Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

vendredi 10 décembre 2010

La folie de Lord MacKenzie de Jennifer Ashley



Les frères Mackenzie
Tome 1 : La folie de Lord Mackenzie
de Jennifer Ashley

Editions J'ai Lu
Collection Aventures et Passions

Sortie le 5 janvier 2011
Format Poche / 347 pages / 6,60 €


Présentation de l'éditeur :

Il faut être fou pour demander une femme en mariage cinq minutes après l'avoir rencontré ! De fait, Ian MacKenzie a passé plusieurs années à l'asile où son père l'a fait enfermer. Bien que charmée par de doux excentrique, la belle Beth Ackerley ne peut que décliner son offre. Elle est veuve et raisonnable. Mais voilà qu'il la suit à Paris et que tout s'accélère : Ian a beau se prétendre incapable d'aimer, un désir fou les jette bientôt dans les bras l'un de l'autre. Et Beth se sent perdre la tête pour son bel Écossais, au mépris de sa scandaleuse réputation et des accusations de meurtres portées contre lui ...


Chronique d'Elaura :

Il y a très souvent dans la collection Aventures et Passions de J'ai Lu, des perles de la romance historique totalement insoupçonnées. Parce qu'elles sortent des schémas classiques du genre, parce que les protagonistes ont ce petit quelque chose qui vous accroche et qui illumine la petite ampoule au dessus de votre tête connotée «héros torturés inoubliables». La folie de Lord MacKenzie est tout cela à la fois et même plus.

Cette série de Jennifer Ashley nous raconte la vie de quatre frères écossais, mâles alpha par excellence dont l'histoire familiale est plus que compliquée et marquée par plusieurs drames. Il en ressort beaucoup de souffrance et un bon paquet de problèmes à régler.

Celle-ci débute par Ian MacKenzie, un personnage assez inédit en romance puisqu'il est atteint de ce qu'on appellerait aujourd'hui, une légère forme d'autisme. Mais à l'époque victorienne, il est bien évident que seul l'asile et les traitements brutaux sont de mises. Ian a le regard fuyant et ne peut regarder personnes dans les yeux. Il évolue dans son monde peuplé de cauchemars car il n'oublie rien. Doté d'une mémoire phénoménale, il enregistre tout. Des livres, des bribes de discussions qu'il ne comprend guère mais dont même deux ans plus tard il pourra vous en ressortir le moindre détail. Il manie les chiffres et les nombres avec dextérité sans vraiment en connaître la valeur, même les règles de bonne conduite en société relèvent pour lui d'un apprentissage automatique car elles n'ont pas de sens. Mais il faut faire bonne figure pour ne pas retourner à l'hôpital. Ian est fou, oui, et il a parfois des crises de violence difficilement contrôlables. La seule chose qui l'apaise ce sont les bols Ming. Il en est collectionneur et sait en reconnaître la beauté jusqu'au plus petit détail. La texture est douce et il les touche de manière presque révérencielle.
Quand il rencontre Beth Ackerley, elle l'apaise, comme ses bols. Une seule chose s'impose alors à lui, savoir si elle est «vraie» ou pas. Il veut la toucher, la sentir, la goûter. Elle devient son obsession, son refuge, son havre de paix.

Beth est une riche veuve qui vient d'hériter une petite fortune et qui souhaite raisonnablement faire un bon mariage. Mais quand Ian la poursuit, elle se laisse emporter par une passion dévorante, un jeu sensuel, érotique, très au-delà des convenances. Elle devient tour à tour maîtresse, courtisane, épouse et rien ne pourra la séparer de cet homme, que ce soit sa folie, ses frères ou les accusations de meurtre dont il fait l'objet.

Un livre poignant, qui met en scène des personnages forts et passionnants. Ici, point de demoiselles effarouchées qui s'évanouissent à la moindre vulgarité. Beth est une femme du peuple qui a vécu, qui a souffert et qui sait ce qu'elle veut. Elle n'est en rien écrasée par l'aura de Ian et le couple fonctionne à merveille. Nous faisons également la connaissance des autres frères MacKenzie, dont chacun aura sa propre histoire.
Un roman original, une écriture fluide, atypique, harmonieuse qui met parfaitement en exergue les caractéristiques de chaque protagoniste. Les frères MacKenzie sont en lice pour devenir des héros incontournables ! Espérons que l'éditeur ne nous fasse pas trop languir avant de publier la suite dédiée à Mac, l'artiste peintre de la famille.
Une lecture à ne surtout pas manquer !

Une ère de pénombre : Isak le Blanc-regard

Une ère de pénombre
Isak le Blanc-regard *
de Tom Lloyd

Editions Orbit
A paraître le 9 juin 2010


Présentation éditeur

Quand les dieux ont quitté le monde, ils y ont laissé les blancs-regards, des hommes plus forts, plus charismatiques et plus puissants que les autres – des guerriers. Le jeune Isak est l’un d’entre eux. Mais avec ces pouvoirs, il a aussi hérité d’un caractère imprévisible et d’une rage difficilement contenue. Craint et méprisé, il rêve d’une place dans l’armée et d’une chance de vivre sa vie. Pourtant les dieux ont d’autres plans pour cet impétueux adolescent. Car une époque de troubles s’annonce, et le temps est venu de forger des empires…


Chronique de Domino

Superbe roman plein de bruit et de fureur, Isak le blanc-regard ouvre magnifiquement le cycle Une ère de pénombre. Tom Llyod se joue avec brio des pièges et contraintes inhérents au premier opus d'un cycle et l'auteur présente habilement personnages et intrigues tout en nous projetant dans un univers marqué du sceau de la violence. 

Roman sombre et tourmenté à l'image du héros mais aussi à l'intrigue touffue et complexe dans laquelle Tom Llyod se plait à perdre le lecteur, Isak, le blanc-regard est un roman qu'on lâche à regret tant l'histoire est prenante. Comme Isak, on avance à tâtons, sans vraiment savoir où l'on va. Des récits apparemment sans rapport avec l'intrigue ponctuent la narration accentuant cette impression de confusion. Les plans s'enchevêtrent et l'on passe d'un lieu à un autre, de la réalité à la dimension du rêve ou de la transe sans qu'aucune transition ne soit vraiment marquée. Si de prime abord, on est déconcerté, très vite on se laisse emporté par ce flot et c'est avec joie qu'on se noie dans cette histoire aussi surprenante que fascinante.

Fascinant, Isak le héros l'est tout autant que le récit. Malgré la brutalité et la rage qui le consument, on ne peut que s'attacher à ce héros, charismatique à son corps défendant. Obligé d'endosser un costume dont il ne veut pas, rongé par le doute et la mésestime de soi, comment ne pas être touché par ce héros qui se défend d'en être un, d'être le Sauveur que tous voient en lui. Isak s'interroge tout au long du roman, doutant non seulement de lui-même mais aussi des autres. Tout comme lui on se pose des questions qui ne trouveront leurs réponses qu'à l'ultime chapitre - le seul qui porte un titre - Fin de partie. Ce titre qui résume parfaitement le sens de ce dernier chapitre éclaire le roman. Tout comme pour Isak les dernières pages sont cruciales donnant des clés pour comprendre le roman mais également préparant les romans suivants.

Ce premier tome qui relate la naissance d'un héros et d'une légende est aussi le parcours initiatique d'un jeune homme qui veut comprendre avant d'accepter sa destinée. Autour d'Isak gravitent des personnages tout aussi intéressants qui de simples silhouettes au départ acquièrent épaisseur et autonomie dans la trame du récit en y trouvant presque à notre insu leur place. L'intrigue volontairement touffue maintient le lecteur tout comme le héros dans le flou jusqu'à un final en apothéose qui ouvre la suite du cycle de façon somptueuse.

Nul ne restera indifférent à la puissance de la force évocatrice qui balaie le roman lui conférant un indéniable souffle épique. Isak, le blanc-regard est un roman à découvrir toutes affaires cessantes et dont on languira déjà de découvrir la suite et Tom Llyod est un auteur à suivre…de toute évidence !