Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

mardi 13 septembre 2011

Une enquête philosophique


Une enquête philosophique
de Philip Kerr

Éditions du Masque


Sortie le 1er Juin 2011
Broché / 390 pages / 22€

Présentation de l'éditeur

2013 à Londres, où il ne fait plus bon vivre du tout. Un meurtrier sadique s’attaque à des femmes et leur fait des choses tout à fait affreuses avant de badigeonner leur corps de graffitis obscènes. Parallèlement, on assassine l’un après l’autre les membres d’une liste ultra secrète figurant dans l’ordinateur du ministère de l’Intérieur : il s’agit de criminels sexuels potentiels, affublés de surnoms de philosophes. L’inspecteur « Jake » Jacowicz, une dure à cuire dont la particularité est de détester les hommes, s’engage dans un duel (d’une intelligence rarement vue dans un polar) avec le serial killer, surnommé Wittgenstein, qui proclame : « Je tue, donc je suis », et figure lui aussi sur la liste. La double enquête, policière et philosophique, est menée par Kerr avec un brio époustouflant.


L'avis d'Heclea

Édité pour la première fois au début des années 90, Une enquête philosophique nous transporte alors dans un monde futuriste, tel qu'il aurait pu être aujourd'hui et pourtant différent par certains détails. Il faut dire que ces légères adaptations ou évolutions de notre époque donnent une saveur particulière au texte, l'éloignant par moments de l'enquête policière classique.

Le roman porte bien son titre, alternant entre chapitres narratifs et pensées d'un des personnages, tous les ingrédients du polar sont présents mais agrémentés de réflexions philosophiques en rapport direct avec l'intrigue.
L'idée fonctionne bien au départ, donnant un renouveau au genre, permettant tout à la fois de réfléchir et de s'évader en lisant. Seulement, par moments, ces réflexions sont de trop ou perdent un peu le lecteur qui peut se sentir décalé et finir par décrocher.
Par contre, si le lecteur n'est pas rebuté, ces inserts sublimeront l'intrigue, lui donneront une saveur particulière et sauront le captiver.

Une fois cette particularité appréhendée, l'intrigue nous entraîne dans une aventure mêlant plusieurs enquêtes, aux personnages torturés, croqués de manière vive, souvent entiers dans leurs réactions et leurs choix. Quelques fois à la limite de la caricature et aux réactions parfois exagérées, ces héros n'en sont pas moins intéressants et le duo improbable formé par Jake et Wittgenstein apporte un certain piquant.
Les différences, légères mais significatives, entre notre société et celle décrite dans le roman, apportent tout l'intérêt de l'intrigue, permettant de mettre en place les crimes et d'expliquer certains dénouements.

Alors que l'on pourrait s'attendre à un style ampoulé et toujours recherché, l'auteur nous surprend plus d'une fois par la crudité de ses propos, de telle manière qu'il est facile de se demander s'il ne cherche pas uniquement à choquer et faire réagir son lecteur.

Ce roman est donc à plusieurs entrées et niveaux de lecture, les plus philosophes d'entre nous y trouveront matière à réflexion alors que tout un chacun pourra passer un bon moment à suivre l'enquête de Jake dans un Londres légèrement différent.
Attention tout de même, si la philosophie était votre bête noire au lycée, il vaut peut-être mieux passer votre chemin et vous intéresser à d'autres écrits de l'auteur.

La vampire, tome 3 : Tapis rouge



La vampire
Tome 3 : Tapis rouge

de Christopher Pike

Éditions J'ai lu

Sortie le 28 mai 2011
Format poche / 189 pages / 7,20 €



Présentation de l'éditeur :
« Je m'appelle Alisa Perne.
Étant une vampire, je me faisais une joie de passer quelque temps à Las Vegas, une ville bien connue pour être particulièrement vivante la nuit... Mais malheureusement, quelqu'un au gouvernement a appris mon secret et s'est procuré de l'ADN de vampire. Et c'est bien sûr à moi que revient la tâche de sauver le monde en m'introduisant dans une base militaire du Nevada pour empêcher un savant fou de créer une armée de buveurs de sang. »


L'avis de Scende :

Après avoir affronté Eddie Fender dans le second tome des aventures d’Alisa, la jeune femme, ne voulant pas abandonner son ami Joël Drake - agent du FBI de son état - aux portes de la mort, prend sur elle de le transformer, brisant un peu plus sa promesse faite à Krishna.
Décidée à le sauver coûte que coûte, elle s’attarde dans la maison de Fender et se fait surprendre par les collègues de Drake. Très vite, elle tente de s’échapper alors que l’agent du FBI, vampire nouveau-né, souhaite se soumettre à ses collègues. Ils sont alors tous deux entravés et enfermés dans des fourgons blindés. Mais Alisa, fidèle à elle-même, n’en reste pas là et s’échappe ! Une chasse dans les rues de la ville s’ensuit. Joël, à nouveau attrapé, est emmené dans un laboratoire secret, au fin fond du désert… L’enjeu est d’autant plus important que le ravisseur de l’agent Drake souhaite créer une armée de vampires… !

Ce troisième opus démarre sur les chapeaux de roues : d’action en action, Alisa et Joël tentent de se sortir du mauvais pas dans lequel ils se sont coincés. Digne d’un blockbuster américain, Tapis rouge nous projette sur les pas de Stallone dans un Rambo féminin ! L’action est présente dès les premières pages et de courses folles en suspens, ces scènes sont si bien décrites que nous les imaginons sans problème.

Christopher Pike garde son style et la présence de flash-back sert de fil conducteur dans ses romans. Chaque livre nous dévoile des bribes de la vie de la vampire et chaque souvenir lui apporte un réconfort important.

Alisa est un personnage haut en couleurs, mais son côté «j’aime tuer et je le revendique » est bien trop présent dans cet opus, et cela me laisse un goût fâcheux à la lecture. Trop d’action, et trop de savoir-faire (elle pilote n’importe quel avion, saute d’immeubles en immeubles…) pour cette héroïne qui n’a pas froid aux yeux !

Les Gardiens de l'éternité, tome 3 Styx d'Alexandra Ivy



Les Gardiens de l'éternité, 
Tome 3 : Styx
d'Alexandra Ivy


Editions Milady

Sortie le 24 Juin 2011
Poche / 416 pages / 7€


Présentation de l'éditeur :

La tentation est éternelle…
Darcy Smith est détentrice d’un pouvoir capable d’influencer le destin d’une espèce entière de démons. Aussi devient-elle un pion dans la lutte opposant vampires et garous…Salvatore Giuliani sait que le temps est compté pour les garous. Il compte faire de Darcy sa plus grande conquête et sa reine, car elle seule possède la clé de leur survie. Mais Styx, l’Anasso des vampires, est prêt à tout pour sauver Darcy d’une morsure qui la plongerait à jamais dans une vie de servitude…Auquel de ces hommes peut-elle vraiment se fier ?

Avis de Molina

Et voici le troisième tome de la série Les gardiens de l’éternité. Niveau chronologie, celui-ci suit de très près le livre précédent ce qui fait que l’on se replonge dans l’histoire très facilement.Nous retrouvons donc Styx, le nouvel Anasso, qui se retrouve à devoir gérer des loups-garous récalcitrant et d’humeur rebelle. Chacun complotant pour imposer à l’autre race ses opinions, le duel entre les deux mâles dirigeants est des plus agréable à suivre. Allez avouons-le, c’est toujours plaisant d’assister au combat entre deux mâles alpha, surtout si une belle demoiselle est au milieu du conflit !

Car notre nouvelle héroïne, Darcy, est l’objet de la discorde. Les loups-garous la veulent pour une raison indéterminée, et les vampires la préfèrent otage pour forcer leurs ennemis à se tenir tranquille. Le principal mystère de l'histoire est la nature de Darcy. Au début du livre elle est humaine, enfin c’est l’impression qu’elle donne, mais personne ne semble savoir réellement ce qu’elle est, pas même elle.

Comme toujours dans cette série, nos deux héros vont se retrouver très attirés l’un par l’autre et chacun y résistera à sa façon, sans grande réussite.J’ai toutefois eu l’impression que ce tome était plus fade que les précédents. Cela vient sûrement du caractère de l’héroïne : végétarienne et non violente, c’est un vrai Gandhi. Autant le dire tout de suite, ce n’est pas grâce à elle que vous aurez des poussées d’adrénaline. Styx offre heureusement un peu plus de pepse à l’histoire avec son caractère ombrageux et terriblement arrogant, sans lui le récit serait trop terne pour donner envie de poursuivre la lecture.

Côté péripéties, la série poursuit sur sa ligne conductrice : quelques rebondissements et intrigues destinés à créer la relation entre les deux personnages principaux, mais rien de bien passionnant en soi.

Au final, ce nouvel opus se laisse lire mais avec moins d’intérêt que les précédents. Il offre toutefois l’avantage de nous donner des nouvelles des deux couples que nous connaissons déjà, ce qui offre quelques scènes très agréables, et servira de tremplin au suivant, en espérant qu’il soit d’un niveau supérieur sinon l’intérêt de la série risque de retomber.

Mercy Thompson Tome 6 : La Marque du fleuve de Patricia Briggs


Mercy Thompson 

Tome 6 : La Marque du fleuve
de Patricia Briggs

Éditions Bragelonne 

Sortie le 2 décembre 2011
Grand format / 20 €

Éditions Milady 

Sortie le 21 juin 2012
Format poche / 7,10 €




Présentation de l'éditeur VO : (traduction de Tan)

Mercy Thompson, la mécano, a toujours su qu'elle était différente, et pas juste parce qu'elle sait parler à l'oreille des moteurs de VolksWagen. Mercy est une changeuse, un talent qu'elle a hérité de son père. Elle n'avait jamais rencontré quelqu'un comme elle... jusqu'à aujourd'hui.

Quelque chose de mauvais remue au fond de la Columbia River, quelque chose que le peuple de son père connait probablement. Et pour survivre, Mercy et son homme, l'alpha Adam, vont avoir besoin de leur aide...

Avis de Tan :

Sixième opus des aventures de Mercy Thompson, La Marque du fleuve se démarque assez radicalement des livres précédents. Après une introduction plutôt trompeuse et passablement anecdotique, le second chapitre a tout pour mettre les fans du couple Mercy/Adam en émoi. Et ça n'est que le début puisque rapidement le couple encore plus attachant que d'habitude va partir en "vacances" en tête-à-tête. Après les événements difficiles des tomes précédents, c'est le cœur gros qu'on est témoin de leur bonheur et qu'on plonge dans l'intimité de leur couple, avec, bien sûr, toute la pudeur à laquelle l'auteur nous a habitué jusqu'à présent. C'est aussi adorable que touchant et c'est une bonne occasion pour faire le plein d'Adam. Mais ce voyage signifie aussi que nos deux héros vont se retrouver isolés. Patricia Briggs a en effet choisi de leur faire prendre de la distance vis-à-vis de la meute et de Tri-Cities pour mieux permettre à Mercy d'effectuer un retour aux sources fascinant.

La magie dans ce tome est très différente de celle que l'on a rencontrée jusqu'à présent. L'ascendance indienne de Mercy va être grandement mise en avant avec notamment la rencontre avec l’énigmatique Coyote qui est plus la personnification d'un concept qu'une entité véritablement palpable et peut être parfois difficile à appréhender. On rentre de plain-pied dans une mythologie avec laquelle nous, Européens, ne sommes pas forcément familiers mais qui n'est pas sans rappeler la façon donc les Grecs percevaient et expliquaient le monde en leur temps. Ici l'immersion dans cet univers méconnu est vraiment réussie. Plusieurs passages de visions donnent une impression cotonneuse, comme si on flottait, déconnectés du monde réel. Un état de transe dont on ressort parfois groggy, parfois plus violemment, tout particulièrement à la fin du chapitre 11 qui laisse un goût particulièrement amer en bouche.

En guise d'approfondissement ou tout simplement pour avoir une vision un peu différente de La Marque du fleuve, il est intéressant de compléter sa lecture avec Indian Legends of the Pacific Northwest (disponible uniquement en anglais). L'ouvrage revient, comme son titre l'indique, sur de nombreuses légendes indiennes de la région de la rivière Colombia et alentours, notamment celles auxquelles Patricia Briggs fait abondamment référence au fil des pages. A défaut, il est toujours possible de se rabattre sur le net qui regorge aussi d'informations sur le sujet.

Briggs livre ici l'histoire qu'on attendait depuis longtemps pour enfin en apprendre plus sur les origines de Mercy. Ce 6ème tome est parfaitement maîtrisé, à la fois dramatique, touchant et immersif, avec pas mal de pointes d'humour, dont une qui fera mouche avec le public francophone. Et c'est sans parler de l'irrésistible imitation de Charles par Mercy. Ce qui pourra agréablement surprendre les amateurs, c'est la présence assez forte d'une composante horreur introduite grâce au monstre de la rivière ; ce qui permet à l'auteur d'offrir quelques scènes assez tendues. Surtout que, comme chacun sait maintenant, un loup n'est pas des plus à l'aise dans l'eau et que Mercy ne peut donc pas compter sur l'aide d'Adam la plupart du temps. Même si on peut être malheureux de ne pas retrouver toute la clique, c'est aussi une bonne occasion de faire de nouvelles connaissances qu'il s'agisse de membres de la famille de Mercy que de divinités indiennes légendaires qui renforcent l'aspect mystique de ce tome. La Marque du fleuve se révèle aussi passionnant qu'instructif et voir Mercy et Adam aussi heureux malgré l'adversité donne vraiment envie de faire la danse de la joie. Un tome à ne surtout pas rater.

Le roi des cimes de Stephen Deas

Les Rois-Dragons
Tome 2 : Le Roi des Cimes
de Stephen Deas

Éditions Pygmallion

394 pages / 21,90 €



Présentation de l'éditeur:

Le prince Jehal n’a pas ménagé sa peine pour arriver au sommet du pouvoir : tortures, empoisonnements et trahisons en tout genre ont été son quotidien pendant plusieurs années. Mais cela a payé : il peut désormais jouir en toute impunité des avantages liés à ses nouvelles fonctions. Et pourtant... il nourrit à l’égard de la femme qu’il a épousée des sentiments plus complexes que le simple intérêt politique, ce qui n’est pas du goût de sa maîtresse. Ailleurs dans le royaume, les barons attachés à l’ancien régime complotent contre lui. Et nul ne sait si le dragon blanc est toujours en vie ou non. Sevré depuis trop longtemps du traitement qui asservit les monstres ailés, ce dernier pourrait bien avoir récupéré la totalité de ses capacités physiques et intellectuelles... et vouloir se venger !


L'avis de Phooka:


Après un tome 1, Le palais Adamantin,  qui m'avait enthousiasmée, je me suis plongée avec beaucoup d'envie dans ce Roi des cimes, qui est la suite dans la série des Rois-dragons de Stephen Deas.
Soyons honnête, j'ai eu un peu de peine au début ... Je n'arrivais pas à avancer, pourtant tous les personnages me revenaient bien en tête (pour une fois ... ), mais il ne se passait pas grand chose et ma lecture s'enlisait. Et puis, arrivée à la deuxième partie  (sur quatre), clac... déclic! On passe à la vitesse supérieure, les évènements s'enchaînent et je me suis mise à dévorer le roman exactement comme pour le premier tome. J'ai avalé les 300 pages suivantes avec gourmandise.
J'y ai retrouvé tout ce qui m'avait plu dans le premier volume: des personnages et des situations complexes, un monde quasi féodal dans lequel les dragons soumis et drogués font office de chevaux, des trahisons, des complots, et des protagonistes au destin parfois franchement tragique !
Car oui, il faut le dire, Stephen Deas n'est pas un tendre. Il n'a aucune pitié pour ses héros petits ou grands.  Un peu à l'image de Neige, cette dragonne blanche "éveillée" qui se souvient de son passé et de celui ses congénères. Un passé glorieux plein de batailles et de fureur. Neige, dragonne renégate qui n'a de cesse d'essayer de "réveiller" d'autres dragons pour mener une guerre contre les humains qui droguent et utilisent les siens comme des esclaves. Neige qui est "aidée" par Kemir, un ancien bandit qui regrette bien souvent "d'avoir été au mauvais endroit au mauvais moment". Neige est son "amie" ... peut-être ... ou pas. Mais amie ou pas, il sait que si Neige a faim et qu'il n'y a rien d'autre, elle le mangera comme elle a mangé beaucoup d'autres humains dont certains étaient justement des ... amis.


Hormis Neige, beaucoup de personnages jalonnent ce roman. Des personnages ambigus, tiraillés bien souvent entre leur humanité et leurs ambitions. Tel Jehal, qui complote en permanence pour devenir "Khalife à la place du Khalife" mais qui ne peut se résoudre à faire assassiner sa femme qu'il aime contre toute attente. Jehal, au comportement odieux (et qui le paye cher), mais qu'on n'arrive pas à détester totalement. On ne peut s'empêcher d’espérer que ses manigances aient un but plus noble ...
Et puis il y a Zafir, l'Oratrice, celle par qui tout arrive. Celle dont l'ambition n'a pas de limite. Celle qui n'a aucune pitié. Beaucoup vont souffrir à cause d'elle, des rois et des reines qui n'ont pour faute que d'avoir essayé de l'arrêter ...

Le tout est servi par une écriture nerveuse, qui, une fois passée la première partie un peu lente, donne un rythme effréné à la lecture! Batailles dans les airs, à dos de dragon, complots et trahisons sont au menu (plus pas mal d'humains pour Neige et ses compagnons :)). Le résultat, c'est de la bonne Fantasy, avec un mélange équilibré d'action, de politique et ... de dragons! :) 

Ma foi, je serai au rendez-vous pour le prochain (et dernier) tome de cette trilogie, c'est sûr.