Webzine Hors Série de Bit-Lit.com : Harry Potter

samedi 22 janvier 2011

VO : Beyond the Night de Joss Ware

Beyond the Night
de Joss Ware
A venir en 2011 chez J'ai Lu/Crépuscule


Sortie US le 12 janvier 2010


Résumé (traduction de Tan)
Un homme sans futur...
Quand le docteur Elliott Drake se réveille d'un mystérieux sommeil de 50 ans, le monde qu'il connaissait n'existe plus. Les villes sont en ruines et la civilisation est contrôlée par des immortels très dangereux. Plus étrange encore est le "don" extraordinaire d'Elliott... il a le pouvoir de guérir mais il y a un prix à payer à chaque fois.

Une femme avec un passé....
Jade a échappé de justesse aux immortels et fera tout pour se venger. Elle ne fait confiance à personne... mais c'était avant de rencontrer Elliott. Son regard perçant et son contact séduisant créent une brèche dans ses défenses. Mais le charmant docteur semblent lui-même avoir un terrible secret. Peut-elle vraiment lui confier son cœur ?
S'ils veulent survivre dans ce nouveau monde très sombre, Jade et Elliott devront unir leurs efforts pour lutter contre une force qui les mènera au-delà du danger. Au-delà du désir. Au-delà de nuit.

Avis de Tan

Faire lire de la romance paranormale à quelqu'un qui n'en est pas fan, il fallait bien tout le talent de Colleen Gleason, alias Joss Ware, pour y arriver. Premier atout de taille : le changement de décor qui est, pour le moins que l'on puisse dire, radical quand on connaît les Chroniques des Gardella. Adieu robes froufroutantes et créatures de la nuit aux dents acérées. Bienvenue dans le monde d'Envy où le danger assaille les hommes de toutes parts et où il faut se frayer un chemin entre les gangas (les zombies locaux), les strangers, les chasseurs de primes, les animaux sauvages et les phénomènes climatiques violents. L'auteur a réussi à créer un univers post-apocalyptique particulièrement fouillé où le lecteur mène en quelque sorte l'enquête en même temps qu'Elliott pour comprendre quelle succession d'événements a pu changer le monde pour le rendre si hostile. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'histoire est principalement racontée de son point de vue à lui dans un premier temps, avant que d'autres voix viennent se mêler à la sienne par la suite. L'intrigue est vraiment axée en priorité sur l'aventure et c'est une bonne chose car il y a vraiment beaucoup de choses à découvrir et c'est tout simplement passionnant. Tout a changé et on se retrouve, comme Elliott, à confronter nos connaissances d'un passé familier depuis longtemps disparu aux nouvelles règles qui régissent ce monde. La population est globalement jeune et les survivants du temps d'avant le changement sont rares et souvent pris pour des fous. Bien qu'il s'agisse majoritairement d'un récit de science-fiction, certains phénomènes non-expliqués (les "dons" des héros notamment) laissent penser qu'il s'y mêle aussi une part de fantastique. Il faudra sans aucun doute lire la suite pour en savoir plus. Quoiqu'il en soit, c'est vraiment un univers très riche qui ne demande qu'à être exploré et qui recèle encore de bien des mystères.

Alors bien sûr, à côté de ça, il y a l'aspect romance. Elliott est beau et musclé, prêt à défendre la veuve et l'orphelin quitte à y laisser la vie et bien sûr il embrasse comme un dieu. Face à lui, Jade est une femme forte qui a pris son destin en main et qui ne se laisse dicter sa conduite par personne. Elle détient certaines clés de l'intrigue mais il faudra d'abord gagner sa confiance pour en savoir plus. Cependant, la romance reste légère pendant la plus grosse partie du livre, on ne ressent pas trop ce côté obsessionnel à vouloir se sauter dessus malgré les quelques allusions des deux protagonistes. Il faut dire que l'histoire assez sombre ne s'y prête pas vraiment non plus et pour rester crédible, il était difficile d'amorcer des galipettes quand une horde de zombies est à votre poursuite. Impossible néanmoins d'échapper à quelques brefs moments d'intimité assez intenses qui restent de bon goût grâce aux qualités d'écriture de l'auteur. Ils auront sans doute l'effet attendu sur le public cible et les autres que l'intrigue intéresse plus ne seront pas trop perturbés. L'auteur en profite, dès la 2ème moitié du livre, pour amorcer les romances des 2 tomes à venir. Rappelons en passant que les 3 tomes sont sortis coup sur coup à 1 mois d'intervalle en 2010. Ce qui n'est pas un mal car, décidément, cette Joss Ware a un talent fou et il est très difficile de se retenir d'entamer Embrace The Night Eternal dans la foulée pour savoir ce qu'il va advenir de nos héros et héroïnes qui respirent bon le charme et le mystère. Petite mention spéciale à Lou, le geek, dont le regard pétille d'humour et dont le savoir éclaire bien souvent la lanterne du lecteur.

Avec un style fluide mais travaillé, de l'action, de l'amour, une pointe d'humour et surtout de terribles secrets, le tout impeccablement dosé, Beyond the Night est une vraie bonne surprise, à 1000 lieues de là où on pouvait attendre Joss Ware. Ce premier tome est un quasi sans faute qu'il est impossible de reposer une fois ouvert. Il faudra juste lui pardonner son titre et sa couverture qui ne sont pas forcément très vendeurs. Comme quoi, il vaut mieux parfois s'abstenir de juger un livre à sa couverture et faire confiance à l'auteur.

Frankenstein Tome 1 : Le fils prodigue de Dean Koontz

Frankenstein 
Tome 1 : Le fils prodigue

de Dean Koontz

Editions Le Livre de Poche 


Sortie le 3 octobre 2007
Poche / 
416 pages / 7,10 €

Présentation de l'éditeur :
Deucalion, un géant tatoué et défiguré, erre dans le monde depuis deux siècles, porteur d'un terrible secret. Quand il arrive à La Nouvelle-Orléans, la ville est le théâtre de crimes atroces. Chargés de l'enquête, les inspecteurs Carson O'Connor et Michael Madison se trouvent bientôt confrontés à une réalité qui les dépasse : des êtres, que l'on ne peut qualifier d'humains, investissent toutes les couches
de la société et leur créateur, le milliardaire Victor Helios, ne serait autre que le maléfique Dr Frankenstein... Son objectif est à sa démesure : substituer à l'humanité une race nouvelle dont il sera le maître absolu ! Dans le premier volet de cette trilogie, Dean Koontz, un des plus célèbres auteurs de fantastique et de science-fiction américains, revisite brillamment le mythe de Frankenstein.


Avis de MiniCed

Et si Frankenstein n'était pas mort ? Et si sa créature se trouvait encore parmi nous ? Et si Mary Shelley avait pris son inspiration dans une histoire vraie ?
C'est de ce point de départ que Dean Koontz va nous offrir un roman exceptionnel.

Dans les hauteurs du Tibet, dans le monastère de Rombuk, s'est retiré un homme grand et défiguré. Il n'a pas tué depuis longtemps mais ses crimes font partie de lui. Là-bas, il a tenté de trouver la paix auprès des moines. Un jour, un messager lui apporte une lettre de la Nouvelle-Orléans. Il apprend alors une chose terrible : son créateur, celui dont il avait voulu se venger 200 ans plus tôt, est toujours en vie. Alors Deucalion, autre fois appelé le Monstre, n'a plus d'autre solution que d'aller là-bas.
Il arrive à la Nouvelle-Orléans alors que des crimes horribles ont lieu. Des cadavres retrouvés à qui il manque des parties du corps. Des femmes ont perdu leurs mains, leurs jambes ou leurs oreilles. Des hommes ont perdu leur foie, leurs reins... C'est l'inspecteur Carson O'Connor, aidé de son équipier Michael Madison, qui sont chargés de l'enquête. Ces deux jeunes policiers plein de talent ne sont pas aux bouts de leur surprise.
Dans sa luxueuse maison, Victor Helios n'a qu'une ambition, devenir celui qui rendra le monde plus parfait.

L'histoire paraît de premier abord assez prévisible au fil de notre lecture. On a la sensation qu'on est simplement le spectateur d'événements qui nous sont racontés, sans réel suspense, sans réelles interrogations. De plus, raconté à la troisième personne, l'auteur nous permet d'assister autant aux faits et gestes des gentils que des méchants. Mais très vite, tout bascule et malgré ces premières impressions, les interrogations, le suspense et surtout les rebondissements fusent.
De plus, le style de l'auteur est réellement agréable et il est difficile de lâcher le livre, ça se lit très vite et les chapitres sont plutôt courts. On avance, on avance et on se rend compte qu'on est déjà à plus de la moitié.
Les personnages sont autant vivants que bien construits. Après la mort de ses parents, Carson doit s'occuper de son petit frère autiste et elle a du mal à gérer ça en plus de son boulot, surtout avec cette enquête de personnes découpées. Elle n'a pas de temps pour elle et se consacre corps et âme à son job, malgré qu'elle craint avoir une étiquette de ripoux, son père ayant été mêlé à une sale affaire dont on ignore réellement s'il était coupable où s'il s'est fait piéger.
Michael Madison et son humour, son amitié et les affinités qu'elle a avec lui, lui permettront de tenir. D'ailleurs, leur relation est vraiment bien construite et, même si au bout d'un moment, on se dit qu'ils ont quelque chose l'un pour l'autre, on nous épargne la romance que cela aurait pu engendrer. Ils restent concentrés sur leur travail. Oubliant ce qui pourrait se passer entre eux, nous offrant une amitié hors du commun.
Dans l'intrigue, on suit également Randall Six. Une création originale de Victor qui fut créé autiste, pour une raison que je vous laisse découvrir. Celui-ci vit reclus dans sa chambre aux Mains de la Providence, un vieil hôpital racheté par Victor pour ses projets. Son seul moyen pour ne pas devenir complètement fou, est de remplir des recueils de mots-croisés, l'ordre, le fait que chaque lettre a sa case, qu'il n'y a pas plusieurs possibilités l'apaise. Un personnage tourmenté et qui recherche le bonheur. Il pensera le trouver grâce à Arnie O'Connor, dont il a une photo prise d'un journal où le jeune autiste sourit et semble respirer le bonheur.
Victor est le mégalo par excellence. Il pense que l'humanité est ratée et pense que Dieu, s'il y en a un, a échoué. Alors, il va devenir le nouveau Dieu. Il veut réparer le monde, et ses créations sont sa solution. Depuis que la science ne l'oblige plus à récupérer des morceaux de cadavres pour créer, il crée directement ses « enfants », les enfants des Mains de la Providence. Il pense être l'homme parfait, il a opéré sur lui de nombreuses modification qui expliquent d'ailleurs qu'il ait 200 ans. Mais, parfois, même si on pense avoir réussi les choses, on a de mauvaises surprises et Victor en aura. Un obstacle qui ne l'arrêtera pas.
Deucalion est autant l'antihéros par excellence que Victor est mégalo. Plus de deux mètres, il a beaucoup tué, mais a un savoir et une philosophie qui font de lui le gentil de l'histoire. L'orage qui lui a donné son énergie vital 200 ans plus tôt, lui a en plus fourni l'immortalité et quelques dons. Il est malheureusement pas si présent que ça dans le roman et c'est là un des points que l'on regrettera parce qu'il vaut vraiment le détour.

Comme vous le voyez, nous suivons une palette énorme de personnages et figurez-vous que je n'ai pas parlé de tous, notamment du tueur que l'on suit également et qui, encore une fois est un personnage fantastique. Dérangeant, malsain, faisant penser à American Psycho. Mais vous n'en saurez pas plus, je vous laisse la totale découverte de cet esprit dément et une certaine scène durant une manucure qui vous fera de l'effet. Je ne vous ai pas non plus parlé d'Erika, femme de Victor, que l'on suit aussi et pour qui on ne peut qu'avoir de la sympathie, si ce n'est plus.

Avec tous ces personnages, Koontz nous fait avancer dans son intrigue avec plaisir et engouement. Comme je l'ai dit, on tourne les pages sans s'arrêter, voulant en savoir toujours plus, voulant savoir ce qu'il advient de tel ou tel personnage.
L'intrigue tient la route, aussi déjantée soit-elle, et on passe très vite du thriller au récit fantastique d'horreur malsain et plein de folie. Les thèmes de la beauté, de la perfection et des erreurs de l'humanité sont évidemment autant de choses traitées par Koontz et qui nous ferons parfois peur. La folie et la quête du bonheur sont aussi très présents dans le roman.
On a droit, enfin, à un final très prenant, haletant et plein de surprises qui ne vous donnera qu'une envie, prendre La cité de la nuit et de le lire de suite.

Le fils prodigue est à posséder, à lire, à chérir. Il est un roman dont on ne peut qu'en apprécier la teneur.