Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

mardi 16 avril 2019

Black Wings, Tome 1 de Christina Henry



Black Wings, Tome 1
de Christina Henry

Éditions Milady

Sortie le 20 mars 2019
Format poche / 378 pages / 7,90 €


Présentation de l'éditeur :

Rien de tel qu’être agente de la mort pour vous pourrir la vie.
Pour Madeline Black, escorter les défunts dans l’au-delà est un travail à toute heure et très mal payé. Certes, on y gagne des pouvoirs magiques et une paire d’ailes impressionnantes, mais aussi un patron exaspérant, une gargouille grincheuse à supporter, et bien des factures impayées. Les choses semblent s’améliorer lorsque le séduisant Gabriel Angeloscuro s’installe dans l’appartement au-dessus du sien... jusqu’à ce qu’un monstre terrifiant ravage les rues de Chicago, et que Maddy se découvre des pouvoirs inconnus, liés à un héritage dont elle ignore tout et qui fera d’elle la cible de tous les feux de l’enfer et du paradis.
« Une histoire fantastique, et la mythologie sur les faucheurs et les démons était parfaite ! » - All Things Urban Fantasy


L'avis d'Elaura :

Voici le premier tome d'une nouvelle saga d'urban fantasy à l'univers plutôt original et prometteur. Le background créé par l'auteure fait appel à un bestiaire peu usité jusqu'alors, celui de la faucheuse. Si les anges et démons sont légion dans le genre, la faucheuse nous amène un vent de nouveauté assez rafraîchissant.

Madeline est une faucheuse, donc, et son rôle est d'emporter l'âme des défunts. Sauf que la mort est une véritable administration, extrêmement bien organisée, avec des horaires à respecter, de la paperasse à enregistrer et des files d'attente. Rajoutez à cela quelques gargouilles accros au chocolat et au pop-corn, des démons pas beaux et des anges déchus que l'on aimerait bien voir chuter sous nos couettes, vous avez un melting-pot de plein de choses qui font du bien. Madeline est une héroïne forte, sympa, un poil maladroite, mais pour qui nous développons une réelle sympathie.

L'ensemble est bien écrit et malgré quelques petites maladresses dues probablement à la « malédiction du premier tome », j'ai passé un chouette moment de lecture. Une nouvelle série à suivre, assurément.


Détenue M, de Debra Jo Immergut



Détenue M
de Debra Jo Immergut

Éditions HarperCollins

Sortie le 2 janvier 2019
Format broché / 320 pages / 20€


Présentation de l'éditeur :

Franchir une ligne rouge. Ou peut-être plusieurs.
Frank Lundquist déclare un patient de 8 ans guéri. Quelques jours plus tard, celui-ci étouffe sa petite sœur.
Le psychologue sort indemne de son procès mais il est relégué à la prison pour femme de Milford Basin. Désormais c'est au sein de cet univers carcéral, entre bandes de fortes têtes et règlements de compte, qu'il purge sa peine, loin de cette clientèle new yorkaise huppée, qui était la sienne.
Et puis arrive un nouveau dossier. Le dossier M. M pour Miranda Greene, nouvelle patiente qu'il reconnaît immédiatement pour avoir fréquenté le même lycée qu'elle. Issue d'une famille de privilégié. Promis à un avenir bourgeois. Aujourd'hui en prison pour un meurtre sordide.
Quinze ans plus tard, elle le trouble toujours autant.
Le code déontologique imposerait au psychologue de révéler qu'il connaît M. et de se départir du dossier.
Mais Frank Lundquist choisi de mentir.

L'avis de Lila :

Après une erreur professionnelle aux conséquences dramatiques, le psychologue Frank Lundquist se retrouve à exercer dans une prison pour femmes. Parmi ses patientes, Miranda, jeune fille de bonne famille envoyée en prison pour plusieurs décennies après avoir été condamnée pour homicide involontaire. Frank la reconnaît aussitôt : c'est l'adolescente dont il était fou amoureux au lycée, une idylle à sens unique puisque Miranda connaissait à peine son existence. Si les années ont passé, l'obsession de Frank demeure intacte, c'est pourquoi, bien que l'éthique devrait l'obliger à mettre un terme aux séances, il choisit de prétendre ne pas la reconnaître.

La narration alterne entre les points de vue de Miranda et de Frank. Au fil des paragraphes, on suit à la fois le passé et le présent de chacun d'eux. Si c'est une bonne idée, puisque cela nous permet d'entrer dans la psychologie des personnages et de mieux comprendre leurs motivations respectives, c'est parfois déconcertant. On passe sans cesse d'une idée à l'autre, d'un moment présent à une anecdote passée ou un souvenir, pour la plupart racontés par bribes et ainsi disséminés tout au long du récit. Cela m'a souvent perdue, d'autant plus que tout n'a pas le même intérêt, certains passages servant plus à apporter un éclairage sur le fonctionnement des personnages qu'à faire avancer l'intrigue. Cette dernière, d'ailleurs, s'en trouve ralentie.

Malgré tout, il faut souligner le talent de l'auteur, qui maîtrise parfaitement la psychologie de ses personnages. La psychologie est d'ailleurs le centre de ce roman, puisqu'on suit plus souvent les réflexions des personnages et leurs discussions que leurs actions. C'est donc un roman qui plaira plus particulièrement aux adeptes de ce genre, qu'aux lecteurs à la recherche de suspense et de rebondissements. À noter qu'il y a tout de même quelques rebondissements, peu, mais toujours surprenants.

Je suis ressortie ainsi mitigée de cette lecture. La qualité de l'écriture est indéniable, l'idée originale et la fin étonnante. Mais la lecture m'a parfois parue longue, et les personnages n'ont pas su me charmer. Frank prend des décisions qui m'ont parfois dérangée, bien qu'elles soient cohérentes de par sa personnalité et son vécu. Quant à Miranda, j'ai eu du mal à la cerner et donc à m'y attacher. Peut-être est-ce un choix délibéré de l'auteur.

En résumé, c'est un bon roman, bien écrit et original. Mais, malgré tout, loin du mix annoncé entre Gone Girl (qui m'a largement plus désarçonnée) et Orange is the new black (dont la ressemblance s'arrête au fait que l'intrigue se passe dans une prison pour femmes). Comme souvent, à trop survendre un roman, on risque de décevoir les lecteurs. Mais il n'en demeure pas moins que la qualité est présente et que ce roman trouvera sans aucun doute son public. Debra Jo Immergut ne manque ni d'imagination, ni de talent, je n'hésiterai donc pas à lire d'autres de ses romans.