Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

mercredi 29 août 2012

La Trace de Christine Féret-Fleury

La Trace
de Christine Féret-Fleury

Editions Hachette
Collection Black Moon

Sortie le 6 juin 2012
Format Broché / Pages 252 / Prix 15€



Présentation de l'éditeur

Il y a Rébecca Lefèvre. La petite cousine française. Signes particuliers : néant. Et puis il y a Sarah LeFebvre, l'Américaine. Sarah qui réussit tout ce qu'elle touche. Sarah qui va se marier. Sarah que Rébecca aimait jusqu'au jour où elle lui a présenté son fiancé, le bel Adrian, pour qui Rébecca a eu le coup de foudre. Et voilà Rébecca forcée de jouer les demoiselles d'honneur pour sa cousine. Sauf que devant l'autel, la belle Sarah fait demi-tour, saute dans sa voiture, et embarque avec elle Rébecca et Lavinia, sa grand-mère si distante et soudain si proche. Les trois femmes tracent leur route, Sarah pour fuir son passé, Lavinia pour le retrouver, Rébecca pour se trouver. Mais elles ignorent qu'un serial-killer est à leurs trousses. Un meurtrier qui guette Sarah depuis la nuit des temps. 

Avis de Biscotte

La Trace nous raconte l'histoire de Sarah, future mariée qui s'enfuit tandis que la marche nuptiale résonne, de Rebecca, la cousine et demoiselle d'honneur, et de leur grand-mère Lavinia. Toutes les trois prennent la route 66 afin de fuir quelque chose. Pour Sarah c'est son futur époux qui lui a envoyé un bouquet de roses noires contenant des lames de rasoirs. Rebecca fuit son amour pour le futur marié. Et Lavinia garde ses motivations secrètes pendant quelques pages. Si les personnages sont basés sur de bonnes idées, ils manquent cruellement de profondeur.

Nous avons ici une narration à trois voix (Sarah, Rebecca et le tueur). On sent une différence de narration entre chaque personnage, par exemple, Rebecca va beaucoup plus décrire le décor et ses fantasmes que Sarah, qui va essentiellement parler de ses états d'âme. Le point de vue du tueur est le plus brouillon des trois. On se rend rapidement compte qu'il est complètement fou et fait une fixation sur Sarah. Malheureusement le rythme est un peu cassé par des changement de pronoms dans une même phrase, ou un manque de ponctuation.

Si l'histoire démarre sur les chapeaux de roues, cela ne dure pas, car une fois sur la route 66 il ne se passe plus grand chose. Les révélations sont trop prévisibles. Tout ça mis bout à bout nous donne l'impression de survoler l'histoire sans rentrer complètement dedans. Il y a aussi quelques passages sur la pendaison des sorcières de Salem... mis à part le fait que le tueur fasse une fixation sur ces morts affreuses, on ne comprend pas l'utilité de ces passages explicatifs.

Ne vous attendez pas à un thriller au sens où on l'entend aujourd'hui. La Trace est un petit livre (250 pages) à suspense sympathique qui nous fait passer un agréable moment sans prise de tête.

BZRK Tome 1 de Michael Grant

 BZRK
Tome 1
de Michael Grant

Éditions Callimard Jeunesse

Sortie le 20 septembre 2012
Format broché / 432 pages / Prix 18,90 €


Présentation de l'éditeur :


2040. Noah est un jeune Anglais dont le frère ainé, Alex, est interné dans le QHS d'un hôpital psychiatrique. Sadie est une riche adolescente Américaine qui assiste à un match de foot et voit le jet privé qui transporte son père et son frère s'écraser sous ses yeux. Leur vie à tous deux va basculer dès l'instant qu'ils sont touchés par BZRK, l'organisation qui se bat pour préserver la liberté individuelle face au clan des jumeaux Armstrong dont le but est d'uniformiser les consciences pour garantir la paix de l'humanité. Bienvenue dans la nano-dimension, où des insectes plus petits que le diamètre d'un cheveu, se livrent une guerre sans merci contre la folie, dans le cerveau humain et dans les profondeurs de la chair. Perdre n'est pas une option envisageable quand on risque la démence...


Avis de Chani :
Après Gone, BZRK est la nouvelle trilogie SF de Michael Grant, à paraître le 20 septembre 2012 aux éditions Gallimard Jeunesse.
Imaginez une technologie où des robots microscopiques (nanobots ou biobots) sont implantés (à votre insu ou pas) dans votre corps, pilotés par une personne qui acquiert ainsi la faculté de vous soigner, mais aussi de modeler vos goûts et vos pensées de manière à influencer vos actes. C’est chose possible dans BZRK. Si certains utilisent cette technologie de manière altruiste, d’autres en profitent pour servir leurs intérêts, sans scrupules.

On va suivre au départ Noah, impliqué à cause de son frère qui semble avoir perdu la raison, Sadie, seule héritière de la famille McLure après la disparition tragique de son père et son frère dans un accident d’avion, et « Bug Man » lignard de son état à la solde des frères Armstrong, venant d’échouer à sa dernière mission. S’ils n’ont rien en commun au départ, la caméra va peu à peu se reculer et permettre au lecteur de voir le tableau dans son ensemble et d’y incorporer de nouveaux personnages. Vous l’aurez compris, les uns sont les gentils de l’histoire, les autres sont les mauvais, et ils utilisent la nanotechnologie pour se livrer une guerre dont votre corps peut potentiellement être le champ de bataille…

Le début a été un peu laborieux. L’univers très riche créé par Michael Grant est un peu confus pour le lecteur qui y est parachuté, tout comme les termes utilisés (lignard, bots, nano…). Les personnages sont assez nombreux et il est assez compliqué de bien les cerner au départ, de savoir qui est qui et qui fait quoi. Mais une fois tout en place (c’est un peu long, mais soyez patient ça vaut le coup), il est difficile de lâcher ce livre. L’intrigue est bien construite et sans temps mort, et mérite que le lecteur s’implique dans les complots politiques et les manipulations psychologiques afin de ne pas perdre le fil. La plongée dans le corps humain grâce au nano (un peu à la manière de L’aventure intérieure pour ceux qui l’ont vu) est vraiment sympa, et si les cils sont décrits comme des rangées de troncs de cocotiers, je vous laisse découvrir d’autres descriptions moins ragoutantes ! Quant aux personnages, ils sont travaillés et attachants, avec pour ma part une mention spéciale à Vincent qui a ma faveur.

Ce premier tome de BZRK est très réussi, malgré un début lent et confus qui pourrait rebuter certains. Mais en poursuivant, le lecteur va découvrir un univers qui lui donnera forcément envie de découvrir la suite.


La citadelle des Ombres T1

La Citadelle des Ombres T1
  L'Apprenti Assassin ; L'Assassin du Roi ; La Nef du Crépuscule
de Robin Hobb


Pygmalion Éditions

Sortie le 06 juin 2012
Grand format / 1 116 pages / 21,90 €


Présentation de l'éditeur :
Aujourd'hui, en France et à l'étranger, La Citadelle des Ombres est unanimement salué comme l'un des chefs-d'œuvre de la littérature fantastique du XXe siècle, à tel point que certains le comparent au Seigneur des anneaux de J.
R. R. Tolkien.

Impossible, en effet, de n'être pas envoûté dès les premières pages par la force et le réalisme de l'intrigue, le foisonnement des péripéties et leurs rebondissements, l'atmosphère de mystère et de magie de plus en plus oppressante au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans l'action. Au royaume des Six-Duchés, dans l'inquiétant décor d'une forteresse battue par les vents et les flots, Fitz, un jeune garçon issu d'une lignée royale, fait à la cour le rude apprentissage de la vie.

Un maître d'écurie, étrange et bourru, lui prodigue conseils et affection ; un vieux sage, isolé au sommet d'une tour, l'initie à la délicate perception du Bien et du Mal ; des molosses qui l'ont adopté lui apportent réconfort et protection. Commence alors pour le jeune homme un long voyage initiatique semé d'embûches et de trahisons. Un voyage sans retour au bout de l'angoisse, de l'amour, de la désespérance.

Confronté aux cruelles exigences de la loyauté, existe-t-il pour lui une autre voie que celle du sacrifice ? Avec un art consommé du suspense et une connaissance du cœur humain dont elle a le secret, Robin Hobb nous entraîne dans une bouleversante et superbe épopée.


Avis de Chani :
Cette réédition chez Pygmalion de La citadelle des Ombres réunit les trois premiers tomes français de ce que nous connaissons davantage sous le nom du cycle de L’assassin royal, soit les deux premiers de l’édition originale.
Le jeune Fitz, bâtard de Chevalerie, l’héritier du trône qui abdiquera en apprenant l’existence de son fils illégitime, va voir sa vie radicalement changer quand son grand-père maternel le confiera aux bons soins de son père biologique. Ce dernier remettra l’éducation du jeune garçon à son maître d’écurie, un homme aussi bon que bourru. En grandissant, Fitz va découvrir qu’il maîtrise le Vif (magie empathique vis-à-vis des animaux) et l’Art (qu’on peut grossièrement comparer à la télépathie). Deux dons qui lui seront bien utiles quand le roi lui proposera de devenir son assassin, une tâche induisant une grande loyauté et de nombreux sacrifices.
Parallèlement au récit de l’apprentissage du jeune homme, une menace apparaît clairement de la part des pirates qui assiègent la cité, et qui semblent dotés d’une force étrange.

Dans ce volume, ou plutôt ce pavé (1 116 pages, mes poignets s’en souviennent encore), on suit les débuts du jeune Fitz, de l’innocence de l’enfance à son destin d’assassin. Le personnage est complexe et attachant, et c’est avec plaisir que je l’ai suivi dans son apprentissage. L’avoir « vu » grandir permet en outre de lui pardonner ses côtés agaçants comme sa difficulté à prendre les décisions ou son auto-apitoiement.
L’univers des Six-Duchés créé par Robin Hobb est riche et immersif, le lecteur est plongé en pleine fantasy médiévale, au cœur des complots, batailles, et bien évidemment de la magie. L’écriture est fluide et nous emporte, tant et si bien que les quelques longueurs du récit passent presque inaperçues.
La citadelle des Ombres est vraiment un must de la fantasy, à lire absolument par les amateurs du genre. Néanmoins, et ce n’est là que mon avis personnel, la saga est un peu en-dessous du Trône de Fer de Georges R.R. Martin, car moins « intense » dans les thèmes que les deux ont en commun. C’est en cela que j’ai été un peu déçue, et c’est pourquoi je recommanderais, pour ceux qui seraient dans l’un ou l’autre des cycles, d’espacer la lecture des deux séries afin de les apprécier chacune à leur juste valeur.