Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

lundi 10 novembre 2014

La nuit dernière de Ruthie Knox

La Nuit dernière
de Ruthie Knox



Édition Milady Romance
Collection Central Park

Sortie le 19 septembre 2014
Poche / 207 pages / 7,60 €

Présentation de l'éditeur : 


Mary-Ann Caruso a commis bien trop d’erreurs de jeunesse. Voilà deux ans qu’elle a pris des bonnes résolutions et qu’elle mène une existence presque monacale... jusqu’au jour où, après une soirée arrosée, elle se réveille dans le lit d’un bel inconnu croisé dans le métro. Le beau Neville, issu d’une puissante dynastie de financiers, est artiste à ses heures perdues. Tout les oppose, mais le jeune homme a de quoi lui faire oublier leurs différences : du talent, d’incroyables tablettes de chocolat et des biscuits Oréo.



7,60 EUR
Achat Fnac



L'avis de Sophia : 

Mary est une jeune femme au passé compliqué et assez tragique. C'est le décès de sa mère, deux ans plus tôt, qui aura finalement eu raison de la vie de débauche et d'échecs que menait Mary. Profondément marquée par cet événement, celle-ci a alors décidé d'arrêter de s'autodétruire pour devenir enfin quelqu'un dont sa mère aurait pu être fière. Et depuis, elle s'accroche fermement à ses résolutions. La nouvelle Mary est calme, réfléchie, parfaitement sobre, et se tient loin des hommes, et plus encore de ceux dont elle pourrait s'enticher. D'ailleurs, en dehors de son métier qui la passionne, la vie de Mary est presque trop ennuyeuse. Tous les matins, alors qu'elle attend le métro, elle observe les autres passagers, toujours les mêmes, et leur invente des surnoms en rapport avec la vie qu'ils mènent, selon elle. Parmi eux, le très beau City, un banquier qui semble aussi sérieux qu'ennuyeux et qui porte toujours des costumes impeccables.
C'est finalement après une soirée plus alcoolisée que prévu et riche en émotions que Mary se réveille un matin dans le lit de City. Il lui faut un moment pour se rappeler comment elle a atterri dans l'appartement du banquier, mais de cette situation imprévue et peu banale va naître une jolie romance.

Mary et City (qui s'appelle en fait Nev) sont des personnages forts et attachants. Si, au premier abord, ils semblent n'avoir rien en commun et évoluent dans des sphères différentes, ils vont pourtant bien s'entendre tout de suite et tomber amoureux l'un de l'autre. Mary, malgré ses blessures, est une femme moderne et forte, bien loin des héroïnes naïves ou au contraire désespérément badass qu'on voit d'habitude. Pareil pour Nev, c'est le juste mélange de mâle alpha et d'homme moderne, le chic type sexy à souhait, torride, fort et entreprenant, mais qui n'a pas oublié de se mettre à jour sur l'égalité hommes/femmes. Que demander de plus ?
L'histoire est belle, bien racontée, et on prend un vrai plaisir à suivre cette romance.
Rien de révolutionnaire ou de bien surprenant, mais l'auteur réussit tout de même à amener un peu de suspense à son intrigue, et si la fin est fort prévisible, les chemins empruntés pour l'atteindre ne manquent pas de saveur.

La Nuit dernière est un roman amusant, sexy et touchant. On passe par toutes les palettes d'émotions, avec des scènes assez chaudes ou au contraire plutôt tristes, sans que l'auteur ne tombe jamais dans la surenchère ou le gratuit. Les personnages sont crédibles et il est facile de se prendre d'affection pour eux. Nev est d'ailleurs si craquant qu'il est bien triste de devoir lui dire au revoir au moment de tourner la dernière page. En conclusion, c'est une lecture plaisante qui permet de passer un excellent moment.

Rose Soie de Camille Adler

Rose Soie
de Camille Adler

Éditions Milady
Collection Pemberley

Sortie le 19 septembre 2014
Poche / 288 pages / 7,60 €


Présentation de l'éditeur :

Paris, 1884.
Rose de Saulnay est une jeune femme en avance sur son temps et a un goût immodéré pour la mode, ce que ne manque pas de lui reprocher son mari violent. C’est grâce à sa rencontre avec Alexander Wright, le couturier le plus en vue de la capitale, que Rose trouve le courage de réaliser son rêve : elle ouvre une boutique de confection. C’est le début d’une période à la fois difficile et grisante. Mais la passion qui lie Rose et Alexander se transforme peu à peu en un amour qui ne peut s’exposer au grand jour…




7,60 EUR
Achat Fnac


L'avis de Sophia :

Le résumé de l'éditeur en promettait beaucoup, ce qui explique probablement cet avis mitigé. Pas de passion comme annoncée, ou alors pour la mode. La romance est quasiment absente. De plus, on nous annonce que c'est grâce à sa rencontre avec un couturier que Rose va réaliser son rêve, or, ça ne se passe pas du tout ainsi dans le roman. C'est suite à un événement malheureux, et encouragée par une amie, que Rose décidera de se lancer, sans que le nom du grand couturier soit évoqué, ou à peine. C'est toujours un peu le souci avec les résumés éditeurs mal renseignés, ça fausse les attentes et le texte peut en pâtir.

L'auteur a une jolie plume et son histoire est maîtrisée. Elle ne se perd pas en chemin et le roman est assez agréable à lire, il faut le reconnaître. D'un point de vue stylistique, il n'y a vraiment rien à reprocher à Camille Adler. Malheureusement, le texte, comme les personnages, manque cruellement de profondeur. En à peine un mois, l’héroïne passe de femme soumise et effacée à working girl indépendante (sans que son caractère et sa façon de penser n'évoluent, d'ailleurs). Pareil pour sa vie amoureuse, tout va très vite, comme pour ses désirs professionnels, tout est plié en cinq minutes et sans la moindre difficulté. Ce n'est pas toujours gênant, ça évite de trop s’appesantir sur les événements, mais certains d'entre eux auraient pourtant mérité qu'on s'y attarde, surtout dans un roman poche qui n'atteint même pas 300 pages ! On a l'impression que tout est expédié, alors que l'auteur aurait vraiment pu offrir un traitement plus approfondi à quelques éléments de son histoire. La psychologie des personnages s'en ressent, avec une héroïne très Mary Sue (parfaite en tout point et que tout le monde aime ou jalouse) et un mari très très méchant et très caricatural aussi. L'ensemble fait très rose bonbon, très bisounours même...

Quand l'héroïne connait un événement vraiment très traumatisant, c'est à peine si ça la chagrine plus de trois minutes, et dès le lendemain on la trouve à rire avec insouciance. Difficile de se sentir en empathie avec elle, puisque sa souffrance est balayée en deux lignes et pratiquement plus évoquée par la suite. Ça donne, de ce fait, l'impression que l'auteur a juste utilisé ce prétexte comme élément déclencheur pour son intrigue, sans s'interroger sur les vraies conséquences d'un tel drame. Les autres personnages ne sont pas mieux traités, si certains sont sympathiques, ils donnent tous l'impression de ne vivre que par ou pour l’héroïne. Même quand Rose n'est pas là, on ne parle que d'elle, ne pense qu'à elle, même dans des moments intimes.

Quant à Alexander Wright, le couturier célèbre et au profil intrigant, il est malheureusement sous-exploité. On le voit à peine dans le roman, on ne sait finalement rien de lui ou trop peu pour se prendre d'affection pour son histoire avec Rose, elle aussi sous-exploitée. C'est vraiment dommage, l'auteur tenait là un personnage très prometteur.

Oui, il y a de bonnes choses dans ce roman, on sourit parfois et la plume de l'auteur, encore une fois, est très agréable. Mais ce roman manque de romance, de profondeur et de nuances. C'est dommage, car il se lit vite et bien, mais on ne comprend pas vraiment pourquoi l'auteur a choisi un format si court alors qu'elle évoquait des sujets si graves et qui, sans forcément tomber dans l'étalage outrancier de souffrances, auraient vraiment mérité d'être traités sérieusement, ou au moins d'affecter un tant soit peu l'héroïne.

Cette histoire plaira néanmoins aux lecteurs qui s'intéressent à cette époque ou à la mode, ou qui recherchent une lecture détente (ce qui est d'ailleurs un peu paradoxal, compte tenu des thèmes abordés). C'est un petit roman sympathique et qui se lit vite, et si le tout manque de maturité et de profondeur, Camille Adler n'en est pas moins un auteur à suivre de près, car la plume et les idées sont là.