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lundi 6 janvier 2020

Les Yeux de Sophie de Jojo Moyes


Les Yeux de Sophie
de Jojo Moyes

Éditions Milady

Sortie le 16 octobre 2019
Format broché / 576 pages / 8,20 €


Présentation de l'éditeur :

« J'ai cru que c'était la fin du monde. J'ai cru que rien de bon ne pourrait plus m'arriver. Je ne mangeais plus, je ne sortais plus. Je ne voulais plus voir personne. Mais j'ai survécu. Contre toute attente, j'ai fini par surmonter l'insurmontable et, petit à petit, la vie m'a paru vivable. »

Paris, 1916. Sophie Lefèvre doit prendre soin de sa famille alors que son mari part pour le front. Quand la ville tombe entre les mains de l'armée allemande, au milieu de la Première Guerre mondiale, Sophie est contrainte de faire le service tous les soirs à l'hôtel réquisitionné par le nouveau commandant et ses hommes. À l'instant où l'officier découvre le portrait qu'Édouard a fait de sa femme, cette image l'obsède. Une dangereuse obsession qui menace la réputation, la famille et la vie de Sophie, et va la conduire à prendre une terrible décision.

Un siècle plus tard, à Londres, Liv Halston reçoit ce portrait en cadeau de la part de son mari avant de recueille son dernier soupir. Sa vie est bouleversée de plus belle lorsqu'une rencontre de hasard lui permet de découvrir la véritable histoire de ce tableau.


L'avis de Tsuki :

Il est des auteurs qui, lorsque vous commencez un de leur roman, vous savez que vous n'en ressortirez pas indemne, et Jojo Moyes est de ceux là. Lire un texte de cette auteure est toujours un moment prenant, une leçon de vie, une claque émotionnelle. Vous aurez donc deviné que j'ai beaucoup aimé cette lecture, et pas qu'un peu, ce texte m'a complètement retourné.

Le roman est divisé en deux parties : la première narre une partie de la vie de Sophie Lefèvre entre 1916 et 1917 dans une ville du nord de la France pendant l'occupation allemande alors que son mari se bat sur le front. Un jour un officier allemand décide d'utiliser l'hôtel où vit la jeune femme avec sa sœur, comme cantine pour les soldats de plus en plus nombreux. Quand l'officier voit un portrait de Sophie, peint par son mari, Édouard, l'allemand n'a plus d'yeux que pour la peinture. Par la suite, l'intérêt de l'officier pour la toile entraînera Sophie à prendre une décision terrible pour la survie de son mari et de sa famille. Rien ne se passera comme elle l'entendait.

Un siècle plus tard en 2006, nous voici à Londres avec Olivia Halston, Liv, qui détient désormais le tableau, offert par son mari David, décédé subitement 4 ans plus tôt. Alors qu'elle tente de s'en sortir financièrement et de conserver la maison hors du commun, construite par son époux architecte, elle rencontre Paul qui va changer sa vie. Paul est un ancien policier qui travaille désormais dans une agence qui recherche et restitue, aux familles, les œuvres perdues ou volées au cours de l'histoire.

Vous comprenez donc que le tableau est au cœur de ce roman. J'ai beaucoup aimé la première partie, la vie dans une ville près de chez moi sous l'occupation allemande lors de la Grande Guerre est un moment fascinant. L'écriture de l'auteure nous immerge totalement dans cette période ainsi que dans le Paris des années 1910, grâce à des ellipses nous contant la rencontre entre Sophie et Édouard. La fin de cette partie est frustrante, même si l'on se doute que nous allons découvrir la suite de l'histoire de Sophie au fil des chapitres et des recherches de Liv et Paul. Cette seconde partie est également très prenante, même si les derniers chapitres m'ont paru un peu longs.

L'auteure arrive, tout au long du roman, à nous faire douter, à ne pas être d'accord avec les choix des personnages, que ce soit Sophie ou Liv. Même si l'une et l'autre sont attachantes, touchantes dans leur histoire, certains de leurs choix laissent le lecteur dans le jugement et l'opposition, c'est parfois compliqué de ne pas être en colère ou en accord avec les détracteurs. Néanmoins, Jojo Moyes a également ce talent permettant de vous retourner comme un gant et vous laisse pantelant au cours de votre lecture, elle nous entraîne exactement là où elle le souhaite au cours des chapitres. C'est un tour de force qui rend cette lecture fascinante et immersive. L'émotion est au centre de l'écriture de l'auteure : la haine, le chagrin, l'amour, la joie, l'amitié on passe par tout cela et c'est parfois déroutant de passer de l'un à l'autre au détour d'une phrase.

En bref, c'est un très beau roman. L'auteure nous a habitué à autre chose, même si l'émotion est toujours très importante, les sentiments vis à vis de ses personnages sont souvent plus nets, il n'y a pas d'ambivalence. Alors qu'ici elle nous pousse à nous poser des questions, à ne pas être d'accord avec ses choix ou plutôt ceux des personnages féminins de l'histoire. C'est très déroutant mais nous pousse à réfléchir. Comme je l'ai dit au début de ce texte, c'est un roman qui ne laissera personne indifférent et je trouve que c'est un point positif, qui fait de ce roman un moment hors du temps dont vous ressortirez changé ou tout du moins avec des questions et une envie d'en savoir plus sur différentes périodes de l'Histoire.