Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

mercredi 14 septembre 2016

Petit week-end entre ennemis


Petit week-end entre ennemis
de Barbara Wallace

Éditions Milady Romance

Sortie le 26 août 2016
Format poche / . pages / Prix 6,90 €


Présentation de l'éditeur :

Enfreindront-ils les règles du jeu ?
Le richissime Daniel multiplie les conquêtes. Son seul principe : ne jamais faire confiance à une femme. Comme la plupart de celles qui traversent son existence, Charlotte est intéressée : le milliardaire a fait l’acquisition de la ferme familiale pleine de souvenirs dont elle refuse de se séparer. Soucieux de trouver une jeune femme pour assister à l’anniversaire de mariage de sa mère, il lui propose un marché : si elle passe le week-end en sa compagnie, il lui cédera la propriété. Charlotte, qui veut à tout prix récupérer cette maison, accepte le pacte, mais impose ses conditions : pas de drague, pas de sexe. Sauront-ils respecter les termes de l’accord ?
« Des personnages complexes, une intrigue inédite et une atmosphère sensuelle... Cette romance vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page. »
Nicola Marsh, auteure acclamée par USA Today.




6,90 EUR
Achat Fnac

L'avis de Lila : 

Le pitch de départ est ultraclassique, avec un milliardaire magnifique et ténébreux qui vient d'acheter une propriété, et une jeune femme belle et pleine de caractère qui veut récupérer la propriété en question et qui accepte donc d'accompagner le héros à un événement en échange. On peut donc légitimement se dire qu'on va retrouver une romance prévisible et déjà lue un million de fois, mais la couverture promettait "une intrigue inédite", ce qui laissait présager qu'on allait être détrompé. Hé bien, non. Rien d'inédit ici, du lu et déjà lu, à moins de n'avoir jamais ouvert une seule romance de sa vie.

On nous promettait aussi des personnages complexes. Ce n'est pas un mensonge, ceux-ci ont effectivement une psychologie fouillée et des comportements cohérents. Mais là encore, rien de neuf, que ce soit Daniel ou Charlotte, on pourrait citer des dizaines de titres avec des personnages identiques à la virgule près. Reste l'ambiance sensuelle annoncée, qui est certes présente, mais pas de quoi fouetter un chat ou sauver les meubles.

Dans ce roman, qui se lit assez vite, on passe par toutes les étapes habituelles : les héros se rencontrent par un concours de circonstance, ne s'apprécient pas (ou plutôt l'affirment, parce que dès les premières pages on a droit au courant électrique quand ils se touchent accidentellement et autres clichés du genre, donc on n'y croit pas une seconde), puis ils apprennent à se connaître, tombent fous amoureux et alors qu'ils semblent partis pour se marier et avoir beaucoup d'enfants, un grain de sable (pas forcément très crédible) enraye la machine. S'en suit la résolution (facile) et le happy end. Du cliché et encore du cliché.

Ce roman n'est pas mauvais pour autant : il est bien écrit, l'ambiance est plutôt romantique et sans scène de sexe inutile, on est donc loin du ratage complet et certains lecteurs pourront même y trouver leur compte. Mais les personnages, principaux comme secondaires, n'ont aucune originalité et on peut deviner à l'avance qui va faire/dire quoi sans jamais se tromper. On n'est jamais surpris pendant la lecture, l'intérêt s'en trouve donc émoussé, et le tout manque cruellement de sel pour relever un peu le côté plat et ultra prévisible de l'intrigue.

Une romance mignonne, mais sans saveur, qu'on oubliera dès la dernière page tournée.

King's Game - Roman Vol.1


King's Game - Roman Vol.1
de KANAZAWA Nobuaki

Éditions Lumen

Sortie le 15 mai 2014
Format broché / 430 pages / Prix 15,00 €


Présentation de l'éditeur :

Nobuaki est réveillé en pleine nuit par un étrange SMS qui met au défi deux de ses camarades de lycée de s'embrasser. Le mystérieux expéditeur du message prétend que la classe entière participe à un "King's Game'. Jour après jour, les défis se succèdent, et les lycéens sont bien obligés de se rendre à l'évidence : ils ont 24 heures pour s'exécuter et la sanction en cas de désobéissance est la mort.

Suicides ou meurtres ? Puissance occulte ou criminel de chair et de sang ? Où qu'elles soient, quoi qu'elles tentent pour s'échapper, la mort vient trouver ses jeunes victimes, infaillible. Le couperet se rapproche dangereusement de nos héros... Parviendront-ils à découvrir la vérité avant qu'il ne s'abatte ?

1 classe, 32 élèves, 24 heures pour obéir. Une seule sanction : la mort.



15,00 EUR
Achat Fnac

L'avis de Lila : 

Une classe de lycéens, un jeu cruel, des morts en pagaille, une tension permanente et une ambiance horrifique, voilà ce que propose King's Game. Ajoutons à cela que c'est publié chez Lumen Éditions, un éditeur qui m'a déjà offert plusieurs gros coups de cœur, et il ne m'en fallait pas plus pour être très emballée par ce livre. Malheureusement, la déception pointe le bout de son nez rapidement pendant la lecture.

Nobuaki et ses camarades de classe se retrouvent embarqués, bien malgré eux, dans un jeu dangereux : le jeu du roi. La règle est simple : chaque jour, les élèves de la classe reçoivent un SMS dans lequel un ordre est donné. Si l'élève désigné n'obéit pas, un gage est donné, à lui seul, à plusieurs camarades ou à la classe entière. Au début, les élèves trouvent ça assez drôle. Les ordres sont gênants, mais faciles à suivre, et personne ne s'inquiète vraiment. Cependant, assez vite, les ordres donnés deviennent moins innocents, et les sanctions trop lourdes pour en rire encore. Un élève refuse de coucher avec un autre ? Hop, plusieurs morts. Les ordres donnés sont ainsi de plus en plus compliqués à exécuter, et les élèves, piégés, meurent les uns après les autres.

Personnellement, j'ai eu beaucoup de mal avec les ordres donnés, qui tournent quasiment tous autour de l'humiliation et de la sexualité. Des élèves se retrouvent forcés de coucher avec d'autres élèves qu'ils n'aiment pas sous peine de mourir, et quand l'un d'eux refuse de suivre cet ordre, on l'assomme avant de le violer, histoire de lui "sauver la vie". Ambiance.

Les personnages sont très nombreux (pas moins de 32 élèves dans la classe) et seule une poignée d'entre eux est développée. Et encore, on reste plutôt en surface. Difficile de s'attacher à eux dans ces conditions et lorsqu'ils sont menacés ou tués, l'indifférence l'emporte. La plupart du temps, je ne savais même plus qui était qui, et je me suis rapidement lassée de retourner en arrière à chaque fois pour savoir de qui on parlait.

Côté psychologie, c'est assez catastrophique. Entre les élèves qui préfèrent se suicider plutôt que mourir dans le jeu, ceux qui sont prêts à se sacrifier pour sauver des camarades qu'ils n'aiment pas plus que ça, et ceux qui n'ont aucun problème à désigner le prochain petit copain qui devra mourir dans d'atroces souffrances, on aurait pu s'attendre à un peu plus de tension dramatique, d'hésitation ou de cas de conscience, mais non. Les personnages eux-même semblent se ficher de qui va mourir ou pas, tant que ce n'est pas eux, et jamais on ne les verra tristes ou abattus lorsque des amis seront tués. On est plutôt face à des personnages détestables, dans un schéma de "Baisse ta culotte devant tout le monde ou je te désigne comme prochaine victime !", avec rires gras en arrière plan. Ambiance (bis).

King's game est adapté du manga du même nom, et ça se ressent fortement. On a souvent l'impression pendant la lecture que l'auteur s'est contenté de suivre le manga pour écrire ce livre, ce qui produit une narration très brute et brouillonne, des événements mal amenés et des personnages à la psychologie inégale et parfois incohérente. J'ai regretté tout le long de ma lecture d'avoir opté pour le format roman, car tous les ingrédients sont présents pour une très bonne histoire et on sent clairement le potentiel que le manga peut avoir en parallèle. On imagine très bien aussi que cette histoire produirait un anime horrifique d'excellente qualité, car vraiment tout y est. Mais la narration du roman empêche de vraiment plonger dans la lecture, on ne s'attache à aucun personnage, on ne frissonne jamais et l'ennui s'installe même parfois.

Si l'envie était bien là de connaître le fin mot de l'histoire et que les idées sont globalement bien trouvées, je me suis ennuyée la plupart du temps et j'ai refermé ce roman assez déçue.