Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

lundi 30 juillet 2012

Furor

Furor
de Fabien Clavel


Éditions J'ai Lu
Collection Nouveaux Millénaires

Sortie le 7 mars 2012
284 pages / 16€50


Présentation de l'éditeur :

Rien n'a jamais préparé les soldats d'Auguste à l'enfer de la Germanie : la pluie, le froid, la boue, les maladies, la hargne des Chérusques dont les attaques éclair déciment les troupes. La forêt de Teutoburg a déjà avalé trois légions et elle n'est toujours pas repue. Mais, pour cette poignée de Romains en déroute réunis par les circonstances, un espoir demeure : peut-être pourront-ils se cacher dans cette étrange pyramide, noire comme l'obsidienne, dressée au milieu du bourbier. Est-ce là le séjour d'un dieu ? Ces gens pacifiques et monstrueux qui hantent son abord sont-ils ses disciples ? Quel est cet étrange signe hélicoïdal répété à l'envi sur chacune de ses parois ?


L'avis d'Heclea :

Fantasy atypique, Furor est un de ces romans dérangeants, violents, parfois trashs, mais qui pourtant font réfléchir. Fabien Clavel y présente un univers au goût très prononcé de Rome Antique, où l’on sent les recherches, les inspirations, mais également un imaginaire très personnel. Le tout forme un roman que l’on a du mal à classer dans une unique case tellement les impressions sont nombreuses au cours de sa lecture.

Les références, les manières d’être, de parler, tout est fait pour nous transporter dans un autre temps où les mœurs étaient empreintes de violence, de sexe et de combats. Les images viennent d’elles-mêmes et, si l’on ne comprend pas forcément tous les termes, l’idée est pourtant là, bien nette et précise. Il faut reconnaître à l’auteur une écriture très visuelle, grâce à laquelle le lecteur vivra au milieu des légionnaires dès les premières pages de l’intrigue.

Le style est très particulier, alternant une narration plutôt classique aux pensées des personnages principaux, pensées livrées telles quelles, sans ponctuation, sans séparation, comme si l’on se trouvait en contact direct avec leur cerveau. Le résultat est plutôt surprenant et déstabilisant au départ, et il faut un certain temps pour s’habituer et retrouver une lecture fluide.

Si l’intrigue paraît très simple au début, les choses finissent par se complexifier, entraînant les protagonistes et le lecteur dans un univers totalement différent et très inattendu (même si les indices sont là). C’est d’ailleurs ce qui reste en mémoire à la fermeture du livre, cette surprise, ce chemin emprunté par l’auteur pour passer son message, pour surprendre et peut-être choquer le lecteur.

Au final, Fabien Clavel nous offre ici un roman à ne pas mettre entre toutes les mains. Tout est livré de manière brute, que ce soit la mort, la décadence ou le sexe. La violence est partout, et il est certain qu’il vaut mieux être prévenu avant d’entamer l’aventure. Malgré tout, si l’on arrive à se laisser embarquer et surprendre, il faut avouer que le résultat très inattendu est réussi… dans son genre.

Cornes


Cornes
de Joe Hill


Éditions JCLattès

Sortie le 21 septembre 2011
Format Broché / 416 pages / 22,30€


Présentation de l'éditeur : 
Ignatius Martin Perrish passa la nuit ivre, à faire des choses terribles. Il se réveilla le lendemain matin avec une terrible gueule de bois et… une paire de cornes qui lui sortait des tempes.


Au début, Ig croit que les cornes sont une hallucination, celle d’un esprit malade, rongé par la colère et le chagrin. Cela fait un an que Merrin Williams, sa bien-aimée, a été violée et tuée dans des circonstances inexplicables. Depuis, reclus dans sa solitude, il vit un enfer, et il a plus de raisons qu’il n’en faut pour sombrer dans la dépression. Pourtant les cornes sont on ne peut plus réelles.
Jadis, Ig le vertueux faisait partie des privilégiés : né dans une famille riche, second fils d’un musicien renommé et frère cadet d’une star montante de la télé, il avait la sécurité, l’aisance, une place reconnue au sein de sa communauté. Ig avait tout pour être heureux, plus encore il avait Merrin et un amour réciproque, auréolé de magie, fondé sur les mêmes rêves. Mais la mort de Merrin a tout détruit. Seul véritable suspect, Ig n’a pourtant jamais été accusé ni jugé. Et donc jamais innocenté. Pour le tribunal que constitue l’opinion publique de Gideon, sa ville natale du New Hampshire, Ig aura beau dire ou faire, il est et restera toujours coupable, car ses parents riches et influents ont exercé des pressions pour faire boucler l’enquête. Il est abandonné de tous, Dieu y compris. De tous, sauf de son démon intérieur… Et voilà qu’Ig se retrouve soudain doué d’un nouveau pouvoir, assorti à son nouvel aspect et tout aussi terrible, un macabre talent qu’il compte bien utiliser pour retrouver le monstre qui a tué Merrin et détruit sa vie. Être bon, prier… tout ça ne l’a mené nulle part. Il est temps de prendre sa revanche… Il est temps de donner sa part au diable…


Avis de Biscotte


Attention, ceci est un livre que l'on dévore. On se lance dans les premières lignes et sans s'en rendre compte on est absorbé par l'histoire et cela devient impossible de reposer cet ouvrage. Un roman frisson des plus captivants.

Ig est un homme de 27 ans qui a perdu sa petite amie il y a de ça un an. Il rentre complètement ivre chez sa nouvelle petite amie. Lorsqu'il se réveille il se découvre des cornes sur la tête. Il va d'abord penser qu'il a fait quelque chose de mal et que Dieu lui en veut. Puis qu'il est mourant. Vous l'aurez compris, il passe par toutes les réactions possibles et imaginables, mais d'un réalisme terrifiant. On pourrait très bien se dire "tiens, moi j'aurais peut-être pensé à ça en premier".

Tout le roman tourne autour de la psychologie des personnages : leur jeunesse, leurs réactions, leurs envies et surtout leur côté sombre. C'est ce qui rend ce livre si prenant, on s'attache à Ig, la seule personne qui parait sensée et qui a à peu près les pieds sur terre. Si au début l'histoire est très manichéenne, la frontière entre le bien et le mal est de moins en moins précise au fil des pages. Cela va nous pousser, nous lecteur, à nous poser des questions sur des choses que l'on pensait acquises. 

Dans ce roman, Joe Hill nous montre son talent d'écriture à travers des personnages torturés mais réalistes ainsi qu'un style qui nous accroche sans que l'on s'en rende compte. Un roman sombre avec des scènes étranges, et parfois même horribles, mais captivant et qui procurent de fortes émotions parfois contradictoires. Cornes est un livre qui vous prend aux tripes, vous êtes prévenus.