Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

mardi 9 juillet 2013

Les fragmentés

Les fragmentés
de Neal Shusterman

Éditions du Masque
Collection Poche


Sortie le 29 mai 2013
Format poche /  427 pages / 7,20€




Présentation de l'éditeur :


Dans une société traumatisée par la Seconde Guerre civile, un ensemble de lois intitulé Charte de la Vie a été signé pour contenter les pro - vie et les pro - choix. Celle-ci stipule qu'il est interdit d'attenter à la vie d'un enfant du moment de sa conception jusqu'au jour de son treizième anniversaire. Passée cette date, tout parent peut décider de " résilier " son enfant en ayant recours à la fragmentation, processus qui permet de renoncer à son enfant rétroactivement. Une seule exigence : réutiliser 99 % des organes du fragmenté pour qu'il continue à " vivre " à travers d'autres. Thriller intelligent et rythmé, Les Fragmentés amène le lecteur à s'interroger sur le droit à la vie, le libre - arbitre ou encore les conséquences que peuvent avoir les avancées de la science sur notre société.

Avis de Chani

Imaginez qu’au treizième anniversaire de votre enfant vous ayez le choix entre le laisser vivre et le « fragmenter », c’est-à-dire vouer son corps au don d’organes… Désobéissant ? Fragmenté ! Mauvais résultats à l’école ? Fragmenté ! Vous avez changé d’envie et n’en voulez plus ? Fragmenté !
Trois adolescents, promis à la fragmentation pour des raisons différentes, vont s’unir pour échapper à leur destin…

Les fragmentés est un roman qui met extrêmement mal à l’aise. Dans la ligné de Auprès de moi toujours, ce roman est encore pire (si si, c’est possible) dans le sens où ce sont les parents eux-mêmes qui décident de l’avenir de leur propre enfant. Conviction d’agir pour aider son prochain, recycler un enfant « inutile », se débarrasser d’une bouche à nourrir, tous les prétextes sont bons et les sentiments n’ont pas leur place dans cette société où l’adolescent n’est qu’un pion, un corps jetable et recyclable.
Posant des questions éthiques intéressantes, Les fragmentés est néanmoins trop dur et malsain à mon goût. Mais si vous avez le cœur bien accroché, pourquoi pas…

Les gens heureux lisent et boivent du café


Les gens heureux lisent et boivent du café
de Agnès Martin-Lugaud

Éditions Michel Lafon

Sortie le 06 juin 2013
Grand Format / 256 pages / 14,95 €



Présentation de l'éditeur :


Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l'exception de son coeur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Egarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l'existence. C'est peut-être en foulant la terre d'Irlande, où elle s'exile, qu'elle apercevra la lumière au bout du tunnel. L'histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique, tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n'a d'autre choix que de faire avec.


Avis de Chani

Les gens heureux lisent et boivent du café c’est avant tout l’histoire d’une douleur. La douleur du deuil de Diane, deuil qu’elle n’arrive pas à faire. Après le décès de son mari et de sa fille, la jeune femme n’arrive pas à reprendre goût à la vie. Elle s’est renfermée sur elle-même, se néglige et néglige son entourage, seul son meilleur ami lui est resté fidèle malgré le comportement de la jeune femme à son égard. Comprenant qu’elle ne peut avancer dans un environnement lui rappelant à chaque minute ceux qu’elle a perdus, Diane décide de s’exiler en Irlande, pour échapper aux gens bien intentionnés qui lui disent d’aller de l’avant et peut-être se reconstruire, à son rythme. Bien évidemment ce voyage va changer sa vie, l’aider à en reprendre les rênes…

Si l’histoire n’est pas forcément très originale et que le dénouement semble couru d’avance, Les gens heureux lisent et boivent du café est un livre à part qui fera écho chez ceux qui ont un jour connu des moments difficiles dans leur existence. Le personnage de Diane n’est pas du tout caricatural mais au contraire d’une justesse rare, ses agissements, ses pensées sont celles d’une femme qui souffre, et l’auteur a le talent de décrire cela avec une pudeur qui l’honore. L’évolution de la jeune femme est agréable à suivre, on souffre, pleure, rit ou espère avec elle, tant et si bien qu’il est très difficile de la quitter à la fin du livre.
Une autre force de ce roman c’est son décor. Agnès Martin-Lugaud nous plonge dans ce petit village d’Irlande, la plage de Diane a pris corps au fil des lignes, le dépaysement a été total le temps de cette lecture, servie par la plume sensible de l’auteur.
Le seul reproche que je ferais à ce livre, c’est qu’il est bien trop court, j’aurais voulu rester avec Diane, la suivre plus longtemps, et je caresse l’espoir fou de la retrouver peut-être un jour.

Multiversum de Leonardo Patrignani

Multiversum
de Leonardo Patrignani

Éditions Gallimard Jeunesse

Sortie le 7 mai 2013
Format broché / 336 pages / Prix 15,00 €


Présentation de l'éditeur :

Alex vit en italie, Jenny en Australie. Ils ne se sont jamais vus pourtant ils se connaissent depuis toujours, unis par un lien télépathique très fort. Le jour où ils cherchent à se rencontrer, ils découvrent qu'il existe une infinité d'univers parallèles et que la réalité qui les entoure n'est qu'une de ces multiples dimensions. Parviendront-ils à se rejoindre tandis que leur destin semble lié à celui, inéluctable, de la Terre ? Existe-t-il un monde où vivre leur amour ?


Avis de Chani

Doté d’une couverture sublime et d’un résumé alléchant, la lecture de Multiversum promettait une lecture synonyme de très bon moment. Pourtant ça n’a pas vraiment été le cas.

En premier lieu, vu la quatrième de couverture, le lecteur peut s’attendre à une mise en place rapide des évènements et une intrigue qui vient bien au-delà de ces quelques lignes. Malheureusement, le résumé dévoile en fait le plus gros de l’intrigue, d’où une grosse déception, d’autant que le sujet n’est pas vraiment original et a déjà été traité de manière subtile et poétique dans le film Entre deux rives. Et il faut avouer que Multiversum ne souffre pas la comparaison, si vous avez vu le film vous risquez encore davantage la déception.

Deuxième point, les personnages m’ont semblé fades, sans relief, se laissant porter par les évènements, manquant de combativité et d’ingéniosité. Ils auraient mérité davantage de profondeur et il est très difficile de s’y attacher, encore moins de s’y identifier.

Enfin la structure du roman m’a laissée perplexe, il ne se passe pas grand-chose pendant les trois quarts du récit, tout s’accélère sur la fin, mais trop tard et de façon trop précipitée. Le rythme s’emballe mais c’est un peu brouillon, nombre d’interrogations restent sans réponse et les explications données ne le sont pas très clairement, perdant parfois le lecteur en cours de route, l’obligeant à revenir en arrière pour être sûr d’avoir bien compris.

Si on ne peut pas nier qu’il y ait de bonnes idées dans Multiversum, elles sont trop peu exploitées, ce roman manquant d’élan dès le départ et ayant du mal à capter l’intérêt du lecteur. Heureusement que le style de l’auteur et fluide, rendant la lecture aisée. Espérons que ce roman bénéficie d’une suite qui ne reproduira pas les mêmes erreurs.


Les nuits rouges de Nerwood, Gilles Bornais


Les nuits rouges de Nerwood
de Gilles Bornais

Éditions du Masque

Sortie le 29 mai 2013
Poche / 428 pages / 7,20 €

Présentation de l'éditeur :

Angleterre, 1892. Edmund Ambrose, brillant député Conservateur est retrouvé assassiné à coup de hache dans sa propriété du Somerset. La même nuit son rival Libéral est grièvement blessé d’une décharge de chevrotines. Le ou les agresseurs se sont enfuis à travers la forêt d’Avon. Le détective Joe Hackney, un ancien malfrat, cynique et boiteux est envoyé par Scotland Yard pour aider la police locale. Au milieu des bois, il mène une traque qui prend vite des allures de descente aux enfers.


Avis de Lauryn :

Quatrième volet des enquêtes de Joe Hackney, ancien malfrat devenu détective à Scotland Yard, Les nuits rouges de Nerwood démarre sur un double crime : un assassinat et une agression. La femme de la première victime, soupçonnée du second crime, a disparu, visiblement kidnappée par le meurtrier de son mari. La police locale, débordée, fait appel au Yard et c'est Joe qui s'y colle.

Ce début prometteur fait miroiter au lecteur une enquête dynamique, incisive et pleine de rebondissements. Malheureusement, la réalité est tout autre : ces crimes font place à une chasse à l'homme qui s'éternise avec des incohérences et des bizarreries qui amènent le lecteur à se demander où l'auteur veut en venir. En parallèle à cette poursuite, l'enquête pure traine la savate et, le moins que l'on puisse dire, c'est que Joe ne s'avère pas très futé, parfois. On a presque envie de lui botter les fesses pour le réveiller. C'est certainement voulu de la part de l'auteur pour maintenir le suspense mais le résultat n'est guère convaincant. On s'ennuie plus qu'autre chose.
Tout au long du livre, on a peu d'informations à se mettre sous la dent, les divers éléments sont ou extraordinaires, ou très brouillons, si bien qu'on ne soupçonne personne et, pire, on ne comprend même pas les raisons du crime ou le modus operandi. C'est, en fait, très agaçant à la longue. Les premiers éléments qui éclaircissent l'histoire n'arrivent que tardivement et, du coup, la chute paraît presque trop brutale par rapport au reste. Cette dernière, d'ailleurs, est racontée du point de vue d'un autre personnage, ce qui peut provoquer un éloignement de cette scène et la rendre moins poignante. On a presque l'impression de lire un rapport de police. Vu le motif du crime, c'est plutôt dommage.
La vision de l'auteur sur la campagne anglaise de l'époque est assez effarante. Tout le monde est moche, mal foutu et mal fagoté ; les paysans sont des pochtrons invétérés (picoler jusqu'à 3 H du mat pour partir bosser à 5, no problem) et, bien sûr, stupides, y compris dans leur domaine de compétence (c'est un Londonien qui vient leur apprendre qu'un cochon affamé peut se servir sur un cadavre et ça les choque, les pauvres !!!). Bref, le trait est grossi à l'extrême de ce côté-là et ça dessert l'histoire plus qu'autre chose.

Côté personnages, ils sont assez bien décrits avec, pour les plus importants, un passé tortueux ou douloureux qui permet de leur donner une réelle profondeur. Mais là où le bât blesse, c'est au niveau de leurs capacités. Joe, ex-criminel jamais coincé et détective du Yard paraît presque moins futé que son ami Ashby, indic et fan des combats de coqs. Comme dit plus haut, on a parfois envie de le secouer ce policier, histoire de lui faire recouvrer sa lucidité. C'est agaçant et peu crédible par rapport à ce qui est dit des qualités du personnage.

L'auteur a choisi de raconter son histoire à la première personne, du point de vue de Joe. L'ennui, c'est que ce dernier est rarement seul (sauf au tout début, en fait) : il est toujours accompagné soit d'Ashby, soit d'un ou plusieurs policiers. Du coup, la narration à la première personne est assez fatigante et peu immersive en ce qui concerne les ambiances ou les descriptions. Seuls certains passages bénéficient de l'effet produit par le récit de Joe, mais ça n'est pas suffisant sur la durée.

Au final, malgré un début d'histoire alléchant, ce roman est une déception. Entre la pénibilité de l'enquête, le personnage peu convaincant de Joe et la fin décevante après une longue traque où les indices ont cruellement manqué pour maintenir un intérêt, ce roman ne m'a franchement pas emballée. Ce ne sera peut-être pas votre cas si vous aimez cogiter sans réelle avancée avant de découvrir le pot-aux-roses dans les dernières pages.

Pure, Tome 2 : Fusion

Pure
Tome 2 : Fusion
de Julianna Baggott

Éditions J'ai Lu
Collection Semi Poche Imaginaire

Sortie le 12 juin 2013
Format semi-poche / Prix 14,90 €



Présentation de l'éditeur :

Willux et les Purs sont en colère depuis la fuite de Partridge. S'il ne revient pas, leur vengeance entraînera une destruction totale. Mais depuis que ce dernier et ses amis Pressia et Bradwell connaissent la vérité sur le Dôme, ils veulent le renverser. Ils doivent rapidement trouver une solution.


Avis de Chani

Dans ce deuxième tome, le lecteur retrouve les personnages dont il a fait la connaissance dans Pure. Le récit alterne entre les points de vue de Pressia, Partridge, Lyda et El Capitan, donnant un éclairage multiple sur les évènements qui se déroulent simultanément. Si chaque protagoniste œuvre à sa manière pour lutter contre les plans du père de Partridge, ils ont chacun leurs motivations, leurs moteurs et leurs idées propres sur la manière dont les choses doivent être faites.

Selon moi le premier tome souffrait de quelques longueurs, mais ce n’est absolument pas le cas dans Fusion. Le lecteur n’a pas le temps de souffler, l’alternance des voix dans le récit le poussant à continuer à tourner les pages pour savoir ce qu’il advient des uns et des autres. Les personnages sont aussi plus humains, avec des sentiments qui naissent en parallèle de leur but, des mentalités qui évoluent. Rien n’est figé, aucun n’est manichéen, et c’est justement ce qui les rend si attachants.
Le monde post-apocalyptique de Julianna Baggott est toujours très sombre et dur, empreint de violence, mais cette fois on peut entrapercevoir une lueur d’espoir. Ce tome, est plus « lumineux » si j’ose m’exprimer ainsi, la lecture est moins déprimante, le lecteur sent que les choses changent, ou du moins sont en train de changer. À côté de cela il y a toujours les descriptions des fusionnés qui font mal, notamment avec les « Desparate fusionnées » qui me font encore froid dans le dos et ma gorge se serre toujours à leur évocation. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, on ne s’habitue pas, le réalisme est trop présent pour que le lecteur ne sente pas impliqué.
La plume de l’auteur fait mouche, elle est d’une justesse incroyable dans l’action comme dans la description des sentiments, Julianna Baggott sait captiver l’attention du lecteur et use de tous les subterfuges pour qu’il ait du mal à lâcher le roman.

Ce deuxième tome a gagné en qualité et est bien mieux que le premier, il me tarde de lire la suite.

Stone Island de Alexis Aubenque

Stone Island
de Alexis Aubenque

Éditions Toucan

Sortie le 29 mai 2013
Format poche / 440 pages / 9,90 €


Présentation de l'éditeur :

"Archipel en plein cœur de l’océan pacifique, Stone Island est le paradis sur Terre…ou presque. À la suite du décès de son père biologique sur l’île, Fiona Taylor, jeune avocate américaine fraîchement diplômée, devient héritière. Au lieu d’en profiter pour mener une existence paisible aux Etats-Unis, elle décide de se rendre sur Stone Island à la recherche de ses véritables racines. Là-bas, elle s’établit dans une vaste demeure coloniale, perdue dans la jungle, où, accueillie par des domestiques et une aïeule au comportement étrange, elle tente de percer les secrets de sa famille. Dans cette quête, elle croise Jack Turner, premier homme de loi de l’île, confronté de son côté à une effroyable série de meurtres qui vient semer le trouble dans ce cadre idyllique. Ces disparitions sanglantes, apparemment crapuleuses ou racistes, n’auraient-elles pas finalement un lien avec les questions que se pose Fiona ? "


Avis de Chani

À la mort de son père, Fiona décide d’aller à la découverte de l’île dont il est originaire et d'y rencontrer sa grand-mère qui a hérité pour moitié des biens de son père. De plus l’île semble paradisiaque, au cœur du Pacifique, le lecteur imagine déjà la jeune héroïne sirotant des cocktails sur une plage de sable blanc. Oubliez le cliché, l’arrivée de Fiona ne ressemblera pas à des vacances. Une grand-mère sèche et dénuée de toute fibre familiale, des indigènes hostiles, Fiona ne restera que pour enquêter sur ses racines (enfin pas tout à fait, mais vous découvrirez le reste).
Parallèlement, le chef de la police, Jack Turner, est confronté à une série de meurtres qu’il essaye de relier entre eux.
Comme on peut l’imaginer, les deux histoires vont finir par s’entremêler…

Prenant pour cadre un décor de rêves, Stone Island est un thriller haletant et efficace. Alexis Aubenque maîtrise son récit et joue avec les nerfs de ses lecteurs, les obligeant à ne pas lâcher le livre jusqu’à la fin afin de connaître le dénouement au plus vite. Et quelle fin !
Le style est simple et percutant, favorisant la facilité de la lecture et collant parfaitement aux personnages et à l’action.
Rien à redire, si vous aimez les thrillers avec une enquête solide mais sans l’aspect sanglant que l’on peut rencontrer chez beaucoup d’auteurs français en vogue, n’hésitez pas à vous procurer Stone Island, vous passerez un agréable moment.