Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

jeudi 5 avril 2012

Le journal infirme de Clara Muller


 Le journal infirme de Clara Muller
de Karim Madani

Editions Sarbacane
Collection Exprim'

Sortie le 4 janvier 2012
269 pages / 15,50 €


Présentation de l'éditeur :

Nom : Muller
Prénom : Clara
Age : 16 ans et des miettes
Adresse : Paris, Ville Haute
Epoque : le futur (2015)
Mail :borderline125(c)gmail.com
Lycée : Guillaume Apollinaire
Situation générale : Bizarre, étrange, fêlée
Situation particulière : Fille Frappée d'Opprobre (FFO)
Bande-son : Alice in Mains, Marilyn Manson.
Films cultes : Requiem For A Dream, Orange mécanique

Quand vous aurez ce journal en main, je serai déjà morte.


Avis de Scende

Pour ceux qui ont lu ou feuilleté Cathy’s Book, vous trouverez ici le même type d’ouvrage graphique : un journal comme s’il était fait main, plein de crayonnages, de styles graphiques différents pour un effet visuel frappant à chaque page. L’auteur pousse le vice plus loin en proposant une liste de musiques à écouter en cours de lecture, histoire de bien se plonger dans l’état d’esprit de son héroïne…

Parlons de Clara. Elle habite Paris, en 2015, une époque où la capitale est divisée en deux : la Ville Haute pour les personnes aisées et la Ville Basse qui tient plus du ghetto qu’autre chose. Clara vit dans cet univers scindé en deux, et entre le lycée où elle se fait harceler régulièrement par les élèves les plus populaires et ses soirées branchées sur le Vortex de la Ville Basse, elle tente de tisser sa toile, tant bien que mal… La jeune héroïne cache un lourd secret : elle est ce qu’on appelle un bébé-éprouvette et cela ne lui facilite pas la vie. Entre ses hormones d’adolescente et l’horreur pure et dure qu’est le monde à ses yeux, la jeune fille nous montre l’aspect torturé que prend sa vie.

Les lecteurs de ce livre doivent être avertis : si Le journal infirme de Clara Muller se veut destiné à un lectorat adolescent, il est clairement plus qu’un simple livre. C’est avant tout un éloge au Mot, avec un grand M. Une logorrhée crachée sur le lecteur, de mots étonnants, frappants et surtout rarement utilisés dans le langage courant.
Ce livre n’est définitivement pas un roman pour adolescents. Il est bien trop difficile à lire, à comprendre et même à ressentir. Clara est une héroïne atypique — bien qu’elle ressente les émois de l’adolescence — et ses aventures s’adressent à un public averti, adulte, qui saura faire la part des choses entre le réel et la fiction créée par M. Madani. La jeune fille est nettement anticonsumériste, elle remet en cause beaucoup de choses et son mal-être transparait. Elle rencontre Karin, et leurs nombreux points communs les rapprochent, mais les amitiés sont rarement de tout repos…

Le style de l’auteur est détonnant, très particulier et si ce n’est cette logorrhée, il est bien sympathique. Des petites touches d’humour ici et là et une vision de la société bien négative, qui va en s’empirant au fil des pages, donnent une dualité agréable à cette lecture. Un petit bémol toutefois : l’histoire se passe en 2015, mais les évolutions technologiques et l’atmosphère auraient demandé un plus grand laps de temps, situer l’histoire en 2020 ou 2025 aurait été plus plausible.

Un roman à lire, donc, plutôt par un adulte. Il est noir et glauque, mais quelques rayons de soleil sauront percer à travers toute cette négativité qui dégouline de Clara. Enfin, un roman hors normes qui dérange et qui choque…


Les Fantomes de Maiden Lane, Tome 1 : Troubles Intentions d'Elizabeth Hoyt

Les Fantomes de Maiden Lane, 
Tome 1 : Troubles Intentions
d'Elizabeth Hoyt

Éditions J’ai Lu
Collection Aventure & Passion

Sortie le 7 mars 2012
Format Poche / Prix 6,60€

Résumé (trad de Tan)

Un homme contrôlé par ses désirs....

Tristement célèbre pour ses besoins sauvages et sensuels, Lazarus Huntington, Lord Caire, est à la recherche d'un tueur violent à St Giles, le bas-quartier le plus célèbre de Londres. Veuve, Temperance Dews connaît St Giles comme sa poche ; elle a passé sa vie à prendre soin de ses habitants dans l'orphelinat fondé par sa famille. Mais cet établissement est aujourd'hui en danger...

Une femme hantée par son passé...

Caire fait une offre simple à Temperance en échange de son l'aide pour le guider dans les ruelles dangereuses de St Giles. Il la présentera à la haute société de Londres pour qu'elle puisse trouver un bienfaiteur pour son orphelinat. Mais Temperance pourrait ne pas être aussi innocente qu'elle en a l'air, et ce qui débutait comme un calcul se transforme rapidement en passion qu'aucun d'eux n'arrive à contrôler. Une passion qui pourrait bien les détruire tous les deux.


Avis d'Elaura :

Premier tome plus que réussi pour cette nouvelle série d’Elizabeth Hoyt. L’auteure au style inimitable, nous plonge encore une fois dans un Londres réaliste et en même temps teinté de mystères. De plus, les romances historiques se situant au 18ème siècle sont assez rares alors ne boudons pas notre plaisir.
L’intrigue de ce premier opus tourne principalement autour de la relation entre Temperance et Lord Caire.
La première est une veuve pure et pieuse qui travaille dur pour maintenir à flot l’orphelinat familial, dans un Saint-Giles dépravé où la pauvreté de la caste ouvrière londonienne atteint son apogée. Le second est un homme sombre à la triste réputation et aux pratiques sexuelles douteuses qui cherche à mettre la main sur un tueur particulièrement violent.
Pour sauver l’orphelinat de la faillite, Temperance acceptera d’aider Lord Caire dans sa quête de justice. Pourtant, cette alliance étrange et calculée laissera place à une passion dévastatrice, mettant en exergue les démons et les secrets cachés de chacun.

Elizabeth Hoyt a le talent de mettre en scène des personnages masculins forts et surtout à la psychologie ambigüe. Rien n’est totalement blanc ou noir avec cette auteure et c’est justement ce qui nous fascine. Lord Caire est un homme trouble et torturé à souhait mais qui est loin d’être insensible. Temperance quant à elle, bien qu’elle donne l’apparence d’une femme pieuse et respectable, brûle d’un désir qui n’a jamais été assouvi. Tous deux devront faire preuve de patience et de compréhension pour laisser libre cour à leur amour.

Nous faisons également la connaissance d’autres personnages qui auront leur propre histoire dans les tomes suivants, comme Silence, la sœur de Temperance ou Lady Haro, héroïne du deuxième tome.

Une romance intense et captivante, ponctuée de scènes sensuelles où la tension sexuelle entre les deux protagonistes est au zénith. Une intrigue bien menée nimbée de fantastique avec l’apparition d’un mystérieux fantôme de St Gilles, justicier vengeur qui apparait la nuit. Tous les ingrédients pour faire de cette nouvelle saga une réussite sont semés. Ne faites pas la bêtise de passer à côté …

Les Chroniques de MacKayla Lane Tome 5 : Fièvre d'ombres


Les Chroniques de MacKayla Lane 
Tome 5 : Fièvre d'ombres
de Karen Marie Moning

Éditions J'ai Lu
Collection Semi-Poche

Sortie le 15 février 2012
Format Broché / Prix 12€


Présentation de l'Editeur :

MacKayla Lane perd sa soeur Alina, victime à Dublin d'un assassinat aussi cruel qu'inexplicable. Devant la mollesse de la police locale, elle quitte le sud des Etats-Unis pour l'Irlande afin de mener sa propre enquête. Elle y découvre que sa soeur y menait une double vie pleine de mystère au milieu de créatures démoniaques.


Avis de Molina

OUI, ENFIN le voilà ! Après de très longs mois d'attente voilà enfin le cinquième (et peut-être) dernier tome de la série Fièvre de la désormais célèbre Karen Marie Moning (KMM) !

On l'a attendu, espéré, désiré et nous pouvons enfin avoir LE livre censé nous apporter toutes les réponses. Toutes ? Et bien non, Karen n'en fait qu'à sa tête et nous laisse bien sûr avec des incertitudes sur certains points, tout ça pour nous donner envie de lire ses prochains écrits. Torture ou plaisir à venir ? On peut se demander si elle n'aime pas torturer ses fans ?!

Bon passons aux choses sérieuses c'est à dire l'histoire. On peut dire que c'est du bonheur en barre, un élixir d'émotions pures, une montagne russe de sensations, une... non il n'y a pas de mots. Seuls ceux qui l'ont lu peuvent comprendre ce que j'essaie de dire !

Si on veut être rationnel et se détacher des émotions ressenties lors de cette lecture on peut dire que :
L'action est partout et en devient même étourdissante. L'imagination de l'auteure est sans limite et vous promet le meilleur tout en vous en donnant encore plus. Le suspense est intense, les revirements de situation nombreux et toujours plus imprévus les uns que les autres. Impossible de se dire "ça y est on sait enfin", non, vous ne savez plus rien au chapitre suivant. Les indices laissés dans les tomes précédents prennent soudain tout leur sens et le lecteur ne peut que se dire "alors c'était pour ça ! ".
Côté personnages les surprises sont aussi au rendez-vous. Vous pensiez tout savoir et avoir cerné tout le monde ? Et bien vous allez vite découvrir que vous aviez tort ! Vous avez craint que certains ne deviennent mollassons à cause de certains sentiments ? Mais où est passé votre foi en KMM, bien sûr qu'ils vont rester des bêtes indomptables pour votre plus grand plaisir. Mais plutôt que de vous poser des questions, lisez : vous n'avez plus d'excuse, il est dans toutes les librairies !
Pour ce qui est du relationnel et de l'émotion, le renouveau est à l'ordre du jour. Des découvertes, de l'inattendu et des certitudes, voilà ce qui vous attend. Certaines relations vont subir de méchants coups, d'autres s'approfondir mais toutes vont évoluer. Et côté émotion, accrochez-vous vous n'aurez droit à aucun répit !

890 pages c'est beaucoup et pourtant c'est passé si vite ! Voilà le livre est terminé, de nombreuses énigmes ont trouvé leur solution et nous sommes vidés. Oui, épuisés après tout ce suspense, ces émotions et cette attente, éreintés mais heureux. Comblés même s'il faut se résigner à abandonner Mac et Barrons et le royaume des faës pour un très long moment. Ce fut avec plaisir que j'ai dévoré Fièvre d'ombres et c'est avec autant d'enthousiasme que je le relirai. Il ne reste plus qu'à attendre que Karen nous sorte un nouveau chef-d'œuvre, qui, espérons-le, sera à la hauteur de celui-ci.


Rebecca Kean Tome 3 : Potion Macabre



Rebecca Kean Tome 3
Potion Macabre

de Cassandra O'Donnell

Éditions J'ai Lu
Collection Darklight

Sortie le 21 mars 2012
Semi-Poche / Prix 12€


Présentation de l'éditeur

Avoir une fille en pleine crise d ado quand on a 27 ans, ce n'est déjà pas de la tarte mais quand votre adorable progéniture est une jeune vampire en pleine poussée hormonale, ça devient carrément insurmontable. Comme si je n'avais déjà pas assez à faire avec une bande de potioneuses complètement disjonctées qui sème la pagaille dans toute la région et la nouvelle guerre qui se profile lentement mais sûrement à l'horizon...


Avis de Molina

Un début sur les chapeaux de roues et une fin en plein suspense, accrochez-vous revoilà Rebecca !

S'il est bien une chose que l'on ne peut pas reprocher à Cassandra, c'est de faire languir son public. L'action est présente de la première à la dernière page. La diversité est aussi au rendez-vous : infiltration, attaque de front, espionnage, opération commando, tout y passe pour le plus grand plaisir de ses fans.
Le suspense est également là et l'auteure manœuvre de front plusieurs combats : mener son intrigue, développer son héroïne et faire avancer l'ensemble de la série. Le tout avec un vrai talent qui tiendra ses lecteurs en haleine tout au long de son livre et qui ne leur laissera qu'un mot à la bouche : ENCORE !

Ah Rebecca, notre chère sorcière de guerre, quel plaisir de la retrouver fidèle à elle-même et pourtant différente. Nous découvrons de nouvelles facettes de sa personnalité : tantôt chef de guerre, tantôt stratège, elle nous surprend comme à chaque fois par l'étendue de ses talents et de ses aptitudes. Mais c'est dans son rôle de mère qu'elle redevient touchante et surtout un peu commune. Quelle maman ne s'est pas vue dépassée par son enfant qui grandit et qui prend son indépendance ? Laquelle ne s'est pas un jour entendu dire "Mais non je ne veux pas te voir à mon école, la honte ! " ? C'est dans ces moments qu'on se dit qu'il est impossible que madame O'Donnell ne soit pas elle aussi une mère tellement tout semble juste et à sa place.

Mais ce qui fait que cette série est tant aimée, ce n'est pas le suspense haletant ni les péripéties à gogo, pas plus que son héroïne au caractère bien trempé ou son univers envoutant, non ce qui charme ce sont les émotions qui lient le tout. On rit, on pleure, on jure et on lève les yeux au ciel avec Rebecca. Notre cœur saigne quand certains personnages lui manquent et nous sommes envahis par une soif de sang quand elle a des envies de meurtres. Impossible de ne rien ressentir en lisant ce livre tant le talent de l'auteure nous imprègne dans l'histoire et nous plonge dans son monde unique.

Vous l'aurez deviné, une fois encore Rebecca Kean nous offre une merveilleuse aventure qui aura pour tous un goût de trop peu. Malgré tout je dois dire que, bien que je sois une très grande fan et que j'aie la fâcheuse habitude de relire ces livres en boucle, j'ai trouvé Potion macabre un peu en deçà comparé aux autres. Il a manqué un soupçon d'un petit quelque chose que je ne saurais définir mais qui fait que je me suis dit que les deux précédents étaient un peu meilleurs. Mais bon je chipote, j'ai adoré et j'attends le prochain avec une très grande impatience. À votre clavier Mme O'Donnell, ne nous faites pas patienter trop longtemps !

La communauté du sud Tome 11 : Mort de Peur



La communauté du sud
Tome 11 : Mort de Peur
de Charlaine Harris

Editions J'ai lu

Poche / 348 pages / 8.90€


Présentation de l'éditeur :

"Me revoilà, Sookie, de retour au bercail ! Je suis enfin revenue à Bon Temps. Et quel retour! Vous ne devinerez jamais ce qui s'est passé : quelqu'un a tenté de réduire le Menotte en cendres sous mes yeux !Plus de peur que de mal, me direz-vous. Je suis bien décidée à mener l'enquête et, vous me connaissez, je ne vais pas en rester là ! J'ai déjà quelques soupçons, mais je sens que quelque chose de beaucoup plus grave se trame au sein du clan des buveurs de sang." Depuis que le Menotte a brûlé, rien ne va plus dans les bayous ! Adieu la vie paisible à Bon Temps, Debby Pelt est de retour et vient régler ses comptes. Les luttes d'influence s'immiscent au sein du clan des vampires depuis que Felipe, le roi, a placé Victor en qualité de régent juste au-dessus d'Eric. Toutes ces révélations vont fragiliser le beau duo que forment Sookie et Eric, et, une fois de plus, la pègre des suceurs de sang va faire de graves dégâts...




Avis de Molina

C'est officiel, la fin de la série est amorcée avec ce onzième tome tout en émotions et en mises au point qui vous laissera avec un sentiment mitigé.

Oui, l'auteure apporte une fin à certaines relations tout en amorçant des changements dans d'autres. Quelques fans seront déçus par la tournure que prend une partie des rapports, d'autres diront qu'il l'ont senti venir, mais tous diront certainement que tout cela sent la fin, un peu comme un condamné qui rédige son testament. Alors oui, il reste encore de l'espoir pour certains, des points d'interrogations pour d'autres et la question reste posée : avec qui Sookie va-t-elle finir ?
Mais l'impression de mise au point est trop présente, la série n'est pas encore terminée, ce n'est pas le dernier opus et malgré tout ce sentiment reste présent tout au long de le lecture, c'est dommage !

Oui, l'action est encore présente et le lecteur ne s'ennuie pas. Oui Charlaine nous réserve encore quelques surprises et nous entraîne toujours plus loin dans les aventures de notre chère télépathe.
Mais là encore, une pointe de déception fait son apparition. La qualité est toujours là mais la quantité s'amenuise et l'intrigue semble passer au second plan (pas tout à fait encore mais ce n'est pas loin).

Oui, Sookie en apprend d'avantage sur ses origines et évolue encore. Certaines des graines semées dans les tomes précédents donnent enfin leurs fruits et quels fruits mes amis ! Les fans de la première heure se diront que tout commence à trouver une explication, même les plus petits détails. C'est beau de se dire encore ça après plus de 10 tomes.
Mais le goût de cendre qui nous tient tout au long de la lecture reste. Tout commence à s'expliquer et rien de nouveau ne vient à la place, ça sent le trop peu et l'aboutissement lent et douloureux plutôt qu'un épilogue en apothéose. Dur dur !

Oui, l'auteure nous offre encore de beaux moments d'émotions. Nous souffrons avec Sookie, qui se retrouve une fois encore malmenée par les évènements sans qu'elle ne puisse rien y faire à part tenir. Oui quelques personnages se rapprochent et la soutiennent à leur façon, certains rapprochements étant d'ailleurs inattendus.
Mais, mais, mais, notre héroïne est encore un peu pitoyable par moments et nous avons parfois envie de la secouer alors qu'à d'autres nous aimerions la mettre dans une bulle pour qu'elle se remette de ses épreuves. Les sentiments sont mitigés tout au long du récit et nous laissent à la fin la boule au ventre avec cette question : qu'est-ce qui nous attend la prochaine fois ?

Alors oui, Mort de peur reste un très bon livre qui se lit facilement. Mais malgré tout il sonne le glas d'une série que nous aimons passionnément et la fin semble s'amorcer dans une douleur lancinante. Et cette impression constante de fin et de mise au point est trop présente, surtout pour un livre qui n'est pas le dernier de la série. Espérons que le prochain me fera mentir, mais j'ai peur qu'il ne fasse que confirmer la tendance. À suivre...