Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

lundi 29 octobre 2018

La muse, de Rita Cameron



La Muse
de Rita Cameron

Éditions Milady

Sortie le 17 octobre 2018
Format broché / 544 pages / 18,20 €


Présentation de l'éditeur :

« — Miss Siddal, ne vous a-t-on jamais dit que vous aviez incontestablement été créée par les dieux pour être peinte ? Quoi qu’il en soit, si vous ne croyez pas que votre beauté transcende les époques, vous vous sous-estimez. »
Avec son teint diaphane et sa longue chevelure cuivrée, Lizzie Siddal n’a rien de l’idéal victorien aux joues roses. À l’atelier de chapellerie où elle travaille, Lizzie assemble des coiffes somptueuses destinées à de jeunes élégantes fortunées. Un jour, elle attire l’attention du peintre et poète préraphaélite Dante Gabriel Rossetti. Envoûté à la fois par sa beauté sublime et ses dons artistiques, celui-ci l’entraîne dans l’univers scintillant des salons et des soirées bohèmes. Mais incarner la muse que tous les artistes rêvent d’immortaliser se révélera bien plus cruel que tout ce que la jeune femme pouvait imaginer.

Mot de l’éditeur : Rita Cameron brosse le portrait vivant de personnages historiques plongés dans une trouble histoire d’amour non conformiste qu’elle tisse avec de nombreux détails saisissants. Ce faisant, elle donne voix au chapitre à l’une des femmes les plus influentes et les plus oubliées de cette période fascinante qu’est la deuxième moitié du xixe siècle. À la fois artiste et muse, Elizabeth Siddal avait jusque-là captivé tous les regards sans être réellement appréciée pour elle-même. Grâce à ce roman, ce sera désormais chose faite.

L'avis de Vi :

Dans le Londres victorien, Lizzie Siddal est une jeune fille à la vie modeste, forcée de travailler sans répit comme chapelière pour rapporter de l’argent à sa famille. Un travail et des revenus ingrats, et un avenir plus qu’incertain, c’est la situation dans laquelle se situe notre héroïne qui pourtant ne peut s’empêcher de rêver à un beau mariage pour s’extraire de sa condition.
C’est là que le proverbe "Méfie-toi de tes rêves" prend tout son sens. Parce qu’elle est dotée d’une beauté sans égale, Lizzie est un jour repérée par un artiste étudiant à l’Académie royale qui se met en tête de la peindre contre rémunération. D’abord réticente à cause des rumeurs que cela pourrait engendrer, l’argent ainsi que l’espoir d’une vie plus exaltante la poussent à accepter.
De là, elle va pénétrer dans un tout autre cercle : celui des artistes, des bohèmes et des libertins. L’image peut certes apporter une aura d’exotisme et d’aventure, mais le lecteur va vite se rendre compte dans quel monde cruel Lizzie va se retrouver piégée. Je précise bien que c’est le lecteur qui s’en rend compte car, à ma grande exaspération, Lizzie ne voit rien, n’entend rien, ne comprend rien. Pour elle, il n’y a que cet amour totalement démesuré qu’elle voue à l’un de ces artistes : Dante Rossetti.
J’en suis même à me demander si, au lieu de La Muse, le livre n’aurait pas mieux fait de s’intituler La Naïve. J’ai toujours détesté ce genre d’héroïne sans cervelle qui se fixe sur un amour malsain et qui se fait mener par le bout du nez sans jamais s’imposer, malgré les remarques de son entourage. Quant à Dante, on peut dire qu’il l’aime aussi, mais à sa façon toute particulière. C’est un peintre totalement dévoué à sa cause, il a une vision de la vie complètement atypique, mais ici le trait dépasse tout ce que j’ai pu lire sur le sujet. Dante frôle l’obsession dans tout ce qu’il entreprend et, même s’il s’extasie sans cesse devant Lizzie et sa beauté, il n’en reste pas moins un libertin dans toute sa splendeur. Je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler, mais il faut savoir qu’il s’agit là d’un drame historique et non pas d’une romance historique. En tout cas, pas à mes yeux, tant j’ai détesté les deux personnages principaux.

Il y a toutefois une réelle recherche au niveau des peintures, de l’histoire de l’art et de la vie de ces marginaux, et la merveilleuse plume de l’auteur parvient à nous entraîner dans le Londres victorien avec beaucoup d’aisance et maints détails qui m’ont charmée. Il y a également une évidente comparaison entre l’histoire des deux héros, Dante et Lizzie, avec celle, tragique, de Dante Aliegheri et sa Béatrice, très souvent citée dans le récit.

En conclusion, j’ai apprécié le style de l’auteur, j’ai aimé voyager dans ce Londres vibrant, découvrir quelques coutumes bohèmes de l’époque, mais l’intrigue m’a déplu, et bien que les personnages soient recherchés, ils m’ont sincèrement agacée, ce qui a gâché le plaisir de la lecture.


Ivy Wilde, Tome 1: Quand fainéantise rime avec magie, de Helen Harper



Ivy Wilde, 
Tome 1: Quand fainéantise rime avec magie
de Helen Harper

Éditions Mxm Bookmark

Sortie le 24 octobre 2018

Format epub / 278 pages / Prix 5,99 €
Sortie le 26 novembre 2018
Format broché / 344 pages / Prix 18,00 €


Présentation de l'éditeur :

Bon, soyons clairs : Ivy Wilde n'est pas une héroïne. C’est même la dernière personne que vous contacteriez si vous aviez besoin d'une aide magique, malgré ses talents.
Si ça ne tenait qu'à elle, Ivy passerait ses journées affalée dans le canapé, devant la télé, paquets de chips en main, à papoter avec son familier félin jusqu'à ce que mort s'en suive.
Mais quand elle se retrouve victime d'une erreur d'identité, elle est embarquée malgré elle à la Branche Arcane, le département d'investigation de l'Ordre Hermétique du Crépuscule d'Or.
Les problèmes se multiplient quand un objet de valeur est volé au nez et à la barbe des représentants de l'Ordre ; et le fait d'être liée magiquement à l'Adeptus Exemptus Raphaël Winter ne fait qu'empirer la situation. Il a peut-être un regard couleur saphir et le corps d'un mannequin maillot de bain, mais pour Ivy, il représente tout ce qu'il y a de soporifique dans le boulot de sorcier.
Et s'il l'oblige à retourner à la salle de sport, juré, elle le transforme en crapaud.

L'avis de Lila :

En tant que fans d'Urban Fantasy, on a de moins en moins de choix de lecture en VF. Alors quand un éditeur propose un premier tome d'une saga jamais parue en France, qui est auréolée de critiques enthousiastes et plébiscitée par des auteurs comme Ilona Andrews, la curiosité est des plus fortes. Quand on découvre que l'héroïne est une petite blonde aux rondeurs assumées, d'une fainéantise à peine imaginable et qui préfère regarder des séries télé que sauver le monde, on est encore plus intrigué. Je n'ai donc pas beaucoup hésité avant de lire ce roman que j'ai lu très rapidement et avec plaisir. Le bilan est cependant mitigé.

Pour commencer, et d'un point de vue très personnel, je trouve la couverture VF bien plus jolie que l'originale, mais elle pose quand même quelques soucis. Dans le roman, l'héroïne, Ivy, est une petite blonde assez ronde de presque 30 ans. Pourtant, sur la couverture VF et au contraire de l'originale, on nous présente une jeune fille presque adolescente et vraiment toute mince, ce qui est franchement dommage...
Le côté jeune fille ressort d'ailleurs dans la traduction qui amène beaucoup d'immaturité au personnage. En anglais, Ivy s'exprime "normalement", de manière ni trop soutenue ni trop familière, comme n'importe quelle femme de 27 ans, en fait. Malheureusement, en VF, elle a bien du mal à faire des phrases sans massacrer la langue française : entre les ellipses systématiques ("Je crois pas", "T'es sûre"), certains choix de vocabulaire ("Ouais" pour "Oui", "Nan" pour "Non", "Comme d'hab" au lieu de "Comme d'habitude") et j'en oublie, j'avais l'impression de lire une adolescente, au point que je suis restée bloquée quelques instants quand l'héroïne a annoncé, assez loin dans la lecture, avoir 27 ans. J'avoue ne pas avoir compris ces choix personnels de traduction qui n'apportent rien et parasitent la lecture plus qu'autre chose.

C'est d'ailleurs un souci qui m'a gênée plus généralement pendant la lecture. J'avais beau savoir que j'étais face à des personnages adultes, voire âgés pour certains, de temps en temps j'avais le sentiment de suivre des adolescents ou jeunes adultes, ce qui me sortait alors de ma lecture. Il y a une espèce d'immaturité ambiante qui m'a perturbée, sans que je ne puisse dire si elle vient uniquement de la traduction, ou bien si cet aspect est naturellement présent dans le récit, mais ressort plus encore en français à cause de la traduction qui use d'un phrasé plus immature que dans la version originale. Mystère.

Malgré tout, comme je le disais plus haut, j'ai lu ce premier tome rapidement et avec plaisir. Sans aller jusqu'au coup de cœur, c'est un bon roman et un bon premier tome de saga UF.

L'héroïne est clairement originale et sa paresse est totalement assumée d'un bout à l'autre du récit. Sa vie est un immense désordre où rien n'est anticipé ou même simplement rangé. Ivy n'hésite pas à sortir dehors en pyjama, par exemple, par flemme de s'habiller. C'est rafraîchissant et cela donne des scènes drôles, même si, à force, sa paresse et sa mollesse peuvent agacer tellement Ivy exagère. Elle possède un solide esprit pratique et pas mal de pouvoirs pour se défendre. J'ai simplement été un peu surprise par son manque de réflexion dans l'enquête. C'est à dire que lorsqu'il s'agit de désigner un coupable, elle accuse n'importe qui en se basant sur n'importe quoi et recommence au suspect suivant, ce qui lui donne parfois l'air idiote et superficielle. C'est assumé, je crois, donc je ne sais pas du tout quoi en penser, d'autant plus qu'a contrario, elle fait parfois preuve de beaucoup de finesse.

En face d'elle, on retrouve Raphaël Winter. Organisé, sportif, pragmatique, intelligent et patient, il se présente comme l'antithèse d'Ivy et il est beau comme un Dieu. Avec des personnalités aussi éloignées, leur collaboration fait des étincelles et c'est très amusant à suivre. Leur relation fonctionne bien, l'auteur a plutôt bien dosé la manière dont les choses évoluent entre eux. Mais là encore, un petit bémol : la première réaction de Raphaël en voyant Ivy est de lui conseiller de maigrir. Quelle classe ! Après ça, j'ai eu bien du mal à lui trouver du charme, et c'est dommage parce que le reste était parfait.

Les personnages secondaires sont bien, j'avoue ne pas avoir grand-chose à en dire. Le familier d'Ivy m'a laissée mitigée lui aussi (décidément !). J'ai adoré l'idée de l'auteur à ce sujet, mais parfois moins sa réalisation (ou plutôt les choix de traduction, notamment pour le "bitch" traduit en "connasse", quand un "garce" aurait été pas si mal et moins agressif).

Et, enfin, l'intrigue est plutôt bien ficelée, originale et rythmée, on ne s'ennuie pas une seconde. L'auteur cède parfois à la facilité pour faire avancer les choses, mais ça passe.

Pour résumer cette longue chronique mitigée, je dirais que ce premier tome n'est pas sans défaut, dont une partie vient d'ailleurs de la traduction. Mais c'est original, drôle et plaisant à lire, j'ai tourné les pages rapidement et j'avais vraiment envie de connaître la fin, donc j'aurais plutôt tendance à recommander cette lecture et je suis même très contente que l'éditeur nous la propose, et pas seulement parce que le choix de sagas UF en France fond plus vite que la banquise. C'est vraiment une belle découverte. Je lirai la suite sans hésiter, mais plutôt en VO cette fois.