Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

samedi 25 juin 2011

Les Murs de l'Univers de Paul Melko

Les Murs de l'Univers 
de  Paul Melko

Editions Castlemor

Sortie le 08 avril 2011
Format broché / 14.90€

Présentation de l'éditeur

 Vous rêvez d'une seconde chance ? Méfiez-vous !
John Rayburn menait une vie tranquille jusqu'au jour où il tombe face à face avec son double, tout juste débarqué d'un univers parallèle. Il se laisse alors tenter et essaie l'étrange machine qui permet de voyager à travers le multivers. Un rêve !
Sauf que John découvre bien vite qu'il s est fait avoir: impossible de faire marche arrière et de retourner dans son monde... Son double s'est bien gardé de lui dire que la machine ne fonctionnait que dans un sens !

Avis Asmodée

Les Murs de l'Univers se présente comme un roman mâtiné d'aventure et d'une pointe de SF. Le concept d'une multitude de mondes parallèles à explorer n'est, certes, pas ce qu'on pourrait appeler une nouveauté en soi. Néanmoins, grâce au développement de quelques idées astucieuses, Paul Melko parvient à capter l'attention de ses lecteurs.

L'une de ces trouvailles consiste à pouvoir suivre les parcours respectifs de John Rayburn et de son double John Prime. Tandis que le premier découvre à ses dépends les risques de voyager d'un monde à l'autre sans garantie ni repaire, le second cherche à profiter d'une vie sereine et normale qui lui a longtemps fait défaut durant son errance hasardeuse. Le lecteur est donc témoin des déboires, mais aussi des bonheurs, des deux jeunes hommes qui suivent chacun des chemins à la fois distincts, mais paradoxalement aussi semblables sur certains points clés. L'une de ses similitudes est en rapport avec Casey, une jolie pompom girl dont les différentes versions de John s'éprennent presque toujours, quel que soit le monde auquel ils appartiennent.

Les valeurs et la morale sont par contre des facteurs qui divergent d'un John à l'autre. Si Rayburn répugne à employer des procédés malhonnêtes pour parvenir à ses fins, ce n'est pas le cas de Prime qui ne recule devant rien. Outre le fait de ne pas être effarouché par la violence, voir le meurtre, ce dernier a pensé un système ingénieux pour se faire de l'argent : l'export d'inventions ou d'œuvres en provenance d'un monde pour en tirer un substantiel bénéfice sur un autre qui n'aura pas encore déposé les licences desdites créations. Cela peut aller d'un simple Rubik's cube au roman Shining de Stephen King que John Prime tente de reprendre à son compte sur une terre où le produit est encore inédit. Et mine de rien, cette idée de commerce inter-dimensionnel rehausse le roman en matière d'originalité.

Malgré les côtés obscurs en sa défaveur, on ne peut s'empêcher de ressentir de la compassion pour John Prime. Si ses actions sont parfois condamnables, il est avant tout en quête d'un amour avec Casey qui lui a échappé jusqu'alors et d'une chance d'existence meilleure. Ainsi, Paul Melko réussit à tisser l'intrigue non pas d'un seul personnage principal, mais de deux.

Objectivement et à nombre d'égards, Les Murs de l'Univers fait référence à la série TV Sliders. Quand on connaît la richesse de celle-ci, ce n'est pas un défaut que le roman en soit grandement inspiré : une machine à voyager défectueuse dotée d'un compteur de mondes qui ne peut aller qu'en avant mais pas reculer, des mises en situations radicalement différentes selon les univers où tombe John, et même des méchants appelés "Exilés" qui cherchent par tous les moyens à s'approprier la machine du jeune homme.

Des terres sauvages, futuristes ou rétrogrades, livrées au terrible hiver nucléaire ou au cadre paradisiaque… Les thèmes et ambiances sont nombreux. Toute la question est de savoir si John parviendra à trouver sa place sur l'un de ces mondes. Résistera-t-il à la tentation de fuir sans cesse, sans s'attacher à rien ni personne, dans le seul but de reconquérir cette vie que lui a volé son double ? À moins qu'il ne se décide à en reconstruire une nouvelle…

Les Murs de l'Univers est l'archétype même du roman intelligent. Mâture, la profondeur de l'intrigue et de la psychologie n'en rend pas moins l'aventure passionnante. L'écriture de Paul Melko est facile, agréable. L'un des intérêts de sa plume est d'amener une certaine réflexion sur soi, sur les décisions que l'on prend au quotidien et de leurs conséquences sur nos vies.

Suspense, romance, un nuage de physique quantique et des personnages peu nombreux, mais d'une crédibilité à toute épreuve… Entreprendre la lecture de ce roman édité par Castlemore est l'assurance de le dévorer d'une traite.

Harper Blaine, tome 1 : A travers le voile


Harper Blaine,
Tome 1 : À Travers le Voile
de Kat Richardson

Editions Eclipse
Collection Bit-lit

Sortie le 05 novembre 2010
Format Broché / 416 pages / Prix 18 €


Présentation de l'éditeur

Harper Blaine, détective privée à la petite semaine, mène sa barque tant bien que mal quand un petit truand l’attaque sauvagement et la laisse pour morte… pendant deux minutes, pour être exact. Quand Harper se retrouve à l’hôpital, elle commence à se sentir quelque peu… étrange. Elle voit des choses plus que bizarres, des silhouettes qui se dessinent dans un brouillard gris et confus, des créatures rugissantes, toutes dents dehors. Pourtant Harper n’est pas folle. Sa « mort » a fait d’elle un Arpenteur, un être qui a la capacité de passer de notre monde à une mystérieuse zone intermédiaire où le surnaturel existe bel et bien. Ce nouveau don ou plutôt sa malédiction va l’entraîner dans ce monde de vampires et de fantômes, de magie et de sorcellerie, de nécromanciens et de sinistres reliques… Que ça lui plaise ou non


L'avis d'Heclea

Harper Blaine aurait pu être une héroïne tout à fait banale si un jour le ciel ne lui était pas tombé sur la tête, ou plutôt si son cœur ne s'était pas arrêté de battre pendant quelques minutes. D'ailleurs, comme elle va le découvrir et nous l'expliquer, être morte un moment, et bien ça change la vie.

C'est sur cette base que se construit tout l'univers de cette saga, et que l'auteur nous expose petit à petit les côtés surnaturels du monde qu'elle a développé. Au fil des chapitres, on aura donc la chance ou la crainte de croiser des vampires, des fantômes, des sorcières et des êtres de brume.

En mélangeant enquête (Harper Blaine est tout de même détective) et paranormal, Kat Richardson nous livre une intrigue complexe et qui peut même sembler parfois compliquée. La frontière entre sensations normales et impressions surnaturelles n'est pas toujours très claire, et on se retrouve parfois un peu perdu, mais finalement cela nous met dans le même état d'esprit que notre héroïne et nous permet de nous en rapprocher.

La manière dont tout est décrit, l'ambiance assez inquiétante, le côté vaporeux donné par la brume nous font voyager dans un monde entre noir et gris, où rien ne semble simple et où tout peut arriver.
Avec un rythme assez soutenu, des rebondissements, des rencontres et du danger, on a pas le temps de s'ennuyer et les pages défilent rapidement. Les personnages sont nombreux, et on ne prend le temps de s'attacher qu'à certains, mais pour ceux là il est clair qu'on espère les retrouver dans la suite de la série.

Ce premier tome, en plus de nous présenter les bases de l'univers et les personnages, nous permet donc de passer un bon moment, de nous immerger dans ce monde différent où les arpenteurs de brume ne sont pas légion et où les créatures fantastiques ne sont pas forcément telles qu'on le croit. La saga commence doucement mais le potentiel est là, de quoi nous donner envie de lire la suite.