Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

lundi 2 avril 2012

Dans l'oeil du Faucon

Dans l'oeil du Faucon
de Marie-Claude Charland
Trois Lunes Editions
Collection Clair de Lune

Sortie en 2010
Pages 659 / Prix 17,83 € HT


Blog de l'auteure
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Une histoire d'amour teintée de suspense et d'une touche de surnaturel...


Résumé:

L’été débute et Delcy Prévost prend la route du Wyoming afin d’y rejoindre son père dans sa maison secondaire. Toutefois, à son arrivée, l’endroit est désert. Entreprenant quelques recherches, elle se heurte aussitôt à un mur de mystère et d’hostilité. Dans cette petite ville pittoresque, on lui fait sentir qu’elle n’est pas la bienvenue. Plus troublant encore, on semble reconnaître son visage, bien que Delcy n’y ait jamais mis les pieds…

Le chemin de la vérité semble plus qu'incertain. Ce brouillard qui l'entoure ne fait que s'épaissir, alors qu'une lugubre réalité ne tarde pas à s'imposer: une menace palpable dont l'étau se referme sur elle inexorablement...

Au moment où sa situation devient dangereusement précaire, une aide inattendue lui est offerte par un déconcertant propriétaire de ranch dont les véritables intentions demeurent toutefois nébuleuses. Comme bien d'autres, il semble en savoir plus long qu'elle sur l'absence suspecte de son père, mais il s'enferme dans un mutisme obstiné et absolu. En proie au doute, Delcy hésite. Doit-elle faire confiance à cet homme aussi énigmatique que fascinant? ou suivre la voie de l'absurdité et croire que parfois, la main dont il faut se méfier le plus n'est autre que celle qui nous est tendue?

Frissons glacés, flambée des sens, incertitudes envahissantes et tentations obsédantes attendent Delcy dans cette vallée où règne une atmosphère lourde de mystère…

Avis de Kamana

Une très belle romance pour tous les amoureux du genre mais aussi pour ceux et celles qui ont une passion pour les grands espaces verts américains. Rendez-vous est pris pour les férus de rodéo, de ranchs, de chevaux et de cow-boys surtout ! Hiiii Ha !

On ne va pas entrer plus avant dans l'histoire, beaucoup est révélé par le synopsis alléchant ci-dessus. Ce qu'on peut dire par contre, c'est que le côté délicieux de ce roman se trouve dans sa longueur pour certains de ces aspects. Tout comme dans la vraie vie, les sentiments amoureux profonds ne se font pas rapidement. Point de coup de foudre en vue devant le premier bel homme charismatique, bien au contraire... Ça sera un long travail d'apprivoisement, si l'on peut parler ainsi de personnes ! Delcy et Jay, vu qu'il est question d'eux, passeront par bien des situations et par toute une palette d'émotions avant de devenir de simples amis. Il faut dire qu'à côté de l'idylle amoureuse, l'histoire offre une part égale au suspense. Le mystère sur la disparition du père de Delcy, Pierre Prévost, tient en haleine le lecteur tout du long et certains faits ne manquent pas de rendre méfiante la jeune femme vis à vis du farouche mais néanmoins sublime Jay.

Alors, il y a tout de même un point qui nous titille pendant un certain temps : le fait que l'héroïne, qui ne manque pourtant pas de sang froid, ne cherche pas plus que ça à savoir ce qu'il est advenu de Pierre et pourquoi tant de dédain dans les yeux des habitants qui semblent la connaître alors qu'elle n'était jamais venue auparavant dans cette région. Certains éléments, au fil de la lecture et surtout en fin, nous amènent à comprendre le pourquoi. Mais tout de même cette situation peut laisser perplexe !

En dehors de ça, on remarque que l'auteure est une passionnée de chevaux et surtout de rodéos. Elle n'hésitera pas à s'attarder sur une compétition nous expliquant les différentes catégories des prestations qui s'y déroulent. Nous aurons aussi des précisions sur la vie quotidienne d'un ranch par le biais de l'histoire.

Amoureuse de lettre, Marie-Claude Charland prend soin des descriptions, des détails et des dialogues. Point d'échanges brute de décoffrage ou de joutes verbales de bas étage. Les discussions sont posées, les mots choisis avec mesure. Parfois, on se dit que pour un cow-boy Jay a un parler plutôt soutenu mais on se doit de reconnaître qu'un rancher du XXIème siècle n'est plus comparable à ceux de nos bons vieux westerns !

Les expressions ou la tournure d'une phrase typiquement québécoises ne sont en rien gênantes pour un lecteur français qui se laissera porter par la beauté du récit, par le jeu des regards et surtout par l'évolution qui s'opère entre Delcy et Jay. D'ailleurs, ces derniers font vraiment la beauté du livre. Leurs caractères bornés, forts sont tout à leur honneur. Elle, citadine jusqu'au bout des ongles se montrera sous un jour qu'elle-même ne pouvait concevoir. Lui, sera de plus en plus fier et en admiration devant tant d'opiniâtreté à ne pas paraître faible face à l'adversité de certaines situations. C'est qu'elle en verra de toutes les couleurs dont beaucoup de sombres... Mais ça à vous de le découvrir !

Le côté surnaturel du livre est moindre comparé à ce qu'on pouvait s'y attendre mais amènera néanmoins un aspect intéressant au récit nous faisant nous questionner sur bien des points.

Au final, Dans l’œil du faucon est avant tout une romance pleine d'émotions, nimbée d'un léger voile d'imaginaire, agrémentée d'une bonne dose de suspense qui en ravira plus d'un.


La dame en noir de Susan Hill

 La dame en noir 
de Susan Hill 

Editions L'Archipel

Sortie le 15 février 2012 
Broché / 207 pages / prix : 17.58 €

Présentation de l'éditeur : 

Angleterre, début du XXe siècle. Par un mois de novembre froid et brumeux, Arthur Kipps, jeune avoué londonien, est dépêché dans le nord du pays pour assister aux funérailles d'Alice Drablow, 87 ans, puis trier ses papiers en vue d'organiser sa succession.
À Crythin Gifford, village où Kipps pose ses valises, les habitants lui battent froid dès qu'il prononce le nom de feue Mme Drablow, unique occupante du Manoir des Marais, demeure isolée, battue par les vents et située sur une presqu'île uniquement accessible à marée basse.
Lors de l'inhumation, dans une église quasi déserte, Arthur remarque la présence, un peu en retrait, d'une femme tout de noir vêtue, le visage émacié, comme rongée par une terrible maladie. Il l'aperçoit ensuite dans le cimetière, mais elle s'éclipse avant qu'il ait le temps de lui parler...
Cette femme en noir, Arthur la verra de nouveau aux abords du manoir, une fois qu'il s'y sera installé pour commencer son travail. Mais se produisent alors nombre de phénomènes mystérieux qui ébranleront le jeune homme et feront vaciller sa raison...
Comme il l'apprendra peu à peu, une malédiction plane sur ces lieux...


Avis de Lilif : 

 La veille de Noël, Arthur Kipps a 49 ans ; comme chaque année, sa famille se retrouve autour du feu, tentant de se faire peur en se racontant tout à tour des histoires de fantômes. Quand vient son tour, Arthur, très tendu, sort en trombe de la pièce.

Notre héros décide, afin de se libérer du poids du passé, d'exorciser ses peurs en les couchants sur papier.
Jeune notaire de 23 ans, il fut envoyé à Crythin Gifford pour régler la succession de Mrs Drablow. Celle-ci vivait dans un manoir bordé de marais, coupé du monde dès que la mer monte, établi sur une presqu’île, éloigné de tout, accessible seulement quelques heures par jour à marée basse.

Le lendemain de son voyage de Londres vers ce village du bord de mer, Arthur se rendit aux funérailles de la vieille dame. C'est lors de cette cérémonie qu’il vit pour la première fois la mystérieuse dame en noir.

Arthur séjournera dans ce village afin de trier les papiers de la défunte mais, aussi pour découvrir qui est cette dame au visage émacié qu’il aperçut par plusieurs fois aux abords du manoir, il essayera de comprendre quels sont ces phénomènes étranges qui se produisent à chaque fois qu’elle apparaît.

Livre court (217 pages) mais dense, Susan Hill nous embarque dans le récit grâce aux nombreuses descriptions, l'auteur joue sur les couleurs, elle décrit merveilleusement les changements de temps,  d'état d'esprit de notre héros ; ces descriptions n'alourdissent pas le livre, elles permettent de rendre l'atmosphère qui règne autour de ce village. L’auteur restitue l'ambiance de l'époque, l'utilisation de la première personne nous embarque un peu plus encore, nous sommes Arthur Kipps, nous sentons ses peurs, sa détresse, son effroi ou sa tristesse.

La plume de l’auteur est poétique et limpide, le vocabulaire est recherché mais pas compliqué.

L’histoire est intrigante, sombre et mystérieuse.  L’intrigue est bien menée,  l’auteur cultive le mystère qui plane autour de cette dame en noir.
Même si dès le début on sait de quels sujets le livre va traiter,  l’auteur arrive à nous tenir en haleine page après page. L’inquiétude monte au fil de la lecture avec des pics de tension ; elle réussit à nous surprendre jusqu’à la fin.

Il est à regretter que cette fin, justement, ne soit pas plus développée, le livre nous emporte et nous sommes brusquement stoppés, c’est un peu déstabilisant mais en même temps le lecteur reste sur l’effroi de l’évènement. Il manquerait peut-être une centaine de pages supplémentaires pour que nous soyons totalement rassasiés.

Ce roman n’est pas un chef-d’œuvre comme l’indique la quatrième de couverture, ne vous attendez pas à un thriller ce n’en est pas un. Nous sommes dans un récit fantastique,  sur une ambiance victorienne ; rondement mené par l’auteur, la force de ce livre réside plus dans l'atmosphère qu'il dégage que dans l’histoire en elle-même.
Cette œuvre tient ses promesses sans aucune prétention : nous offrir un moment de divertissement agréable.

C’est un livre à découvrir !