête : grosse préparation, musique de dingue, des beaux garçons et surtout la liberté s’ouvre à elles… mais il plane aussi comme un petit air de vengeance ! En même temps Jimi n’avait qu’à bien se tenir !

Avec ce second tome des Bambinas dangereuses, Grace Dente aborde une nouvelles fois tous les soucis des adolescentes avec une légèreté très agréable. Plus hilarantes que jamais nos trois inséparables nous font passer un moment de détente riche en fou rires et en émotions. Il est si facile de revenir quelques années en arrière et de s’identifier à elles, qu’on à l’impression d’être à leurs côtés, ado à nouveau, avec des soucis existentiels si loin de ceux qui nous préoccupent désormais!

Fluide et léger, le style de l’auteur est vraiment adapté à ce roman frais et irrésistiblement drôle à un tel point qu’on en redemande de suite !


Ghostwalkers Tome 1 Jeux d'ombres de Christine Feehan


Ghostwalkers Tome 1
Jeux d'ombres

Christine Feehan

Editions Milady

Sortie le 26 août 2011
Format poche / Prix 7,60€


Présentation de l'éditeur:

Les expériences secrètes sont la spécialité du célèbre scientifique Peter Whitney et de sa brillante fille Lily. Ses recherches permettent de renforcer les pouvoirs psychiques d’une équipe d’agents et de faire de leurs dons une arme redoutable. Mais quelque chose n’a pas fonctionné comme prévu. Au fond des laboratoires secrets, les hommes ont commencé à mourir, victimes de curieux accidents. Le capitaine Ryland Miller sait qu’il est le prochain sur la liste. Quand le docteur Whitney lui-même est assassiné, Ryland n’a plus qu’une seule personne en qui avoir confiance : la très belle Lily. Dotée elle-même d’un extraordinaire sixième sens, Lily partage les peurs de Ryland, mais aussi a de tendres sentiments pour lui. Ensemble, ils vont plonger dans le passé du père de Lily et vont se rapprocher d’un secret bien caché qui aurait dû le rester.



Avis de Molina

Milady nous offre une nouvelle série de Christine Feehan. Après le flop qu’a subit J’ai lu en publiant le premier tome de ‘Le royaume des Carpathes’, nous ne pouvions qu’espérer que celle-ci serait plus convaincante. Malheureusement le résultat reste en demi-teinte.

Côté traduction, la qualité est au rendez-vous. Pour ceux ou celles qui connaissent l’auteure en VO, ils retrouveront son style ce que malheureusement J’ai lu n’avait pas réussit à faire. De ce fait, la lecture est beaucoup plus agréable et cohérente et l’émotion est plus présente.

Malheureusement, ce que de nombreux lecteurs ont reprochés à l’autre série est encore là. Certains trouveront à redire sur le coup de foudre irrationnel à l’origine de la relation entre les deux principaux personnages et étant donné que la crédibilité de l’histoire repose sur ce point, il est possible qu’une fois encore, le public ne soit pas au rendez-vous.
Il faut dire que si le contexte est différent, il est aussi décevant. Si vous vous attendiez à un univers extraordinaire et envoûtant, vous serez déçus. L’ambiance est contemporaine et les personnages sont surtout des hommes et des femmes comme tout le monde, aucune nouveauté et pas vraiment de quoi retenir l’attention du lecteur. Le seul point un peu original se situe au niveau des pouvoirs psychiques mais ils n’apportent pas grand chose et sont plus source de déception qu’autre chose.

Côté intrigue, là aussi la désillusion est grande. La trame de la série, un groupe de militaire soumis à des expériences pour les rendre plus performants, n’a rien de nouveau et a été vu et revu tant en livre qu’en série télé ou au cinéma. Et une fois les scènes des sexes retirées, les livres est amputé d’environ 2/3, vous vous en douterez il ne reste donc plus grand chose pour l’histoire.

Bon il faut l’avouer, côté passion l’auteur s’en tire bien, à condition d’adhérer à l’idée de départ. Les scènes sont nombreuses et très variées et il est indéniable que ces dames auront envies d’avoir leur homme sous la main après certains passages… Malgré cela, le lecteur pourra se sentir un peu frustré au niveau des émotions qui, si elles sont très largement décrites et présentes dans l’histoire, le laisseront un peu de marbre.

En bref, si ce premier opus m’a fait penser à ce qu’on peut trouver dans la collection ‘Passion intense’. Une histoire d’amour très hot avec une légère histoire autour pour enrober le tout. La lecture reste légère mais agréable et si vous êtes à la recherche d’un stimulant pour votre libido, vous avez sans aucun doute trouvé votre bonheur.

mardi 13 septembre 2011

Une enquête philosophique


Une enquête philosophique
de Philip Kerr

Éditions du Masque


Sortie le 1er Juin 2011
Broché / 390 pages / 22€

Présentation de l'éditeur

2013 à Londres, où il ne fait plus bon vivre du tout. Un meurtrier sadique s’attaque à des femmes et leur fait des choses tout à fait affreuses avant de badigeonner leur corps de graffitis obscènes. Parallèlement, on assassine l’un après l’autre les membres d’une liste ultra secrète figurant dans l’ordinateur du ministère de l’Intérieur : il s’agit de criminels sexuels potentiels, affublés de surnoms de philosophes. L’inspecteur « Jake » Jacowicz, une dure à cuire dont la particularité est de détester les hommes, s’engage dans un duel (d’une intelligence rarement vue dans un polar) avec le serial killer, surnommé Wittgenstein, qui proclame : « Je tue, donc je suis », et figure lui aussi sur la liste. La double enquête, policière et philosophique, est menée par Kerr avec un brio époustouflant.


L'avis d'Heclea

Édité pour la première fois au début des années 90, Une enquête philosophique nous transporte alors dans un monde futuriste, tel qu'il aurait pu être aujourd'hui et pourtant différent par certains détails. Il faut dire que ces légères adaptations ou évolutions de notre époque donnent une saveur particulière au texte, l'éloignant par moments de l'enquête policière classique.

Le roman porte bien son titre, alternant entre chapitres narratifs et pensées d'un des personnages, tous les ingrédients du polar sont présents mais agrémentés de réflexions philosophiques en rapport direct avec l'intrigue.
L'idée fonctionne bien au départ, donnant un renouveau au genre, permettant tout à la fois de réfléchir et de s'évader en lisant. Seulement, par moments, ces réflexions sont de trop ou perdent un peu le lecteur qui peut se sentir décalé et finir par décrocher.
Par contre, si le lecteur n'est pas rebuté, ces inserts sublimeront l'intrigue, lui donneront une saveur particulière et sauront le captiver.

Une fois cette particularité appréhendée, l'intrigue nous entraîne dans une aventure mêlant plusieurs enquêtes, aux personnages torturés, croqués de manière vive, souvent entiers dans leurs réactions et leurs choix. Quelques fois à la limite de la caricature et aux réactions parfois exagérées, ces héros n'en sont pas moins intéressants et le duo improbable formé par Jake et Wittgenstein apporte un certain piquant.
Les différences, légères mais significatives, entre notre société et celle décrite dans le roman, apportent tout l'intérêt de l'intrigue, permettant de mettre en place les crimes et d'expliquer certains dénouements.

Alors que l'on pourrait s'attendre à un style ampoulé et toujours recherché, l'auteur nous surprend plus d'une fois par la crudité de ses propos, de telle manière qu'il est facile de se demander s'il ne cherche pas uniquement à choquer et faire réagir son lecteur.

Ce roman est donc à plusieurs entrées et niveaux de lecture, les plus philosophes d'entre nous y trouveront matière à réflexion alors que tout un chacun pourra passer un bon moment à suivre l'enquête de Jake dans un Londres légèrement différent.
Attention tout de même, si la philosophie était votre bête noire au lycée, il vaut peut-être mieux passer votre chemin et vous intéresser à d'autres écrits de l'auteur.

La vampire, tome 3 : Tapis rouge



La vampire
Tome 3 : Tapis rouge

de Christopher Pike

Éditions J'ai lu

Sortie le 28 mai 2011
Format poche / 189 pages / 7,20 €



Présentation de l'éditeur :
« Je m'appelle Alisa Perne.
Étant une vampire, je me faisais une joie de passer quelque temps à Las Vegas, une ville bien connue pour être particulièrement vivante la nuit... Mais malheureusement, quelqu'un au gouvernement a appris mon secret et s'est procuré de l'ADN de vampire. Et c'est bien sûr à moi que revient la tâche de sauver le monde en m'introduisant dans une base militaire du Nevada pour empêcher un savant fou de créer une armée de buveurs de sang. »


L'avis de Scende :

Après avoir affronté Eddie Fender dans le second tome des aventures d’Alisa, la jeune femme, ne voulant pas abandonner son ami Joël Drake - agent du FBI de son état - aux portes de la mort, prend sur elle de le transformer, brisant un peu plus sa promesse faite à Krishna.
Décidée à le sauver coûte que coûte, elle s’attarde dans la maison de Fender et se fait surprendre par les collègues de Drake. Très vite, elle tente de s’échapper alors que l’agent du FBI, vampire nouveau-né, souhaite se soumettre à ses collègues. Ils sont alors tous deux entravés et enfermés dans des fourgons blindés. Mais Alisa, fidèle à elle-même, n’en reste pas là et s’échappe ! Une chasse dans les rues de la ville s’ensuit. Joël, à nouveau attrapé, est emmené dans un laboratoire secret, au fin fond du désert… L’enjeu est d’autant plus important que le ravisseur de l’agent Drake souhaite créer une armée de vampires… !

Ce troisième opus démarre sur les chapeaux de roues : d’action en action, Alisa et Joël tentent de se sortir du mauvais pas dans lequel ils se sont coincés. Digne d’un blockbuster américain, Tapis rouge nous projette sur les pas de Stallone dans un Rambo féminin ! L’action est présente dès les premières pages et de courses folles en suspens, ces scènes sont si bien décrites que nous les imaginons sans problème.

Christopher Pike garde son style et la présence de flash-back sert de fil conducteur dans ses romans. Chaque livre nous dévoile des bribes de la vie de la vampire et chaque souvenir lui apporte un réconfort important.

Alisa est un personnage haut en couleurs, mais son côté «j’aime tuer et je le revendique » est bien trop présent dans cet opus, et cela me laisse un goût fâcheux à la lecture. Trop d’action, et trop de savoir-faire (elle pilote n’importe quel avion, saute d’immeubles en immeubles…) pour cette héroïne qui n’a pas froid aux yeux !

Les Gardiens de l'éternité, tome 3 Styx d'Alexandra Ivy



Les Gardiens de l'éternité, 
Tome 3 : Styx
d'Alexandra Ivy


Editions Milady

Sortie le 24 Juin 2011
Poche / 416 pages / 7€


Présentation de l'éditeur :

La tentation est éternelle…
Darcy Smith est détentrice d’un pouvoir capable d’influencer le destin d’une espèce entière de démons. Aussi devient-elle un pion dans la lutte opposant vampires et garous…Salvatore Giuliani sait que le temps est compté pour les garous. Il compte faire de Darcy sa plus grande conquête et sa reine, car elle seule possède la clé de leur survie. Mais Styx, l’Anasso des vampires, est prêt à tout pour sauver Darcy d’une morsure qui la plongerait à jamais dans une vie de servitude…Auquel de ces hommes peut-elle vraiment se fier ?

Avis de Molina

Et voici le troisième tome de la série Les gardiens de l’éternité. Niveau chronologie, celui-ci suit de très près le livre précédent ce qui fait que l’on se replonge dans l’histoire très facilement.Nous retrouvons donc Styx, le nouvel Anasso, qui se retrouve à devoir gérer des loups-garous récalcitrant et d’humeur rebelle. Chacun complotant pour imposer à l’autre race ses opinions, le duel entre les deux mâles dirigeants est des plus agréable à suivre. Allez avouons-le, c’est toujours plaisant d’assister au combat entre deux mâles alpha, surtout si une belle demoiselle est au milieu du conflit !

Car notre nouvelle héroïne, Darcy, est l’objet de la discorde. Les loups-garous la veulent pour une raison indéterminée, et les vampires la préfèrent otage pour forcer leurs ennemis à se tenir tranquille. Le principal mystère de l'histoire est la nature de Darcy. Au début du livre elle est humaine, enfin c’est l’impression qu’elle donne, mais personne ne semble savoir réellement ce qu’elle est, pas même elle.

Comme toujours dans cette série, nos deux héros vont se retrouver très attirés l’un par l’autre et chacun y résistera à sa façon, sans grande réussite.J’ai toutefois eu l’impression que ce tome était plus fade que les précédents. Cela vient sûrement du caractère de l’héroïne : végétarienne et non violente, c’est un vrai Gandhi. Autant le dire tout de suite, ce n’est pas grâce à elle que vous aurez des poussées d’adrénaline. Styx offre heureusement un peu plus de pepse à l’histoire avec son caractère ombrageux et terriblement arrogant, sans lui le récit serait trop terne pour donner envie de poursuivre la lecture.

Côté péripéties, la série poursuit sur sa ligne conductrice : quelques rebondissements et intrigues destinés à créer la relation entre les deux personnages principaux, mais rien de bien passionnant en soi.

Au final, ce nouvel opus se laisse lire mais avec moins d’intérêt que les précédents. Il offre toutefois l’avantage de nous donner des nouvelles des deux couples que nous connaissons déjà, ce qui offre quelques scènes très agréables, et servira de tremplin au suivant, en espérant qu’il soit d’un niveau supérieur sinon l’intérêt de la série risque de retomber.

Mercy Thompson Tome 6 : La Marque du fleuve de Patricia Briggs


Mercy Thompson 

Tome 6 : La Marque du fleuve
de Patricia Briggs

Éditions Bragelonne 

Sortie le 2 décembre 2011
Grand format / 20 €

Éditions Milady 

Sortie le 21 juin 2012
Format poche / 7,10 €




Présentation de l'éditeur VO : (traduction de Tan)

Mercy Thompson, la mécano, a toujours su qu'elle était différente, et pas juste parce qu'elle sait parler à l'oreille des moteurs de VolksWagen. Mercy est une changeuse, un talent qu'elle a hérité de son père. Elle n'avait jamais rencontré quelqu'un comme elle... jusqu'à aujourd'hui.

Quelque chose de mauvais remue au fond de la Columbia River, quelque chose que le peuple de son père connait probablement. Et pour survivre, Mercy et son homme, l'alpha Adam, vont avoir besoin de leur aide...

Avis de Tan :

Sixième opus des aventures de Mercy Thompson, La Marque du fleuve se démarque assez radicalement des livres précédents. Après une introduction plutôt trompeuse et passablement anecdotique, le second chapitre a tout pour mettre les fans du couple Mercy/Adam en émoi. Et ça n'est que le début puisque rapidement le couple encore plus attachant que d'habitude va partir en "vacances" en tête-à-tête. Après les événements difficiles des tomes précédents, c'est le cœur gros qu'on est témoin de leur bonheur et qu'on plonge dans l'intimité de leur couple, avec, bien sûr, toute la pudeur à laquelle l'auteur nous a habitué jusqu'à présent. C'est aussi adorable que touchant et c'est une bonne occasion pour faire le plein d'Adam. Mais ce voyage signifie aussi que nos deux héros vont se retrouver isolés. Patricia Briggs a en effet choisi de leur faire prendre de la distance vis-à-vis de la meute et de Tri-Cities pour mieux permettre à Mercy d'effectuer un retour aux sources fascinant.

La magie dans ce tome est très différente de celle que l'on a rencontrée jusqu'à présent. L'ascendance indienne de Mercy va être grandement mise en avant avec notamment la rencontre avec l’énigmatique Coyote qui est plus la personnification d'un concept qu'une entité véritablement palpable et peut être parfois difficile à appréhender. On rentre de plain-pied dans une mythologie avec laquelle nous, Européens, ne sommes pas forcément familiers mais qui n'est pas sans rappeler la façon donc les Grecs percevaient et expliquaient le monde en leur temps. Ici l'immersion dans cet univers méconnu est vraiment réussie. Plusieurs passages de visions donnent une impression cotonneuse, comme si on flottait, déconnectés du monde réel. Un état de transe dont on ressort parfois groggy, parfois plus violemment, tout particulièrement à la fin du chapitre 11 qui laisse un goût particulièrement amer en bouche.

En guise d'approfondissement ou tout simplement pour avoir une vision un peu différente de La Marque du fleuve, il est intéressant de compléter sa lecture avec Indian Legends of the Pacific Northwest (disponible uniquement en anglais). L'ouvrage revient, comme son titre l'indique, sur de nombreuses légendes indiennes de la région de la rivière Colombia et alentours, notamment celles auxquelles Patricia Briggs fait abondamment référence au fil des pages. A défaut, il est toujours possible de se rabattre sur le net qui regorge aussi d'informations sur le sujet.

Briggs livre ici l'histoire qu'on attendait depuis longtemps pour enfin en apprendre plus sur les origines de Mercy. Ce 6ème tome est parfaitement maîtrisé, à la fois dramatique, touchant et immersif, avec pas mal de pointes d'humour, dont une qui fera mouche avec le public francophone. Et c'est sans parler de l'irrésistible imitation de Charles par Mercy. Ce qui pourra agréablement surprendre les amateurs, c'est la présence assez forte d'une composante horreur introduite grâce au monstre de la rivière ; ce qui permet à l'auteur d'offrir quelques scènes assez tendues. Surtout que, comme chacun sait maintenant, un loup n'est pas des plus à l'aise dans l'eau et que Mercy ne peut donc pas compter sur l'aide d'Adam la plupart du temps. Même si on peut être malheureux de ne pas retrouver toute la clique, c'est aussi une bonne occasion de faire de nouvelles connaissances qu'il s'agisse de membres de la famille de Mercy que de divinités indiennes légendaires qui renforcent l'aspect mystique de ce tome. La Marque du fleuve se révèle aussi passionnant qu'instructif et voir Mercy et Adam aussi heureux malgré l'adversité donne vraiment envie de faire la danse de la joie. Un tome à ne surtout pas rater.

Le roi des cimes de Stephen Deas

Les Rois-Dragons
Tome 2 : Le Roi des Cimes
de Stephen Deas

Éditions Pygmallion

394 pages / 21,90 €



Présentation de l'éditeur:

Le prince Jehal n’a pas ménagé sa peine pour arriver au sommet du pouvoir : tortures, empoisonnements et trahisons en tout genre ont été son quotidien pendant plusieurs années. Mais cela a payé : il peut désormais jouir en toute impunité des avantages liés à ses nouvelles fonctions. Et pourtant... il nourrit à l’égard de la femme qu’il a épousée des sentiments plus complexes que le simple intérêt politique, ce qui n’est pas du goût de sa maîtresse. Ailleurs dans le royaume, les barons attachés à l’ancien régime complotent contre lui. Et nul ne sait si le dragon blanc est toujours en vie ou non. Sevré depuis trop longtemps du traitement qui asservit les monstres ailés, ce dernier pourrait bien avoir récupéré la totalité de ses capacités physiques et intellectuelles... et vouloir se venger !


L'avis de Phooka:


Après un tome 1, Le palais Adamantin,  qui m'avait enthousiasmée, je me suis plongée avec beaucoup d'envie dans ce Roi des cimes, qui est la suite dans la série des Rois-dragons de Stephen Deas.
Soyons honnête, j'ai eu un peu de peine au début ... Je n'arrivais pas à avancer, pourtant tous les personnages me revenaient bien en tête (pour une fois ... ), mais il ne se passait pas grand chose et ma lecture s'enlisait. Et puis, arrivée à la deuxième partie  (sur quatre), clac... déclic! On passe à la vitesse supérieure, les évènements s'enchaînent et je me suis mise à dévorer le roman exactement comme pour le premier tome. J'ai avalé les 300 pages suivantes avec gourmandise.
J'y ai retrouvé tout ce qui m'avait plu dans le premier volume: des personnages et des situations complexes, un monde quasi féodal dans lequel les dragons soumis et drogués font office de chevaux, des trahisons, des complots, et des protagonistes au destin parfois franchement tragique !
Car oui, il faut le dire, Stephen Deas n'est pas un tendre. Il n'a aucune pitié pour ses héros petits ou grands.  Un peu à l'image de Neige, cette dragonne blanche "éveillée" qui se souvient de son passé et de celui ses congénères. Un passé glorieux plein de batailles et de fureur. Neige, dragonne renégate qui n'a de cesse d'essayer de "réveiller" d'autres dragons pour mener une guerre contre les humains qui droguent et utilisent les siens comme des esclaves. Neige qui est "aidée" par Kemir, un ancien bandit qui regrette bien souvent "d'avoir été au mauvais endroit au mauvais moment". Neige est son "amie" ... peut-être ... ou pas. Mais amie ou pas, il sait que si Neige a faim et qu'il n'y a rien d'autre, elle le mangera comme elle a mangé beaucoup d'autres humains dont certains étaient justement des ... amis.


Hormis Neige, beaucoup de personnages jalonnent ce roman. Des personnages ambigus, tiraillés bien souvent entre leur humanité et leurs ambitions. Tel Jehal, qui complote en permanence pour devenir "Khalife à la place du Khalife" mais qui ne peut se résoudre à faire assassiner sa femme qu'il aime contre toute attente. Jehal, au comportement odieux (et qui le paye cher), mais qu'on n'arrive pas à détester totalement. On ne peut s'empêcher d’espérer que ses manigances aient un but plus noble ...
Et puis il y a Zafir, l'Oratrice, celle par qui tout arrive. Celle dont l'ambition n'a pas de limite. Celle qui n'a aucune pitié. Beaucoup vont souffrir à cause d'elle, des rois et des reines qui n'ont pour faute que d'avoir essayé de l'arrêter ...

Le tout est servi par une écriture nerveuse, qui, une fois passée la première partie un peu lente, donne un rythme effréné à la lecture! Batailles dans les airs, à dos de dragon, complots et trahisons sont au menu (plus pas mal d'humains pour Neige et ses compagnons :)). Le résultat, c'est de la bonne Fantasy, avec un mélange équilibré d'action, de politique et ... de dragons! :) 

Ma foi, je serai au rendez-vous pour le prochain (et dernier) tome de cette trilogie, c'est sûr.

jeudi 8 septembre 2011

My lady Vampire, tome 1 : Deviens ma proie

My Lady Vampire, 
Tome 1 : Deviens ma proie

Bande dessinée / Alwett/ Nicolacci

Editions Soleil 
Collection Blackberry

Sortie le 20 août 2011
Bande dessinée / 13,50€


Présentation de l'éditeur

Loreleï est aveugle et s’ennuie à périr dans une demeure, où son père et sa belle-mère la tyrannisent. Pour tromper son ennui, elle soigne toutes les bestioles venant à crever devant sa porte, jusqu’au jour où c’est un vampire blessé qui vient s’y échouer. Une fois le loup dans la bergerie, il va bien sûr y sortir les crocs. Mais Aloïs, le vampire, est traqué par ses semblables qui en veulent à sa vie. Dès lors, la survie de la bête dépend de celle de la belle, et inversement…

Avis d'Asmodée

Vu l'abondante production d'histoires de vampires parues ces derniers mois, faire preuve d'originalité dans le genre n'est guère une entreprise aisée. Pourtant, s'apparentant à la romance paranormale de par ses thèmes et ses atours, My Lady Vampire : Deviens ma proie fait figure de bonne surprise en cette période de rentrée. Une impression positive due à l'efficacité de l'histoire. On ne s'ennuie à aucun moment lors de la lecture de ce premier tome : une intrigue solide prend place rapidement, la galerie de personnages se réclame intéressante, les grandes lignes d'une romance complexe s'ébauchent…

Les aventures d'Aloïs et de Loreleï prennent place dans un cadre Victorien retranscrit de belle manière. Les décors d'époque sont fidèles et le détail apporté aux costumes contribue en faveur d'une immersion complète au sein du récit. Personnellement, je m'intéresse toujours de près aux dialogues d'une BD, car ils sont révélateurs de la qualité du scénario. Ceux de My Lady Vampire, écrits par Audrey Alwett, parviennent à se situer dans un juste compromis du langage soutenu, sans se départir d'une modernité appréciable. Niveau ambiance générale, celle-ci diffuse la saveur des atmosphères anglaises.

Vient le moment de parler des dessins, autre élément attractif de la série. L'esthétique de My lady Vampire a tout pour plaire. Silvestro Nicolacci nous gratifie d'un graphisme sophistiqué qui flatte l'œil. Si certaines expressions faciales ne sont pas toujours irréprochables, la plastique des personnages n'en reste pas moins souvent magnifique, à l'image des costumes et des décors inspirés. Le souci du détail se ressent à travers les scènes intimes, voire poétiques, qui ponctuent l'histoire.

À noter que malgré son style évoquant celui des dessins animés, My Lady Vampire est une fiction qui se destine à une large tranche d'âge. Son ton est mûr, intransigeant dans les émotions qu'il provoque. Et comme tout récit vampirique digne de ce nom, le sang tient une place prépondérante dans l'histoire, toujours avec subtilité.

My Lady Vampire : Deviens ma proie est une BD qui s'adresse aux lecteurs en quête d'une fiction rappelant les grandes tragédies anglaises pleines de cruauté, de sensualité et de sentiments… Le tout saupoudré de fantastique. Un premier tome qui fait bonne impression et génère l'attente de sa suite avec une certaine impatience.

Côté face

Côté face
d'Anne Denier

Éditeur Anne Denier


Publié le 1er mai 2011
Relié / 446 pages / 
18€


Présentation de l'éditeur : 

J'étais en retard et si ce n'avait pas été le cas,jamais je n'aurais pris ce tram et jamais je ne l'aurais rencontré. Lui. Celui qui allait détruire ma vie en réveillant une mémoire qui sommeillait en moi et dont j'ignorais l'existence.

Un autre côté de moi-même.

"Te séduire, t'emmener, te torturer, te violer et t'assassiner."

J'avais une vie.



Site de l'auteure - Extrait

Achat

Avis de Karen:

J'ai rarement éprouvé autant de difficultés à chroniquer un roman que pour Côté Face (trop d'émotions contradictoires)! Mais essayons...

Je peux dire d'emblée que c'est un beau livre, un beau roman mais ce n'est pas une belle histoire! C'est trop sombre et dérangeant par moment pour l'être. Mais cela n'empêche pas ce livre d'être bourré de qualités, et pas des moindres.

L'histoire d'abord. Un matin, une jeune fille (et j'insiste bien sur cet anonymat et sur le fait que je ne donne pas de prénom) de terminale tout à fait "normale" se prépare à aller au lycée. Mais ce matin là, à cause du chien de son petit frère, elle est en retard. Dans le tramway, elle se rend compte qu'un homme la regarde fixement en lui souriant et ne peux s'empêcher d'en être profondément troublé. Elle n'y repense pas plus que ça dans la journée, mais cette nuit là elle fait d'étranges cauchemars où il apparaît et à son réveil il devient une obsession. En prenant le tramway, elle espère le revoir, mais à la place elle découvre scotchée à l'endroit où elle se tenait la veille une photo d'elle avec écrit au dos un lieu et une heure de rendez-vous. Tous ses amis la dissuadent de s'y rendre. Et s'il était un psychopathe et un violeur? Elle n'y va pas et une part d'elle le regrette. Dans la nuit, elle a un grave accident chez elle et se retrouve hospitalisée. A son réveil, tout est différent, elle ne sait plus qui elle est et récupère même des souvenirs qui ne semblent pas être les siens. Et puis il y a toujours ce garçon qu'elle revoit sans cesse dans sa tête, dans ce qui semble être des souvenirs, avec un nom surgit de nulle part: Nebel. Mais plus la jeune fille essaye de distinguer le vrai du faux, de comprendre l'origine de ses visions, et plus tout se complique. Et quand elle revoit "Nebel", il ne trouve rien de mieux à lui répondre quand elle lui demande la raison de sa présence: "Je voulais te séduire, t'emmener avc moi, te torturer, te violer et abandonner ton cadavre dans ton fossé". Une phrase bien plus lourde de sens qu'elle ne le pensait....

J'ai rarement lu un livre aussi bien écrit. Anne Denier fait montre ici de beaucoup de talents. Son écriture est fine, intelligente et profonde. Tout est bien pensé. Tout est à sa place, tant dans le fond - les vers de Goethe ou de Schiller par exemple - que dans la forme - les répétitions de mots, d'expressions, la mise en page particulière... On sent que derrière ce livre il y a beaucoup de travail, beaucoup de passion et beaucoup de réflexion.

C'est aussi une histoire profondément originale. A la lecture de la quatrième de couverture ou encore du résumé que j'ai fait plus tôt, on pense tout de suite à une histoire d'amour. C'est le cas bien sûr. Mais celle-ci n'a rien de classique ou de prévisible. En fait, la quasi-totalité du roman est très sombre et paraît très confus tout en étant très clair. On a l'impression d'évoluer dans un cauchemar. Celui de la jeune fille, qui peine à distinguer ses visions et ses sensations de la réalité. Son côté pile et son côté face. Cauchemar de son passé et cauchemar de son présent. Que vient encore renforcer l'anonymat des personnages, l'absence de noms. Seuls trois prénoms apparaissent dans le roman: Hyla (le nom de la jeune fille dans ses visions), Nebel et Côme (un autre personnage important de ses visions). Tous les autres sont présentés de façon impersonnelle (ma mère, mon père, mon frère, ma meilleure amie) ou avec des surnoms - que j'ai beaucoup aimé d'ailleurs (Son altesse, Monchéri-moncoeur, Quasimodo, Alter-Ecolo, N°1, N°2....).
Cette imprécision et cette atmosphère pesante peuvent sembler parfois déconcertantes, voire limite dérangeantes. Mais on ne peut nier que ça rajoute vraiment de la profondeur au récit.

Et juste parce que ce livre m'a fait frémir mais aussi sourire, voire rire (l'humour est d'une finesse incroyable et vient toujours à point nommé), je me permet de mettre ce petit extrait très amusant et qui me parle tout particulièrement!

"Tartine dans une main, je pris le livre de l'autre et en découvris enfin le titre.
Une valse avec le prince.
Mais ce titre déjà plein de romantisme sirupeux étit sans intérêt aucun, d'ailleurs le nom de l'auteur était écrit quatre fois plus gros et en lettres majuscules.
CARTLAND
Mais ça je le savais déjà, tous les livres à la couverture jaune que je stockais dans un coin de ma chambre étaient des Cartland et il devait y en avoir une centaine. Mon adorable grand-mère me les fournissait de manière régulière. Techniquement elle s'en débarrassait après les avoir lus, jugeant que sa petite-fille avait grand besoin de ce genre de lecture. Bilan à chacune de ses visites, j'en récupérais une demi-douzaine.
Je n'étais pas sûre de comprendre ce que mamie voulait dire par "en avoir besoin" et il était heureux que je ne sois pas diabétique pour pouvoir ingurgiter une telle quantité de guimauve. Barbara Cartland était à la littérature ce que McDonald était à la diététique. Facile à avaler, sans surprise, engluant le coeur et provoquant le ramollissement cérébral. C'étaient des livres capables de vous faire un lavage de cerveau sans avoir recours à la violence.
Je mordis dans ma tartine et ouvris le livre. Je parcourus rapidement les premières pages. L'héroïne était la nièce de la petite-fille de la belle-soeur du beau-frère de la cousine par alliance de la filleule de la reine Victoria, blonde, cultivée, parlant au moins dix langues étrangères et elle était incoyablement cruche. Elle avait un nom effroyablement compliqué qui rimait avec sparadrap.
J'attaquais ma deuxième tartine en découvrant que la pauvre Sparadrap se retrouvait fiancée par sa... par la reine à un obscur prince des Balkans.
Je sirotai mon café à petites gorgées en faisant la connaissance du baron Von Pasgentil." p. 116-117.


Et je finirais par une interrogation: ce livre a été auto-édité, serait-ce qu'il a été refusé par les éditeurs?!?! Incompréhensible...


Avis de Kamana

"Te séduire, t'emmener, te torturer, te violer et t'assassiner."

Cette phrase m'a énormément troublée rien qu'en lisant le résumé. Je peux même avouer qu'elle m'a donné des sueurs froides et que du coup, je n'ai pas ouvert le livre tout de suite. Mais d'un autre côté, elle m'interpellait, titillait ma curiosité aussi... sentiment contradictoire donc.

Il est impossible de rester indifférent face à cette histoire et surtout face au récit. Si la couverture n'est d'aucune aide, le synopsis nous indique qu'une rencontre tragique, douloureuse bouleversera la vie de...

De qui ? Impossible à savoir. Notre héroïne parle à la première personne mais ne se présente pas. Pas de prénom, pas d'âge précis même si on le situerait vers 17-18 ans. En fait, mis à part trois personnages nous n'aurons les prénoms de personne d'autre. Nous croisons la route de la "meilleure amie", de "son altesse royale" mais aussi de "monchéri-moncoeur", de Quasimodo, de N°1 et N°2. Cela peut sembler troublant narré comme ça mais en réalité c'est extrêmement bien amené.

Montpellier, un tram, un garçon, un regard et la vie de notre narratrice basculera dans le cauchemar. Ne vous attendez à aucune douceur, aucun conte de fée. Notre amie sombrera dans les méandres d'un passé glauque, cruel tout en vivant un quotidien des plus déchirants, perturbants, sanglants. Et le tout est tout bonnement captivant, envoûtant. Au cœur de toute cette tyrannie, de ce sadisme, l'auteure pose des passages comiques, des pensées ou des situations très drôles et légères. Un exercice périlleux mais superbement bien réussi. L'organisation des chapitres est troublante de part sa chronologie pour certains mais on se fait vite au rythme qui justement vient ajouter au suspense.

Anne Denier est un chef d'orchestre sombrement talentueux. Une plume dont j'ai aimé chaque mot, chaque phrase, chaque tournure. On suit le fil et d'un coup on se retrouve face à une coupure, un gouffre d'incompréhension. Nous sommes obligés de continuer la lecture pour comprendre. D'ailleurs même si à certains moments, nous percevons l'histoire dans son intégralité, nous n'aurons toutes les clés qu'en finissant le livre.

Je ne vous ai pas aidé, n'est-ce pas ? Je ne vous ai pas aiguillé plus que la quatrième de couverture, avouez-le ? Et bien, je pense que ce livre ne se raconte pas, il se lit simplement. Certains n'aimeront peut-être pas le style, ou alors la tournure que prend l'histoire, je peux comprendre, personnellement j'ai été séduite de bout en bout. Entre rires, pleurs, angoisses, passages traumatisants, à aucun moment on ne peut rester de marbre face à l'histoire de cette adolescente.

"Côté Face" est un roman étrangement ténébreux, inquiétant parfois, beau souvent, tragique mais à lire, oui à lire !