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lundi 29 juillet 2019

Un Palais d’épines et de roses, de Sarah J. Maas (Tome 1)



Un Palais d'épines et de roses
de Sarah J. Maas

Éditions De la Martinière jeunesse

Sortie le 9 février 2017
Format broché / 528 pages /18,90 €


Présentation de l'éditeur :

En chassant dans les bois enneigés, Feyre voulait seulement nourrir sa famille. Mais elle a commis l'irréparable en tuant un Fae, et la voici emmenée de force à Prythian, royaume des immortels. Là-bas, pourtant, sa prison est un palais magnifique et son geôlier n'a rien d'un monstre. Tamlin, un Grand Seigneur Fae, la traite comme une princesse. Et quel est ce mal qui ronge le royaume et risque de s'étendre à celui des mortels ? A l'évidence, Feyre n'est pas une simple prisonnière. Mais comment une jeune humaine d'origine aussi modeste pourrait-elle venir en aide à de si puissants seigneurs ? Sa liberté, en tout cas, semble être à ce prix.


L'avis de Lila :

Après une longue guerre sanglante et la signature d’un Traité, les humains et les Faes vivent séparés par un mur et s’évitent soigneusement. Pour les humains, réduits en esclavage et massacrés durant des siècles, les Faes sont des monstres. Aussi, lorsque Feyre en découvre un en allant chasser, elle le tue sans hésiter. Si elle est convaincue d’avoir agi comme il le fallait, les Faes ne l’entendent pas de cette oreille, et la voilà contrainte d’aller vivre sur leurs terres jusqu’à la fin de sa vie. Sur place, elle découvre que son geôlier, Tamlin, n’est pas du tout monstrueux, bien au contraire, et que les Faes font face à une menace terrible qui pourrait bien s’étendre jusqu’au monde des humains.


Ce tome est une réécriture du célèbre conte La Belle et la Bête. Peu de suspense, donc, sur l’évolution de la relation entre Feyre et Tamlin. Cette lecture aura été pour moi très loin du coup de cœur promis par les nombreux fans de cette trilogie, mais il faut concéder ça à l’auteure : la réécriture est bonne, inspirée, inventive et bien construite. D’une manière globale, j’ai bien aimé la lecture, mais j’ai peiné à certains moments, sauté quelques passages qui n'apportent rien et levé les yeux au ciel plus d’une fois. Le thé est chaud, rentrons dans le vif du sujet.


Feyre est un personnage plutôt sympathique et bien écrit, malgré un air de déjà-vu. Pour la décrire, un seul mot, ou plutôt prénom : Katniss. Elles sont interchangeables, donc si vous avez apprécié la célèbre Katniss Everdeen, Feyre devrait vous plaire, puisque c’est une copie quasi conforme, background inclus.



Passons à Tamlin, le héros ténébreux et torturé. Quel ennui ! Il est gentil, doux et patient, ce qui n’est pas un reproche, mais son absence totale de charisme est tout de même gênante. Elle est d’ailleurs mise en exergue par de rares scènes où il fait preuve d’un peu plus de mordant et où son retour ensuite au gentil gars un peu mollasson saute encore plus aux yeux. Sa relation avec Feyre m'a assez rapidement ennuyée, c'était long, convenu d'avance, pas très passionnant.


Pour ne rien arranger au cas de Tamlin, arrive à mi-roman Rhysand. En quelques courts passages, on comprend assez vite où est passé tout le stock de charisme et de ténèbre : Rhysand a tout pris, Tam s’est contenté des miettes. On se retrouve donc à s’ennuyer ferme quand Feyre et Tam se content fleurette, n'attendant que la prochaine apparition de Rhysand et trouvant le temps long entre deux. Oups !


Rhysand, est un personnage complexe et bien écrit, bien plus que les autres. Il attise réellement la curiosité et sauve largement l’ensemble à lui seul. Je lirai la suite uniquement pour en savoir plus à son sujet.
Les autres personnages sont variés : certains intrigants, certains clichés.

Quant à l’histoire, je ne sais quoi en penser. Il y a d’excellentes idées, dont certaines bien amenées, mais comme Feyre est noyée dans le flou les trois-quarts du roman, nous aussi. Tout est amené au compte-gouttes, perdu entre des dizaines de pages d’ennui, et souvent de manière énigmatique. On attend longuement des révélations qui tardent à venir, et c’est d’autant plus dommage qu’on en devine certaines assez rapidement.



L’exemple le plus parlant est sans conteste l’énigme que doit résoudre Feyre. Je l’ai résolue dès sa lecture, non pas que je sois un génie, mais la réponse était d’une évidence totale. Pourtant, il faudra trois mois à Feyre et autant d’épreuves impossibles et de sacrifices pour enfin comprendre. Bon, on dira que son courage et sa ténacité dépassent de loin ses capacités de réflexion…


L’écriture est très inégale. Certains passages sont passionnants et il devient impossible de poser le livre tant on est happé, tandis que d’autres se perdent en longueurs, descriptions et discussions sans intérêt. J’ai fini par survoler des pages entières. À certains moments, l’ennui était si fort que j’hésitai à simplement arrêter ma lecture (puis Rhysand est arrivé à mon secours). C’est typiquement le genre de roman qu’on pourrait réduire de moitié sans rien perdre à l’intrigue.



Ce roman a des points forts vraiment forts (comme l’aspect « réécriture de conte » ou le personnage de Rhysand), mais aussi des points faibles vraiment faibles (le charisme de poulpe de Tamlin et les passages creux où rien ne se passe). Mais dans l’ensemble, on passe un bon moment, et comme je l’ai dit, je lirai la suite, rien que pour Rhysand (encore lui) qui m’a franchement intriguée.


En résumé, un bon roman avec des défauts et des qualités, et qui souffre sûrement aussi d’avoir été trop largement annoncé comme un chef d’œuvre par les fans. La barre est placée si haut et avec une telle démesure que les défauts ne peuvent que sauter aux yeux, alors que ce roman est pourtant plaisant.

Note après lecture du tome 2 : sans dévoiler ma chronique à venir, je tiens à ajouter ici que le tome 2 est largement meilleur que le premier. Si jamais ce tome 1 vous ennuie ou que vous hésitez, je vous conseille de le survoler pour au moins donner sa chance au deuxième.