Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

mardi 10 octobre 2017

The Crime de Marie Rutkoski


The Crime
de Marie Rutkoski

Éditions Lumen

Sortie le 21 septembre 2017
Format broché / 540 pages / 15 €


Présentation de l'éditeur :

Gagner peut être la pire des malédictions...
Fille du général le plus titré de l'Empire, Kestrel a eu la faiblesse, alors qu'elle réprouve l'esclavage, d'acheter dans une vente aux enchères un jeune homme du nom d'Arin. Pire encore, elle a eu la bêtise de lui permettre de devenir son ami... et de laisser la ville entière s'en émouvoir. Elle n'a compris qu'au dernier moment son erreur, en découvrant l'impensable : espion aux ordres de son peuple oppressé, les Herranis, le jeune homme était là depuis le début pour la trahir, pour renverser le pouvoir.
À présent, tout a changé. Kestrel a été contrainte de lutter pour sa survie. Elle a vu ses amis tomber autour d'elle et a dû supporter la douleur de la trahison d'Arin – elle dont l'éducation entière lui souffle de tout faire pour se venger. Mais, quand il a fallu choisir son camp, elle a préféré, à son tour, l'impensable : sacrifier son bonheur pour celui des Herranis, céder à un terrible chantage qui la force à tourner le dos à Arin une bonne fois pour toutes. Elle est désormais la fiancée du fils de l'Empereur. S'ouvre, à la cour, un terrible jeu d'échec où Kestrel doit mentir à tout le monde, depuis le monarque – un homme sans pitié qui se délecte de la souffrance d'autrui – jusqu'à Arin lui-même, en passant par la masse des courtisans qui n'espèrent que sa chute.
Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l'imagination d'une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple !


Avis de Chani :

Si le premier tome avait posé les bases de son univers en présentant les différents acteurs et les grands enjeux, c’est dans celui-ci que les choses sérieuses commencent. Kestrel se retrouve prise au piège entre son devoir et ses sentiments, entre l’empereur et Arin, et ne va avoir de cesse de tenter de ménager les deux, tout en jouant pour son propre camp. Son personnage est de plus en plus intéressant et complexe, le lecteur ne peut s’empêcher de s’attacher à elle. Il faut dire que Marie Rutkoski ne ménage pas son personnage principal. L’empereur joue un jeu pervers et dangereux avec elle, tantôt dans la menace ou la séduction, afin de tester où va sa loyauté. Arin se montre assez inconséquent, j’ai été assez déçue par son évolution au final car j’attendais un personnage plus consistant, aux intentions et aux motivations plus claires. L’intrigue avance, plus politique que jamais, et est menée tambour battant. Le rythme est soutenu, pas un instant de répit, à l’image de ce que vivent les personnages. Les choix de Kestrel sont déterminants, le danger est omniprésent et j’avoue ne pas vraiment imaginer comment tout cela va se terminer, ce qui augure de belles surprises et des moment forts dans le troisième et dernier opus.


Havrefer Tome 3 : Le seigneur des cendres de Richard Ford


Havrefer 
Tome 3 : Le seigneur des cendres
de Richard Ford

Éditions Milady

Sortie le 22 septembre 2017
Format poche / 576 pages / 9,20 €


Présentation de l'éditeur :

Au prix du sang et de l’acier, la reine de Havrefer est devenue plus forte. Munie de l’épée mythique de son père, elle s’apprête à défendre la cité contre le redoutable chef de guerre Amon Tugha, dont l’armée gigantesque campe aux portes de la cité. Une implacable bataille se prépare, la plus terrible de toutes... car comme l’ont appris les héros de Havrefer, des bas-fonds de la ville jusqu’à la salle du trône du palais de Guideciel, nul camp n’est à l’abri lorsque survient le chaos. Loyauté, force et ruse seront soumises à rude épreuve dans la quête effrénée pour la victoire...


Avis de Lauryn :

Difficile d'écrire une chronique de ce livre sans faire de spoilers. En effet,  Le seigneur des cendres, dernier volet de Havrefer, est entièrement dédié à la bataille finale qui oppose les États Libres à Amon Tugha, désireux de retrouver sa place d'héritier par un fait d'arme dévastateur. La logique de sa démarche est un peu bancale, mais il faut dire que le monsieur est sérieusement agité du bocal, donc de ce point de vue, ça passe.
À Havrefer, tous les personnages présents dans les tomes précédents préparent la guerre à leur manière, même la petite Loque qui, toujours empêtrée dans ses problèmes avec la Guilde, va devoir survivre dans la ville prise d'assaut.

Le lecteur assiste donc à la préparation de la bataille, puis à la bataille en elle-même, qui s'étale sur un très grand nombre de pages. Pourtant, l'ensemble se lit très vite, on ne s'ennuie pas et l'attente est délicieusement douloureuse pour savoir comment l'auteur va se sortir de ce piège qu'il a tendu à chacun. Parce que, il faut bien le dire, les solutions ne sont pas nombreuses et, au fur et à mesure, le goulet d'étranglement de son scénario se resserre tellement qu'une seule fin, sinistre, peut s'annoncer (même si, par moments, les ficelles scénaristiques pour obtenir ce qu'il veut sont un peu grosses). J'avais donc imaginé un déroulement des évènements, dans la logique de ce que l'auteur avait semé, et j'ai souri lorsque les choses ont commencé à se mettre en place. C'était noir, mais c'était beau et, surtout, parfaitement raccord avec les différents problèmes rencontrés par les personnages. Mon plaisir a été vite gâché par les derniers chapitres. Pour moi, Richard Ford n'a pas été au bout de son idée. Il aurait dû aller plus loin, jusqu'au bout de sa logique, et surtout éviter de s'ouvrir plusieurs portes qui n'annoncent qu'une chose : au moins une autre trilogie. J'avoue que je déteste ce genre de pirouette et, si effectivement il écrit une suite (difficile de penser autrement), je ne pense pas la lire. J'aurai aimé rester sur cette histoire sombre et torturée qu'il avait réussi à mettre en place sur les trois tomes, dont son choix final a résolument gâché la saveur.